Le monde du rugby à la télévision française a vu émerger des figures féminines marquantes, apportant expertise, passion et fraîcheur aux commentaires et présentations. Cet article met en lumière certaines de ces femmes, qui ont su gagner leur place dans un univers sportif souvent perçu comme masculin.
Hélène Macurdy : L'Expérience et la Passion du Terrain
Hélène Macurdy est un nom familier pour les téléspectateurs du Languedoc-Roussillon, où elle a présenté les éditions d’informations pendant plusieurs années. Forte d'une carrière riche et variée, elle incarne l'expérience et la passion du rugby.
Un Parcours Éclectique
Hélène Macurdy n’a pas oublié les éclats de rire et les instants de bonheur fondateurs de ses débuts. « J’ai commencé ma carrière en presse écrite dans la rédaction de But !, se souvient-elle, pendant qu’elle promène son chien, Lewis, sur la plage de Villeneuve-lès-Maguelonne. C’était un bi-hebdo sur le football dirigé à l’époque par Olivier Rey, ex-journaliste du service des sports d’Antenne 2 . Une sacrée école. Les trois meilleures années de ma vie professionnelle. » Au début des années 1990, Hélène Archilla - son nom de jeune fille - affichait déjà cette bonne humeur permanente et une passion indomptable pour le journalisme de sport. En 1999, elle effectue un remplacement à Toulon pour la locale de France 3. « On me commande un premier sujet sur le RCT. Lors de l’entraînement, je repère un joueur torse nu et je glisse au cameraman : “Tu vois, lui, c’est l’homme de ma vie !” » Vingt-cinq ans plus tard, Hélène Macurdy est toujours mariée à Michel, avec lequel elle a eu trois enfants, deux filles et un garçon, Romain, pro à Castres. « Le rugby m’a rattrapée à ce moment-là. J’ai suivi mon mari sur ses contrats, à Bordeaux puis à Montpellier. »
Une Présence Remarquée sur France Télévisions
Aujourd’hui salariée à France 3, elle vit sur les bords de la Méditerranée et monte à Paris commenter les matchs du XV de France au bord du terrain. Quand elle ne s’envole pas pour les îles britanniques à l’occasion des matchs de Coupe d’Europe pour les finales de Challenge Cup et de Champions Cup (vendredi 23 sur France 3 puis samedi 24 mai, sur France 2). « Mais je prends autant de plaisir à aller voir un match de rugby amateur qu’à commenter une rencontre du Tournoi des six nations ! »
Naturelle et sincère, Hélène Macurdy laisse transparaître le plaisir d’exercer un métier qu’elle adore. « Je suis bien dans mes bottes. Mes enfants ont été ma priorité. Je ne l’ai pas vécue comme un sacrifice de carrière. » Le tournant de sa carrière se situe avant les années Covid, lorsqu’elle suit les exploits des Bleuets (moins de 20 ans), qui vont devenir champions du monde. Elle noue des liens avec les Ntamack, Vincent, Woki… Et gagne la confiance de Cédric Beaudou, puis de Matthieu Lartot qui pilotent le rugby, entre autres, au service des sports. « France Télévisions m’a permis de faire ce que je fais aujourd’hui. J’en suis très reconnaissante. C’est courageux de leur part de mettre une nana de 50 ans à l’antenne. Je ne suis pas une gonzesse au sport pour la parité. Je suis à ma place parce que je suis compétente. Je n’en ai rien à faire des clichés. »
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Une Approche Humaine et Authentique
Hélène Macurdy n’a jamais craint les grosses voix et les épaules carrées. Récemment, l’arrière toulousain Thomas Ramos a fondu en larmes face à son micro. « On se connaît depuis dix ans, confie-t-elle. Je l’ai vu arriver plein d’émotion vers moi. J’ai senti qu’il allait craquer. » Bienveillante, Hélène Macurdy profite aujourd’hui de son expérience : « Quand mon mari rentrait après des défaites, je ne pouvais pas lui parler ! Je suis assez cash dans mes questions, aujourd’hui ? »
Isabelle Ithurburu : Du Rugby à la Présentation de Magazines
Isabelle Ithurburu, bien connue des fans de rugby pour avoir officié dans ce domaine sur Canal + depuis 2012, a fait sa rentrée dans la cour des grands cette année sur TF1.
