La NBA G League, souvent considérée comme la ligue mineure de la NBA, est bien plus qu'un simple terrain de jeu pour les jeunes talents en devenir. Elle sert de tremplin essentiel pour les joueurs aspirant à la NBA, offrant aux équipes de la NBA un réservoir de talents, ainsi qu'une plateforme pour tester des joueurs blessés ou ceux qui ont besoin de retrouver un rythme de compétition.
Rôle et évolution de la G League
La G League ne se limite pas à être un simple réservoir de joueurs potentiellement éligibles pour tenter l'aventure en NBA. C'est aussi un laboratoire où la NBA expérimente de nouvelles règles, comme l'instauration du chronomètre des 14 secondes après un rebond offensif, ou encore le format du « coach's challenge » pour les décisions arbitrales.
Créée en 2001 sous le nom de National Basketball Development League (NBDL), la G League a évolué pour devenir la ligue de développement officielle de la NBA, sous le nom de D-League en 2005. La NBDL a organisé son premier All-Star Game lors de la saison 2006-2007, le 17 février 2007 à Las Vegas, pendant le week-end du NBA All-Star. La D-League comptait 12 équipes en 2006-2007, 14 en 2007-2008 et 16 en 2008-2009. Le 10 mars 2014, les Knicks de New York ont annoncé l'acquisition d'une équipe de D-League pour la saison 2014-2015. Cette équipe, affiliée exclusivement aux Knicks, joue au Westchester County Center et devient la 18e de la ligue. Les Knicks sont ainsi devenus la septième équipe NBA à posséder entièrement une équipe de D-League.
Structure et format de la ligue
La ligue, composée de 18 équipes, était alors divisée en deux conférences (Est et Ouest) et quatre divisions (Atlantic, Central, Southwest et West). Pour la saison 2019-2020, des changements ont été annoncés, dont le Winter Showcase en décembre, ainsi que l'introduction du lancer franc unique lors des deux dernières minutes du match. La saison 2019-2020 a été suspendue en raison de la pandémie de COVID-19. Chaque équipe de la G League, à l'exception des Mexico City Capitanes, est directement liée à une franchise NBA, permettant une symbiose parfaite entre les deux niveaux. Par exemple, le Birmingham Squadron est affilié aux New Orleans Pelicans, tandis que le Motor City Cruise est lié aux Detroit Pistons. De plus, certaines équipes, comme les Mexico City Capitanes, incarnent une possible expansion internationale du basket en Amérique latine. Adam Silver envisagerait en effet de valider dans les prochaines années une expansion de la NBA, avec l'apparition de nouvelles franchises, dans de nouveaux marchés aux États-Unis, mais potentiellement aussi en Amérique, comme au Canada ou même au Mexique.
NBA G-League Ignite et Two-Way Contracts
La ligue a également vu l'émergence d'une équipe spéciale : la NBA G-League Ignite, lancée en 2020 pour accueillir les jeunes talents les plus prometteurs, souvent sortis du lycée. L'équipe Ignite offrait une alternative aux universités américaines, en permettant aux jeunes joueurs de se préparer à la NBA tout en gagnant un salaire, ce qui est devenu envisageable en NCAA avec cette nouvelle réforme NIL.
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Le rêve de tout joueur en G League est de gravir les échelons pour rejoindre la NBA. Depuis l'instauration des « Two-Way Contracts » en 2017, ce rêve est devenu plus accessible pour les basketteurs ayant moins de quatre années d'expérience en NBA. Ces contrats permettent aux équipes NBA d'intégrer à leur roster trois joueurs de la G League en plus, tout en les laissant évoluer en ligue mineure. Un joueur sous contrat « Two-Way » peut participer à 50 matchs NBA par saison et percevoir un salaire à mi-chemin entre celui d'un joueur NBA et d'un joueur de G League. À son lancement, ce type de contrat permettait à seulement deux joueurs de passer 45 jours par saison avec l'équipe NBA. Certains joueurs, comme Pascal Siakam, Christian Wood ou Fred VanVleet, ont utilisé la G League comme tremplin pour s'établir comme des stars en NBA. À noter qu'aucun Two-Way contract ne permet à un joueur d'être qualifié avec son équipe NBA lorsqu'elle dispute les Playoffs.
