Les San Antonio Spurs sont devenus une franchise marquante et respectée dans le paysage de la NBA. Mais comment cette franchise, située au fin fond du Texas, a-t-elle pu devenir un monument, rivalisant avec certaines franchises situées dans de plus gros marchés ? Les San Antonio Spurs sont une franchise de basket-ball américaine basée à San Antonio, dans l’État du Texas. Fondée en 1967, elle joua tout d’abord 9 saisons en ABA (American Basketball Association) sous les noms des « Dallas Chaparrals » et « Texas Chaparrals » jusqu’en 1973, où la franchise est relocalisée à San Antonio, et où elle prit le nom qui est encore le sien aujourd’hui.
Les débuts : De Dallas à San Antonio
Commençons par une petite remise en contexte. La future franchise de San Antonio a été créée à Dallas en 1967, sous le nom des Dallas Chaparrals, au sein de l’ABA (American Basketball Association). Mais l’équipe ne produisant pas assez de revenus, il fut décidé d’en faire une équipe itinérante. La franchise sera ensuite dans une situation compliquée, à cause de propriétaires très avares. Heureusement, un groupe d’investisseurs se proposera pour racheter la franchise. L’achat sera une réussite, et l’équipe s’implante donc à San Antonio. En 1973, alors que la franchise de basketball professionnelle quitte Dallas pour s’installer à San Antonio, une question se pose : comment nommer cette nouvelle équipe ? À l’origine, l’équipe évoluait sous le nom de Dallas Chaparrals dans l’ABA (American Basketball Association). Le déménagement à San Antonio s’accompagne d’une volonté claire : repartir sur des bases locales. Un concours baptisé “Name That Team” est organisé par la presse pour solliciter l’avis des supporters. Plus de 5 000 propositions sont reçues. Le mot fait référence aux éperons que portent les cow-boys sur leurs bottes, élément typique de l’imaginaire texan. Il incarne à la fois l’histoire de la région, un certain esprit d’indépendance, et une dynamique sportive. Le nom “Spurs” offre une opportunité graphique forte : l’éperon devient un élément central du logo. Dès 1976, la franchise intègre l’éperon stylisé à la place du “U” dans le mot “SPURS”. Entre 1989 et 2002, la franchise tente une variation avec des teintes plus vives - les “Fiesta colors” - sans jamais abandonner l’éperon. Depuis 2002, un retour à une palette plus sobre s’est imposé, avec une modernisation progressive du design. Contrairement à de nombreuses franchises qui ont multiplié les refontes ou expérimentations graphiques, San Antonio a misé sur la constance. Le logo a évolué sans rupture, conservant toujours son idée fondatrice. Une approche qui conforte la perception d’un club stable, rigoureux et fidèle à son territoire. Il est traditionnellement noir avec des inscriptions blanches et argentées. Le mot « SPURS » est inscrit en lettres majuscules sur la poitrine, avec l’éperon emblématique intégré à la place du « U », élément graphique devenu indissociable de l’identité de la franchise. Liserés blancs ou argentés bordent souvent le col et les manches, renforçant l’aspect épuré du design.
La même année, la ABA fusionne avec la NBA, ce qui donnera l’occasion aux Spurs de récupérer George Gervin, afin de l’associer à James Sillas.
L'ère Gervin et les années 80
Les Spurs se placent ainsi comme une place forte de la conférence Ouest lors des années 70, sans jamais parvenir à disputer une finale NBA. L’équipe menée par George Gervin se débrouillait bien en saison régulière, mais en Playoffs… C’était une autre paire de manches. C’est au même moment que les Spurs, par le biais d’un échange avec les Virginia Squires (qui ont d’ailleurs fait faillite quelques temps plus tard car le départ de Gervin a fait brutalement baisser l’intérêt des fans pour la franchise), obtiennent le futur Hall of Famer George Gervin, pour lesquels il jouera 12 ans. Ce serait la première grande star de l’équipe, la portant sur ses épaules grâce entre autres à sa faculté de marquer dans tout type de situations, même les plus compliquées, avec une facilité déconcertante. On lui loue généralement la popularisation du « finger roll », inventé dans les années 1960, c’est une variante du double-pas dans laquelle le ballon roule sur les doigts du porteur avant de se déposer dans le panier. Il détient également quatre titres de meilleur marqueur sur une saison, ce qui est le troisième plus gros total de l’histoire de la NBA. Il faudra attendre la draft 1987 pour que les Spurs puissent espérer une nouvelle fois, avec la draft de David Robinson en première position.
