La NBA, avec son spectacle et son intensité, fascine autant qu'elle intrigue, notamment en ce qui concerne les salaires des joueurs vedettes. Alors que la nouvelle saison NBA approche, l'attention se tourne vers les salaires des superstars de la ligue. La saison redémarre dans la nuit du mardi 22 octobre au mercredi 23 octobre, avec un match inaugural opposant les tenants du titre, les Boston Celtics, aux New York Knicks. Parmi le top 20 des plus gros salaires de cette nouvelle saison, un Français se distingue : Rudy Gobert, le pivot des Minnesota Timberwolves.
Un Français dans le Top 15 des Salaires NBA
Rudy Gobert, le pivot des Minnesota Timberwolves, est le seul tricolore présent dans le top 15 des joueurs les mieux payés de la NBA, avec un salaire de 43,8 millions de dollars. Son statut de pivot défensif d’élite est désormais largement reconnu dans la ligue.
L'Ascension Salariale de Rudy Gobert
Le parcours salarial de Rudy Gobert en NBA est une illustration de son évolution au sein de la ligue. Arrivé discrètement en 2013 aux Utah Jazz avec un salaire annuel de 1,07 million de dollars (992 000 €), le Français a vu sa rémunération exploser à partir de la saison 2017-2018. Son transfert aux Minnesota Timberwolves en 2022 a encore accéléré cette progression. Pour la saison 2023-2024, Gobert perçoit son plus gros salaire en carrière avec 41 millions de dollars (38 M€), soit près de 40 fois son salaire rookie.
Prolongation de Contrat et Flexibilité Financière
Minnesota Timberwolves center Rudy Gobert has reached a three-year, $110 million contract extension, sources tell ESPN. T’Wolves and Gobert’s agent, Bouna Ndiaye, negotiated the new deal locking in the league-record four-time Defensive Player of the Year winner in Minnesota. À la surprise générale, les Wolves ont déjà prolongé Rudy Gobert puisque le Français a paraphé un contrat de 110 millions sur trois ans, qui le lie à Minnesota jusqu'en 2028. Le pivot français a signé pour rester sous contrat jusqu’en 2028. Dans le détail, il a accepté d’abandonner son option joueur à 46,7 millions de dollars pour la saison 2025/26, afin de signer un nouveau contrat moins onéreux qui va soulager les finances de la franchise. Ces dernières sont encore plus serrées que d’habitude avec les nouvelles règles financières contraignantes (Apron Rules). Avec un accord à 110 millions de dollars sur trois ans (36,7 millions de moyenne par an), Gobert donne en effet de la flexibilité aux Timberwolves, qui ont déjà promis 245 millions sur cinq ans à leur superstar Anthony Edwards cet été, et doivent encore gérer les dossiers de Naz Reid et Julius Randle. En prolongeant pour 110 millions de dollars sur trois ans, le quadruple “Défenseur de l'année” va ainsi toucher 34 millions de dollars en 2025/26, puis 36.7 millions de dollars en 2026/27 et 39.4 millions en 2027/28.
Une Décision Altruiste
Rudy Gobert a accepté de baisser son salaire pour rester dans le Minnesota. Le Français a accepté une prolongation de contrat de trois ans pour 110 millions de dollars, selon Shams Charania d’ESPN. Cet accord prolonge son engagement avec les Timberwolves jusqu’en 2028, avec une option joueur pour la saison 2027-28. Ce nouveau contrat représente une baisse significative de salaire par rapport au précédent. Pour signer cette extension, Gobert doit décliner son option à 46,6 millions pour l'exercice 2025-26, ce qui implique une perte d’environ 13 millions sur cette seule saison. En moyenne, il touchera 4,3 millions de dollars de moins par an. Cette signature permet au joueur de rester dans son équipe tout en donnant à la franchise les moyens de rester compétitive. Le front office a transféré Karl-Anthony Towns cet été afin de retrouver plus de flexibilité financière, avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles plus contraignantes en NBA.
