Pourcentage de lancers francs en NBA : Histoire et Évolution

Le lancer franc, un tir non contesté effectué depuis une ligne située à 4,57 mètres du panier, est un élément fondamental du basketball. Son histoire, son importance et son évolution sont riches et complexes, influençant le jeu à tous les niveaux, des ligues de jeunes à la NBA. Cet article explore l'histoire du lancer franc en NBA, son impact sur le jeu, les stratégies utilisées par les joueurs et les équipes, ainsi que les records et les anecdotes qui ont marqué son histoire.

Les Origines du Lancer Franc

En 1891, lorsque le Dr. James Naismith a inventé le basketball, la notion de lancer franc était bien différente de ce que nous connaissons aujourd’hui. Il n’y avait pas de standard fixe pour la distance, et chaque terrain pouvait avoir sa propre interprétation de la règle. Au fil du temps, les instances dirigeantes du basketball, comme la FIBA et la NBA, ont travaillé pour normaliser la distance du lancer franc. C’est en 1949 que la mesure a été fixée à 4,57 mètres (ou 15 pieds) lors des compétitions internationales. Ce n’est pas un hasard si cette distance est devenue la norme. Elle a été choisie pour offrir un défi suffisamment difficile tout en restant réalisable, et elle a su s’imposer comme un élément fondamental du jeu.

L'Importance du Lancer Franc

La distance du lancer franc, ces 4,57 mètres qui paraissent si simples à première vue, peut totalement influencer le cours d’un match. La pression est palpable. En NBA, le taux de réussite au lancer franc varie, mais la moyenne tourne autour de 77 %. La distance du lancer franc n’est pas seulement une question de précision, elle impacte aussi la posture du joueur, la trajectoire du ballon et la régularité de ses gestes. Certains tireurs adoptent une routine rigoureuse avant chaque tir. Tout est calculé pour minimiser les erreurs : pieds bien ancrés au sol, main positionnée sous le ballon, regard fixé sur l’arceau.

Selon le niveau de jeu, cette distance est ajustée pour s’adapter à l’âge et aux capacités des joueurs. Dans les catégories de jeunes, comme le mini-basket, la distance du lancer franc est réduite à environ 4 mètres. L’idée est simple : permettre aux enfants de développer leur technique sans se décourager face à une distance trop longue. Dans les ligues professionnelles comme la NBA et la FIBA, la distance réglementaire du lancer franc suite à une faute est toujours fixée à 4,57 mètres.

Stratégies et Ajustements Récents

La NBA a tenté de limiter les effets du "hacking" cette saison en adaptant son règlement. Le "hacking" est une stratégie où une équipe fait intentionnellement faute sur un joueur adverse, souvent un grand, qui est un mauvais tireur de lancers francs. L'objectif est de profiter de son faible pourcentage de réussite pour récupérer la possession du ballon.

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C'est indéniable, les big men les plus médiocres dans l'exercice vont beaucoup moins souvent sur la ligne. Pour ne rien gâcher, ils shootent mieux ! Parmi les "usual suspects", Dwight Howard va 5.8 fois sur la ligne en moyenne, au lieu de 6.7 fois en 2015-2016, et shoote à 52.4% contre 48.9 l'an dernier.

Les Spécialistes et les Moins Performants

On s'est donc demandé qui, étaient, cette saison, les moins shooteurs de free-throws les moins fiables de toute la NBA, en incluant évidemment certains paramètres. On notera par exemple que Dwight Howard a quitté le podium, sans doute aidé par son travail estival sur ce point spécifique, ou que Tristan Thompson, quoi qu'il en dise, est sans doute victime de la malédiction des Kardashian…

En termes de joueurs moins fiables, on peut citer :

  • Tristan Thompson (Cleveland Cavaliers), 49.5%, 2.9 lancers par match, 67 matches disputés.
  • Brandon Ingram (LA Lakers, 62.6%).

L'Art du Lancer Franc : Technique et Mental

La clé pour améliorer votre précision ? La répétition. Plus vous tirez, plus vos muscles mémorisent le mouvement. Prenez le temps de vous entraîner régulièrement, en vous concentrant sur vos gestes. L’aspect mental est tout aussi important. Sur la ligne de lancer franc, le silence dans la salle, le poids du regard des spectateurs… Tout ça peut vite vous déstabiliser. Pour cela, il est conseillé de développer une petite routine avant chaque tir. Assurez-vous d’avoir une posture stable : pieds légèrement écartés, genoux fléchis, et mains bien placées sous le ballon. Le mouvement doit être fluide, du début à la fin, en veillant à ce que votre poignet fasse un bon « snap » au moment de la libération du ballon.