Un Parcours Inattendu
Dans la tête de la jeune Isabelle à Pau, qu’y avait-il dès la jeunesse ? Non, pas du tout ! La première envie, c’était d’être épicière, comme mes parents. Et après, comme beaucoup de jeunes filles, d’être professeure des écoles. Je n’ai jamais, jusqu’à la minute où c’est arrivé, eu l’envie de parler de sport. Je ne suis pas du tout sportive en plus et mon amour pour le sport est arrivé assez tard, après l’adolescence. Personne n’est sportif dans ma famille. Mes parents n’avaient vraiment pas le temps d’avoir des passions à côté de leur travail mais mon père adorait regarder le rugby à la télé, surtout le Tournoi des cinq nations à l’époque. Un jour il m’a dit : ‘il il y a un match qu’il faut que tu voies. Viens t’asseoir avec moi, si tu veux vraiment comprendre pourquoi j’aime ce sport, c’est maintenant’. C’était en 1999, j’avais seize ans et c’était la France contre les All Blacks lors de la demi-finale de la Coupe du monde. Il a passé une heure à me raconter comment on allait perdre devant la plus belle équipe du monde, mais qu’il fallait vraiment les voir jouer, que c’était un honneur. Et on a gagné. Donc ça a provoqué en moi des émotions incroyables. J’ai trouvé que tout était beau dans le rugby : le sport, les joueurs - mais pas d’un point de vue physique -, le combat sur le terrain et j’ai trouvé les supporters géniaux. Je suis tombée amoureuse de ce sport ce jour-là, et de moi-même je suis allée voir le club de ma ville par la suite, la Section Paloise.
Le hasard de la vie. Mon amour pour le rugby a fait que je gravitais comme toujours autour du stade et des matches. C’est ce qui a fait que j’ai rencontré à l’époque mon ex-mari (Gonzalo Quesada, Ndlr). Sa carrière nous a fait déménager plusieurs fois, jusqu’à arriver en 2007 à Paris pour suivre la Coupe du monde. J’ai rencontré à ce moment-là, par hasard et sans le savoir, des gens qui travaillaient pour Canal +. Ils ont vu que j’adorais le rugby. À cette époque-là, ils cherchaient des jeunes femmes qui soient passionnées avant d’être journalistes. Et ils voulaient absolument féminiser, de façon noble, leurs programmes. Ils m’ont reçue. On a discuté, puis ils m’ont proposé d’arrêter de faire ce que je faisais, alors que je gagnais bien ma vie. C’était pour me former, c’était vraiment un pari. Même moi, ça m’a fait rire à ce moment-là et je me suis dit ‘de toute façon, si ça ne marche pas, j’ai plein d’autres choses derrière’.
Un Transfert Surprenant vers TF1
Isabelle Ithurburu, venue de Canal +, a présenté son premier numéro du magazine "50 mn inside" sur TF1 samedi soir. Les amateurs de rugby la connaissaient déjà. C'est un des plus surprenants transferts du mercato télé. La journaliste de "Jour de rugby" sur Canal + Isabelle Ithurburu a rejoint TF1 avant l'été. Au-delà du rugby avec la Coupe du monde, elle va présenter chaque semaine "50 mn inside", le samedi, en remplacement de Nikos Aliagas. Quitter Canal + après 14 ans d'antenne, "ce n'était pas une décision facile à prendre", a confié l'animatrice au magazine Diverto. Elle a pris trois mois pour se décider. "J'ai senti qu'on me faisait venir pour prendre de vraies responsabilités".
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Une Personnalité Attachante
Comme son nom l'indique, Isabelle Ithurburu est en partie Basque du côté de son père. Sa maman est originaire de Recurt, près de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées. Le couple tenait une épicerie. Isabelle est née à Pau et a grandi dans le quartier du Foirail. Elle en a gardé l'accent hors antenne. Elle a fêté ses 40 ans le 24 février 2023. Les téléspectateurs de Canal + le savent : Isabelle Ithurburu a le fou rire facile. En plateau avec l'ancien rugbyman Sébastien Chabal ou quand une caméra filme un homme en train de faire des roulades nu sur un terrain, la journaliste peut rapidement partir en fou rire.
Laura di Muzio : L'Ancienne Joueuse Devenue Commentatrice
Depuis sept ans, Laura di Muzio commente le rugby féminin avec Jean Abeilhou. Ancienne joueuse internationale de rugby, Laura di Muzio est depuis le 25 mars aux commentaires du Tournoi des Six Nations féminin, au côté de Jean Abeilhou. Un duo formé il y a sept ans qui depuis partage le micro pour les compétitions féminines diffusé sur France 4 et sur France 2.
