L'approche de la Coupe du monde de rugby suscite un mélange d'excitation et d'appréhension au sein de la presse néo-zélandaise. Entre l'attente d'un spectacle grandiose et la conscience des défis que représentent les All Blacks, les commentateurs oscillent entre optimisme prudent et critiques acerbes. Cet article explore les différentes facettes de cette relation complexe, en mettant en lumière les espoirs, les doutes et les analyses qui animent les médias néo-zélandais.
L'excitation avant le choc France-Nouvelle-Zélande
À l'approche du match d'ouverture de la Coupe du monde de rugby opposant la France à la Nouvelle-Zélande, l'effervescence était palpable dans les médias néo-zélandais. Mark Reason, chroniqueur sportif sur le site Stuff, décrivait ce match comme "la plus belle affiche d'un match d'ouverture de toute l'histoire de la Coupe du monde de rugby". Liam Napier, envoyé spécial du New Zealand Herald à Lyon, soulignait que cette rencontre était seulement la deuxième en cinq ans entre "la renaissance française sous Fabien Galthié" et les All Blacks, ajoutant à l'excitation ambiante.
Ce match était perçu comme un véritable "crunch", un terme désignant à la fois un "craquement" et un "moment crucial". L'enjeu était de taille pour les deux équipes, considérées comme parmi les meilleures du monde.
Les faiblesses françaises : un motif d'espoir ?
Malgré la reconnaissance de la puissance de l'équipe de France, certains commentateurs néo-zélandais ont trouvé des raisons d'espérer dans les faiblesses apparentes des Bleus. L'infirmerie française, déjà bien remplie avec les absences de Romain Ntamack, Cyril Baille, Jonathan Danty et Paul Willemse, était perçue comme un avantage potentiel pour les All Blacks. Mark Reason estimait que "la perte de Danty est vraiment un coup dur" pour l'équipe de France.
De plus, le dernier match de préparation des Bleus face à l'Australie a révélé des failles dans la défense française. Mark Reason soulignait que "l'Australie d'Eddie Jones a rendu un énorme service aux All Blacks en leur révélant de très grosses failles dans la défense française". Scotty Stevenson, commentateur sur la chaîne TVNZ, ajoutait que les avants des All Blacks avaient "considérablement amélioré leur manière d'exploiter les ballons", ce qui pourrait leur permettre de "fixer la défense française et de la déborder".
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La prudence reste de mise
Cependant, les commentateurs néo-zélandais restaient prudents quant à leurs chances de victoire. Mark Reason reconnaissait que "la France a aussi tiré des leçons du passé" et que son numéro 9 et capitaine, Antoine Dupont, avait "trop de talent pour laisser se dérouler un tel scénario". Le New Zealand Herald soulignait également qu'"il est toujours difficile de se préparer face à la France et de faire face à sa combinaison de puissance offensive, de flamboyance et d'initiatives individuelles".
Marc Hinton, également sur Stuff, concluait que ce "clash" devrait donner lieu à un match d'ouverture de Coupe du monde très enlevé entre un pays hôte au sommet de sa forme et une équipe des All Blacks qui a besoin de retrouver rapidement la sienne.
La douche froide : la défaite face à l'Afrique du Sud
L'optimisme prudent qui régnait avant la Coupe du monde a été brutalement refroidi par la défaite historique des All Blacks face à l'Afrique du Sud (43-10) le 13 septembre 2025. Jamais dans leur histoire, en 658 matches disputés, le XV du haka n'avait encaissé pareille défaite.
La presse néo-zélandaise n'a pas mâché ses mots pour décrire la performance de son équipe. Gregor Paul, journaliste au New Zealand Herald, résumait : "Rarement, peut-être jamais, les All Blacks ont été battus de cette manière. Ils ont été anéantis". L'ancien capitaine Kieran Read a dénoncé un manque de combativité et de leadership au sein du groupe.
Cette défaite a remis en question la confiance, la profondeur et la culture de jeu kiwi. L'Irish Examiner évoquait même une "crise d'identité rugbystique".
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La réaction face aux critiques
Face à ces critiques virulentes, certains ont tenté de relativiser la portée de cette défaite. Damian McKenzie a reconnu que les Springboks étaient "tout simplement trop bons", mais a souligné que les All Blacks n'avaient pas su réagir dans les moments clés. Scott Robertson a admis que son équipe avait été "possédée dans le jeu aérien" et qu'il faudrait trouver des réponses "très vite".
Malgré tout, la presse néo-zélandaise a salué la performance de Leroy Carter, ailier néo-zélandais qui honorait sa première cape avec un essai à la clé. Pour Planet Rugby, il était "le seul point positif" d'une soirée cauchemardesque.
L'hommage aux réservistes français
Dans ce contexte de crise, la presse néo-zélandaise a également tenu à saluer l'effort fourni par les réservistes français lors de leur tournée en Nouvelle-Zélande. Le site internet Stuff a souligné que les All Blacks avaient bien failli être punis par les valeureux Français de Fabien Galthié, qui considéraient clairement le troisième test comme leur meilleure chance de gagner un match de la série. Le New Zealand Herald a également salué la performance de Léo Barré et Mickaël Guillard, soulignant leur solidité et leur puissance.
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