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« C’est une situation gagnant-gagnant », glisse l’ancien intérieur de Cholet Basket au micro d’Associated Press. « Il s’agissait de trouver un équilibre. Dès que je signe un contrat, j’essaye d’en aider à l’équipe et de me rendre compte que je suis béni de gagner autant. En venant d’où je viens, c’est incroyable, mais il faut savoir ne pas être trop gourmand et en laisser pour la compétitivité de l’équipe. C’est important. « La dernière année de mon contrat était vraiment élevée” reconnaît le Français. “Le fait de permettre à l'équipe de conserver nos joueurs était une victoire pour les Wolves. C'est ce qu'on appelle du “gagnant-gagnant”, et les économies réalisées sur cette prolongation de contrat permettront à moyen terme de prolonger les meilleurs talents de l'équipe comme Naz Reid, ou de se positionner sur des free agents. « De sa part, c'est mortel de penser aux autres », réagit Naz Reid, qui aura la possibilité de tester le marché à la fin de la saison. « C'est vraiment altruiste. Je sais que beaucoup de gens ne feraient pas ça, mais lui le ferait. Il le montre. Je suis heureux qu'il pense à moi et à cette équipe. « Il n'a jamais été question d'argent, et davantage encore à ce stade de ma carrière. Il s'agit d'être là où je me sens chez moi et où je peux gagner des titres », poursuit le Français. « Ces gars, des joueurs aux entraîneurs en passant par la direction, m'ont accueilli et ont cru en moi.
Critiques et Défiance
Présent en NBA depuis 2013, l’ancien joueur de Cholet est incontestablement l’un des joueurs les plus clivants de la ligue-nord américaine. Difficile de trouver un point de départ à la longue histoire de désamour entre Gobert et la NBA. L’une des bascules, sans doute la plus symbolique, est intervenue au début de la pandémie de Covid-19. En mars 2020, afin de dédramatiser la situation, il décide de faire une blague en touchant tous les micros de la salle de presse… avant de devenir 48 heures plus tard le premier cas positif de la NBA. Ce faux pas avait considérablement terni son image. Un an plus tôt, ses larmes après avoir appris sa non-sélection au All-Star Game 2019 avaient déjà fait de lui un "pleurnicheur" aux yeux d’une partie des fans américains. L’impulsivité du vice-champion olympique 2021 et 2024 l’a également placé dans l'œil du cyclone.
En dehors de ces événements ponctuels, preuves d’un caractère clivant et bien trempé, Gobert cristallise les critiques à cause de son style de jeu, notamment la faiblesse de son bagage offensif. Si la NBA actuelle est peuplée d’intérieurs capables de shooter de loin, Gobert, lui, est perçu comme un pivot "à l'ancienne", dominant près du panier mais parfois un peu rustre. Même s’il a été élu meilleur défenseur de l’année (DPOY) à quatre reprises, un record dans l’histoire de la NBA (à égalité avec Ben Wallace et Dikembe Mutombo), son apport défensif est parfois remis en cause. En 2024, dans un sondage publié par The Athletic, seuls 6% des joueurs interrogés le désignaient comme meilleur défenseur de la ligue… quelques semaines avant que la NBA lui décerne le fameux trophée de DPOY. Dans ce même sondage, il héritait du titre peu glorieux de "joueur le plus surcoté de la ligue".
La défiance envers Gobert a pris une autre dimension à partir de la fin de l'année 2020, date de la signature de son premier gros contrat (205 millions de dollars - 180 millions d’euros - sur cinq ans). Car si le Français agace autant, c’est aussi (surtout?) parce qu'il brasse beaucoup d’argent. Cette saison, il touche 43,8 millions de dollars (38,5 millions d’euros) de salaire, ce qui fait de lui le 16e joueur le mieux payé de toute la NBA. Des émoluments qui ont tendance à faire quelques jaloux. Son meilleur ami Shaquille O’Neal en tête.
Les Salaires des Autres Stars de la NBA
Il convient de noter que le salaire de Rudy Gobert le place parmi les joueurs les mieux rémunérés de la NBA, mais il n'est pas le seul à percevoir des sommes considérables. Stephen Curry domine le classement des salaires NBA avec une prolongation de contrat qui lui assure un salaire de 62,6 millions de dollars pour la saison 2024-2025. Joel Embiid, le pivot des Philadelphia 76ers et Nikola Jokic, le pivot des Denver Nuggets complètent le podium cette année avec 51,4 millions de dollars chacun. D’autres stars de la NBA sont présentes dans le classement. Kevin Durant, vétéran de la ligue et joueur des Phoenix Suns, arrive en quatrième position. Puis vient LeBron James, 14ᵉ sur la liste cette année, avec un salaire de 48,7 millions de dollars.
