Les Règles Concernant les Joueurs Extra-Communautaires en Ligue 1 : Comprendre les enjeux et les subtilités

La question des joueurs extra-communautaires en Ligue 1 est un sujet complexe, souvent méconnu, mais crucial pour le fonctionnement des clubs et leur stratégie de recrutement. Cet article vise à éclaircir les règles en vigueur, leurs implications et les solutions possibles pour les clubs confrontés à ces limitations.

Définition d'un joueur extra-communautaire

Un joueur est considéré comme extra-communautaire s'il ne possède pas la nationalité d'un État membre de l'Union Européenne (UE) ni de l'Espace Économique Européen (EEE). L'Union européenne compte 27 pays membres : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède. L'EEE inclut ces pays ainsi que l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège. De plus, les joueurs originaires de pays ayant signé des accords d'association ou de coopération avec l'UE, comme la Suisse via l'Association européenne de libre-échange (AELE) ou les pays liés par l'accord de Samoa (anciennement l'accord de Cotonou) avec 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, ne sont pas considérés comme extra-communautaires. Cela concerne aussi, l'arrêt Malaja (2002), impliquant à l'époque de nombreux pays : Algérie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bulgarie, Estonie, Géorgie, Hongrie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Maroc, Moldavie, Ouzbékistan, Pologne, République tchèque, Russie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Tunisie, Turquie et Ukraine.

La Règle du Quota en Ligue 1 et Ligue 2

Comme les règles le stipulent, un club de football ne peut pas enregistrer dans son effectif plus de quatre joueurs extra-communautaires, ce qui pose souvent beaucoup de problèmes au niveau du recrutement. En Ligue 1, les clubs sont soumis à une limitation du nombre de joueurs extra-communautaires qu'ils peuvent aligner. Actuellement, un club de l'élite ne peut pas compter plus de quatre éléments étrangers dans ses rangs. En deuxième division française, la LFP impose une limite stricte : deux joueurs extra-communautaires maximum par feuille de match (contre quatre en Ligue 1).

Cette règle a pour but de favoriser l'éclosion de talents locaux et de maintenir un certain équilibre au sein des effectifs. Elle peut cependant compliquer le recrutement de joueurs talentueux provenant de pays hors UE/EEE.

Stratégies pour contourner les limitations

Plusieurs stratégies permettent aux clubs de contourner ces limitations et d'intégrer des joueurs extra-communautaires à leur effectif :

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  • La double nationalité : C'est la solution la plus courante. Un joueur possédant la nationalité d'un pays membre de l'UE/EEE n'est pas considéré comme extra-communautaire. Les clubs peuvent donc recruter des joueurs ayant des origines européennes ou ayant acquis la nationalité d'un pays membre. A l’heure actuelle, des joueurs comme Javier Pastore (Argentin/Italien), Nene (Brésilien/Espagnol) ou encore Lugano (Uruguayen/Italien) ne posent aucun souci au club de la capitale grâce à leur double-nationalité, mais ce n’est pas le cas de tous les joueurs.
  • Les accords internationaux : Certains accords entre l'UE et des pays tiers permettent aux joueurs originaires de ces pays de ne pas être considérés comme extra-communautaires. L'accord de Samoa, qui a remplacé l'accord de Cotonou en novembre 2023, est un exemple. Jusqu’en juillet 2023, c’était l’accord de Cotonou qui régissait ce type de situation. Il permettait aux ressortissants des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) de ne pas être considérés comme extra-communautaires. Depuis, cet accord a été remplacé par l’accord de Samoa, qui conserve la même exception pour ces pays, mais nécessite une mise à jour des dossiers administratifs.
  • Les naturalisations : Un joueur étranger résidant en France depuis un certain nombre d'années peut demander la nationalité française. Après l'avoir obtenue, il n'est plus considéré comme extra-communautaire. Pour libérer une place d’extra-communautaire, il faudrait donc que Milan Bisevac et/ou Marcos Ceara obtiennent la nationalité française. Chose actuellement possible pour Bisevac, en France depuis cinq ans et demi (il faut avoir résidé cinq années en France avant de pouvoir faire une demande de naturalisation), mais qui le sera l’été prochain pour Ceara, qui a rejoint la France durant l’été 2007.
  • Les changements de nationalité sportive: Pour rappel, les changements de nationalité sportive sont possibles depuis quelques années et une nouvelle règle de la FIFA si le joueur compte moins de trois sélections. Selon la BBC, le joueur marseillais Mason Greenwood aurait obtenu son passeport jamaïcain et pourrait donc bientôt jouer sous les couleurs de son pays d'origine. Il suffirait d'un changement de la Fédération de football anglaise (FA) à la Fédération jamaïcaine de football (JFF) pour que Greenwood soit autorisé à participer aux éliminatoires de la Coupe du monde du mois prochain contre les Bermudes et Trinité-et-Tobago. Ce changement permettrait à l'OM d'avoir une place d'extracommunautaire qui se libère - quand un joueur ne possède pas de passeport d'un État membre de l'Union Européenne, de l'Espace économique européen ou quand son pays n'a pas d'accord d'association ou de coopération avec l'UE.

