Le rugby à Lisle-sur-Tarn, c'est bien plus qu'un simple sport ; c'est une saga, un héritage façonné par des générations de passionnés. Des origines lointaines aux succès récents, l'histoire du rugby dans cette ville du Tarn est un récit captivant de résilience, de camaraderie et de triomphe.
Les Ancêtres du Rugby : De la Soule Gauloise aux Collèges Anglais
Les racines du rugby remontent à des temps immémoriaux. Les Romains nous avaient bien légué « la soule » et les Gaulois la pratiquaient. Plus tard, en 1825, une faute du collégien de Rugby : W. Wibbs Ellis donne naissance à notre sport moderne.
L'Éclosion du Rugby dans le Tarn au Début du XXe Siècle
À l’aube du XXème siècle, le Tarn enregistre une éclosion de clubs particulièrement entre 1901 et 1914. L’industrialisation favorise l'émergence de clubs liés aux entreprises, comme le Football Club Carmausin et l’Olympique de Carmaux (1907), qui deviendront l'Union Sportive Carmausine en fusionnant en 1940. D'autres clubs voient le jour, témoignant de l'engouement grandissant pour ce sport : le Foot Ball Club Association de Saint-Juéry (1908), Mazamet, le Foot Ball Club Cagnacois (1919), et le S.C.
Le chemin de fer joue également un rôle dans le développement du rugby, avec l'A.S. des cheminots. Une opposition se fait jour entre le Foot et le Rugby, entre les pratiques des banlieues ouvrières et les villes et les villages. Le nombre de clubs ne cesse de croître ; le nombre de licenciés également.
L'Essor Régional et l'Engagement des Pouvoirs Publics
D'abord pratiqué en Aquitaine, dont on sait les liens historiques avec la Grande-Bretagne, où il est né dès 1823, le rugby se développe dans le dernier quart du XIXe siècle en Occitanie, comme en témoigne l’histoire de certains clubs régionaux. En 1899, les clubs de province sont autorisés à participer aux championnats de France de rugby et la pratique se développe partout dans le Sud-Ouest. Dans le premier quart du XXe siècle, on aménage de façon sommaire les stades avec des fonds privés. Petit à petit, le rugby devient un sport régional digne de considération et l’intérêt porté aux équipements pour le pratiquer et assister aux matchs se répand partout.
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Dans l'entre-deux guerres, à côté des initiatives privées, on voit se développer une réflexion portée par les pouvoirs publics. Des communes à l’État, le sport, dont le rugby fait partie, est investi de fonctions et valeurs politiques, morales et de santé publique afin de contribuer à lutter contre les fléaux sociaux. La modernisation des stades se poursuit dans les années 1960, avec des objectifs conformes à l’évolution de la société et de la technologie.
Figures Emblématiques du Rugby Tarnais
Le Tarn a vu naître ou a adopté des figures emblématiques du rugby français :
- Marcel BATIGNE : qui présida longtemps aux destinées du S.C. Graulhet avant d’être élu Président de la F.F.R.
- Charles DURAND : né à Arthès, qui, après avoir joué et entraîné Saint-Juéry et Albi devint vice-président de la F.F.R.
- Lucien MIAS : capitaine de l’équipe de France qui s’est imposée pour la première fois en Afrique du sud en 1958.
L'Amicale Sportive Lisloise : Une Histoire de Hauts et de Bas
Lisle-sur-Tarn, un patelin du vignoble gaillacois, revendiquant cent-cinq ans d’existence et le privilège d’un sacre national de Quatrième Série en 1927. Ce n'est qu'en 1932 que les " bleu & noir " découvraient le stade de la Noyère sur lequel ils évoluent toujours.
L'histoire de l'Amicale Sportive Lisloise (ASL) est marquée par des moments de gloire et des périodes de difficultés. En 2018, le club conclut sa saison en Honneur Occitanie avec un bilan sportif négatif et une descente à la clé. Malgré cela, un esprit de solidarité et de camaraderie règne au sein du groupe, comme le souligne Régis Sacarrere, co-entraîneur avec William Davant et Sébastien Gimenez.
La Remontée en Honneur : Un Nouveau Départ
« Certains pensaient que l’ASL déposerait les armes, il n’en est rien, bien loin de là. On dit en sport qu’on ne perd jamais : on gagne ou on apprend. Nous avons appris, et dès septembre, les vestiaires de la Noyère chanteront de nouveau.” Ce discours offensif et positif de Régis Sacarrere remonte lui aussi à juin 2018. On peut y trouver les bases d’un renouveau, d’une reconstruction, sur des fondations solides. Preuve aussi que le groupe a continué à bien vivre malgré les défaites, ce voyage de fin de saison à Madrid, où chaque joueur est rentré avec une moustache tatouée sur une partie de son corps. Joli symbole d’une bande de copains qui a l’ASL dans la peau.
