Le Paris Saint-Germain (PSG) est devenu une force dominante du football français, accumulant un nombre impressionnant de titres de champion de France. Avec treize titres à son actif, le club de la capitale s'est imposé comme le club le plus titré de France, dépassant des équipes historiques comme Saint-Étienne (10 titres) et l'Olympique de Marseille (9 titres). Cet article explore les moments clés de l'ascension du PSG, de son premier titre en 1986 à sa domination actuelle.
Le Premier Sacre : 1986, une Équipe de Légende
À l’aube de la saison 1985-1986, le Paris SG en était à sa 16e année depuis sa création en 1970 et avait déjà garni son palmarès de deux Coupe de France, en 1982 et 1983. L’équipe dirigeante menée par Francis Borelli a tourné une page après la saison 1984-1985 achevée à la 13e place, très loin des Girondins de Bordeaux. Pour relancer l’équipe parisienne, un nouvel entraîneur, Gérard Houllier, est arrivé pour succéder à Georges Peyroche.
Sous la direction de Gérard Houllier, l’alchimie s’est opérée à merveille : les Parisiens ont enchaîné 26 matches sans défaite, de juillet à janvier ! Une place qui ne sera plus lâchée. Le 20 septembre 1985, victoire spectaculaire 3-2 à Lens après avoir été Menés 2-0. Le 29 novembre les Parisiens accrochent un 0-0 à Bordeaux qui sonne comme une victoire et qui permet de battre le vieux record d’invincibilité de vingt rencontres de Saint-Étienne qui datait de 1959. Le 11 avril 1986, à deux journées de la fin du championnat, il ne manque plus au PSG qu’une victoire pour s’assurer du titre aux dépens de Nantes, déjà largement distancé au goal-average. La venue de Monaco au Parc des princes semble faire l’affaire. Mais les Monégasques résistent s’accrochent et le gardien Jean-Luc Etorri repousse tout. Il faut attendre la toute fin de match, juste avant les arrêts de jeu, pour voir Paris s’imposer 1-0. Sur un corner de Safet Susic, après une volée complètement manquée d’Omar Da Fonseca, Oumar Sène surgit et marque à bout portant le but du titre. Cela a été une victoire à l’arraché, certes, mais capitale.
« Quand on est près de toucher au but, on a toujours un petit peu peur de perdre l’acquis et de ne pas y arriver, racontait vingt ans plus tard Gérard Houllier. J’ai le souvenir d’un match extrêmement serré et difficile avec une atmosphère de drame, autant dans les tribunes que sur le terrain. On pensait s’acheminer vers un match nul et puis il y a eu ce corner mémorable, ce corner fabuleux dont on se souviendra toujours. Une joie et un titre que Luis Fernandez, qui avait été nommé capitaine par Gérard Houllier en début de saison, n’a pas oublié et qu’il attribue en grande partie à l’apport de ce nouvel entraîneur « aux idées novatrices, avec son côté humain et sa capacité à créer une ambiance exceptionnelle dans le groupe. Le maître à jouer du PSG, Safet Sušić lui aussi attribue un grand mérite à Gérard Houllier : « Quand il est arrivé, à l’été 1985, on ne le connaissait pas trop, c’était un jeune entraîneur. Le Paris Saint-Germain sera sacré champion de France officiellement quinze jours plus tard, lors de la 38e et dernière journée, le 25 avril 1986, avec au total 23 victoires, 10 matches nuls et 5 défaites. Luis Fernandez, qui était l’âme de cette équipe sur le terrain, quittera le club pour signer chez le voisin et ambitieux Matra Racing de Paris, et la saison suivante sera moins heureuse avec une 7e place.
La Confirmation dans les Années 90 : 1994, l'Ère Artur Jorge
Après le titre de 1986, il a fallu attendre huit ans pour que Paris s’offre un nouveau sacre. Au terme d’une saison qui l’a vu atteindre les demi-finales de la Coupe des Coupes, le PSG a réussi le doublé Championnat-Coupe de France avec à sa tête Artur Jorge.
Lire aussi: Beach Volley : Retour sur les Mondiaux
L'Ère Moderne et la Domination Qatari : De 2013 à Aujourd'hui
Le PSG a décroché son troisième titre de champion de France en 2013 et son premier sous pavillon qatari. Depuis le rachat du club par le fonds souverain Qatar Sports Investments (QSI) en 2011, le PSG a dominé le football français, remportant un nombre impressionnant de titres de Ligue 1. Ce nouveau titre de champion de France sonne comme une évidence et ressemble à un non-événement tant la domination du PSG a été totale cette saison. Les coéquipiers d’Ousmane Dembélé se sont baladés dès la première journée du championnat (victoire 1-4 au Havre), sans véritable rival capable de contester leur suprématie. Une supériorité dans tous les domaines, qui a donné l’impression que, sur la scène nationale, il y avait Paris, bien trop fort, et les autres, qui voient la deuxième place comme le Graal à atteindre, tant la première semble inaccessible.
