Le Rugby Club Port-de-Bouc (RCPB), fondé en juin 1964, est bien plus qu'une simple association sportive. C'est un symbole de la ville, un vecteur de valeurs et un creuset de talents qui rayonne bien au-delà des frontières locales. Présidé aujourd'hui par Frédéric Saunier, le club a su tisser une histoire riche et passionnante, marquée par des moments de gloire, des figures emblématiques et un engagement profond envers la communauté.
Les Racines du Sport à Port-de-Bouc : L'Athlétic Club et l'Émergence d'une Culture Sportive
L'histoire du sport à Port-de-Bouc est intimement liée à l'essor industriel de la ville au début du XXe siècle. La réalisation d’un stade municipal dédié à la pratique sportive amateure découle de l’essor grandissant des clubs multi-activités dans l’entre-deux-guerres et notamment de celle de l’Athlétic Club de Port-de-Bouc (ACPB), association créée le 12 juillet 1921 sous l’impulsion de la direction de l’entreprise de produits chimiques Kuhlmann sous le patronage de son patron, Louis Bosc. L'ACPB, association omnisports, proposait déjà un large éventail de disciplines, de l'athlétisme au football, en passant par le cyclisme et les joutes.
Malgré des débuts difficiles, marqués par des problèmes d'infrastructures et des expropriations, l'ACPB a persévéré et a joué un rôle essentiel dans l'initiation des jeunes aux activités sportives. L'association regroupe 175 adhérents en 1941 et propose les disciplines sportives en plein essor à l’époque : l’athlétisme, le cyclisme, les joutes, les farandoleurs et le football. S’y adjoignent rapidement le basket et le tennis. Forte de son implication dans l’émergence d’une société du sport dans le milieu de la jeunesse locale, la mairie appuie un projet d’aménagement d’un stade pour les publics scolaires auprès des instances du régime de Vichy en pleine guerre.
La Création du Stade Municipal et son Évolution
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants communistes de Port-de-Bouc lancent le projet de création d’un stade dédié à la pratique sportive dès les premières élections municipales en 1947. Dans la ligne directe des pratiques initiées sur le secteur de la Baumasse, l’équipe communale rachète les parcelles du comte Tromelin ainsi que celles de deux de ses voisins le 16 février 1948. Le plan des installations est porté par Gabriel Laforest, premier adjoint et ingénieur des ponts et chaussées. Il est certifié par Gaston Castel, architecte en chef du gouvernement installé au 2 rue le Regnier à Marseille. Les travaux sont effectués par des entrepreneurs de proximité. L’inauguration du bâtiment est célébrée avec enthousiasme par la population.
Le stade, initialement nommé Joseph Staline, a connu des controverses, mais est rapidement devenu un lieu central de la vie sportive et sociale de Port-de-Bouc. Dès les premiers mois de fonctionnement du nouveau stade Joseph Staline, des évènements d’ampleurs régionales et nationales, voire internationales, sont organisés. Le vélodrome accueille notamment plusieurs étapes du Tour méditerranéen cycliste professionnel dans les années 1970-1980. Des liens privilégiés sont également tendus avec la Fédération sportive et gymnique du travail, proche du Parti communiste. Tandis que le complexe devient rapidement le lieu de rassemblement des habitants et des passionnés de sport, l’attribution du nom Joseph Staline est déboutée par la préfecture des Bouches-du-Rhône.
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Au fil des décennies, le complexe s'est agrandi et diversifié, avec l'ajout de terrains de football, de rugby, de basket, de handball, de tennis et d'une piscine. En 1961, une piscine d’été vient compléter l’ouvrage. Les pratiques sportives se diversifient et le stade annexe est dénommé André Bianco, figure de l’histoire sportive locale, animateur passionné de la section d’athlétisme dans les années 1950. Des chemins d’accès sont aménagés pour desservir le stade et plusieurs rénovations sont entreprises à partir des années 1980 jusqu’à la plus récente en 2011.
Le Rugby Club Port-de-Bouc : Une Identité Forte et un Engagement Local
C’est en partant de ce postulat que les dirigeants de ce club ont organisé une réception visant à mettre à l’honneur tous les internationaux qui ont revêtu la tunique rouge et blanche, avant d’aller à la corne en autres avec les Tricolores. La notoriété du Rugby club port-de-boucain, fondé en juin 1964 et aujourd’hui présidé par Frédéric Saunier, enjambe le Mont Ventoux et se diffuse à l’échelle mondiale.
Le RCPB s'est toujours distingué par son identité forte et son ancrage local. Le club a formé de nombreux joueurs de talent qui ont brillé au plus haut niveau, et il est un acteur important de la vie sociale et éducative de la ville.