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À l’image du capitaine Damien Greffier, l’ASL avait un genou à terre en 2018, mais s’est bien relevé depuis pour décoller à nouveau…
Dimanche dernier, quelques heures après la victoire dans le derby contre Rabastens, synonyme de montée officielle en Honneur, nous avons naturellement demandé au coach son sentiment : « Je me souviens très bien de ce que l’on s’était dit à l’époque oui. Aujourd’hui, comme hier, c’est avant tout la réussite d’un groupe de joueurs, d’entraîneurs, de dirigeants, une histoire d’hommes en fait. On partait de loin il y a deux ans quand nous sommes descendus, tout le monde nous voyait alors comme un club moribond, mais nous y sommes arrivés, et j’en suis très fier. »
La Saison 2024-2025 : Ambition et Défis
Plus près de nous, Lisle 2025 c’est un cru excellent aussi bien avec l’équipe fanion que l’équipe "B". Toutes deux logent à la première place de leur poule respective avec des statistiques qui imposent le respect. En effet, l’équipe fanion n’a connu qu’à deux reprises l’amertume de la défaite. Deux revers subis sur la plus petite des marges à Maurs - Bagnac (20-19) et chez le voisin, Rabastens (29-28). Les Lislois jouent, gagnent et séduisent. Et pourtant à l’intersaison, le recrutement n’a pas été du tout pléthorique. "Un seul joueur est venu nous rejoindre, le demi de mêlée des espoirs gaillacois, précise l’entraîneur principal, Christian Panzavolta, une figure du rugby du Sud-Est passée par Bourg et Nice. Il était intéressé par notre projet sportif. Au sein de l’encadrement, on fonctionne avec l’effectif de la saison passée. Le groupe senior est le copier-coller de 2024. Ce sont des joueurs possédant un superbe état d’esprit. Aucun ne touche le moindre euro. Des joueurs riches et comblés par la qualité des résultats. À l’approche du printemps, ils sont fin prêts pour vivre une belle aventure sportive. "
"Une première place au classement, c’est bien, renchérit Christian Panzavolta. Personnellement, je ne m’en contente pas. Déjà, dimanche, nous avons la finale départementale à Pierre-Fabre face à Sidobre qui est un premier objectif et une première étape dans notre parcours. La suite, elle est intéressante avec le match d’accession en Régionale 1, le championnat d’Occitanie ainsi que le championnat de France." Les défis ne manquent pas pour les Lislois.
Alors que l'Amicale Sportive Lisloise navigue sereinement dans la saison 2024-25, s'affirmant comme un leader incontesté de la poule 8. Avec 9 victoires et seulement 2 défaites, l'Amicale Sportive Lisloise aborde ce derby face au Stade Athlétique Rabastens Couffouleux avec une grande confiance. Lisle-sur-Tarn a dominé sa poule de la tête et ne compte pas s’arrêter là. Au sein de l’échelon majeur de la Ligue, le Tarn peut se flatter d’avoir pour la saison à venir un représentant supplémentaire en Fédérale 3. À la faveur de sa première place en poule, Saint-Juéry a connu au soir de la dix-septième journée, les joies de l’accession directe. Au niveau médian, un autre tarnais fait également des prouesses.
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Le Derby Lisle-Rabastens : Une Rivalité Historique
Le choc rugbystique entre Lisle-sur-Tarn et Rabastens ne se résume pas simplement à un match de sport ; il incarne une rivalité historique, riche en émotions et soutenue par des performances remarquables. Une distance de seulement 8 km sépare les deux équipes, ajoutant une dimension supplémentaire à cette rencontre tant attendue par les supporters, renforçant ainsi le caractère de derby.