Le Paris Saint-Germain n’aura donc attendu que 28 journées de Ligue 1 pour valider un nouveau titre de champion de France. Le treizième de son histoire. Tombeur d’Angers (1-0), ce samedi, grâce à une réalisation de Désiré Doué, le club de la capitale s’est ainsi offert un nouveau trophée sur la scène nationale. Une issue logique au regard de la domination parisienne en cette saison 2024-2025. Fort d’un jeu huilé, d’un collectif soudé et d’une efficacité offensive retrouvée, le PSG - qui compte désormais 24 longueurs d’avance sur l’AS Monaco - a tout simplement écœuré la concurrence et ne peut plus être rejoint. La donne est simple : les Rouge et Bleu n’ont toujours pas perdu le moindre match depuis la reprise (23 victoires, 5 nuls) et écrasent, week-end après week-end, leurs adversaires. Un niveau de jeu impressionnant qui permet d’ailleurs aux Parisiens de continuer à rêver, parallèlement, d’un sacre final en Ligue des Champions.
La saison 2024-2025 : Un rouleau compresseur
Redoutable, la bande à Luis Enrique se distingue à la fois par une solidité défensive (26 buts encaissés, soit la meilleure défense de notre championnat), à l’instar de sa charnière centrale composée de Marquinhos et Willian Pacho, qui ne cesse de rassurer. Mais ce n’est pas tout. Critiqué pour son rendement offensif - notamment sur la scène européenne - en début de saison, le PSG a depuis rectifié le tir et peut notamment s’appuyer sur un Ousmane Dembélé étincelant. Meilleur buteur de Ligue 1 avec 21 réalisations, l’ancien joueur du FC Barcelone, replacé par son entraîneur dans un rôle de faux numéro 9, brille de mille feux et s’impose logiquement comme le leader de l’attaque francilienne (80 buts marqués). Outre ses individualités - il convient, à ce titre, de rappeler que Bradley Barcola totalise 9 passes décisives alors que João Neves peut se targuer de 8 offrandes - le PSG a surtout fait preuve d’une rigueur de tous les instants au cours des derniers mois, et ce malgré un calendrier surchargé.
Toujours invaincus en championnat, qualifiés pour la finale de la Coupe de France et s’apprêtant à défier Aston Villa dans le cadre des quarts de finale de la Ligue des Champions, les coéquipiers de Gianluigi Donnarumma peuvent désormais clôturer cette saison 2024-2025 de la meilleure des manières. En attendant de plonger dans l’historique, le PSG peut officiellement célébrer un 13e titre de champion de France. Et ce n’est finalement qu’une juste récompense.
Sans briller, le PSG a dominé Angers (1-0), ce samedi, pour s'offrir son treizième titre de champion de France. Une répétition nécessaire avant de recevoir Aston Villa, mercredi (21 heures), en quarts de finale aller de la Ligue des champions. Il n'y a pas eu d'effusion de joie particulière au coup de sifflet final du match contre Angers (1-0), ce samedi. Parce que les Parisiens avaient tué le suspense en Championnat depuis des semaines, déjà, et parce qu'ils se sont imposés face au SCO sans vraiment trembler. Luis Enrique a bien été porté deux fois, par ses adjoints, puis par ses joueurs, en guise de célébration de ce titre de champion de France, le treizième de l'histoire du club de la capitale, mais il n'y a pas eu de démonstration trop exubérante, un tour d'honneur et un clapping devant la tribune Auteuil pour le symbole, alors que le PSG se prépare à un autre grand rendez-vous, son quart de finale aller de la Ligue des champions face à Aston Villa, ce mercredi (21 heures).
