Qui Vote pour le MVP NBA : Critères et Coulisses d'une Élection Débattue

Le titre de MVP (Most Valuable Player) de la NBA est une récompense prestigieuse, décernée chaque année au joueur considéré comme le plus performant de la saison régulière. Cette distinction met en lumière les statistiques individuelles exceptionnelles, le leadership, et l'impact global du joueur sur le succès de son équipe. Cependant, le processus de sélection du MVP suscite souvent des débats passionnés, alimentés par des critères parfois perçus comme subjectifs et un système de vote complexe. Cet article se penche sur les rouages de cette élection, en explorant les critères, les votants, les records, et les dynamiques qui influencent l'attribution de ce trophée convoité.

L'Histoire du Trophée MVP

Le trophée MVP a été décerné pour la première fois en 1956, avec Bob Cousy comme lauréat initial. Initialement, ce sont les joueurs eux-mêmes qui élisaient le MVP. Ce n'est qu'en 1981 que le système de vote a été modifié par Larry O'Brien, alors commissionnaire de la NBA. Depuis lors, le titre de MVP récompense le meilleur joueur de la saison régulière en NBA. Jusqu’en 1980, ce trophée était décerné par les joueurs eux-mêmes qui votaient pour élire le MVP mais, lors de la saison 1980-81, Larry O’Brien, prédécesseur d’Adam Silver à la commission de la NBA, a fondamentalement modifié le système de vote.

Le Processus de Vote

Le processus de vote pour le MVP NBA est un exercice complexe, impliquant un panel de 100 journalistes issus de divers médias locaux, nationaux et internationaux. À la fin de la saison, les médias choisis par la NBA doivent donner leur top 5 des candidats au titre de MVP. Le cabinet Ernst & Young envoie un lien aux votants. Chaque journaliste est invité à classer cinq joueurs de un à cinq. Le premier joueur de chaque liste reçoit 10 points, le deuxième 7 points, le troisième 5 points, le quatrième 3 points, et le cinquième 1 point. Le joueur qui totalise le plus de points est déclaré MVP.

A noter également que depuis l’année dernière, les fans ont été autorisés pour la première fois de l’histoire à voter pour leur MVP via nba.com. Toutefois, quel que soit le nombre de fans ayant participé, leur vote ont été comptabilisés comme celui d’une seule et unique personne. Depuis 30 ans, le nombre de votants n’a cessé d’évoluer. Néanmoins, cela revient au même puisque, depuis 30 ans, un seul joueur a reçu le titre de MVP alors qu’un autre joueur avait reçu plus de votes pour la première place. En effet, si deux joueurs terminent avec le même nombre de points, c’est celui qui a reçu le plus de votes pour la première place qui passe devant.

Les Critères d'Éligibilité

Pour remporter le trophée MVP, il faut être le joueur le plus « Valuable » de la NBA sur une saison. Ce dernier n’est pas forcément le meilleur joueur, mais plutôt celui qui compile des statistiques impressionnantes, fait gagner son équipe, mais aussi qui rend ses coéquipiers meilleurs. Tourner à 30 points et 10 rebonds de moyenne dans une franchise non qualifiée pour les playoffs vous exclut automatiquement de la course au MVP.

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Plusieurs critères sont pris en compte par les votants pour déterminer le MVP. Bien que les statistiques individuelles exceptionnelles (points, rebonds, passes décisives, interceptions, etc.) soient un facteur déterminant, elles ne suffisent pas à garantir le titre. Le bilan de l'équipe, le leadership du joueur, sa constance tout au long de la saison, et son impact collectif sont également des éléments essentiels.

  • Statistiques Individuelles : Le MVP se distingue avant tout par ses statistiques individuelles exceptionnelles (points, rebonds, passes décisives, interceptions, etc.).
  • Bilan de l'Équipe : Le MVP doit faire gagner son équipe.
  • Leadership et Impact Collectif : Le futur MVP est souvent un joueur doté d'une forte personnalité et d'un leadership reconnu par ses coéquipiers et médias.