La ville de Port-de-Bouc est très attachée au sport, et le rugby en particulier. À Port-de-Bouc, le sport est gratuit, les clubs ne paient rien chez nous. C’est une ville aux mille et une cités, où bat le cœur du monde entier… Et la passion de l’Ovale coule dans les veines des Port-de-Boucains, s’installe chez ses habitants dans ses salons de… tea et s’invite dans les cours de récréation.
Les Valeurs du Rugby : Un Moteur de Développement Social
Le rugby est bien plus qu'un simple sport à Port-de-Bouc. Il est porteur de valeurs essentielles telles que la solidarité, le respect, le courage et la fraternité. Ces valeurs sont transmises aux jeunes générations à travers les activités du club et contribuent à leur développement personnel et social.
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Dans le cadre de la compétition, avec les organisateurs, on a monté le projet Rugby2Rue. Pendant l’été, les clubs se sont déployés dans les quartiers et ont fait connaître la pratique du rugby durant les vacances scolaires… Et si les enfants s’engagent, ils ont des licences gratuites ou à moitié prix.
Le rugby dégage des valeurs citoyennes, des valeurs de fraternité, de solidarité, mais aussi de travail et de combat, tout comme dans la vie où tout n’est pas facile, il faut travailler dur, ne rien lâcher.
La Famille Rebbadj : Un Exemple de Réussite et d'Inspiration
L'histoire du RCPB est jalonnée de figures emblématiques qui ont marqué le club de leur empreinte. Parmi elles, la famille Rebbadj occupe une place particulière. Dans la famille Rebbadj, le rugby est une histoire sérieuse. Bibette, le quatrième « fantastique » du Canal, a lui été sacré champion de France avec Fos-sur-Mer.
Rayan Rebbadj, formé au club, a remporté une médaille d'or aux Jeux olympiques de rugby à VII, un exploit qui a fait la fierté de toute la ville. Rayan et sa famille sont un modèle de réussite par le courage et la ténacité. Leur parcours montre que nous sommes dans le vrai avec notre politique favorisant le sport à tous les niveaux. Surtout en scolaire et périscolaire », confie le maire Laurent Belsola. Frédéric Saunier, président du RC Port-de-Bouc, a du mal à cacher son émotion. « Rayan est exceptionnel. Il n’a pas oublié sa ville, son club formateur. Je suis touché qu’il vienne partager sa médaille d’or avec nous. »
Son frère, Swann Rebbadj, a également connu une carrière professionnelle réussie, et toute la famille est impliquée dans le monde du rugby. Seul Brahim n’a pas pratiqué. Mais il a eu des fils. Swann, qui comme ses oncles a rejoint le RCT et a conquis un challenge européen. Et Rayan, qui après avoir rejoint son aîné dans le Var, a brillé de mille feux dans le tournoi olympique de rugby à VII, apportant sa première médaille d’or à la France. « Je n’y croyais pas quand c’est arrivé ! ». Rayan était pourtant sur le podium avec la médaille d’or autour du cou. En écoutant La Marseillaise, il a vu défilé sa vie. Ses baignades dans le canal d’Arles à Bouc, les plongeons depuis le pont Van Gogh avec son frère Swann, sous les yeux de leur père qui taquinait la daurade. Ses rêves de devenir footballeur, « j’étais à fond pour l’OM, je ne voyais qu’eux », confesse-t-il. Jusqu’au déclic « lorsque j’ai suivi mon frère à un entraînement de rugby ». Voir son aîné se régaler sur le pré l’a convaincu de plonger à son tour dans le grand bain et alimenter la tradition familiale. « Je l’ai suivi à Toulon, j’ai dormi chez lui. Et même goûté à sa cuisine. » Pour finalement, comme Swann, signer au RCT et faire le pari de relever le défi olympique, à VII. « J’ai vécu un truc ce dingue durant ces derniers mois et je devinais que cela pouvait changer ma vie », reconnaît-il. Et c’est le cas. Car sa médaille d’or lui a permis d’obtenir un nouveau contrat professionnel au RCT. « Maintenant, je vais me concentrer sur la quête d’un bouclier de Brennus. Le gagner avec mon frère, ce serait géant ». Du côté de Port-de-Bouc, il est désormais l’un des plus grands. Après Marine de Naddaï, victorieuse du Grand chelem dans le Tournoi féminin des VI Nations, il ancre un peu plus le rugby dans l’ADN d’une cité qui a vu naître une autre championne, en keirin, Clara Sanchez. Quant à la famille Rebbadj, elle annonce une autre championne Nadia… en padel.