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Voici un aperçu des salaires de quelques autres joueurs de la NBA :
- Stephen Curry : 55 761 217 $
- Kawhi Leonard : 52 368 085 $
- Nikola Jokic : 51 415 938 $
- Joel Embiid : 51 415 938 $
- Kevin Durant : 51 179 020 $
- Bradley Beal : 50 203 930 $
- Jimmy Butler : 48 798 677 $
- Giannis Antetokounmpo : 48 787 676 $
- Damian Lillard : 48 787 676 $
- LeBron James : 48 728 845 $
Les Français en NBA : Une Présence Croissante
Jamais les basketteurs français n’avaient été aussi nombreux et bien rémunérés en NBA. Entre contrats rookies et prolongations millionnaires, la France confirme sa place parmi les plus grands viviers de talents mondiaux. Outre Rudy Gobert, plusieurs autres joueurs français évoluent en NBA et perçoivent des salaires importants :
- Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) : Sa deuxième saison confirme son statut de superstar mondiale.
- Zaccharie Risacher (Atlanta Hawks) : Choisi premier à la Draft 2024, son contrat dépasse les 12 millions €.
- Alex Sarr (Washington Wizards) : Sélectionné en deuxième position de la Draft, il touche près de 11 millions €.
- Tidjane Salaun (Charlotte Hornets) : Sixième choix de la Draft 2024, il gagne plus de 7 millions € dès sa saison rookie.
- Bilal Coulibaly (Washington Wizards) : Dépasse désormais les 6,5 millions €.
- Ousmane Dieng (Thunder d’Oklahoma City) : Son contrat à plus de 6 millions $ traduit la confiance du staff.
- Nicolas Batum (Los Angeles Clippers) : Dispute probablement sa dernière saison.
- Noa Essengue (Chicago Bulls) : À 19 ans, il empoche déjà plus de 5 millions $.
- Guerschon Yabusele (New York Knicks) : Vise à s’imposer durablement dans la rotation new-yorkaise.
- Joan Beringer (Minnesota Timberwolves) : Son contrat de 4 millions $ reflète la confiance du staff.
- Nolan Traoré (Brooklyn Nets) : Son salaire de 3,5 millions € récompense sa précocité et son talent de meneur.
- Pacome Dadiet (New York Knicks) : Il percevra près de 3 millions $.
- Moussa Diabaté (Charlotte Hornets) : Son contrat à plus de 2 millions $ récompense ses efforts et son implication.
- Rayan Rupert (Portland) : À 22 ans, il touche plus de 2 millions $.
- Mohamed Diawara (New York Knicks) : Ce contrat supérieur au million $ offre une chance unique de s’imposer.
En cumulé, les salaires des Français en NBA dépassent les 120 millions d’euros pour la saison 2025-2026.
Comparaison avec d'Autres Sportifs Français
Avec son contrat XXL de 205 millions de dollars sur cinq ans, le pivot français de la franchise NBA d'Utah Rudy Gobert va bousculer sans ménagement la hiérarchie des sportifs français les mieux payés. Selon le magazine économique américain Forbes, l'attaquant du Paris SG et de l'équipe de France Kylian Mbappe était en 2020 le sportif français le mieux payé avec 33,8 millions de dollars (27,6 M EUR), dont 20,8 millions en salaires et 13 millions en sponsoring et contrats de partenariat. Il devançait ses coéquipiers en équipe de France Paul Pogba (Manchester United, 28,5 M USD) et Antoine Griezmann (Barcelone, 26,7 M USD), les seuls Français à entrer dans ce top 100 mondial. En 2020, le salaire de Gobert s'est pourtant établi autour de 25,5 millions de dollars, selon le site spécialisé dans l'étude des sports professionnels nord-américains Spotrac. Avec ce nouveau contrat qui entrera en vigueur en 2021, son salaire annuel va s'envoler à 41 millions de dollars par an, soit 33,5 millions d'euros, en moyenne sur les cinq saisons entre 2021 et 2026. Un chiffre qui ne prend pas en compte ses contrats de partenariat, mais qui permettra à Gobert de dominer, du haut de ses 2,16 m, de la tête et des épaules ses camarades footballeurs français.
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