Saison régulière, Winter Showcase et Playoffs
De novembre à avril, les équipes s'affrontent dans l'espoir d'atteindre les Playoffs, comme en NBA. Chaque équipe entame sa saison avec 14 matchs. Elles sont classées en quatre groupes. Le premier de chacun des quatre groupes et les quatre meilleurs bilans se retrouvent pour le Winter Showcase pour un tournoi à élimination directe. Après cette Showcase Cup, la saison régulière de 34 matchs commence, dès le 27 décembre. On retrouve alors un fonctionnement beaucoup plus classique, avec des Playoffs entre les six meilleures équipes de chaque Conférence et un champion désigné en avril. Après un tour préliminaire, ce sont des demi-finales de conférence qui prennent place, jusqu'à la dernière confrontation, entre la meilleure équipe de l'ouest et de l'est. Cette année, c'est le OKC Blue Thunder qui a gagné face aux Maine Celtics. Les séries se jouent en deux matchs gagnants.
Draft de la G League
Tout comme en NBA, la G League possède sa draft qui, cela dit, se veut légèrement différente. En 2023, elle a duré aussi deux tours, pour un total de 62 nouvelles recrues. La seule différence, c'est que s'ajoute à cette draft classique, une draft internationale de plusieurs choix, changeant chaque année. Seuls des jeunes prospects étrangers s'y présentent, et cette année, quatre ailiers ont été sélectionnés, dont les Français Kenny Kasiama et Milhan Charles.
Importance et avenir de la G League
Bien moins impressionnante et médiatisée que la NBA, la G League reste le second meilleur championnat des États-Unis, plus grand pays de basket-ball du monde, comme nous l'ont, une fois de plus, prouvé les Jeux Olympiques. En constant progrès, cette ligue mineure participe au développement de la NBA et fournit de plus en plus de joueurs. Une opportunité de saisir sa seconde chance, dans un pays qui propose le rêve américain et possède des valeurs de travail et de progrès dans son âme même.
All-NBA G League Teams
La NBA a dévoilé ses All-NBA G League teams, et il y a du grand nom, c'est certain. On commence gentiment avec la All NBA G League First Team qui recense le Rookie de l'Année des Fort Wayne Mad Ants, Oscar Tshiebwe, grand rebondeur et à l'origine de l'incident « du ballon de Giannis ». Il y a aussi Mac McClung, double vainqueur du Slam Dunk Contest et MVP de G League avec le Osceola Magic. On ajoute Alondes Williams des Sioux Falls Skyforce, auteur de 18 points et 6,7 passes de moyenne cette saison. Enfin, le GROAT Kenneth Lofton Jr. Sans perdre de temps, en Second Team on a Trevelin Queen du Magic avec 24,4 points et 4,3 passes cette saison et bien sûr l'immanquable Mason Jones. On a aussi Malcolm Hill des Birmingham Squadron, Justin Champagnie, et bien sûr Darius Bazley, sur qui on n'a vraiment rien trouvé d'intéressant à dire. The 2023-24 All-NBA G League Second Team includes Orlando Magic Two-Way guard Trevelin Queen, Sacramento Kings Two-Way guard Mason Jones, New Orleans Pelicans Two-Way guard Malcolm Hill, Washington Wizards Two-Way forward Justin Champagnie, and Utah Jazz assignee Darius Bazely. The 2023-24 All-NBA G League Third Team features Boston Celtics Two-Way guard JD Davison, Mexico City Capitanes guard Ethan Thompson, Chicago Bulls Two-Way center Adama Sanogo, Oklahoma City Blue guard Jahmi'us Ramsey, and Indiana Mad Ants guard Elfrid Payton.
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Dans la All-Rookie Team on retrouve Oscar Tshiebwe, Adama Sanogo, Jordan Miller, Terquavion Smith et Kendric Davis qui ont tous réalisé un chouette premier exercice. Pas de Français cette année, on est un peu déçus mais au fond on pouvait s'y attendre. Voilà pour les All-NBA Teams de la G League. Du nom fleuri, de l'ancienne gloire et peut-être un ou deux futurs bons joueurs de NBA.
Expansion des Playoffs et changements de noms
Puisque la G League compte désormais 31 franchises, dont 30 affiliées à une équipe NBA, les dirigeants ont décidé de célébrer leurs 25 ans en passant les playoffs de 12 à 16 équipes, comme en NBA. Pour la première fois, les huit meilleures équipes de chaque conférence accéderont aux playoffs au printemps. Autre nouveauté : l'arrivée du Noblesville Boom. C'est tout simplement le nouveau nom des Indiana Mad Ants, la franchise affiliée aux Pacers. Elle a changé de nom après son déménagement à Noblesville pour jouer dans une toute nouvelle salle, l'Arena at Innovation Mile. Dans le calendrier dévoilé par la G League, on retrouve le fonctionnement habituel avec le Tip-Off Tournament, qui précède la saison régulière. Ce tournoi débutera le vendredi 7 novembre, et il verra les équipes de la ligue réparties en quatre régions. Pendant que ces huit formations disputeront ce Winter Showcase, la saison régulière débutera avec 36 matchs au menu, jusqu'à la fin mars.