Records et Performances Notables

Le plus fabuleux record de trente ans de basket professionnel français est celui de Robert Smith, aux lancers-francs, sur une saison. Personne n’a probablement jamais fait aussi bien, au monde. Le 7 octobre 1987 à Nantes, Robert Smith loupe un lancer-franc. Le meneur de jeu de Monaco ne va plus manquer un seul shoot de la saison sur la ligne de réparation. Arnaud Sevaux, le statisticien de la ligue a repris pour nous les feuilles de stats de l’époque. Résultat : l’Américain a bien réalisé un incroyable 99/100 aux lancers cette saison là en en convertissant 90 de suite. C’est cette marque qui est entrée dans l’Histoire mais il faut savoir que le « Petit Robert » en a encore transformé 4/4 au Tournoi des As. Pour la Coupe Korac et les playoffs, il était blessé. 99/100, le record d’un autre Américain, Carmine Calzonetti qui, quinze ans auparavant, en avait enfilé 51 de suite, pour un total de 51/52, était pulvérisé.

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A l’époque, l’exploit de Robert Smith ne fait pas tout un tintamarre. Contrairement aux Américains, les Français ne sont pas friands de chiffres et de plus la performance du meneur monégasque s’est réalisée à doses homéopathiques, presque en catimini. Il s’agit pourtant, très probablement d’un record mondial et c’est bien ce que son coach de l’époque, Bill Sweek relevait : « On n’en parle pas trop, mais il faut se rendre compte. Ce que Robert est en train de réussir aux lancers-francs n’a jamais été égalé. C’est une performance exceptionnelle. Et je n’ai jamais vu ailleurs, ni même en NBA ou en CBA, un joueur aussi adroit aux lancers-francs. Je n’en connais pas un dans le monde. »

La phénoménale série de Robert Smith s’est-elle prolongée au delà des 90 ? Nous n’en saurons jamais rien. Pour la rentrée de la saison 88-89, Monaco accueille Nantes et c’est face à la même équipe que l’Américain va dérailler, deux fois. 11/13. Seulement la feuille de match est tombée aux oubliettes et on n’a pas moyen aujourd’hui de savoir à quel instant Smith a manqué son premier lancer.

Du côté des performances moins glorieuses, le 8 décembre 2000, Shaquille O’Neal battait un record NBA que seul lui pouvait atteindre. Celui du plus grand nombre de lancers-francs ratés sans en réussir un seul dans le même match, avec 11 échecs consécutifs.

Le meilleur pourcentage de réussite aux lancers francs en carrière est de 90,43 % par Steve Nash (3060 lancers francs réussis sur 3384 tentés) pour les joueurs dont la carrière est terminée.

L'Évolution du Jeu et l'Impact sur les Statistiques

Juste avant Noël 2023, nous nous étions penchés sur une bien vaste question : quel est le profil type du franchise player du champion NBA ? En étudiant la Ligue et son évolution depuis 1947, nous sommes parvenus à la conclusion selon laquelle ce joueur était le plus souvent un pivot, âgé autour de 28 ans et présent en NBA depuis un peu moins de 8 années. Si ce profil-type est évidemment évolutif, en raison des fluctuations inhérentes à la Ligue et au jeu qui y est déployé, force est de constater que notre recherche n’était pas tout à fait complète. Et pour cause, nous n’avions pas abordé la thématique des statistiques de ces 77 athlètes, qui sont devenus 78 entre temps, avec le sacre des Celtics 2024, version Jayson Tatum et Jaylen Brown. Ce manque, tâchons de le combler aujourd’hui, près d’une année civile plus tard, en nous concentrant majoritairement sur les statistiques brutes.

