La question de savoir quelle est la compétition de football la plus difficile au monde suscite de nombreux débats. On entend souvent dire que la Coupe du monde, c’est bien beau, mais que le niveau y est plus bas que celui de l’Euro. Cet article explore les différents facteurs qui contribuent à la difficulté d'une compétition de football, en comparant notamment l'Euro et la Coupe du monde, et en analysant des compétitions alternatives comme la Kings World Cup.
L'Europe domine-t-elle le football mondial ?
Historiquement, les nations européennes ont été majoritaires en Coupe du monde, hormis en 1930 et 1950, lors des deux premières éditions en Amérique du Sud. Les Européens ont été majoritaires jusqu’en 1994, avec un maximum de 12 représentants sur 15 en France en 1938. Paradoxalement, c’est au moment où sa représentativité a baissé, à partir du passage à 32 équipes en 1998, que l’Europe a pris quasi-définitivement le dessus sur l’Amérique du Sud, avec cinq victoires en sept éditions (France en 1998 et 2018, Italie en 2006, Espagne en 2010 et Allemagne en 2014). Sur les 22 éditions de la Coupe du monde, rappelons que l’Europe en détient 12 et qu’elle compte 29 finalistes (sur un total de 44). Dans le dernier carré, elle est présente 61 fois sur 88 (demi-finale ou équivalent) et 121 fois sur 176 dans le top 8 (quart de finale ou équivalent).
L'histoire de la Coupe du Monde révèle la domination européenne, avec 12 victoires sur 22 éditions et une forte présence dans les phases finales. Cependant, enchaîner la conquête d’un titre européen et d’un titre mondial est extrêmement difficile. Seules l’Allemagne (Euro 1972 puis CM 1974) et la France (CM 1998 puis Euro 2000) l’ont fait, chacune dans un sens différent. De toute évidence, le champion d’Europe souffre plus pour embrayer sur une Coupe du monde que le champion du monde (quand il est européen) sur la scène continentale. Les plus gros crashes en l’espèce, à savoir ne même pas se qualifier pour l’édition suivant un titre, sont presque toujours le fait d’un champion d’Europe : la Tchécoslovaquie en 1978, le Danemark en 1994, la Grèce en 2006 et l’Italie en 2022. Si on regarde quels sont les champions en titre éliminés dès le premier tour, on ne trouve que trois vainqueurs de l’Euro : l’Espagne deux fois (en 1966 et en 2014) et la France en 2002. Jamais un champion du monde européen n’a été sorti dès le premier tour de l’Euro suivant.
Certaines nations européennes affichent des performances remarquables dans les deux compétitions. Pour la France, qui a terminé quatre fois dans le dernier carré du championnat d’Europe et qui a gagné deux des trois finales qu’elle a disputé, l’Euro est un peu plus abordable que la Coupe du monde (où elle a fini 7 fois dans le top 4, mais en 16 participations au lieu de 10). Mais depuis son titre mondial de 2018, elle a aussi gagné deux finales sur quatre en Coupe du monde. Pour l’Espagne, dont le bilan mondial était famélique avant la victoire de 2010, l’Euro est aussi une bénédiction : 4 finales disputées en 11 participations, et 3 victoires. Que dire sur l’Allemagne, sinon qu’elle fait rarement le voyage pour rien ? 6 finales de l’Euro dont 3 gagnées, 8 finales mondiales pour 4 gagnées. Dans les deux compétitions, ne pas voir les Allemands en quart de finale est un événement. C’est arrivé seulement 3 fois à l’Euro, 3 fois aussi à la Coupe du monde (dont les deux dernières). L’Italie adorait la Coupe du monde, qui le lui rendait bien, sauf bien sûr quand elle lui fait faux bond, comme en 2018 et en 2022. Deux finales (une gagnée, une perdue) en 26 participations cumulées, c’est bien peu pour l’Angleterre, qui s’est arrêtée 9 fois en quarts de finale. Pas transcendants au niveau mondial (2 demi-finales en 1990 et 2018), les Anglais sont encore moins convaincants en Europe. Après avoir longtemps dédaigné les compétitions internationales, ils ont attendu 55 ans leur deuxième finale, et l’ont perdue aux tirs au but. C’est la seule sélection européenne qui n’est pas championne du monde, mais avec 3 finales atteintes et 2 demi-finales en 11 participations, les Pays-Bas méritaient d’être mentionnés.