Exemples concrets et situations particulières

Plusieurs exemples illustrent la complexité de l'application de ces règles et les stratégies mises en œuvre par les clubs :

  • Le cas de Mason Greenwood : L'attaquant de l'Olympique de Marseille a obtenu un passeport jamaïcain, ce qui pourrait lui permettre de jouer pour la Jamaïque et de libérer une place d'extra-communautaire à l'OM. Les Jamaïcains bénéficient de l'accord de Samoa qui leur permet de ne plus être soumis au régime des quotas, alors que les Britanniques sont considérés comme extracommunautaires depuis le Brexit. La décision du Marseillais a également été guidée par la nomination de Steeve McLaren sur le banc de la Jamaïque en août. Il avait connu Greenwood à Manchester United et l'a encouragé à prendre cette décision.
  • Le cas de Joshua Duffus : Arrivé à Saint-Étienne cet été, Joshua Duffus n’a pas encore paraphé son contrat. La raison ? À l’ASSE, on s’active en coulisses pour finaliser la signature de Joshua Duffus. Né en Angleterre, il est donc considéré comme extra-communautaire depuis le Brexit. Mais il possède également la nationalité jamaïcaine. Problème : pour bénéficier de ce statut, Duffus doit présenter les documents officiels prouvant sa nationalité jamaïcaine. Et cette étape administrative prend du temps.
  • Le cas de Jude Bellingham : Jude Bellingham, le nouveau milieu de terrain du Real Madrid, attend que l'ambassade d'Irlande en Espagne lui délivre un passeport irlandais, ce qui lui permettrait de libérer une place d'extra-communautaire. En Liga, ces dernières sont limitées à trois par équipe. Doté de la double-nationnalité (britannique et donc irlandaise), le milieu de terrain de 20 ans libérera une place d'extra-communautaire, dès lors que l'ambassade d'Irlande aura confirmé délivrer un passeport à l'ancien joueur du Borussia Dortmund. Le milieu n'aura plus à s'inscrire en tant que joueur non membre de l'Union européenne.

L'Impact du Brexit

Depuis le Brexit (2021), les joueurs britanniques ne sont plus considérés comme ressortissants de l’UE. Cela a eu un impact significatif sur les clubs français, qui doivent désormais les considérer comme extra-communautaires, sauf s'ils bénéficient d'un autre statut (double nationalité, accord international…). Cependant, la LFP ne les considère pas comme extra-communautaires pour autant.

Le Mercato et les règles de la LFP

Alors que le mercato ouvre bientôt ses portes en France, les clubs devront se soumettre à plusieurs règles, tout comme les joueurs. Dès le 10 juin, soit jour de l’ouverture du mercato dans l’Hexagone, et jusqu'au 30 aout, les équipes et les joueurs de Ligue 1 seront obligés de suivre certaines règles. En effet, mercredi, la LFP a communiqué le règlement à suivre pour la période estivale des transferts 2024. Dans le cas des prêts, les formations françaises ne pourront pas dépasser le nombre de cinq éléments provisoirement dans leur effectif. À l’inverse, une équipe ne pourra pas se séparer de plus de sept footballeurs sous cette forme. Pour ce qui est des mutations provisoires externes à la France, un participant à la Ligue 1 pourra prêter, au maximum, six joueurs, tout comme il aura la possibilité de bénéficier de six prêts d’équipes étrangères. Les sportifs aussi devront respecter le règlement. Un pensionnaire de l'élite ne pourra pas compter plus de quatre éléments étrangers dans ses rangs. Maintenant que la LFP a communiqué les règles du jeu, il ne reste plus qu'à attendre le 10 juin et le début du mercato.

Le cas particulier d'Algassime Bah

Recruté en 2021, l’international espoir guinéen Algassime Bah a vu défiler beaucoup de ses compatriotes dont les séjours n’ont pas été longs au sein de l’effectif d’Olympiakos. Si le club a laissé filer beaucoup de ses joueurs, ce n’est pas le cas pour Algassime Bah qui vaut une mine d’or à ses yeux. Selon les règles de la Super League grecque et de plusieurs autres championnats européens, le nombre de joueurs extracommunautaires qu’un club peut avoir dans son effectif est limité. Pour le cas grec, ce nombre est limité à 5 joueurs extracommunautaires par équipe ce qui freine sa montée. Quand bien même le joueur ne manifeste aucune envie pressante de quitter ce club avec lequel il s’est engagé pour 5ans. « C’est vrai que les gens se demandent ce que je fais encore ici [ndlr] mais je n’aime pas commencer quelque chose sans la terminer et voir le bout du tunnel, j’ai été patient et je joue mes matches à fond.

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