L'arrivée de David Robinson et la construction d'une équipe compétitive
En fait, voilà ce qu’il faut pour obtenir le respect de la ligue : un talent générationnel que sera David Robinson, mais aussi un bon front office. Durant les années 80, les Spurs draftent les pièces essentielles, qui seront placés aux côtés de David Robinson : Alvin Robertson, Sean Elliott, ou Willie Anderson, entre autres. Des recrutements de free agents auront aussi lieu, notamment avec Terry Cummings en 1989, Avery Johnson en 1990, Dale Ellis, J.R Reid et Vinny Del Negro en 1992, ou encore Dennis Rodman en 1993. Entre 1990 et 1996, les Spurs ne tomberont jamais sous les 47 victoires, avec un pic à 62 victoires lors de la saison 1994-1995, qui verra David Robinson obtenir son seul titre de MVP. David Robinson aura instauré une véritable terreur dans les raquette lors de ces 6 ans, en rivalisant avec les plus grands de son époque.
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sélectionnèrent le pivot David Robinson en provenance de l’US Navy. Lors de la saison 1993-1994, il deviendra notamment meilleur marqueur grâce à ses 71 points (26/41) lors du dernier match, cela étant évidemment volontaire de la part de ses coéquipiers qui le gavaient de ballon pour que celui batte Shaquille O'Neal, qui le devançait seulement de 0.06 points de moyenne. Cette même année, il fut également le 4ème joueur de l’histoire à réussir un quadruple double avec 34 points, 10 rebonds, 10 contres et 10 passes face aux Pistons.
Le tournant : L'arrivée de Popovich et la Draft de Duncan
Et ces deux éléments arriveront à un an d’écart chacun. Alors que David Robinson se blesse en 1996 et est out pour la saison, Gregg Popovich, alors General Manager, décidera de virer le coach Bob Hill en plein milieu de la saison, et de devenir lui-même le coach ! Après cette saison 1996-1997 de tanking non dissimulée, les Spurs auront le privilège de pouvoir sélectionné Tim Duncan à la draft 1997. Le vrai point de départ n'est en effet pas le 25 juin. Mais deux ans et demi auparavant. Car pour en arriver là, il a fallu un petit psychodrame mais aussi… un petit peu de chance. Le psychodrame ressemble même pour certains à un coup de poignard dans le dos. Les Spurs sont alors une franchise avec du potentiel grâce notamment à la présence de David Robinson, un pivot qui brille autant par son efficacité que sa classe et son élégance. Mais voilà, les Texans, jugés trop softs malgré l'apport entre 1993 à 1995 du bad boy Dennis Rodman qui n'a jamais trouvé sa place, traînent aussi une image de losers incapables de concrétiser leurs excellentes saisons régulières lors des playoffs, avec comme point d'orgue cet échec face au Jazz au deuxième tour de la saison 1995-96 après avoir pourtant remporté 59 matches en saison régulière.