L'évolution des compétitions : De la Coupe d'Europe des Nations à la course UEFA-FIFA
Longtemps, la comparaison entre Coupe du monde et Euro n’avait même pas lieu d’être. A l’époque où l’Uruguay de Schiaffino dominait la planète, l’UEFA n’avait pas encore créé de compétition européenne au niveau des sélections. Au temps de Pelé, l’Euro s’appelait encore Coupe d’Europe des Nations et son fonctionnement était calqué sur celui de la coupe d’Europe des clubs champions. Depuis le milieu des années 1990, l’UEFA et la FIFA se sont lancés dans une course poursuite assez ridicule et qui n’est pas sans rappeler La folie des grandeurs, avec Blatter dans le rôle de Louis de Funès et Platini dans celui d’Yves Montand. L’Euro 1996 double de volume et passe à 16 pays ? La Coupe du monde 1998 en comptera 32 et non 24. En attendant que la Coupe du monde se joue à 48 dès 2026, comme l’a décidé Gianni Infantino en digne héritier de ses prédécesseurs, on aimerait que cette inflation ne soit pas fatale à ce qui faisait la richesse de l’Euro : le fait qu’il puisse être remporté par le Danemark, la Grèce ou le Portugal. Cela le rend-il plus facile que la Coupe du monde ? Peut-être pas.
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La course entre l'UEFA et la FIFA a conduit à une inflation du nombre de participants, soulevant des questions sur l'impact sur la qualité et l'imprévisibilité des tournois.
Facteurs déterminant la difficulté d'une compétition sportive
Il est essentiel de définir ce qui rend une compétition "difficile". Est-ce le niveau de compétition, l'exigence physique, la pression mentale, ou une combinaison de ces facteurs ?
Selon une étude de ESPN, la boxe arrive en tête des sports les plus difficiles, suivie par le hockey sur glace et le football américain. La boxe demande énormément de résistance physique, d’endurance, de puissance et de force, mais ce n’est pas tout. Il faut aussi en effet avoir du courage pour se pointer devant un adversaire qui va tenter de nous en mettre plein la gueule. En étant aussi exigeant, le sport s’est hissé sur la première marche du podium. On n’a pas trop de mal à être d’accord avec cette position. Là il faut avouer qu’on était un peu plus sceptique parce qu’on n’aurait jamais pensé à ce sport en deuxième position. Pourtant, le hockey sur glace demande lui aussi beaucoup d’endurance, de résistance physique et de puissance. Mais là où il demande beaucoup moins de courage que la boxe, il demande un peu plus de vitesse, d’agilité et surtout d’analyse. Il demande moins d’endurance qu’en boxe ou en hockey, mais demande beaucoup de puissance, de vitesse, de force et de résistance, en plus d’une bonne analyse de la situation sur le terrain. Il faut aussi pas mal de courage, ce qu’on peut comprendre quand on voit la violence de certains choc. Le basket est très exigeant en terme d’endurance, d’agilité et de coordination, mais il demande moins de force et de puissance que les sports au-dessus. De la force, de la puissance et de la souplesse. Ce sont les principales aptitudes demandées aux lutteurs. Mais la lutte reste un sport très exigeant dans à peu près tous les critères de l’étude. Ce qu’on ne comprends pas ici non plus, c’est que les arts martiaux demandent (selon l’étude, hein) moins de courage que le football. Ils demandent pas mal d’aptitudes, mais surtout beaucoup de puissance et de souplesse, pour pouvoir faire des bons high kick bien explosifs. Forcément, le tennis demande de l’endurance, parce que même si les joueurs s’arrêtent entre chaque point, les matches peuvent durer des plombes avec des échanges à rallonge. Mais là où il faut exceller le plus, quand on fait du tennis, c’est dans la coordination main/yeux. C’est un des sports les plus exigeants sur ce point. Comme vous pouvez vous en douter, la gym demande un maximum de souplesse. Le baseball est ce fameux sport qui demande le plus de coordination main/yeux. Parce que pour frapper une balle qui arrive à 160km/h avec des effets de dingue, il vaut mieux être doué à ce niveau-là. On voit déjà les anti-foot s’énerver en disant que les footballeurs ne sont que des danseuses qui se jettent au sol au moindre contact, mais, ne leur en déplaise, ce sport qui exige beaucoup d’aptitudes différentes est dans le top. Au foot, il faut surtout être agile, rapide et endurant.
Bien que le football ne soit pas en tête de liste en termes de difficulté purement physique, il exige un large éventail de compétences et d'aptitudes.
L'attrait financier des compétitions de football
La difficulté d'une compétition peut également être mesurée par son attrait financier, reflétant son importance culturelle et son audience mondiale.
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Voici le TOP 10 des compétitions sportives qui génèrent le plus d'argent en droits TV :
- National Football League (Football américain) : 7 milliards de dollars par an.
- La Premier League (Football anglais) : plus de 6,9 milliards d'euros par an.
- La Liga (Football Espagnol) : 2,65 milliards d'euros par an.
- La National Basketball Association (NBA) : 2,1 milliards de dollars par saison.
- La Bundesliga (football allemand) : 1,4 milliard d'euros par an.
- La National Rugby League : 1,3 milliard d'euros par an.