Le coup d’envoi donné par Rabastens marque le début d'une bataille acharnée, juste après la première pénalité réussie par Julien Rochas pour les visiteurs. Lisle-sur-Tarn, bien que sous pression, montre sa force par des charges puissantes, notamment grâce à son paquet d’avants. Au fur et à mesure que la rencontre avance, les fautes se multiplient des deux côtés avec un nombre regrettable de cartons jaunes. Lisle, grâce à sa détermination et sa stratégie, finit par faire plier la défense rabastinoise. Finalement, c’est Lisle-sur-Tarn qui s’impose, consolidant sa position de leader dans la poule. Cette victoire ne se limite pas seulement au tableau des scores ; elle célèbre aussi l’héritage d'une rivalité qui s’est enracinée dans l’histoire locale et continue de dynamiser la communauté. Tandis que Lisle-sur-Tarn se prépare pour ses prochains défis sportifs, notamment un derby face à l’Avière Carmausine, le Stade Athlétique Rabastens Couffouleux, fort de cette expérience, espère rebondir et enchaîner des victoires pour se hisser vers le haut du classement.
Les Ambitions Futures : Terroir, Occitanie et Championnat de France
Et quand on demande au coach comment il voit la saison prochaine, sa réponse fuse : « Il est bien trop tôt pour répondre à cette question, on se grattera la tête un peu plus tard, maintenant, on veut profiter. Le terrain parlera bien assez tôt ».
Un qui se devait de parler également, c’est la capitaine, Damien Greffier, pilier de l’équipe, même s’il joue en seconde ou troisième ligne : « On savait exactement à quoi s’attendre face à cette jeune et bonne équipe de Rabastens. On avait vu sur les réseaux sociaux qu’ils voulaient battre le premier, ils avaient bien mobilisé leurs supporters, et leur entraîneur avait annoncé que leur saison serait réussie s’ils gagnaient à Lisle. C’est de bonne guerre et c’est ce qui fait le charme d’un derby. Ce n’était pas évident, « Rabas » nous a bien contré sur toutes les phases de conquête, mais la deuxième mi-temps a été globalement à notre avantage où nous avons pu alterner le jeu grâce à une conquête enfin retrouvée, et trois beaux essais inscrits à la clé. La blessure de leur excellent numéro huit en tout début de seconde mi-temps a sans doute déstabilisé notre adversaire, mais nous avons su remettre les choses dans l’ordre au sein de notre jeu, ce qui nous a permis de nous imposer avec un bonus mérité ! Couplée à la défaite de Rodez, cette victoire nous offre la première place avec certitude avant la dernière journée, et un périlleux déplacement à Espalion ! Le premier objectif de la saison est donc rempli : se qualifier pour le championnat de France, qui pour moi, est la plus belle des compétitions. Maintenant on va prendre les compétitions les unes après les autres, Terroir, Occitanie et le France et tâcher de faire mieux que l’an dernier. Quand je vois la mobilisation de notre B et de nos dirigeants ainsi que l’école de rugby pour notre retour au vestiaire après l’échauffement ainsi que pour la rentrée sur le terrain, ça te donne les frissons et c’est pour ce genre d’émotions qu’on joue au rugby. La fête a été belle, très belle même dimanche soir à La Noyère pour célébrer cette montée. Mention spéciale à Johnathan Jeantout qui nous a fait apprécié ses talents de Showman. »
Au terme de leur parcours exceptionnel qui les a amenés au rang de finaliste du championnat d'Occitanie Régionale 2, les " bleu & noir " de l'Amicale Sportive Lisloise se lancent à présent dans l'aventure du championnat de France. Le 32e de finale de cette compétition, dont rêvent tous les clubs en rugby régional, aura lieu, le 18 mai. Demain pourrait être un grand jour pour le rugby lislois, qui affronte l’Entente Fleury Salles Coursan XV en finale du Championnat d’Occitanie de Régionale 2, demain à Lacaune. Car la dernière trace dans le palmarès de l’ASL remonte à 1981, et un titre régional de 3e série. Les Tarnais avaient auparavant remporté d’autres trophées en 1978 (4e série), en 1943 (3e série), et en 1926 (4e série) où ils avaient aussi été sacrés champions de France. Le club a commencé cette saison avec un effectif de 60 joueurs grâce à l’arrivée de plusieurs jeunes en manque de temps de jeu. Une jeunesse qui a apporté sa pierre à l’édifice selon le président de l’ASL Didier de Oliveira. "Ces jeunes ont redonné envie de jouer avec les lignes arrière, plus de sérénité et un certain équilibre où le jeu ne se fait plus qu’avec les avants… En début de saison, on craignait de ne pas pouvoir monter deux équipes, puis la mayonnaise a pris depuis l’automne, l’équilibre et la dynamique sont bien présents. On visait les phases finales et le titre, si on le mérite, on le gagnera et je pense qu’on le mérite. Quel que soit le résultat, la saison ne sera pas terminée et on ne va pas galvauder le championnat de France."