Le rugby, plus qu'un sport, une religion au Pays de Galles, est intrinsèquement lié à l'identité du peuple gallois. C'est dans ce contexte passionné que s'inscrit l'histoire des Scarlets de Llanelli, une équipe emblématique d'une ville minière transformée par la passion du ballon ovale.
Genèse du Rugby Gallois et Implantation à Llanelli
Né dans les universités anglaises, le rugby a trouvé sa voie au Pays de Galles dans les années 1850 grâce au révérend Rowland Williams, un ancien professeur de Cambridge. En 1853, il fonda au St David's College de Lampeter la première équipe de rugby du Pays de Galles. Le sport s'est ensuite répandu comme une traînée de poudre dans les villes ouvrières et les bassins sidérurgiques du sud du pays, y compris Llanelli.
L'organisation du rugby au Pays de Galles est assurée par la WRU (Welsh Rugby Union), fondée en 1881. Elle dirige l'équipe nationale galloise, supervise les compétitions de clubs, forme les arbitres et les entraîneurs. Elle est également propriétaire du magnifique Millenium Stadium de Cardiff, l'un des plus beaux stades d'Europe.
Llanelli : Une Ville Façonnée par l'Industrie et le Rugby
Llanelli, ville côtière du sud-ouest du Pays de Galles, a été profondément marquée par son passé industriel, notamment l'extraction du fer. Cette identité ouvrière a contribué à forger le caractère de la ville et son attachement au rugby. Comme le souligne Carwyn Jones, ancien joueur du RC Vannes ayant vécu à Llanelli, c'est une ville où "il n'y a que le rugby qui compte".
Les Scarlets : Fierté d'une Ville Minière
Les Scarlets de Llanelli incarnent cette passion et cette fierté locale. Leur nom évoque la couleur rouge écarlate, symbole de combativité et de détermination. L'équipe a su se forger une solide réputation grâce à des joueurs talentueux et à un jeu engagé.
Lire aussi: Tout sur les matchs de rugby
Historiquement, les clubs gallois ne jouaient pas tous le même nombre de matchs et ne s'affrontaient pas tous entre eux. Il faut attendre 1990 pour que la WRU (Welsh Rugby Union) inaugure un véritable championnat structuré inspiré des championnats anglais et écossais, la Welsh Division 1, dont la première édition est remportée par le Neath RFC, le club doyen du Pays de Galles. Le championnat regroupe alors l'élite du rugby gallois.
À partir de 2003, s'inspirant des pays à provinces (l'Irlande, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande), la WRU crée cinq franchises régionales qui regroupent les meilleurs joueurs gallois, nombre réduit à 4 dès l'année suivante. Ces 4 franchises sont les Cardiff Blues, les Llanelli Scarlets, les Ospreys et les Newport Gwent Dragons.
Parc y Scarlets : Un Temple du Rugby
Le Parc y Scarlets, stade moderne d'une capacité de 10 000 places, est le cœur battant du rugby à Llanelli. Son architecture "à l'anglaise", avec une pelouse hybride impeccable et une enceinte complètement fermée, crée une atmosphère survoltée lors des matchs. Malgré une affluence parfois modeste, l'ambiance y est toujours passionnée, portée par les chants des supporters.
Les Scarlets sur la Scène Européenne
Les Scarlets participent régulièrement à la Champions Cup, la Coupe d'Europe de rugby à XV, lancée en 1995. Leur parcours dans cette compétition est souvent marqué par des matchs intenses et disputés, où l'équipe galloise démontre sa combativité et son esprit d'équipe.
En quart de finale de la Coupe d'Europe, les Maritimes de La Rochelle ont dû croire dur comme fer pour battre les Gallois de Llanelli. Alexis Balès, demi de mêlée de La Rochelle, s'attendait à un match compliqué face à une équipe très difficile à manœuvrer.
Lire aussi: Le journalisme sportif féminin en plein essor
Jumelage avec Agen : Une Amitié Rugbystique
Le rugby a également été le fil conducteur du jumelage entre Llanelli et Agen, ville du sud-ouest de la France. Cette union, scellée en 1989, a permis des échanges culturels, scolaires, sportifs et économiques entre les deux villes. Bien que le professionnalisme ait quelque peu diminué les échanges entre les clubs de rugby, l'amitié entre Llanelli et Agen perdure.
Lire aussi: Triomphe, transformation et réconciliation : Les Springboks