Rugby contre Football Américain : Une Analyse Comparative des Risques de Blessures

La question de savoir quels sont les sports les plus dangereux suscite souvent l'intérêt. Parmi les sports de contact, le rugby et le football américain sont fréquemment comparés en termes de risques de blessures. Cet article vise à analyser en profondeur les dangers inhérents à ces deux disciplines, en s'appuyant sur des données factuelles et des études comparatives.

Introduction

Le rugby et le football américain, souvent confondus par les non-initiés, sont deux sports collectifs de contact qui suscitent un débat constant quant à leur dangerosité relative. Alors que certains affirment que le football américain est plus violent en raison de l'intensité des chocs, d'autres soulignent que le rugby est plus risqué en raison de la répétition des impacts et de l'absence de protections. Cet article explore les différents aspects de cette comparaison, en examinant la fréquence, la gravité et les types de blessures associées à chaque sport.

Les Sports les Plus Dangereux : Un Aperçu Général

Avant de se concentrer sur le rugby et le football américain, il est essentiel de replacer ces sports dans le contexte plus large des activités sportives à risque. Les sports dangereux sont ceux qui présentent un risque élevé de blessure ou de décès. Ces risques peuvent découler de divers facteurs, tels que le contact physique, la vitesse, l'environnement et les compétences des participants.

Certains sports, comme le football américain, le hockey sur glace et le rugby, sont intrinsèquement dangereux en raison de la violence physique qu'ils impliquent. D'autres, comme le ski, le snowboard et le VTT, présentent des risques liés à la vitesse et aux conditions environnementales. Les sports extrêmes, tels que l'alpinisme, l'escalade et le base jump, comportent des dangers inhérents à l'altitude, aux conditions météorologiques et à l'absence de dispositifs de sécurité.

Rugby et Football Américain : Un Comparatif des Risques

Intensité des Chocs et Répétition des Impacts

L'intensité des chocs est souvent citée comme un facteur déterminant de la dangerosité d'un sport. À cet égard, le football américain est généralement considéré comme plus violent que le rugby. Les joueurs de football américain portent des protections, telles que des casques et des épaulières, qui permettent d'étaler et de diffuser la surface d'impact, de sorte que l'ensemble du corps puisse absorber le choc. Cependant, ces protections peuvent également inciter les joueurs à s'engager dans des collisions plus violentes.

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En revanche, le rugby se caractérise par une répétition plus fréquente des impacts. Les joueurs de rugby ne portent pas de protections comparables à celles du football américain, ce qui signifie qu'ils absorbent directement les chocs. Cette répétition des impacts, combinée à l'absence de protections, peut entraîner des blessures cumulatives à long terme.

Types de Blessures

La comparaison des blessures fréquentes entre le football et le rugby révèle une diversité de traumatismes. Dans chaque discipline, les risques diffèrent.

Football :

  • Les entorses sont monnaie courante.
  • On note aussi des luxations de l’épaule et des fractures.
  • Les commotions cérébrales se retrouvent souvent chez les footballeurs.
  • Les déchirures musculaires ajoutent à la douleur de ce sport.

Rugby :

  • Les joueurs subissent des ruptures de ligaments croisés fréquemment.
  • Les luxations, particulièrement de l’épaule, perturbent souvent leur carrière.
  • Les commotions, moins fréquentes qu’au football, restent préoccupantes.

Une étude sur trois Coupes du monde a montré que les joueurs de football se blessent en moyenne soixante fois, tandis que les rugbymen subissent 80 accidents. Les luxations de l’épaule et les ruptures des ligaments croisés du genou sont fréquentes chez les rugbymen, les écartant des terrains pendant 6 à 9 mois.

Gravité des Blessures

Les blessures des rugbymen sont souvent plus graves comparées à celles des footballeurs. Ils subissent souvent des luxations de l’épaule et des ruptures des ligaments croisés du genou. Pour les blessures graves comme les luxations et les ruptures des ligaments, les rugbymen peuvent être indisponibles pendant 6 à 9 mois.

Le Dr Eric Laboute du CERS de Capbreton révèle que le rugby cause plus de blessures graves que le football.

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Acceptation du Risque

Les joueurs de rugby, tels que Wael May et Matthieu Bidau, acceptent les risques de blessure comme faisant partie du jeu. Mahdi Boundjema, lui-même joueur, le confie en mentionnant à quel point les joueurs de rugby sont souvent blessés.

Commotions cérébrales

Les commotions cérébrales sont une préoccupation majeure dans les sports de contact, y compris le rugby et le football américain. Une commotion cérébrale est un type de lésion cérébrale traumatique causée par un coup, un choc ou une secousse à la tête qui provoque un mouvement rapide de va-et-vient de la tête et du cerveau. Les commotions cérébrales peuvent entraîner une variété de symptômes, tels que des maux de tête, des étourdissements, des problèmes de concentration et des troubles de la mémoire.

Des études ont montré que les commotions cérébrales répétées peuvent entraîner des problèmes de santé à long terme, tels que l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC), une maladie dégénérative du cerveau qui peut provoquer des troubles cognitifs, des problèmes de comportement et des troubles de l'humeur.

La NFL a pris des mesures pour réduire le risque de commotions cérébrales, telles que l'interdiction des coups de casque et la mise en place de protocoles de commotion cérébrale plus stricts. World Rugby a également mis en œuvre des mesures similaires, telles que le "Pitch Side Concussion Assessment" (PSCA), un outil d'évaluation des commotions cérébrales sur le terrain.

