Stade Bagnérais Rugby: Une Histoire d'Excellence et de Passion

Introduction

Le Stade Bagnérais Rugby, club emblématique de Bagnères-de-Bigorre, a marqué l'histoire du rugby français. Malgré la taille modeste de la ville, le club a connu un âge d'or dans les années 1970 et 1980, atteignant deux fois la finale du championnat de France. Cet article explore l'histoire du club, ses moments de gloire, les figures emblématiques qui l'ont façonné, et son héritage durable.

L'Ascension d'un Petit Club vers les Sommets

Dans les années 70, Bagnères-de-Bigorre, une ville de 7 000 habitants, a réalisé l'impensable en se hissant à deux reprises en finale du championnat de France. Cette ascension fulgurante a permis au club de se forger un label d'excellence. Le Stade Bagnérais a atteint la finale du championnat de France en 1979 et 1981, un exploit remarquable pour une si petite ville.

L'Équipe de France "Fantôme" et l'Éclosion des Talents Locaux

L'apogée de cette période dorée a été marquée par la présence de cinq internationaux bagnérais dans une fameuse équipe de France « fantôme ». Il s’agissait de Jean-Michel Aguirre, Roland Bertranne, Jean-François Gourdon, Yves Duhard et Adrien Mournet. En 1977, pour le Grand Chelem, ils étaient deux, Aguirre et Bertranne. Ils auraient pu être trois, si Gourdon n’avait pas eu une licence rouge. Cette reconnaissance témoigne de la qualité du jeu et de la formation au sein du club.

Les Finales de Championnat: Gloire et Déceptions

Le Stade Bagnérais a disputé deux finales de championnat de France, en 1979 contre Narbonne et en 1981 contre Béziers.

Finale 1979 contre Narbonne

La première finale, en 1979 contre Narbonne, s'est soldée par une défaite 10-0. Jean -Michel Aguirre avait reçu dans les jambes un énorme pétard de supporteurs narbonnais déchaînés.

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Finale 1981 contre Béziers

En 1981 contre Béziers, ce fut finalement plus loyal et moins toxique. Les Bigourdans avaient cavalé de partout ce soir-là, avec un premier essai d’enfer : une attaque de 80 mètres derrière une mêlée pourtant en difficulté. Mournet qui démarre, Fourneau qui perce, Bertranne, Rispal pris avec le ballon mais qui le lâche pour Jean-François Gourdon. « Même si nous avons perdu, ça reste peut-être mon meilleur souvenir. On voulait montrer ce qu’on savait faire et nous y sommes arrivés à la différence de la finale de 1979 face à Narbonne qui s’était jouée dans un climat détestable. » C’est vrai que la sortie très précoce de Michel Urtizvéréa continue d’alimenter la machine à regrets : « J’étais blessé aux adducteurs et à la première pression, ça a lâché. J’avais passé un an au bataillon avec Vaquerin et je savais comment faire pour le prendre. Tant pis, on ne refait pas l’histoire », confia-t-il vingt ans plus tard.

Jean Gachassin: L'Architecte du Succès Bagnérais

La montée en puissance de Bagnères dans les années 70 est venue de l’accession à l’élite, sous la direction de François Labazuy, ancien demi de mêlée du grand Lourdes. La figure emblématique de cette réussite est sans conteste Jean Gachassin. Il quitte le FC Lourdes et signe au Stade Bagnérais, mais il dit aux dirigeants : Attention, si on est en première division, il faut tenir la route, il faut un peu de matériel. En clair, il faut recruter. Ils lui ont dit, on te fait confiance. Gachassin, ancien international, a joué un rôle crucial dans le recrutement et le développement des joueurs. Il se lança alors dans une vraie chasse aux jeunes talents avec l’idée d’attirer des joueurs régionaux et les séduire par l’image du rugby qu’il prônait, l’offensive à tout va. En quelques années, il réussit à concurrencer voire à dépasser son ancien club, le prestigieux FC Lourdais. Sa notoriété lui a permis de trouver des emplois pour les joueurs, assurant ainsi leur stabilité et leur engagement envers le club.