Gregg Popovich, "general manager" de la franchise, prend alors LA décision qui va tout changer dans l'histoire des Spurs. Après un début d'exercice catastrophique en 1996-1997 (3 victoires, 15 défaites), il choisit de virer son coach Bob Hill et de le remplacer sur le banc. Tout simplement. Qu'importe si Hill avait amené les Spurs en playoffs lors des deux saisons précédentes et est populaire. Ou si les Spurs avaient joué ce début de saison sans David Robinson ou Sean Elliott, blessés. Comme l'écrivait si bien Balzac, on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Et quelle omelette, cela va devenir… A l'époque cependant, le pari surprend. Il faut bien avoir conscience que ce n'est pas encore ce fameux "Pop" qui a magnifié le collectif des Spurs. Ce n'est pas ce mentor qui a su exploiter le meilleur de Tim Duncan, Manu Ginobili ou Tony Parker. Il est juste un ancien espion de l'armée, peu connu et sans grande expérience de coaching. D'ailleurs quand Popovich l'annonce à son groupe dans le bus, ceux qui ne sont pas dans le Texas depuis très longtemps et ne connaissent pas encore très bien l'ancien assistant de Larry Brown tombent de haut. "Nous étions surpris. Tout le monde pensait qu'il rigolait. Il s'est assis dans le bus et Bob Hill n'est jamais venu. On s'est alors dit : 'Il est sérieux'. Et de là, tout a commencé", raconte dans le Bleacher Report un Dominique Wilkins qui était en fin de carrière.
Les premiers mois de Pop sur le banc des Spurs ressemblent à un cauchemar. Lors de son premier match à domicile, son nom est hué lors de la présentation des équipes. Et s'il profite de chaque entraînement pour mettre déjà en place sa philosophie, dicter ses principes de jeu mais aussi de vie et inculquer aux Spurs un style défensif, les défaites s'accumulent, soir après soir. "Il n'y avait pas de lumière à la sortie du tunnel, raconte RC Buford, devenu GM et qui sera l'autre artisan de cette success story. Vous ne pouvez alors pas savoir que Tim Duncan serait le résultat de cette saison". Les Spurs ont cependant eu cette chance. La pire saison de l'histoire de la franchise, conclue par un bilan de 20 victoires pour 62 défaites, accouche d'un heureux évènement dont rêvent toutes équipes NBA qui balancent leur saison dans l'espoir de récupérer un bon tour de draft. San Antonio hérite du premier choix de la draft 1997 et récupère Tim Duncan. L'équipe texane se retrouve avec un nouveau joueur dominant à associer dans la raquette à Robinson pour former les "Twin Towers". Un leader naturel mais humble qui sera la clef de voûte de tous les succès de la franchise.
La philosophie Popovich et l'identité des Spurs
Coach Pop apportera tout ce qu’il faut à cette équipe : de la rigueur, un jeu dur, une identité propre, et surtout de la continuité. Popovich instaurera une discipline quasi militaire dans l’équipe, et fera bien comprendre que rien n’est au dessus de l’institution Spurs. Une défense de fer. Quand on regarde l’équipe du premier titre, on constate qu’elle est assez moderne. Par la suite, les Spurs se distingueront aussi par la draft. Le duo Pop/RC Bufford est expert dans le développement de joueurs passés sous les radars, en atteste les carrières de Tony Parker, Manu Ginobili, Bruce Bowen ou Stephen Jackson. Aucun de ces joueurs n’a été sélectionné avant la 28ème place de la draft, et ils jouent pourtant tous un gros rôle dans la conquête du titre de 2003.
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Le premier titre NBA en 1999
L'acte de naissance officiel des Spurs est même le 25 juin 1999. Ce soir-là face aux Knicks de Latrell Sprewell et Allan Houston, San Antonio remporte son premier trophée Larry O'Brien sur un tir d'Avery Johnson. Mais si chaque joueur texan a excellé dans le rôle qu'on lui a confié, le vrai héros de San Antonio s'appelle Tim Duncan, un jeune ailier-fort qui termine MVP des Finals avec 27.4 points, 14 rebonds et 2.2 contres de moyenne. Il est le facteur X de l'histoire de la franchise. Le 25 juin 1997, les Spurs sélectionnent Tim Duncan en numéro un de la Draft. “La taille a été la différence ultime. C'était vraiment dur pour nous”, concède Latrell Sprewell. “C'était dur de voir ça”, ajoute le pivot, bloqué sur le banc. “C'est dur de voir les Spurs célébrer leur titre sur notre parquet. D'abord le mémorable coup de chaud de Latrell Sprewell en seconde mi-temps. Tel Kobe Bryant dans le Game 5 des Finals 2010, l'arrière enchaîne les paniers, dans une rencontre âpre où les points sont peu nombreux. “C'était tout ou rien”, explique l'arrière des Knicks, qui a inscrit 14 points en dernier quart-temps (35 au total) et 25 des 34 derniers points de New York. “J'aurais préféré marquer deux points et gagner. Le public a été génial, comme durant toute la saison. Avec l'aide de la planche, l'intérieur de San Antonio a effectivement dominé les débats. Mais le panier décisif, le deuxième grand moment donc, c'est Avery Johnson qui l'inscrit à 47 secondes de la fin. Latrell Sprewell aura deux occasions pour arracher la victoire et un Game 6.
