PSG – Austria Vienne : Une rivalité historique et des rencontres mémorables

Ils se détestent et, pourtant, l’un ne pourrait pas vivre sans l’autre. Deux clubs rivaux depuis toujours ou presque, des affrontements qui sont bien plus qu’un match de foot… il est temps de choisir son camp. La rivalité entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l'Austria Vienne transcende le simple cadre sportif. Cet article explore l'histoire riche et complexe de ces deux clubs, mettant en lumière leurs confrontations passées et leurs identités distinctes.

Genèse d'une rivalité viennoise : Rapid contre Austria

La légitimité d’un club par rapport à son rival vient souvent du bon vieux « j’étais là avant. » À ce petit jeu, c’est le Rapid de Vienne qui l’emporte. Les Vert et Blanc (qui joueront en rouge et bleu jusqu’en 1904) ont été créés en tant que club ouvrier de la capitale autrichienne. L’Austria Vienne, de son côté, évolue en violet depuis toujours et a été créé en tant que club de l’élite. La rivalité entre les deux clubs est immédiate et les affrontements sont très attendus, d’autant plus que leurs stades se trouvent alors tous deux dans le quartier de Hietzing, à l’ouest de la ville. Cette opposition de classes et de couleurs a alimenté une ferveur locale intense, faisant de chaque derby un événement incontournable.

L'Anschluss et ses conséquences

En 1938, l’Anschluss marque un tournant dans l’histoire des deux clubs. Le Rapid intègre le championnat allemand, où il brille (victoire en Tschammer-Pokal, ancêtre de la DFB-Pokal, en 1938 et victoire en championnat en 1941). L’Austria, pour sa part, est considéré comme un club juif. Cette période sombre de l'histoire a profondément marqué les deux clubs, les forçant à s'adapter et à survivre dans un contexte politique hostile.

Deux géants du football autrichien

Les deux clubs partagent un record : ce sont les deux seules équipes autrichiennes n’ayant jamais été reléguées en deuxième division depuis la création du championnat d’Autriche, en 1911. L’Austria Vienne ajoute à cette performance deux victoires en Coupe Mitropa en 1933 et 1936, ainsi qu’une finale de Coupe des vainqueurs de Coupe en 1978. Le Rapid compte lui aussi deux Coupes Mitropa, glanées en 1930 et 1951. Mais il compte une finale de C2 de plus que son voisin. Cette constance au plus haut niveau témoigne de la solidité et de la pérennité de ces deux institutions du football autrichien.

Palmarès comparé : Austria en tête, Rapid en embuscade

Au jeu du palmarès, l’Austria peut se vanter d’avoir plus de trophées (61) que son rival (53). Mais si les Veilchen comptent autant de titres, c’est notamment grâce à leurs superbes performances en Coupe d’Autriche (27 titres contre 14 pour le Rapid). En championnat, les Rapidler dominent nettement (32 à 24). Avec autant de titres continentaux mais une finale de plus pour le Rapid, ce sont les Vert et Blanc qui prennent l’avantage. Léger bémol tout de même : leur dernier titre en championnat remonte à 2008 et leur dernière Coupe à 1995. Cette analyse comparative révèle les forces et les faiblesses de chaque club, soulignant la domination de l'Austria en coupe et la suprématie du Rapid en championnat.

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Ambiance et stades : deux identités distinctes

En prenant en compte les résultats dans le derby de Vienne, le Rapid est nettement devant. Il reste un critère important pour les départager : l’ambiance au stade. L’Austria Vienne évolue dans le Franz Horr stadium (ou Generali Arena pour les amoureux du naming), d’une capacité de 15 600 places et totalement carré d’apparence depuis l’extérieur. Le Rapid n’échappe pas au naming. Son Weststadion, d’une capacité de 28 600 places, a été renommé Allianz stadion. Avec ses formes un peu plus arrondies et son toit unique, il a l’air mieux fermé que le stade rival et est décoré par la mention, en immenses lettres rouges, du nom Rapid à l’entrée. Ici, c’est la tribune ouest qui met le feu. Les fans des Rapidler ont une particularité : pendant les 15 dernières minutes du match, ils applaudissent en rythme pour encourager leur équipe, quel que soit le score. Baptisée Rapid-Viertelstunde (littéralement « quart d’heure du Rapid »), cette coutume est presque aussi vieille que le club. L'atmosphère électrique et les traditions propres à chaque club contribuent à l'intensité de la rivalité viennoise.