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Aujourd’hui, il nous paraît impensable que le meilleur joueur du champion NBA ne soit pas un scoreur boulimique. Nul n’imagine qu’une équipe construite autour d’un pivot défensif et antivax puisse remporter le titre NBA en 2025. Attention, il n’en a pas toujours été ainsi, loin de là ! Les premiers balbutiements de la Grande Ligue faisaient en effet la part belle à ces intérieurs avant tout défensifs et cela se ressent naturellement sur la moyenne au scoring. Si George Mikan était, au tournant des années 1950, un attaquant extraordinaire (30,3 points sur sa campagne victorieuse en 1949, 31,3 l’année suivante), il est le seul joueur a avoir dépassé la barre symbolique des 30 points jusqu’à… Kareem Abdul-Jabbar en 1980 ! Soit 3 occurrences sur les 34 premières années de la Ligue. À titre de comparaison, trois joueurs affichent a minima une telle moyenne de points depuis… 2019 (Kawhi Leonard en 2019, Giannis Antetokounmpo en 2021 et Nikola Jokic en 2023).

En cette époque, il était même fréquent que le franchise player n’inscrive pas 20 points par rencontre. Ceci est arrivé à 18 reprises depuis 1947 et une seule fois depuis 1990. En réalité, cela arrivait la moitié du temps au cours des 25 premières années de la NBA. Bien entendu, Bill Russel en est le principal responsable, lui qui a été considéré comme le franchise player des Celtics à 9 reprises.

Il s’avère que c’est arrivé 17 fois et que les regards doivent se tourner vers la période de 11 années qui sépare 1991 et 2001. En cette période, Michael Jordan a longtemps fait sa loi (jamais en dessous de 30,7 points sur ses 6 campagnes victorieuses) et a été suppléé par Hakeem Olajuwon (33 points en 1995) et Shaquille O’Neal (30,7 points en 2000 et 30,4 en 2001). Sur ces 11 années, la barre des 30 points a sauté à 8 reprises, soit 72,7 % du temps. Le pourcentage pour les 67 autres années ?

En raison de ces fluctuations, le franchise player inscrit en moyenne la bagatelle de 24,66 points par match, sur l’ensemble de la campagne victorieuse de Playoffs. La plus faible moyenne de points sur une postseason est l’œuvre du Bill Russel de 1964, qui n’inscrivait « que » 13,1 points par soir. À l’inverse, la plus haute moyenne revient au Michael Jordan de 1993 et ses 35,1 points par rencontre.

Dans le microcosme NBA, qu’il soit français ou américain, l’efficacité au tir est aujourd’hui présentée comme une variable fondamentale. Il s’agit d’une statistique, issue d’un calcul plus ou moins alambiqué, qui permet d’avoir une vue d’ensemble de l’efficacité d’un joueur, tout en tenant compte du type de tir tenté. Pour que cela soit plus parlant, indiquons immédiatement le TS% moyen des 78 franchises player analysés. Il s’élève à 54,23 %. Il s’agit peu ou prou de celui de Jayson Tatum en 2024 (54,9 de TS%), de Kevin Garnett en 2008 (54,2 de TS%) ou de Michael Jordan en 1998 (54,5 de TS%).

Il faut ainsi attendre 1954 (George Mikan, encore lui !) et la 8ème saison de la Grande Ligue pour que le meilleur joueur du champion NBA atteigne la barre des 54,23% de true shooting, qui constitue aujourd’hui la moyenne. La seconde fois ? Wilt Chamberlain en 1967. Soit 2 occurrences au sein des 21 premières années de la Grande Ligue (9,52 % du temps). En guise de comparaison, sachez que sur les 21 dernières années, cette efficacité est dépassée à 17 reprises (81 % du temps). L’inexistence du tir à trois-points avant la fin des seventies explique en partie ce constat, car ce génotype de tir est valorisé au sein du calcul de la statistique.

En 1947, Joe Fulks mène les Warriors à la victoire finale et inscrit 22,2 points de moyenne. Pour atteindre ce total, il a eu besoin de 25,7 tirs à deux points et 9,4 lancers-francs. Tim Duncan, en 2007, a lui aussi inscrit 22,2 points par match lors de la quatrième campagne victorieuse des Spurs. Le hasard fait qu’il n’a pas pris le moindre tir à trois points de l’ensemble des playoffs. Il lui a donc fallu 16,7 tirs à deux points et 7,5 lancers-francs pour y parvenir, soit un TS% de 55,6%. Pour Joe Fulks ?