L'évolution constante et les autres titres
Là ou les Spurs s’illustreront aussi est dans le renouveau proposé dans les années 2010. A ce moment, la ligue évolue, mais avec la même base de joueurs, ls réussiront à s’adapter de la plus belle des manières. Passant d’une attaque lente et méthodique se terminant quasiment toujours par un tir dans la raquette, les Spurs sont maintenant à la recherche du tir parfait, avec un jeu de passe léché et un tir extérieur plus présent. Pour preuve de cela l’augmentation des joueurs pouvant tirer de loin : 6 joueurs de l’effectif prenaient 1 tir ou plus derrière la ligne des 3 points lors de la saison 2002-2003, contre 9 pour la saison 2013-2014 ! Les San Antonio Spurs ont remporté cinq titres NBA au cours de leur histoire. Ils récidivent en 2003, puis en 2005 et 2007, consolidant une dynastie basée sur la régularité, la défense et un jeu collectif précis. Leur cinquième titre, acquis en 2014 face au Miami Heat de LeBron James, est souvent considéré comme l’un des exemples les plus aboutis de basket collectif moderne.
Les Spurs : Une exception dans l'histoire de la NBA
Vous l’aurez sans doute compris : les Spurs sont une exception dans l’histoire. Mais le fait qu’ils soient devenu un « ovni » vient d’un autre fait. Les Spurs sont basés à San Antonio, soit un petit marché en NBA. La ville n’attire que les touristes, et la philosophie Spurs n’est également pas très attrayante. C’est la loi du sport de haut niveau. Une équipe basé dans une région peu attirante, même avec des moyens égaux, ne peut concourir avec celles basés dans les grands marchés. Comme dit précédemment, les Spurs sont l’exception de la ligue. Aucun autre petit marché n’a pu avoir une dynastie d’une telle longévité. Cette exception existe grâce au coach Gregg Popovich, en poste depuis 1996, ainsi qu’au staff et aux scouts, qui ont toujours su repérer les perles rares. Les exemples les plus flagrants sont encore une fois le trio Tony Parker, Manu Ginobili et Bruce Bowen. Avec leur condition de petit marché, les Spurs ont souvent dû compter sur des joueurs peu désirés au moment où ils rejoignaient l’effectif texan. Danny Green, Bruce Bowen, Steve Kerr, Marco Belinelli, ou encore Matt Bonner en sont de beaux exemples. L’identité de l’équipe joue aussi un grand rôle dans l’histoire des Spurs. La franchise n’est pas habitué aux marasmes médiatiques, hormis en 2018 et 2022, et même les joueurs restent assez discrets tant qu’ils sont présent dans l’effectif. En construisant cette véritable institution, les Spurs ont gagné le respect de toute la sphère NBA. Pour un bon nombre de fans de basketball français, les San Antonio Spurs représentent une franchise iconique de l’histoire de la NBA, en partie du à l’incroyable carrière que Tony Parker a réalisé au sein de la franchise Texane.