Focus sur l'Austria Vienne

  • Nom : Fussball Klub Austria-Memphis Wien
  • Pays : Autriche
  • Fondé en : 1911
  • Président : Frank Hensel
  • Entraîneur : Manfred SCHMID
  • Palmarès :
    • Championnat Autriche : 24 (1924, 1926, 1949, 1950, 1953, 1961, 1962, 1963, 1969, 1970, 1976, 1978, 1979, 1980, 1981, 1984, 1985, 1986, 1991, 1992, 1993, 2003, 2006, 2013)
    • Coupe Autriche : 27 (1921, 1924, 1925, 1926, 1933, 1935, 1936, 1948, 1949, 1960, 1962, 1963, 1967, 1971, 1974, 1977, 1980, 1982, 1986, 1990, 1992, 1994, 2003, 2005, 2006, 2007, 2009)
  • Effectif (Exemple) :
    • R. Almer (Gardien)
    • A. Dragovic (Défenseur)
    • A. Grünwald (Milieu)
    • C. Monschein (Attaquant)

Le PSG et son sacre européen face au Rapid Vienne (1996)

Le point culminant de l'histoire entre le PSG et le Rapid Vienne reste sans aucun doute la finale de la Coupe des Coupes 1996. Le 8 mai 1996, au stade du Roi-Baudouin à Bruxelles, le Paris Saint-Germain a remporté la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en battant le Rapid de Vienne sur le score de 1-0.

Un contexte particulier

Cela s’est passé au stade du Roi-Baudouin, l’ex-Heysel, et le PSG de Luis Fernandez a battu sans trop d’émotion le Rapid Vienne, l’équipe surprise de la compétition. En battant La Corogne en demi-finale, mais surtout Parme en quart de finale, Paris avait réussi le plus dur. Restait à franchir la dernière marche pour rejoindre Marseille au palmarès. Pour devenir le deuxième club français vainqueur d’une Coupe d’Europe et effacer une saison en championnat moyenne (deuxième après avoir caracolé en tête).

Le match

Le match fut à la fois simple et compliqué. Simple parce que le PSG a largement dominé son adversaire autrichien, visiblement impressionné de se retrouver là. Pour Paris, tout n’avait d’ailleurs pas très bien commencé, puisqu’après douze minutes de jeu, son Brésilien Raï, l’une de ses pièces maîtresses, dont la cheville avait été maltraitée par Schöttel, est obligé de sortir. Luis Fernandez, qui veut présenter une équipe offensive, choisit de le suppléer par le Panaméen, Dely Valdes. L’équilibre de l’équipe du PSG est maintenu et, durant tout le début du match, elle va largement dominer la situation.

À la vingt-et-unième minute, Dely Valdes remet bien de la tête vers Djorkaeff dont la frappe est claquée sur la transversale par Konsel. Huit minutes plus tard, Paris obtient un coup franc à trente-cinq mètres. Luis Fernandez se lève de son banc pour demander à N’Gotty de frapper en force. L’ancien Lyonnais va le faire. Le ballon, légèrement dévié par Schöttel, termine sa course au fond des filets.

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La seconde période va ressembler à la première. Paris va jouer sereinement, avançant pion par pion. On sent là l’expérience de ses joueurs, plus habitués aux matchs de haut niveau que leurs adversaires. Mais le PSG va manquer quelques occasions nettes de se mettre définitivement à l’abri d’un retour autrichien. Par Djorkaeff, qui manque la lucarne, par Dely Valdes qui glisse au moment d’ajuster Konsel, et surtout par Guérin, qui échoue dans son face à face avec le portier autrichien.

Le Rapid Vienne se réveille alors pour placer quelques contres. Lama sort le grand jeu. Un arrêt dans les pieds du « monstre » Jancker, et une parade du bout des doigts sur un tir d’Ivanov.

Composition des équipes

  • PARIS SAINT-GERMAIN F.C. - S.K. Rapid Vienne - 37 500 spectateurs environ.
    • L’Équipe du PSG : Bernard Lama - Bruno Ngotty, Alain Roche, Paul Le Guen - Laurent Fournier (Francis Llacer, 77′), Daniel Bravo, Vincent Guérin, Patrick Colleter - Youri Djorkaeff, Raï Oliveira (Julio Dely Valdés, 11′), Patrice Loko.
    • But : Chevauchée de Youri Djorkaeff (D. Ça y est, c’est fait.
  • Rapid Vienne: L'équipe du Rapid Vienne n'est pas explicitement détaillée dans le texte fourni, mais il est mentionné la présence de joueurs comme Schöttel, Konsel, Jancker et Ivanov.

Réactions

Luis Fernandez : « C’est fabuleux. Les joueurs ont fait exactement ce que j’attendais d’eux. Après vingt-cinq ans d’existence, le PSG a remporté une Coupe d’Europe et c’est historique. Nous aurions pu faire une plus grosse différence, mais mis à part en fin de match, nous n’avons jamais été en danger. Heureusement que Bernard (Lama) était là. Dans l’ensemble, je crois que c’était mérité.

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