Pour faire écho à nos explications ci-dessus, l’on constate que le TS% connaît une hausse sensible à partie de 1980. Ce n’est pas un hasard : le premier panier à trois-points a été inscrit en NBA le 12 octobre 1979. L’introduction de la ligne primée a ainsi accru le chiffre. Néanmoins, nous le savons, le tir lointain n’était longtemps guère popularisé. Force est néanmoins de constater que depuis 1980, seul le Isiah Thomas de 1989 affiche un TS% inférieur à 50. Cela représente donc un cas sur 45 saisons, soit 2,22 % du temps. On retrouve 15 occurrences d’un tel TS% avant 1980, en 33 saisons, soit 45,5 % des campagnes de playoffs.

Avant 1980 et le sacre des Lakers de baby Magic, il fallait se lever tôt pour trouver un true shooting supérieur à 60. Et pour cause, ce n’est jamais arrivé. Depuis lors ? Effectivement, si une telle efficacité se constate dans les eighties (Abdul-Jabbar 1980, Magic 1982, 1987, 1988, Bird 1984, 1986), l’explosion des analytics et du tir primé a entraîné un accroissement inédit du TS% depuis une grosse dizaine d’années. Avec Stephen Curry, Nikola Jokic ou LeBron James comme moteur, la statistique s’est envolée vers des sommets jusqu’alors inexplorés : 65,9% pour le meneur des Warriors en 2017, 64,9% pour l’ailier des Lakers de la bulle, 63,1% pour le pivot des Nuggets en 2023 et même 61,9% pour le Kawhi Leonard version Raptors en 2019. Ainsi, hormis l’exception des années 1980 et de ses différentes superstars à l’efficacité remarquable, le TS% a augmenté chaque décennie depuis la naissance de la Grande Ligue, passant de 47,66% pour la première décennie de l’Histoire à 60,64% depuis 2020. Cette augmentation se constate encore aujourd’hui, puisqu’après 25 matchs de saison régulière, le true shooting percentage moyen, selon basketball-reference, est de 57,4%.

La tendance, en matière de rebonds, est inversée par rapport à celle des points. Pour rappel, nous avions démontré que le profil type du franchise player, depuis 1947, est un pivot. Fort logiquement, des rebonds ont été gobés. Attention toutefois ; si les statistiques liées au scoring sont comptabilisées depuis 1947, celles des rebonds ne datent « que » de 1951. En moyenne, le franchise player attrape quasiment 12 rebonds de moyenne sur l’ensemble de sa campagne de playoffs. 11,81 par match, pour être tout à fait exact. Des différences notables peuvent être mises au jour en fonction des décennies. Ainsi, au sein des fifties, le meilleur joueur du champion NBA prenait 15,6 rebonds par match. Ce total est pourtant plombé par la présence de Paul Arizin (1956, 8,4 rebonds par match) et Bob Cousy (1957, 6,1). Il est surtout augmenté, presque artificiellement, par Bill Russel, véritable aspirateur dès que la balle fuyait la ficelle du panier. Depuis lors ? Jamais plus, sur une décennie civile, la barre des 10 rebonds de moyenne n’a été atteinte. La moyenne se stabilise d’ailleurs, entre 7,66 au minimum (la décennie 2010) et 9,95 au maximum (la décennie 2000).

Pour bien comprendre à quel point Russel et Chamberlain ont biaisé ce total, tentons de les enlever de notre calcul. Si l’on supprime les 10 années au cours desquelles ils ont été franchise player des Celtics ou des 76ers, la moyenne retombe à 9,53 rebonds par match. En la matière, sans surprise véritable, c’est Russel qui possède - probablement à jamais - la meilleure moyenne de l’Histoire, avec ses 29,9 prises par soir en 1961. Le grand Bill monte également sur la troisième marche du podium avec sa saison 1958-59, au cours de laquelle il attrapait 27,7 balles par soir en playoffs. Sur la seconde marche, son rival de toujours, Wilt Chamberlain et ses 29,1 rebonds en 1967. Le chiffre le plus bas, à l’inverse, revient à Tony Parker et son mètre 88, qui a gobé 2 rebonds par match lors de la saison 2013-2014 du beautiful basketball des Spurs. Remarquons, sans jugement aucun, que ce chiffre est particulièrement faible même pour un meneur / arrière. Le second total le plus bas est détenu par Gus Williams, meneur des Supersonics de Seattle de 1979, avec 4,1 rebonds par match.