Les débuts de la G League
2001 : la NBA tient les prémices de son antichambre L'année prochaine, la G League, initialement baptisée NBDL (National Basketball Development League), fêtera ses 25 ans. Imaginée par le commissionnaire de l'époque, David Stern, la NBDL se voulait être une antichambre pour les joueurs n'ayant pas trouvé de strapontin en NBA. À l'origine, la G League ne comprenait que huit équipes, et peu de monde se souvient encore aujourd'hui que le Greenville Groove a été la première équipe à remporter ce Championnat annexe. Le Groove n'était d'ailleurs affilié à aucune franchise NBA, contrairement à 30 des 31 équipes qui composent désormais la ligue de développement (seuls les Mexico City Capitanes n'ont pas de lien avec la NBA). De nombreux joueurs passés par la G League ont réussi à faire carrière en NBA par la suite. L'ancien joueur des Denver Nuggets et du Miami Heat, Chris Andersen, avait par exemple été choisi en première position lors de la première draft organisée en G League, avant de vivre une carrière américaine auréolée d'un titre NBA en 2013 (avec le Heat). Khris Middleton est lui par exemple devenu le premier joueur à passer par la G League (lors de sa saison rookie chez les Detroit Pistons) à accéder au rang de All-Star (en 2019). Désormais, la G League est devenue une porte d'entrée toujours privilégiée par de nombreux Américains (et Français), qui préfèrent cette voie accessoire à celle d'une carrière transitant par l'Europe.
Anecdote : Gaël Monfils et sa passion pour la NBA
2010 : Gaël Monfils grand fan de Carmelo Anthony Finaliste du tournoi de tennis de Bercy en 2010, Gaël Monfils, alors 24 ans, confie sa passion pour le basket. Un témoignage que l'on vous invite à relire 15 ans plus tard. « Tout a commencé avec Jordan. Vous ne vous rendez pas compte à quel point il me faisait rêver. Je me souviens qu'on essayait de reproduire ses mouvements sur le playground, derrière chez moi, à Bobigny. C'était à qui imiterait le mieux Jordan. Ce qui m'énervait, c'est que j'ai mis du temps à pouvoir dunker. Le jump, je l'avais, mais je manquais de technique. Ou alors je sautais trop tôt. Sinon, je joue pas mal. J'ai quand même fait le concours des meneurs au All-Star Game en France (en fait, il a fait un tour de chauffe avant le début du concours en 2005). J'étais un peu trop jeune pour bien apprécier le jeu des Bulls de la grande époque (Monfils est né en 1986 et Jordan a gagné son sixième et dernier titre NBA en 1998), mais son film Space Jam m'a énormément marqué. C'était incroyable, ce film ! Est-ce que j'avais les chaussures Air Jordan ? Ah non, non. À la maison, on n'avait pas le budget pour ça. Moi, j'avais plutôt les Air Tati. (Il se marre.) Y avait aussi le jeu NBA sur Nintendo. Je devenais dingue avec ça. Moi, je prenais tout le temps Pat Ewing (ex-pivot des New York Knicks et de la Dream Team de 1992). Je me suis vraiment plongé dans la NBA à l'INSEP, quand j'ai rencontré les basketteurs français Johan Petro, Souarata Cissé, Yannick Bokolo… À l'époque, je connaissais mieux le top 20 des marqueurs ou rebondeurs NBA que le top 20 de tennis. Au début où j'étais pro, je me levais à 3 heures du matin pour regarder les play-offs et j'arrivais au radar à l'entraînement le lendemain. Demandez à Champ' (Thierry Champion, son coach à l'époque), il était vert ! J'ai vu pas mal de matches NBA. Le premier, j'étais ado. C'était à Miami. Heat-Knicks. Et y avait Latrell Sprewell ! Il me rendait frénétique, celui-là ! C'était aussi les débuts de Wade. Il n'était pas terrible. Un jour, j'adorerais suivre une série de play-offs NBA en entier. Après Jordan, je n'ai pas trouvé tout de suite un mec qui me fasse vibrer. Jusqu'à l'arrivée de Carmelo Anthony. Lui, c'est mon gars ! J'adore le personnage et j'adore son jeu super complet. C'est moins en force que LeBron (James) mais plus fantasque que Kobe (Bryant). Faut juste qu'il fasse gaffe à ce qu'il mange parce que parfois il prend trop de poids. Faut dire que j'ai bien harcelé les gens de chez Nike pour l'avoir. Aux Jeux de Pékin, je l'ai vu dans le village olympique, mais je n'ai pas osé aller lui parler. J'ai fait mon timide, j'avoue. Cette saison, Miami a un cinq de mutants. En 2010, Gaël Monfils témoignait dans « L'Équipe » son attachement profond au basket et à la NBA.
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