Les clés du succès : Collectif, scouting et leadership
Si la franchise texane est devenue une référence dans le monde du sport US en 20 ans, c'est bien pour d'autres raisons qu'une histoire de coups du sort. Avec RC Bufford, San Antonio a ainsi excellé sur le plan du scouting pour récupérer les joueurs adéquats afin de renouveler sa formation grâce notamment à des coups de génie lors de la draft à l'instar de Manu Ginobili ou encore Tony Parker, qui ont formé un trio de légende avec Duncan. Ou dans des trades (Kawhi Leonard). Mais si les Spurs ont toujours su se réinventer et se construire un palmarès à une époque où les Lakers ont pu compter sur le duo O'Neal-Bryant et où les Big Three de Boston (Pierce-Garnett-Allen) et de Miami (James-Wade-Bosh) ont fait rage, c'est bien une question de collectif. Et de… personnalités. De Duncan bien sûr, on ne fait pas tout cela sans un leader digne de ce nom qui a eu par exemple l'intelligence de passer la main quand le besoin s'est fait sentir. Mais de Popovich surtout.
La recette Popovich
Ses coups de gueules mémorables font le bonheur des observateurs et de Youtube. Sa façon de rembarrer les journalistes a contribué à le faire aimer. Sa rigueur éternelle et son exigence quotidienne ont pu exaspérer de nombreux joueurs, même Tony Parker n'a d'ailleurs jamais caché en avoir souffert. Mais "Pop", c'est surtout un maître dans l'art de gérer un groupe. S'il a su se muer en caméléon du coaching pour prendre le pli des évolutions de la NBA, l'une de ses grandes forces reste ainsi cette alchimie qu'il parvient à créer année après année avec ces Spurs, qui ne ressemblent à aucune autre équipe au monde. Gregg Popovich n'est clairement pas un coach comme un autre. Par son côté humain et son approche psychologique notamment. Dans un monde où les egos ne manquent pas, il s'est employé au fil des saisons à se rapprocher de l'ensemble de ses joueurs. Et à créer de vrais groupes. Ses méthodes peuvent paraitre simples. Dans le sport de haut niveau, elles sont pourtant rares. Ainsi, il communique beaucoup. Ne cesse d'échanger. Se renseigne sur ses joueurs. Cherche à savoir d'où ils viennent. "Vous êtes assis dans l'avion et tout d'un coup, vous avez un magazine qui vous tombe dessus avec des articles entourés sur votre ville natale. Il vous demande alors où vous aimez diner. C'est comme ça que ça commence et ça ne s'arrête jamais", raconte Sean Marks au Time. Dans cette organisation rare mise en place par Popovich, il y a d'ailleurs des moments clefs : les diners. Grand amateur de vin, le coach des Spurs organise très souvent des repas avec son staff et son effectif. Après un match par exemple. Mais pas seulement. C'est alors lui qui réserve les restaurants. Là aussi, cela peut sembler anodin. C'est tout sauf ça. Surtout en NBA, où les joueurs sont souvent libres d'aller où ils veulent entre les matches et s'isolent souvent avec leur casque sur les oreilles. "Je n'ai jamais fait partie de ce genre de chose ailleurs", avoue Pau Gasol sur Espn. Excellent dans les rapports humains, "Pop" sait alors utiliser ces moments pour construire le coeur de ses succès : l'esprit de groupe. "Ces diners nous aident à mieux nous comprendre comme personne. Ce qui nous rend plus proche des uns et des autres", confirme encore Danny Green. Un épisode raconté par Espn résume parfaitement cette approche si particulière. Il faut remonter aux Finales 2013. Après le shoot de Ray Allen au match 6 qui avait complétement relancé le Miami Heat, les Spurs sont touchés comme rarement. Popovich a alors amené tout le monde au restaurant juste après la rencontre. Il s'est chargé de tout commander. Et est venu discuter avec tout le monde. "C'était la démonstration de leadership la plus impressionnante", se souvient Chad Forcier, adjoint aux Spurs. Alors bien sûr, les Texans ont perdu cette finale. Mais un an après, ils étaient encore là. Et ils se sont offert une nouvelle bague en faisant tomber le Heat de LeBron et Wade. C'est aussi ça qui explique la longévité de cette équipe. Cette capacité à ne pas exploser. A rester unie malgré les coups durs pour mieux rebondir. A posséder un vrai groupe. Voilà ce qui a rendu cette franchise unique.