Un Parcours de Joueuse de Haut Niveau
Durant ses 17 ans de carrière, elle a joué en club à Villeneuve-d'Ascq qui évolue dans l'Élite 1, le championnat national et s'est illustrée aussi bien en rugby à VII qu'en rugby à XV. Lors d'un entretien accordé à Télé-Loisirs, la jeune femme de 33 ans est revenue sur son parcours, les évolutions de la manière dont l'image de la féminisation de ce sport a évolué et les enjeux de ce Tournoi des Six Nations, qui fait suite à la Coupe du monde organisée à l'automne en Nouvelle-Zélande.
De l'Expérience de Joueuse aux Commentaires
Quand Jean m’a téléphoné, j’ai cru à une blague. Mais ça ne se refuse pas ! J’ai de la chance, car en plus d’être une bible sur le sujet, il m'a donné ses techniques de rédaction des fiches de préparation des matchs. C’est drôle, à 15 ans, j'étais timide, et parler devant des gens était un supplice !
En tant que joueuse, sans hésitation, lorsque nous avons été championnes de France en 2016 avec mon club. Nous avons soulevé le bouclier de Brennus ! C'était la première fois qu'un club du Nord, rugby féminin et masculin confondus, remporte un titre national. C'était extraordinaire. En tant que téléspectatrice, la finale de la coupe du monde en 2022, Angleterre-Nouvelle-Zélande. Je commentais et pour la première fois, l'équipe de Nouvelle-Zélande gagnait une coupe du monde à domicile, face à 40 000 personnes, à l'Eden Park qui est le stade des garçons. Ce moment de sport féminin cristallisait tout ce qu'on essaie de mettre en place depuis des années. J'ai adoré et j'ai vécu de superbes émotions. Au-delà de sa dimension sportive, cette finale a porté le message de notre sport partout sur la planète.
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Clémentine Sarlat : La Nouvelle Voix du Rugby sur France 2
La Girondine de 27 ans vit son premier Tournoi au bord des terrains pour France 2. Elle est le nouveau visage du rugby sur France 2. Clémentine Sarlat, 27 ans, a succédé à Philippe Lafon au poste dit « de bord de terrain » pour France 2, à l’automne dernier.
Une Passion Née Dès l'Enfance
Collégienne à Gradignan et lycéenne à Talence« Les hymnes, c’est un moment fort. Je suis placée juste en face des joueurs. Cédric Beaudou et Matthieu Lartot m’avaient prévenue : il ne faut pas trop se laisser prendre par l’émotion. Mais je ne peux pas m’empêcher de chanter. Il y a un truc qui se passe », sourit la journaliste bordelaise, qui fut collégienne à Gradignan et lycéenne à Talence.« C’est là où j’ai grandi, où j’ai rencontré mes meilleurs potes. J’y reviens dès que j’ai du temps. » C’est là aussi qu’elle a aimé le rugby, alors qu’elle-même faisait de l’athlétisme au BEC (Bordeaux Étudiants Club), du 100 mètres haies et de la longueur.Le rugby, "j'ai baigné là-dedans"« Je regardais les matches de l’équipe de France avec mon père, raconte-t-elle. Quand j’avais 13 ans, je lui disais : ‘‘Plus tard, je veux être Cédric Beaudou’’. Ma coach d’athlé, dès mes 11 ans, c’était la fille de Gaston Lesbats (ancien vice-président de la Fédération française de rugby et président du comité Côte Basque-Landes, décédé en 2013, NDLR). Elle nous parlait de rugby. Dans mon équipe d’athlé, il y avait aussi Rose Thomas, qui est aujourd’hui pro en rugby à VII. J’ai baigné là-dedans. Le premier article que j’ai écrit dans le journal du collège, c’était sur le rugby et les filles… »Dans le « groupe de potes » de Clémentine au lycée Victor-Louis de Talence, il y avait des joueuses du Stade Bordelais et des garçons inscrits au Pôle Espoirs, dont beaucoup allaient devenir professionnels. Benjamin Fall et Maxime Machenaud, pour ne citer que les plus connus, étaient de sa « promo ».
Inspirée par Isabelle Ithurburu
« Isabelle, j’étais fan »Depuis le début du Tournoi, Clémentine Sarlat - de la capitale du Périgord Noir, elle n’a que le nom et un grand-père - travaille sous le regard de plusieurs millions de téléspectateurs (5 environ, dimanche dernier pour Italie - France). « Je n’ai aucune notoriété, comparé à Isabelle Ithurburu ! », sourit-elle. La Paloise, présentatrice de « Jour de rugby » sur Canal+ a « ouvert la voie », juge Clémentine Sarlat.« Elle a dû essuyer pas mal de plâtres et éponger les critiques . Avant d’être à la télé, Isabelle, j’étais fan. Elle dégage un truc d’hyper positif.