Mesures de Prévention et Traitement des Blessures

La prévention et le traitement des blessures sont essentiels pour assurer la sécurité des athlètes dans le rugby et le football américain.

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Prévention dans le football :

  • Échauffement approprié avant chaque match
  • Port de protège-tibias et de chaussures adaptées
  • Hydratation régulière
  • Exercices de renforcements spécifiques

Traitement des blessures dans le rugby :

  • Kinésithérapie ciblée
  • Revalidation par étapes
  • Renforcement musculaire post-traumatisme
  • Suivi médical régulier

Dépistage des Anomalies Cervicales

Au rugby, en mêlée, s'affrontent deux packs de huit joueurs exerçant une poussée coordonnée pour le gain du ballon. Cette poussée entraîne chez les joueurs des premières lignes des forces colossales (jusqu'à une tonne) pouvant dépasser largement le seuil de rupture des structures vertébrales si une mauvaise position ou un effondrement se produit.

C'est à la suite d'un accident de ce type chez un jeune international de moins de 21 ans, devenu tétraplégique définitif suite à une section médullaire par hernie discale sur sténose canalaire, qu'un dépistage systématique d'anomalies congénitales ou acquises pouvant aggraver le risque médullaire en cas d'accident chez les 32 joueurs professionnels du club a été décidé.

Le protocole de dépistage proposé comporte plusieurs étapes :

  • Réalisation de radiographies standards de profil strict du rachis cervical et de profil dynamique flexion, extension.
  • Mesures de C3 à C7 : diamètre antéropostérieur du corps vertébral dans sa portion médiane ; diamètre antéropostérieur du canal rachidien en regard du bord postérieur du corps vertébral à la ligne laminaire ; mesure du rapport de TORG (Pavlov).
  • Recherche d'anomalies morphologiques osseuses : blocs congénitaux, impression basilaire, odontoïde mobile…, lésions discarthrosiques…
  • Recherche de signes d'instabilité sur les clichés dynamiques : décalage de plus de 2,5 mm au niveau articulaire postérieur (accrochages) en flexion, rétrolisthésis en hyperextension…

L'Évolution des Protections et des Règles

En l’espace de vingt ans, les protections sont devenues incontournables. Protège-dent (obligatoire depuis deux saisons en France, NDLR), protège-tibias, épaulières, casque… Les rugbymen bénéficient désormais d’une seconde peau parfaitement encadrée. On a beaucoup travaillé pour unifier les protections. A une certaine époque, on faisait un peu n’importe quoi en ayant des éléments vraiment dangereux comme sur les avant-bras, rappelle Bernard Lapasset, Président de World Rugby de 2007 à 2016. On a imposé des normes pour avoir une forme régulière d’expression.

Pour les équipementiers, la difficulté est de protéger les joueurs en respectant les normes de World Rugby mais sans nuire à l’expression des acteurs sur le terrain. Nos évolutions suivent les changements de règle, nous explique Laurent Gaya, Directeur Gilbert France. Actuellement, sur les casques et les épaulières, nous travaillons sur des matériaux intelligents avec des reprises de mémoire de forme qui diffuse totalement le choc. A l’impact, quand on tape sur un morceau de la mousse, le choc se diffuse pour éviter une grosse pression. Et pour la saison prochaine, nous développons une nouvelle mousse qui absorbera encore plus les chocs. Nous avons aussi des protections pour le torse avec une plaque en titane au niveau du plexus et des cotes flottantes. Il faut penser au nombre de petits chocs dans un match. Ils sont incalculables.

Au football américain, les règles ont dû évoluer pour protéger les joueurs. Les protections étaient devenues des « armes », on s’en servait comme point d’attaque. On attaquait avec les caques sur le genou par exemple. Depuis, les coups de casques ont été interdits.

Les Sports de Contact et les Maladies Cérébrales Dégénératives

Les personnes pratiquant des sports de contact ont un risque élevé de développer des maladies cérébrales dégénératives, selon une étude menée par des experts internationaux. Parmi les sports concernés, on retrouve le football américain, le rugby et le football.

Des recherches des universités des États-Unis, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, du Brésil et de Grande-Bretagne ont révélé que les personnes pratiquant des sports de contact courent un risque considérablement élevé de développer des maladies cérébrales dégénératives. Selon l'organisme Concussion Legacy Foundation qui a publié l'étude ce mardi, les experts ont trouvé des preuves "concluantes" que les chocs répétés à la tête provoquaient l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC). Les athlètes pratiquant ces sports de contact sont ainsi 68 fois plus susceptibles de développer une ETC que les autres.

Rugby et Football Américain : Au-Delà de la Compétition, une Culture et des Valeurs

Il n’est pas rare de voir certains rugbymen tenter leur chance outre-Atlantique. L’ancien ailier des London Wasps Christian Wade fait partie de l’équipe d’entraînement des Buffalo Bills, alors que le treiziste australien Jarryd Hayne avait tenté sa chance du côté des San Francisco 49ers. Le pont se fait de ce sens-là, moins de l’autre, conclut Philippe Gardent.

Sydney Edouard abonde dans son sens : Si quelqu’un arrive en se disant « je suis super fort au foot US, je vais tout casser au rugby », ça va être difficile pour lui, et inversement. Le mauvais côté du foot US, ce sont ceux qui en font trop dans le côté show. Les mecs sont des pseudo-starlettes alors qu’on joue à un bas niveau. Au rugby, on n’aime pas trop les starlettes (rires). C’est une culture différente. Par contre, tout le monde se tape dans la main tout le temps, il y a une notion d’entraide.

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