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Le Big Three et les joueurs emblématiques
Pendant tout le mois d'août, Inside Basket vous propose chaque jour un 5 Majeur All-Time d'une franchise NBA. Comment pourrait-il en être autrement ? Le probable meilleur basketteur français de l'histoire était présent lors de 4 des 5 titres NBA remportés par les Spurs. Titulaire du poste depuis son cinquième match (le 6 novembre 2001) dans la grande ligue et le plus jeune de l'histoire à réussir cet exploit, TP a marqué l'histoire des Texans et même de la NBA en générale avec notamment son Tear Drop qui est devenu une référence. Souvent considéré comme inférieur à des joueurs comme Chris Paul (à tort ?), il a cependant réussi une carrière incroyable pour un "non-américain" de l'autre côté de l'atlantique, ce qui fait de lui l'un des meilleurs joueurs européens de l'histoire. Avec 17.1 points et 6 passes de moyenne en 13 saisons, il est sans conteste le meilleur meneur de l'histoire des Spurs, avec notamment le plus grande nombre de passes décisives (5970) et étant le quatrième meilleur marqueur (17027) et le second aux nombres de matchs joués (1008). Probablement l'un des joueurs les plus magiques ayant parcouru la NBA, El Manu était, comme Tony Parker, de l'aventure pour les quatre derniers titres des Spurs. Considéré à juste titre comme l'un des plus gros (si ce n'est le) "Steal" de l'histoire avec sa 57ème place à la draft 1999, Ginobili restera 3 ans en Europe où il remporta bon nombre de titres collectifs et individuels avant de rejoindre les Spurs. Sixième homme de luxe, il est capable de tirer en pénétration, derrière l'arc et même de venir détruire le pivot adverse avec un gros dunk (n'est ce pas Chris Bosh ?). Joueur spectaculaire par excellence, il est l'un des deux seul joueurs de l'histoire (avec Bill Bradley) à avoir remporter un titre NBA, l'Euroleague, et la médaille d'or aux J.O. En attendant peut être Kawhi Leonard, le meilleur ailier de l'histoire des Spurs est sans aucun doute The Iceman. Gervin a était un Spur pendant douzes années (73-85), terminant quatre fois meilleur marqueur de la ligue (1978-79-80-82). Les premiers mots nous venant à l'esprit sont : qui d'autre ? Nous pourrions faire un 5 All-Time de la NBA que Timmy se retrouverait dedans. Souvent considéré comme le meilleur ailier-fort de l'histoire de la NBA, Duncan est bien évidemment le meilleur de l'histoire des Spurs et même le meilleur joueur de l'histoire de la franchise avec qui il remporta les 5 titres accrochés au plafond de l'AT&T Center. Il tourne à 21.2 points et 11.7 rebonds de moyenne en carrière. Que dire de plus sur cette légende à part qu'à encore 39 ans et après 18 années dans la même franchise, il nous fait toujours rêver et continue de martyriser tous les postes 4 de la ligue et ce pour encore un an minimum. Considéré comme l'un des meilleurs pivots de tous les temps, David Robinson est, comme les quatre précédents, sans conteste le meilleur Spurs de l'histoire à son poste. Elu MVP en 1995, il marqua le renouveau de la franchise remportant, en 1989-1990, 35 victoires de plus que l'année précédente, record toujours d'actualité.
Les records et statistiques marquantes
Record du nombre de victoires en playoffs sur une saison par au minimum 15 points d’écarts : 11. Record du nombre de victoires consécutives à domicile avec 15 points d’écarts : 8. Première équipe à shooter au moins à 55% lors de 3 matches des Finales NBA. Avec 54,2% aux tirs, ils sont en course pour battre le record du plus haut pourcentage lors des Finales. Les Spurs infligent au Heat 18,3 points d’écarts par victoire et 13,3 points d’écarts par match. La franchise texane est la première à mener deux fois de suite à l’extérieur avec au minimum 15 points d’avance à la mi-temps.