Inès Hirigoyen : L'Ascension Rapide d'une Journaliste Passionnée
Inès Hirigoyen, jeune journaliste talentueuse, est rapidement devenue une figure de proue du journalisme sportif en France. Après avoir grimpé les échelons dans le monde du sport et de la télévision, elle a récemment rejoint l’émission matinale Télématin de France 2, où elle co-présente le programme aux côtés d’Adrien Rohard.
Un Parcours Académique Solide
Dès ses études à Sciences Po Toulouse, Inès Hirigoyen se distingue par son engagement et sa passion pour le journalisme. Après avoir obtenu son baccalauréat avec mention très bien et une spécialisation en sciences politiques, elle poursuit son rêve en intégrant le Master en journalisme de Sciences Po Toulouse. C’est là qu’elle affine ses compétences en journalisme écrit, télévisé, radio et web. Outre ses études à Sciences Po Toulouse, Inès a également effectué un séjour à l’Universidad Nacional de San Martín en Argentine. Elle y a étudié l’histoire latino-américaine, l’histoire sociale et politique du sport, ainsi que la coopération internationale.
Une Carrière Prometteuse à France Télévisions
Inès débute sa carrière professionnelle au sein de la rédaction des sports de France Télévisions. De 2019 à 2021, elle est journaliste pigiste et couvre plusieurs événements sportifs, en particulier le rugby, un domaine qui la passionne profondément. Elle y réalise des reportages, commente des événements en direct et participe à la préparation de divers sujets pour des émissions comme Tout Le Sport. Avant cette expérience, Inès a effectué plusieurs stages, notamment dans l’émission Tout Le Sport de France Télévisions. En août 2024, Inès Hirigoyen rejoint l’équipe de Télématin, une émission phare de France 2 diffusée chaque matin. Cette transition marquante montre son évolution rapide dans le monde du journalisme. Sa première émission en tant que co-présentatrice avec Adrien Rohard a été un succès retentissant, attirant un large public et permettant à France 2 de se placer en tête des audiences sur cette tranche horaire.
Une Spécialiste du Rugby
Inès est avant tout une journaliste sportive passionnée, particulièrement par le rugby. Au fil de sa carrière, elle a couvert de nombreux événements majeurs, tels que le Six Nations Championship, la Coupe du Monde de Rugby 2023 et d’autres compétitions prestigieuses. En plus de ses reportages en direct, Inès a produit des documentaires remarqués. En septembre 2023, par exemple, elle a diffusé un documentaire intitulé Les Bleus en mission, qui offrait un aperçu rare des coulisses de l’équipe de France masculine durant la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande.
Cécile Grès : Du Rugby à la Présentation de « Stade 2 »
Cécile Grès va rejoindre la bande de « C L'Hebdo » sur France 5 à partir de janvier et deviendra le joker de Matthieu Lartot à la présentation de « Stade 2 » sur France 3.
Un Retour Attendu
Actuellement en congé parental, la journaliste Cécile Grès sera de retour à l'antenne de France Télévisions en janvier avec deux nouvelles casquettes, celle de chroniqueuse dans C L'hebdo sur France 5 et celle de joker à la présentation de Stade 2 sur France 3. Après avoir quitté la rubrique rugby de France Télévisions l'été dernier, avant d'accoucher de son premier enfant et de prendre un congé parental de six mois, Cécile Grès a déjà de nouveaux projets pour son retour à l'antenne prévu en janvier.
Un Rôle Polyvalent
Selon nos informations, la journaliste de 35 ans va intégrer la bande de C L'hebdo, l'émission d'actualité de France 5 présentée chaque samedi par Aurélie Casse. L'ex-reporter du service rugby de France Télé devrait incarner une chronique sport et société. Par ailleurs, Cécile Grès va devenir le joker de Matthieu Lartot à la présentation de Stade 2 sur France 3, comme l'a annoncé le journaliste dans L'Équipe. Dans ce costume, occupé jusqu'alors par Laurent Luyat, la journaliste devrait déjà présenter une dizaine de numéros d'ici la fin de la saison. Pour le reste, Cécile Grès participera à la continuité antenne de plusieurs grands événements, dont les Jeux Olympiques de Paris l'été prochain (26 juillet-11 août).
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