Ronaldinho Gaucho, de son nom complet Ronaldo de Assis Moreira, est un footballeur brésilien né le 21 mars 1980 à Porto Alegre. Son passage au Paris Saint-Germain (PSG) entre 2001 et 2003, bien que relativement court, a marqué les esprits et reste un chapitre important de sa carrière et de l'histoire du club parisien.
L'Arrivée d'un Prodige
Ronaldinho a passé ses jeunes années à Vila Nova, un quartier populaire de Porto Alegre, situé à la limite des favelas. Son père, footballeur amateur, remarque son talent et lui inculque le goût du geste efficace. Son frère aîné, Roberto Assis, lui aussi footballeur, est un espoir du Gremio Porto Alegre. Il intègre l'école de football du Gremio en 1986. En février 1997, il signe avec le Gremio son premier contrat professionnel. En septembre de la même année, il remporte le Championnat du monde des moins de dix-sept ans avec la sélection brésilienne. Les plus grands clubs européens veulent s'attacher ses services, mais le président du Gremio refuse de le transférer.
Sur les conseils de Rai, il s'engage avec le Paris-Saint-Germain qui annonce prématurément que le joueur brésilien portera ses couleurs pour la saison 2001-2002. La FIFA fixe l'indemnité de transfert à 6,4 millions d'euros.
Le 4 août 2001, Ronaldinho dispute son premier match avec le PSG face à Auxerre (1-1). Le 18 h 26, une ovation s'élève devant l'entrée des vestiaires du stade de l'Abbé-Deschamps où le car du PSG vient de stationner. L'avant-dernier joueur à en descendre, devant la cinquantaine de supporters parisiens présents, est Ronaldinho. Une banderole : « Bienvenue Gaucho », l'accueille. Sous un crépitement ininterrompu de flashs, il prend place sur le banc.
Des Débuts Prometteurs et une Adaptation Progressive
Malgré des prestations sur courant alternatif, il éblouit la France et l’Europe par son expertise des coup-francs, mais surtout sa technique de dribble inimitable.
Lire aussi: Transfert de Ronaldinho au PSG
Le 19 h 24, le PSG pénètre sur la pelouse pour s'échauffer. Il rejoint ses partenaires au centre de la pelouse pour saluer les supporters. Le footing débute. Le temps de retrousser son short à mi-cuisse, et le voilà prêt. Les échanges de balle en toute décontraction avec Mendy et El Karkouri lui permettent de jongler, du pied, de la tête et du tibia. Le 21 h 17, sous l'ovation des 18 000 spectateurs, Ronaldo de Assis Moreira remplace José Aloisio à la 62e minute. Un geste technique s'amorce mais Tainio vient lui tacler dans les pieds. Par la suite, les munitions se font rares. Le Brésilien tente bien d'enchaîner les dribbles, mais un pied auxerrois traîne toujours. Torse nu, il salue le public et quitte la pelouse en se signant.
"A l’époque où je commence à m’entraîner avec le groupe pro, je suis tout juste majeur et je n’ai pas encore le permis, raconte l’ancien joueur parisien Jean-Michel Badiane. Il me proposait de me ramener chez moi, il me donnait un horaire le matin pour venir me récupérer à la gare… Il n’était pas obligé de le faire. Concrètement, je ne suis pas brésilien, je ne suis pas un ami proche ou de sa famille, mais il m’avait senti comme ça et c’était cool."
Le Conflit avec Luis Fernandez
L’entraîneur du PSG Luis Fernandez apprécie pourtant modérément le manque de régularité du joueur, accusé de choisir ses matches et d’abuser de la nuit parisienne. C’est l’histoire d’un conflit larvé avec un entraîneur, Luis Fernandez, qui n’avait pas hésité à ne pas titulariser Ronaldinho pendant sept matches au PSG après la goutte de trop qui avait fait déborder le vase.
"A la fin de la saison, Luiz Felipe Scolari demande à nous voir pour nous dire: 'Bravo! Ce que vous avez fait avec Ronnie, c’est merveilleux', se souvient Luis Fernandez. Oh les enfants! J’en ai fait un champion du monde de Ronaldinho!"