Pendant longtemps, le basketball a été quelque peu binaire. Le meneur était ainsi souvent l’unique joueur à remonter la balle et à distribuer le jeu. Certes, dès 1967, Chamberlain a terminé une saison régulière en tant que passeur le plus prolifique. La statistique de la passe décisive nous permet de mettre en lumière un élément intéressant. Si l’on veut bien passer sous silence l’existence de rares joueurs, aucun franchise player n’a été un véritable passeur. Il est ainsi surprenant de constater que les meneurs qui ont mené leur équipe sur le toit de la Ligue n’étaient pas forcément des passeurs. Ils sont le plus souvent scoreurs, puis, éventuellement, passeurs. Tout ceci contribue à expliquer pourquoi le rédacteur a été surpris de la moyenne globale de passe décisive pour un franchise player depuis 1947 : 5,16 par match. Car si de nombreux meneurs n’ont été que moyen dans l’exercice, rares ont été les joueurs - peu importe leur poste - qui ont avant tout fait jouer leurs copains. D’ailleurs, la barre des 8 passes décisives sur l’ensemble d’une campagne n’a été dépassée qu’en 13 occurrences, soit 16,67 % du temps. Plus troublant encore, 8 de ces 13 occurrences se trouvent être concentrées entre 1982 et 1990 ! En cette période, Magic Johnson (1982, 1985, 1987 et 1988), Isiah Thomas (1989, 1990) et Larry Bird (1986) affichent tous a minima 8 passes décisives de moyenne en playoffs.

La responsabilité, en la matière, revient avant tout à certains intérieurs, pour qui la passe était un concept apparemment abstrait. Connie Simmons, par exemple (Baltimore, 1948), en réalisait 1 par match. Bob Pettit de 1958 ? 1,8 par rencontre, sous la tunique des Hawks. Le chiffre ne varie que très peu quand on apprécie la campagne 1983 de Moses Malone avec les 76ers (1,5), celles de Shaquille O’Neal (notamment 2001, 2,8 passes décisives, avec les Lakers) ou de Dirk Nowitzki (2011, 2,5 passes décisives avec les Mavericks). Bien évidemment, les altruistes ont également existé de tout temps. Vous l’aurez compris, ils ont pourtant été rares. Bob Cousy semble avoir été le premier, avec 9,3 offrandes par soir en 1957, pour le premier titre de Boston. Wilt Chamberlain a fait tout aussi bien en 1967, avec 9 passes décisives par soir. Seuls deux joueurs ont d’ailleurs fait mieux depuis lors. En effet, Jerry West (1972, avec les Lakers) s’est arrêté à 8,9 passes de moyenne, contre 8,2 pour Larry Bird et le même total pour les deux saison d’Isiah Thomas au sommet. La seconde position est occupée par un autre pivot, titré en 2023 : Nikola Jokic et ses 9,5 passes décisives par match. La médaille d’or revient toutefois à un meneur, souvent considéré comme le meilleur passeur de l’Histoire : Magic Johnson. Titré à cinq reprises, le meneur des Lakers du showtime était avant tout passeur, pour trouver James Worthy ou Kareem Abdul-Jabbar. Il envoyait ainsi 12,2 caviars à ses coéquipiers lors des Playoffs 1987 et 12,6 l’année suivante. Il détient également un record absolu et loin d’être égalé, avec sa campagne de 1985, au cours de laquelle il a envoyé 289 passes décisives en 19 rencontres, soit 15,2 par soir !

L’interception est l’art de s’octroyer une possession qui aboutit souvent à une transition et à un panier facile. Historiquement, les meilleurs intercepteurs sont les extérieurs, qui peuvent plus facilement que les grands se trouver sur les lignes de passe adverse. Les statistiques confirment l’impression, puisque parmi les 25 joueurs qui ont réalisé le plus d’interception en Playoffs, on ne retrouve que 4 intérieurs : Robert Horry (13ème, et encore il a parfois joué ailier), Karl Malone (17ème), Hakeem Olajuwon (20ème) et Draymond Green (21ème). Cette tendance historique n’est pas démentie lorsque l’on ne s’intéresse qu’aux franchises player des équipes championnes. Ceux-ci réalisent en moyenne, depuis 1974, 1,49 interception par match. Une fois n’est pas coutume, nos stars actuelles ne relèvent pas cette moyenne, qui n’a plus été atteinte depuis 2016 et le sacre des Cavaliers. Comme si la charge offensive des franchises player, ces dernières années, les poussaient à délaisser quelque peu l’aspect défensif du basketball. Ce peut être une explication. Une autre source d’explication pourrait venir de l’espace que les défenses doivent aujourd’hui couvrir. Nous constatons d’ailleurs une légère baisse du nombre d’interception depuis le passage à l’an 2000. Sur les 25 dernières années, le meilleur joueur du champion NBA subtilise 1,2 ballon par match à l’adverse, contre 1,77 au siècle précédent. Il est d’ailleurs étonnant de remarquer que le premier franchise player qui a intercepté moins d’un ballon en moyenne est Tim Duncan, en 1999 (0,8 par match).