Lire aussi: Championnat de France de Rugby 1970
Avant de penser à cet affrontement, les Parisiens ont dû trouver la faille face à Angers et cela n'a pas été aussi simple que prévu. Les Angevins ont été très disciplinés défensivement, et ils se sont même offert quelques incursions (12e, 26e, 30e) mais ils ont manqué de justesse dans le dernier geste. Les joueurs de Luis Enrique, eux, ont dû être patients, ils ont confisqué le ballon dans des proportions effarantes (plus de 80 % de possession) mais ont manqué d'inspiration malgré quelques tentatives en première période de Ramos (31e), Vitinha (34e) ou Doué (43e). Le jeune milieu offensif du PSG (19 ans) a finalement débloqué le match à la réception d'un centre de Kvaratskhelia (55e), qui a profité sur le coup d'une erreur de Bamba. Les espaces ne se sont pas davantage ouverts et même les entrées de Dembélé (63e) et Barcola (63e) n'ont pas entraîné le déluge offensif espéré par les supporters parisiens. Hakimi a bien manqué de peu le deuxième but au terme d'une contre-attaque éclair menée par Barcola (80e) mais les joueurs du club de la capitale n'ont pas davantage insisté. Sans briller, mais sans trop forcer non plus, ils ont remporté un nouveau titre de champion, avant de penser, peut-être, à deux autres trophées, en Coupe de France (finale contre Reims le 24 mai) et en Ligue des champions.
Les Célébrations du Treizième Titre
Le Paris Saint-Germain conserve son titre de champion de France ! Contrairement à la saison passée, quand il avait perdu en clôture du Championnat face à Toulouse (1-3, le 12 mai 2024) et n'avait pas vraiment profité des célébrations de son précédent titre, le PSG a fêté comme il se doit le treizième du nom. Son succès renversant face à Auxerre (3-1, 0-1 à la mi-temps), ce samedi, a lancé une quinzaine que tous les supporters parisiens espèrent inoubliable avec deux finales à venir. Mais avant d'affronter Reims, le 24 mai en Coupe de France, puis de défier l'Inter Milan, le 31 mai à Munich dans l'épilogue de la Ligue des champions, le Parc des Princes a eu droit à « un grand show », comme le speaker l'a annoncé à suivre dès le coup de sifflet final.
Pendant que les joueurs se congratulaient et allaient saluer brièvement leurs supporters, des dizaines de petites mains s'affairaient pour montrer l'estrade au centre de la pelouse. Lumières éteintes dans les tribunes mais allumées sur les téléphones, la chanteuse a captivé autant les ultras que les nombreux VIP massés dans la corbeille (Franck Dubosc, Julien Clerc, Ophélie Meunier, Gringe, Théo Curin, Arnaud Assoumani…) et anciennes figures du club (Nikola Karabatic, Thierry Omeyer, Jérôme Rothen, Bernard Mendy, Grégory van der Wiel, Robin Leproux, Alain Cayzac ou encore Francis Graille) en les guidant « sur la route de la victoire ». Son électro, lasers et feux d'artifices, comme d'habitude…
Le son électro craché dans les enceintes, accompagné harmonieusement par des jeux de lasers rougeâtres et bleutés, a été sublimé par des danseurs immaculés. Puis les chants mythiques des supporters, modernisés, ont raisonné dans un final digne du 14 juillet. Un gigantesque feu d'artifice a été tiré simultanément depuis le sol et le toit du stade. Une habitude dont Paris ne se lasse jamais, au vu de l'immense explosion de joie que le bouquet final a suscitée.
Après un premier spot consacrant Ousmane Dembélé meilleur buteur de Ligue 1 (21 buts), une nouvelle vidéo résumant la saison des Parisiens a été diffusée sur les écrans géants. Puis les héros ont fait leur retour sur l'allée dorée menant à la scène. En commençant par le staff technique, à la tête duquel l'entraîneur Luis Enrique a reçu une belle ovation. Ligne par ligne, les joueurs se sont ensuite présentés, leurs noms étant scandés avant qu'ils ne reçoivent leur médaille. À l'applaudimètre, difficile de les départager. Mais Gianluigi Donnaruma, Presnel Kimpembe, Dembélé, Désiré Doué et le capitaine Marquinhos, arrivé seul à la fin du cortège, se sont détachés. Marquinhos et Presnel Kimpembe sont les deux plus anciens Parisiens de l'effectif.
Lire aussi: Palmarès Handball Olympique
En l'absence remarquée du président de la Ligue (LFP) Vincent Labrune, grand ami de Nasser al-Khelaïfi, c'est le patron du PSG qui a offert le nouveau trophée en forme de 1 - qui remplace l'ancien « Hexagoal » - à l'international brésilien. Les scènes de joie collectives qui ont suivi, au son de « One more time » de Daft Punk, sont bien connues des familiers de l'enceinte. Les champions de France ont effectué un tour d'honneur, s'arrêtant comme toujours plus longuement au pied du virage Auteuil, avant d'être rejoints par leurs familles. Mais l'euphorie et le délire collectif attendront. Il fallait en garder encore un peu, au cas où la C1 se déciderait enfin à choisir Paris comme destination.