Le rugby est bien plus qu'un simple sport en Irlande et au Pays de Galles. C'est une passion, une tradition et un symbole d'identité nationale. Le Tournoi des Six Nations occupe une place spéciale dans le cœur des amateurs de rugby des deux pays. La rencontre entre l'Irlande et le Pays de Galles est toujours un événement attendu avec impatience, chargé d'histoire et de rivalité.
Les origines de la rivalité
L'histoire du tournoi remonte à 1883, lorsque l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande ont commencé à se disputer le Home International Championship, souvent appelé le Tournoi des Quatre Nations. La compétition a évolué au fil des années, avec l'ajout de la France en 1910, transformant ainsi le tournoi en Tournoi des Cinq Nations. Cependant, la France a été exclue de la compétition entre 1932 et 1939 en raison de son niveau de jeu jugé insuffisant et de préoccupations concernant le professionnalisme. Elle a été réintégrée après la Seconde Guerre mondiale.
L'Irlande et le Pays de Galles ont une longue histoire de confrontations mémorables dans le Tournoi des Six Nations. Les matchs entre ces deux nations sont souvent caractérisés par leur intensité, leur engagement physique et leur suspense. Les supporters des deux camps sont passionnés et créent une atmosphère électrique dans les stades.
Moments marquants de l'histoire
L'Irlande a connu des moments mémorables dans le Tournoi des Six Nations. Qui pourrait oublier le Grand Chelem de 2009, où l'Irlande a remporté tous ses matchs pour décrocher le trophée tant convoité ? En 2023, l’Irlande a réitéré cet exploit en remportant le tournoi des 6 nations en réalisant le Grand Chelem.
Le Pays de Galles a également connu de nombreux succès dans le Tournoi des Six Nations, notamment en remportant plusieurs Grand Chelems. En 2019, le pays de Galles est allé chercher le douzième Grand Chelem de son histoire en étouffant l’Irlande samedi sous la pluie de Cardiff (25-7). Warren Gatland remporte son troisième Grand Chelem après ceux de 2008 et 2012 : un record pour un sélectionneur. Les Gallois enchaînent une quatorzième victoire consécutive, un record national qui leur permet de doubler l’Irlande au classement de World Rugby.
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Le rugby, un symbole d'unité
Comme mentionné précédemment, le rugby a le pouvoir de transcender les divisions politiques et géographiques en Irlande. L'équipe nationale représente toute l'île, y compris l'Irlande du Nord. Les rivalités entre l'Irlande et les autres nations du Tournoi sont intenses et passionnées.
Le Tournoi des Six Nations 2025 : Irlande - Pays de Galles
Le match entre le Pays de Galles et l'Irlande, qui s'est déroulé dans le cadre de la 3e journée du Tournoi des Six Nations 2025, a tenu toutes ses promesses en termes de suspense et d'intensité. Le Pays de Galles, en difficulté dans ce tournoi, recevait une équipe d'Irlande en quête d'un troisième titre de rang.
Première mi-temps : Domination irlandaise et réaction galloise
Les champions en titre irlandais ont immédiatement imposé une grosse séquence défensive aux Gallois. L'Irlande a dominé le début de match, concrétisant sa domination par un essai en force de Conan (7e, 0-7). Un rouleau compresseur inéluctable fait de courses tranchantes et puissantes. Le Pays de Galles se rassurait en glanant des pénalités en mêlée. Mais l'Irlandais jouait à sa main avec des sorties de balles très rapides qui mettaient la défense locale aux abois. Lowe était ainsi proche de marquer au quart d'heure, mais il échappait le cuir à quelques mètres de la Terre promise. Une nouvelle alerte pour le XV du Poireau qui concédait cependant trois nouveaux points par le pied de Prendergast (21e, 0-10). Gareth Anscombe lui répondait et permettait aux siens de marquer leurs premiers points (3-10). Mais il y avait mieux à faire sur l'action avec un ballon perdu par l'Irlande qui aurait pu être mieux négocié dans le camp du Trèfle.
Ce qui manquait au Pays de Galles, c'était en premier lieu des ballons rapides face à une défense agressive. Mais aussi un peu de maitrise à l'image de cette dernière passe en-avant de Morgan pour Williams à la 26e alors que le demi de mêlée pouvait espérer réduire la marque. Une fois n'est pas coutume, l'Irlandais ratait aussi le coche quelques instants plus tard. Ringrose voyant le cuir envoyé par Osborne lui passer sous le nez. Le centre avait pourtant un boulevard devant lui en bord de touche. Si bien qu'à la demi-heure, et malgré une possession à l'avantage de l'Irlande (51 %), seuls sept points séparaient les deux nations à la demi-heure.
Sur l'action, Ringrose écopait d'un jaune pour un choc tête contre tête. L'occasion était belle pour le Pays de Galles, d'autant que Prendergast trouvait le poteau sur son coup de pied. Il n'en fallait pas plus pour que les supporters locaux donnent de la voix. Mais l'efficacité n'est pas le fort des Gallois dans ce Tournoi avec seulement deux essais marqués jusqu'à présent. La mêlée, en revanche, donnait satisfaction et récoltait une nouvelle pénalité. Un enseignement pour les Bleus de Galthié en vue du choc à Dublin. Une action qui débouchait (enfin) sur un essai. Les avants ayant pris les choses en main jusqu'à ce que Morgan permette au Pays de Galles de passer devant aux citrons (13-10, 43e). Une supériorité numérique bien négociée. Le jaune de Ringrose ayant été transformé en rouge par le bunker, il y avait un coup à jouer. Du moins, pour 20 minutes avec la nouvelle règle permettant à l'Irlande de faire entrer un joueur dans ce cas précis.