Shai Gilgeous-Alexander : Un Exemple Moderne

À l'heure où les meilleurs extérieurs du monde alternent entre tirs au cercle et bombes à 3 points, Shai Gilgeous-Alexander a conquis le titre de MVP 2024-2025 avec un jeu qui fleure bon les années 1990-2000. Scoreur « à l'ancienne » , meilleur marqueur de la ligue (32,7 points, plus 5 rebonds et 6,4 passes de moyenne), le Canadien est capable d'énormes coups de chaud (quatre matches à plus de 50 points), et impressionne par sa régularité : en 76 rencontres cette saison, il n'est passé qu'une seule fois sous les 20 unités, en début de saison face aux Spurs (18 points). Ensuite ? 72 rencontres au-dessus de cette barre, une performance jamais vue depuis Michael Jordan en 1991.

S'il présente une telle régularité au scoring, c'est parce qu'il est capable de marquer avec une efficacité invraisemblable. 52 % au tir, 89,8 % aux lancers francs, mais aussi 37,5 % à 3 points (sur un joli volume de 5,7 tentatives/match), domaine qui a longtemps été considéré comme son point faible. De quoi afficher une efficacité réelle au tir (TS %) de 63,7 %, un chiffre rare pour un arrière avec un tel volume de jeu. Parmi les 90 fois où un joueur a passé les 30 points sur une saison, l'exercice 2024-2025 de SGA rentre dans le top 10 à l'efficacité.

Côté stats brutes, l'exercice 2024-2025 de Gilgeous-Alexander a tout de la saison à la « Air Jordan » : plus de 30 points, 5 rebonds, 5 passes, 1 interception et 1 contre de moyenne, c'est rare, et le meneur du Thunder a rejoint un club très fermé composé de Michael Jordan (deux saisons), LeBron James (deux saisons), Dwyane Wade et Giannis Antetokounmpo. Si on pousse le curseur à au moins 32 points, il ne reste plus que Jordan et sa folle saison 1987-1988.

Il n'y a pas que les stats de « SGA » qui invitent au voyage temporel. à l'heure où les analytics ont fait du 3 points ou du tir au cercle les deux options les plus utilisées en attaque, le tir à mi-distance reste l'arme favorite du Canadien. Gilgeous-Alexander tire 21 % du temps à mi-distance (contre seulement 10 % pour le reste de la ligue), et avec une efficacité nettement supérieure aux autres (55 % de TS % contre 46 %).

En NBA, personne ne drive plus que lui (20,6/match) et difficile de l'arrêter une fois qu'il est lancé vers le cercle. Avec ce jeu qui rappelle davantage Michael Jordan ou Kobe Bryant que les arrières modernes, le meneur d'OKC affiche un incroyable taux de 76 % de paniers « non assistés » (inscrits sans bénéficier de passes décisives).

Cette saison, Shai Gilgeous-Alexander a obtenu 9,3 lancers francs/75 possessions (le nombre de possessions jouées en moyenne chaque match par les meilleurs joueurs). Un chiffre impressionnant, le deuxième plus grand cette saison derrière Giannis Antetokounmpo (11,2), mais « seulement » le 150e de l'histoire. Antetokounmpo détient le record avec 13,7 lancers/75 possessions en 2022-2023. En haut du classement, on retrouve de nombreux intérieurs (Joel Embiid, Shaquille O'Neal, Dwight Howard, David Robinson). Le premier extérieur du classement est James Harden, 17e avec ses 11,2 lancers/75 possessions en 2019-2020. Michael Jordan est 21e, (11,1 lancers/75 possessions en 1986-1987). Gilgeous-Alexander avait fait plus en 2022-2023 avec 10,9 lancers, la 34e moyenne de l'histoire sur une saison (stats via basketballreference).

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