Après la Coupe du monde qu'il a remportée, ses performances en club restent loin de ce qu'il a montré au Japon et en Corée du Sud. Ses relations avec Luis Fernandez se dégradent, Ronaldinho retourne souvent au Brésil, rentre en France en retard après la trêve hivernale en 2002-2003, et se voit sanctionné par le président du P.S.G., Laurent Perpère. Le divorce entre la star brésilienne et le club parisien semble consommé.
Lire aussi: Ronaldinho et son maillot légendaire au PSG
"Dans les cinq premiers mois, ça se dégrade petit à petit, confirme Luis Fernandez. Ce n’est pas tout de suite. Ça va être de plus en plus… Il va y avoir un malaise, un problème, une difficulté."
La légende colle à Luis Fernandez comme un sparadrap sous une chaussure. Le sien se nomme Ronaldo de Assis Moreira, plus connu sous le nom de Ronaldinho. Le génie brésilien a illuminé le Parc des Princes deux saisons durant, de 2001 à 2003, sous les ordres du technicien français. Mais l’histoire entre les deux ne s’est pas bien terminée. Et Luis restera comme le coach qui a mis Ronnie sur le banc au PSG.
Les Tentations de la Vie Parisienne
Le monde de la nuit lui ouvre ses bras et Ronnie ne refuse pas l’étreinte. "Il n’avait jamais bu un verre d’alcool de sa vie avant d’arriver à Paris car son père avait eu des problèmes d’alcoolisme, affirme Eric Lovey, son conseiller.
"Il sortait, il rentrait, il ne s’entraînait pas beaucoup, il repartait à la maison, il dormait, il s’entraînait avec un préparateur physique, un cousin qui habitait avec lui, et c’était reparti pour la nuit", énumère Paulo César. Souci? Luis Fernandez ne l’entend pas de cette oreille. "Au Camp des Loges, à l’époque, les gens qui faisaient la sécurité faisaient aussi celle de restaurants et de boîtes de nuit, se souvient le coach français. Et quand tu arrives le premier au centre d’entraînement, on te dit que la veille Ronnie était à tel endroit avec des amis ou des journalistes. Je ne pouvais pas lutter là…"
Des Éclairs de Génie et des Buts Mémorables
Auréolé du statut de star internationale après la campagne victorieuse du Brésil au Mondial 2002, Ronnie fait vivre un cauchemar aux défenses adverses durant deux saisons, signant notamment des buts d'anthologie contre l'OM ou Guingamp.
Lire aussi: PSG : L'héritage du maillot de Ronaldinho
Le 21 h 19, premier ballon. Un geste technique s'amorce mais Tainio vient lui tacler dans les pieds. Le Brésilien tente bien d'enchaîner les dribbles, mais un pied auxerrois traîne toujours. Revenu défendre, Letizi l'éjecte d'un mur pour le renvoyer aux avant-postes ! Un temps mort lui permet de rameuter ses partenaires. Mais le but auxerrois survient. Le Brésilien ne bronche pas. Ses dernières tentatives n'amènent pas le salut.
Un Palmarès Parisien Limité
Il peine toutefois à étoffer son palmarès. Paris n’a gagné aucun titre en deux saisons avec Ronnie. Immense gâchis. L’intéressé, lui, a plutôt bien rempli la feuille de stats pour son dernier exercice parisien : trente-sept matches, dont vingt-neuf titularisations, pour douze buts et dix passes décisives.
Le Départ pour Barcelone et la Consécration Mondiale
La nouvelle direction, avec Francis Graille en président et Vahid Halilhodzic sur le banc pour reproduire un duo qui a bien marché à Lille, n’arrivera pas à conserver la pépite malgré une volonté de le convaincre de rester. Le Brésilien rejoint Barcelone.
Très vite, il succède dans le cœur des supporters blaugranas à ses aînés brésiliens tels que Rivaldo et Romário. En Espagne, Ronaldinho maîtrise son art à la perfection, personne ou presque ne pouvait l’arrêter. Il remporte la Ligue des champions au Stade de France face à Arsenal (2 buts à 1, le 17 mai 2006) après avoir reçu le Ballon d’Or pour son immense talent en 2005.
tags: #ronaldinho #gaucho #psg