- Serie A (Football italien) : 956 millions d'euros de droits TV.
- La Ligue 1 Uber Eats : 478,5 millions d'euros de droits TV par an.
- Major League Baseball : plus de 700 millions de dollars de droits TV par an.
- Indian Premiere League (Cricket) : 510 millions de dollars par an.
Ces chiffres montrent l'énorme popularité et l'importance économique du football, en particulier la Premier League et la Liga.
La Kings World Cup : Une nouvelle approche du football
Depuis quelque temps, les générations Z et Alpha, soit celles qui devront remplir les tribunes dans les prochaines décennies, se détournent peu à peu du ballon rond. Oui, le football est en crise, pas d’un point de vue financier, certes, mais d’un point de vue sociétal. En même temps, il est difficile de leur en vouloir. Est-ce que le sport le plus populaire du monde est prêt à faire son autocritique ? Pas sûr, si l’on observe les guerres intestines qui l’agitent actuellement. Pourtant, si la mise en bière du sport le plus médiatique du monde est en cours, Gérard Piqué ne tire pas pour autant sur l’ambulance. D’autant qu’un dernier paramètre, hautement stratégique, différencie clairement ces deux pratiques. Entre les nombreux abonnements télé nécessaires pour pouvoir regarder tous les matchs et le prix de places au stade, le foot actuel n’est plus réellement un synonyme du mot populaire. De son côté, la diffusion de la Kings World Cup sera gratuite et proposera une multitude de contenus additionnels. Finalement, cette première édition de la Kings World Cup pourrait être vue dans plusieurs années, voire décennies, comme l’étape fondatrice d’un nouveau paradigme dans le divertissement sportif. « La Kings World Cup est un événement ponctuel qui va permettre de prendre le pouls de la situation dans plusieurs pays afin de lancer éventuellement par la suite des ligues nationales. Encore une fois, c’est une nouvelle forme de divertissement qui se sert des réseaux sociaux comme d’une caisse de résonance. Et on voit que cela marche déjà. Depuis deux mois, le streamer Amine réalise de grosses audiences autour de ce projet. Une Kings League prochainement en France ? Et pouquoi pas ? C’est en tout en cas l’ambition de Gérard Piqué. Pour rappel, la finale de la Kings World Cup aura lieu le 8 juin prochain. Si vous ne regardez pas ce match en direct, aucun souci à vous faire.
La Kings World Cup, lancée par Gérard Piqué, représente une tentative de dépoussiérer le football traditionnel en mélangeant sport, divertissement et réseaux sociaux. Cette compétition de football à 7, avec des règles innovantes et des équipes dirigées par des personnalités connues, vise à capter une audience jeune et ultraconnectée.
Complexité et imprévisibilité des compétitions
Le sport a parfois le don d’imaginer des compétitions dont la compréhension reste une énigme, même après lecture du mode d’emploi. Voici quelques exemples. Passés, ou actuels. Qui avait vraiment compris la Coupe Intertoto de football ? Si l’on commence en se replongeant un peu dans les années passées, tout en restant dans l’univers du football, il y a par exemple la Coupe Intertoto. Certes, elle a offert au football français des moments aussi inoubliables que Robert Louis-Dreyfus (propriétaire de l’OM et d’Adidas) dansant en claquettes au milieu de ses joueurs après une victoire contre La Corogne en 2005, ou un 4-4 de légende de Troyes sur la pelouse de Newcastle, en 2001. Mais il faut l’avouer, personne ne comprenait vraiment comment fonctionnait cette épreuve. En 1995, l’UEFA avait décidé de créer des repêchages pour les clubs restés à la porte de la Coupe de l’UEFA. Il s’agissait de meubler les étés des amateurs de football les plus incurables entre une Coupe du monde ou un Euro et la reprise des championnats. « Après des premières joutes insipides entre des clubs lettons, moldaves et maltais, les sixièmes, septièmes et huitièmes des championnats plus huppés venaient s’inviter à la fête », résumait bien France Football dans un article publié en 2016, exaltant la nostalgie de cette Coupe d’Europe pour juillettistes et aoûtiens. La compétition était parfois snobée par les Italiens, Espagnols et Anglais et elle donnait trois vainqueurs, ce qui est un concept ! Mais rendons à l’Intertoto d’avoir permis une des plus belles épopées du football français, celle de Bordeaux en 1995-1996. Partis des tréfonds de l’Intertoto et d’une victoire contre les Suédois de Norrköping, les partenaires du duo Zidane-Dugarry s’étaient retrouvés en finale de la Coupe UEFA dix mois et demi plus tard, en mars 1996, avec une victoire de légende face au Milan AC. En 2007, l’UEFA a décidé de supprimer l’Intertoto pour la remplacer par des tours de qualification. Le charme était rompu.
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