Les Coulisses de l'Élection et les Pressions des Franchises

L'élection du MVP n'est pas à l'abri des pressions exercées par les franchises, qui cherchent à influencer les votes en faveur de leurs joueurs. Maxime Aubin, correspondant aux États-Unis, explique ainsi que les journalistes votant pour les trophées sont régulièrement sollicités : « Les franchises poussent beaucoup pour qu'on vote pour leur joueur. Ça va parfois plus loin, on peut recevoir des appels, voire des cadeaux. J'ai déjà reçu un sweat à capuche à l'effigie d'un candidat au titre de défenseur de l'année. »

Face à cette pression des franchises, c'est au votant de prendre du recul. « Il y a une forme d'intégrité journalistique à avoir, poursuit Maxime Aubin. C'est à chacun de faire ses choix de la manière la plus objective possible, et c'est ce que j'essaie de faire chaque année. » Pour trancher, notre correspondant explique s'appuyer sur les statistiques individuelles, collectives, le bilan de la franchise et l'attitude du joueur.

Records et Anecdotes

Le record de votes pour la première place est détenu par Shaquille O'Neal, avec 120 voix sur 121 possibles en 2000. À l’inverse du Shaq en 2000, vous avez certainement remarqué que cinq joueurs ont reçu le titre de MVP sans avoir la majorité des votes pour la première place. En revanche, à part en 1990 et le cas Johnson/Barkley dont nous avons parlé plus haut, sachez que tous ces joueurs cités avaient tout même terminé en tête au nombre de « premières places ». Enfin, si certains s’interrogent sur les 42.5 voix attribuées à Magic Johnson en 1989, sachez que cette année là, un journaliste avait placé Michael Jordan ex-æquo à la première place.

L'unanimité au vote du MVP est très rare. Avant Stephen Curry en 2016, aucun joueur n’avait réussi cet exploit. La saison 1989-1990 reste celle où la lutte a été la plus serrée entre Magic Johnson et Charles Barkley.

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L'Impact Collectif du MVP : Mythe ou Réalité ?

Il est tentant de penser que le MVP, en tant que joueur le plus précieux de la saison régulière, mène naturellement son équipe vers le titre NBA. Cependant, les faits historiques nuancent cette idée.

Les calculs sont simples. Si l’on cumule les hypothèses d’élimination en demi-finale de conférence et en finale NBA, on tombe sur le même ratio que le nombre de victoire finale. Il en va de même si l’on additionne les défaites au premier tour, en finale de conférence et le cas de la non-qualification. Déjà, il est à noter que lorsque le MVP se hisse jusqu’en finale NBA, il l’emporte 71,88 % du temps. Clutch. Ensuite, à nouveau, on retrouve des Most Valuable Player bagués la même saison à toutes les époques : Bob Cousy et les Celtics en 1956, Bill Russell (3x) et Wilt Chamberlain entre 1961 et 1963, puis en 1967, Willis Reed et Kareem Abdul-Jabbar pour ouvrir les seventies, le même KAJ (1980), bien accompagné par Moses Malone (1983), Larry Bird (1984, 1986) et Magic Johnson (1987) dans les années 1980, Michael Jordan (1991, 1992, 1996, 1998) et Hakeem Olajuwon (1995) lors de la décennie suivante, Shaquille O’Neal (2000) et Tim Duncan (2003) pour ouvrir le siècle et, enfin, LeBron James (2012, 2013) et Stephen Curry (2015) il y a une grosse dizaine d’années. Cette victoire collective du MVP reste donc rare de nos jours. On la retrouve bien plus fréquemment au cours des 50 premières années de la Ligue (42,22 % du temps) que depuis le changement de millénaire (16,67 %). Il faut dire que certaines locomotives, telles que Bill Russell, Michael Jordan ou Kareem Abdul-Jabbar, ont fait grossir les chiffres. Remarquons également que, le plus souvent, les joueurs à n’avoir été qu’une seule fois MVP dans leur carrière n’ont pas, la même saison, remporté le titre NBA.

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