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Le RCPB et les Internationaux : Une Fierté Locale
À ce titre, la notoriété du Rugby club port-de-boucain, fondé en juin 1964 et aujourd’hui présidé par Frédéric Saunier, enjambe le Mont Ventoux et se diffuse à l’échelle mondiale. C’est en partant de ce postulat que les dirigeants de ce club ont organisé une réception visant à mettre à l’honneur tous les internationaux qui ont revêtu la tunique rouge et blanche, avant d’aller à la corne en autres avec les Tricolores.Comme avec des sélections étrangères. Ainsi si tous ont reçu un carton d’invitation pour venir passer la journée dominicale en compagnie d’anciens coéquipiers, beaucoup n’ont pas pu présents pour de multiples raisons. Comme l’ancien international Alain Carminati (20 capes), troisième ligne centre du RCPBC au tournant des années 1970, avant de faire florès sous d’autres latitudes. Et de devenir vice-champion du monde en 1987. En revanche, Dimitri Chipero sélectionné avec le quinze tricolore cadets en 1983 figurait bien au rendez-vous. À l’instar de Léo Ametlla, qui a fait ses gammes à Port-de-Boucains, avant de rejoindre le RC Toulon et ses espoirs. La légion étrangère port-de-boucaine était mobilisée. Comme Youness Wazzani, international marocain et jouteurs d’exception avec la JL Martigues ou Marvin Youcef, troisième ligne du quinze algériens. La palme revient au pilier David Dadunashvili. Lequel a inscrit le premier essai de la Géorgie, lors de la coupe du monde 2003, en Australie face au Samoa.
Le RCPB a toujours été fier de ses joueurs qui ont porté les couleurs de leur pays sur la scène internationale. Ces internationaux sont des modèles pour les jeunes joueurs du club et contribuent à renforcer l'image du RCPB au-delà des frontières locales.
Le Rugby Amateur : Un Pilier Essentiel
Chaque rugbyman professionnel qui évolue en TOP 14 et en PRO D2, chaque officiel, chaque entraîneur est né dans un club amateur.
Le rugby amateur est le socle sur lequel repose tout l'édifice du rugby professionnel. Le RCPB, en tant que club amateur, joue un rôle essentiel dans la formation des jeunes joueurs et dans la promotion des valeurs du rugby.
Port-de-Bouc : Une Ville de Rugby
À Port-de-Bouc, la passion du rugby est palpable. La ville a accueilli des événements majeurs liés au rugby, tels que des matchs de la Coupe du Monde de Rugby amateur. Organisée du 22 au 30 septembre, la première Coupe du monde de rugby amateur rassemble dans la région Sud 16 clubs amateurs représentant 16 nations. Après une défaite contre les All Blacks (21-9) puis une victoire face à l’Uruguay 19-14 (matchs de deux fois 20 minutes), les Dignois ont battu la Belgique (20-15), le week-end dernier, à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône). Ils disputent, ce jeudi 28 septembre à 18 heures, les quarts de finale face à l’Afrique du Sud à Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence). Cela a été un gros succès populaire, 2 500 personnes sont venues sur le week-end, ce qui est beaucoup pour une première Coupe du monde amateur et pour Port-de-Bouc, qui est une ville de 17 000 habitants. On est très satisfaits. On s’est portés candidats, comme Arles, Saint-Maximin et Fréjus, les autres villes hôtes du premier tour, pour accueillir les équipes et on a eu la chance d’être tirés au sort pour recevoir la poule de l’équipe de France et de la Nouvelle-Zélande. On avait mis en place une grosse bodega ouverte à tout le monde, il y avait une ambiance festive, populaire. Nous sommes une petite commune, une des plus pauvres des Bouches-du-Rhône, une ville de QPV (quartier de la politique de la ville) et donc avoir pu organiser et réussir à faire une belle fête populaire nous rend fiers. Je voudrais remercier les 120 bénévoles qui se sont investis et nous ont permis d’être au niveau. Il y avait une belle ambiance pour le match d’ouverture France - Nouvelle-Zélande au complexe sportif de Baudillon. On en a profité pour faire venir un maximum d’enfants afin qu’ils participent à la fête, ils ont tous reçu le guide « Sport et citoyenneté », réalisé au niveau départemental.
Ces événements contribuent à renforcer l'attachement des habitants à ce sport et à promouvoir l'image de la ville. Il y a sept ans, nous avions déjà accueilli l’équipe de France féminine de rugby, qui était venue faire un stage d’une semaine puis elle avait affronté l’Angleterre à Martigues en match amical. La délégation européenne a constaté que pour une petite ville comme la nôtre, nous avions beaucoup de gymnases, de stades et même un stade vélodrome avec une vraie piste de vélodrome.