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Seconde mi-temps : L'Irlande reprend le contrôle
Malgré tout, rien n'était fait dans un camp comme dans l'autre pour la victoire. Laquelle semblait pour le moment avoir choisi les Gallois avec l'essai acrobatique de Tom Rogers sur un ballon de récupération (18-10, 42e). Mais l'Irlande était parfaitement capable de trouver la faille dans la défense adverse et de marquer des points comme à la 49e (18-13). Côté gallois, l'objectif était à ce moment-là de rester concentré et appliqué. On sentait clairement qu'il avait de coups à jouer pour les pensionnaires du Principality Stadium. Mais ils ne réussissaient pas à enfoncer le clou.
Pire, c'est l'Irlande qui marquait avant l'heure de jeu par Osborne grâce à un ballon volleyé par Lowe sur une passe au pied de Gibson-Park. Le moindre essai pouvait être celui de la victoire. La moindre mauvaise décision pouvait faire la différence. Et les Gallois s'employaient à essayer de le marquer. Mais comme souvent dans cette partie, leur manque de maitrise dans les passes leur portait préjudice comme à la 62e.
Dans camp à l'autre, l'Irlande s'offrait aussi une énorme occasion d'essai. Murray empêchait Hansen de marquer, mais Prendergast punissait quand même l'indiscipline galloise (18-21, 67e ; 18-24, 70e). A six longueurs de l'Irlande, le Pays de Galles se lançait dans un baroud d'honneur comme à la grande époque. Très en vue dans cette partie pour sa première internationale, Mee se voyaient offrir l'occasion de régaler les supporters en bord de touche. A sept minutes de la sirène, une 15e défaite de rang semblait se dessiner. Les hommes de Matt Sherratt se heurtant à la défense irlandaise jusqu'à ce que l'officiel ne les pénalise. Une opportunité que Prendergast ne laissait pas passer. Un coup de pied qui signait officiellement la victoire du XV du Trèfle, 18-27.
Analyse du match
Au terme du match, le Pays de Galles a eu la possession, marqué autant d’essais, gagné 356 mètres à 223, 7 franchissements à 2, 32 défenseurs battus à 12, 92 % au plaquage, dominé en touche et en mêlée, et n’a concédé qu’une pénalité de plus (12 contre 11).
Plus que jamais en course pour le titre et le Grand Chelem, les Irlandais joueront ce que beaucoup considèrent comme la finale face à la France le 8 mars prochain à Dublin. Côté gallois, il y a eu du mieux.
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Les compositions des équipes
- Irlande : Osborne - Hansen, Ringrose, Henshaw, Lowe - (o) S. Prendergast, (m) Gibson-Park - van der Flier, Conan, O’Mahony - Beirne, J. McCarthy - Clarkson, Sheehan (cap.), Porter
- Remplaçants: G. McCarthy, Boyle, Bealham, Ryan, C.
- Pays de Galles : Amos - Lane, S.Williams, Watkin, S. Evans - (o) J. Evans, (m) A. Davies - J. Davies, Navidi, Shingler - B. Davies, Beard - Lee, Elias, Carre
- Remplaçants : Dee, Evans, Brown, Ball, Moriarty, T. Williams, Patchell, Holmes.
Nouveaux joueurs
Le nouveau sélectionneur du pays de Galles, Matt Sherratt, nommé jusqu’à la fin du Tournoi des six nations après le départ de Warren Gatland, a effectué neuf changements pour affronter l’Irlande. L’ailier d’origine anglaise des Scarlets de Llanelli, Ellis Mee, fera ses débuts internationaux. La première ligne est entièrement changée avec les titularisations des piliers Nicky Smith et WillGriff John associé au talonneur Elliot Dee. L’ouvreur Gareth Anscombe, rappelé dans l’équipe cette semaine, débute, tout comme Max Llewellyn, un autre joueur que Gatland n’a pas appelé pour ce Tournoi, associé à Ben Thomas au centre. Dafydd Jenkins, qui était malade et avait été retiré du XV de départ avant le coup d’envoi contre l’Italie, retrouve sa place en deuxième ligne. Le demi d’ouverture des Harlequins, Jarrod Evans, débutera sur le banc des remplaçants et pourrait honorer sa première cape depuis 2021. À 23 ans, Jamie Osborne fait ses débuts dans le Tournoi au poste d’arrière, à la place habituellement occupée par Hugo Keenan, non sélectionné. Le pilier Thomas Clarkson, un de ses coéquipiers du Leinster, est titularisé pour la première fois dans le pack irlandais. Joe McCarthy, remis d’une blessure, fait son retour en deuxième ligne, associé à Tadgh Beirne.
Guinness et le Tournoi des Six Nations : Un partenariat naturel
Depuis que Guinness est devenu le sponsor officiel du Tournoi des Six Nations, cette collaboration semble presque naturelle. Guinness est une marque qui évoque instantanément des images de l'Irlande, de convivialité et de tradition. De la même manière, le Tournoi des Six Nations est une compétition qui est profondément ancrée dans la culture et l'histoire du rugby européen.
Le partenariat entre Guinness et le Tournoi des Six Nations va au-delà du simple sponsoring. Guinness s'implique activement dans la promotion du sport, en mettant en avant non seulement les moments forts des matchs, mais aussi les histoires humaines qui se cachent derrière.