Gachassin rappelle les faits de son palmarès de recruteur, avec autant de passion que s’il parlait de ses matchs internationaux. « J’avais fait venir par exemple le pilier Gérard Chevalier avec qui j’avais joué à Lourdes, tout comme le deuxième ligne Claude Pourtal, gros caractère, que j’avais déjà fait venir de Pézenas à Lourdes dans le passé. J’ai fait aussi obtenir un cabinet d’assurances à Jean-François Gourdon qui venait du Racing. J’ai fait entrer un autre ex-Lourdais André Cazenave à la Compagnie Générale des Eaux. Omar Derghali, nous l’avons d’abord fait travailler dans un magasin puis, nous l’avons fait entrer à l’hôpital. Parmi ses plus belles, on dénote un certain Albert Cigagna, de Mazères sur le Salat, en Haute-Garonne : « Je l’avais repéré en scolaires lui aussi. Il avait le don, du jeu juste. Mais lui était étudiant. Il faisait la navette.

Le Jeu à la Bagnéraise: Un Style Offensif et Spectaculaire

La réussite bagnéraise, c’est d’abord l’attrait d’un style, ça paraît fou aujourd’hui, mais Roland Bertranne confirme : « On n’allait pas à Bagnères pour l’argent. On venait pour le jeu. On ne fonctionnait que là-dessus. Mais croyez-moi, on travaillait dur pour réussir nos mouvements. Mais sur le moment, ça nous paraissait naturel de se retrouver en finale dans une ville de 7 000 habitants. »

Facteurs Clés du Succès

Plusieurs facteurs ont contribué à l'âge d'or du Stade Bagnérais:

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  • L'activisme de Jean Gachassin: Son recrutement de talents et sa capacité à trouver des emplois pour les joueurs ont été essentiels.
  • Le soutien des présidents: M. Niollet et René Bergalet ont apporté un soutien financier et moral important.
  • Un esprit d'équipe et une identité forte: Les joueurs étaient attachés au club et à la ville, créant une atmosphère de camaraderie et de détermination.
  • L'émulation régionale: La rivalité avec les autres grands clubs des Hautes-Pyrénées, Tarbes et Lourdes, a poussé les joueurs à se surpasser.

Héritage et Actualité du Stade Bagnérais

Si, aujourd'hui, le club est redescendu en fédérale 1, ces années fastes ont marqué l'histoire des «noir et blanc» et restent gravées dans la mémoire de ceux qui les ont vécues. En 2006-2007, le Stade Bagnérais s'est maintenu en Fédérale 2, après avoir décroché le titre de champion de France de Fédérale 3 en 2005.

«Aujourd'hui c'est la démographie qui indique la hiérarchie des clubs, constate Jean-Michel Aguirre. Avec 9.000 habitants, Bagnères est condamné à faire au mieux l'ascenseur entre Fédérale 1 et Fédérale 2». Ce qui n'empêche pas le vieux stade Marcel-Cazenave d'accueillir un public toujours aussi passionné.

Aujourd'hui, le Stade Bagnérais évolue en Fédérale 1. Le club continue de s'appuyer sur sa formation de jeunes et sur le soutien de ses supporters pour maintenir son identité et son ambition. Le Stade bagnérais 2024-2025 ne vit plus et ne court plus après son passé. L’objectif est de bien vivre en Fédérale 1 et de poser les bases pour un avenir plus serein. Pour cela, le comité directeur a créé un mur du soutien (semblable à celui du Stade toulousain) de 440 cases lequel vient de voir le jour sous les tribunes du stade Marcel-Cazenave. "C’est une initiative qui s’adresse aux supporters, supportrices du Stade ainsi qu’à tous les amoureux du rugby, renchérit Philippe Arberet. Sur les 440 cases, ils ont la possibilité d’y graver leur nom pour un coût minimum de 30 euros. Tout d’abord c’est l’occasion de bien communiquer sur le club. Et surtout, on tient à préciser que ce n’est pas pour combler un déficit. En effet, avec un budget de 750 000 euros, le Stade est bien portant sur le plan comptable. Les bénéfices dégagés par le mur du soutien vont ainsi permettre de financer la formation, le pôle jeunes et d’améliorer le quotidien des seniors par la construction d’une salle de musculation. Sur le court terme, dirigeants et encadrement se projettent sur la réception de Layrac le 1er décembre. Une victoire conforterait un peu plus, les stadistes à la première place.

Hommages et Disparitions

Roland Bertranne est décédé ce 2 octobre, à l'âge de 75 ans. Des milliers des personnes ont assisté ce mercredi aux obsèques de Roland Bertranne, joueur emblématique du Stade Bagnérais. Dans la foule, beaucoup d'anonymes, mais aussi quelques figures du rugby français.

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