Les conditions de passage de la Ligue 2 à la Ligue 1 : Une analyse approfondie

Le football français est en constante évolution, avec des réformes régulières visant à améliorer la compétitivité et l'attractivité de ses championnats. Parmi ces réformes, les conditions de passage de la Ligue 2 à la Ligue 1 occupent une place centrale, car elles déterminent la composition de l'élite du football français. Cet article se propose d'analyser en profondeur ces conditions, en tenant compte des changements récents et des enjeux qu'elles soulèvent.

Réforme des championnats : passage à 18 clubs

Une réforme majeure a été initiée en juin par un vote similaire pour la L1, amenée à passer de vingt à dix-huit clubs à l'issue de la saison 2022-2023. Comme la Ligue 1 pour cette saison 2023-2024, la Ligue 2 passera de 20 clubs à 18 la saison prochaine. En conséquence, "le changement de format en Ligue 2 sera opéré par 4 descentes et 2 montées entre la Ligue 2 et le National à l'issue de la saison 2023-2024". Le suspense ne pesait pas bien lourd depuis le feu vert accordé à une large majorité par le collège des clubs de deuxième division, mi-novembre. Vincent Labrune, le président de la LFP, a préféré insister jeudi sur le choix de "poursuivre la dynamique vertueuse et ambitieuse pour le football professionnel français", vantant "l'union et la volonté de tous les clubs de créer les conditions d'un plan de réforme ambitieux qui passera par la création d'une société commerciale", susceptible d'attirer des fonds d'investissements.

En resserrant la L2, les survivants espèrent obtenir chacun une part plus conséquente des droits TV. La réforme fera des malheureux parmi les équipes reléguées dans les échelons inférieurs, même si les anciens pensionnaires de L2 "pourraient conserver leur statut professionnel en National au-delà des deux saisons", sous certaines conditions, a précisé la Ligue.

Modalités d'accession et de relégation

Les deux premiers de Ligue 2 monteront directement en Ligue 1 à l'issue de la saison, tandis que des "play-offs" seront organisés pour établir qui aura l'opportunité de disputer un barrage aller-retour contre le 16e de Ligue 1. Ainsi, le cinquième de Ligue 2 se déplacera chez le quatrième le 21 mai. Le vainqueur de cette rencontre se rendra ensuite chez le troisième le 24 mai.

En bas du classement, quatre équipes au total seront rétrogradées. En National 1, où seuls les deux premiers seront promus, le Red Star a assuré sa montée en deuxième division.

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Les play-offs et les barrages

À l’issue de la dernière journée de championnat, les Play-offs se disputent entre les clubs ayant terminé respectivement 3e, 4e et 5e du championnat. Dans un premier temps, l'EA Guingamp, 5e, s'est déplacée à Dunkerque, 4e (match unique - Play-offs 1). Puis le vainqueur de cette confrontation, en l’occurrence l'USL Dunkerque (1-0), s'est rendu sur la pelouse du FC Metz, 3e (match unique - Play-offs 2). Grâce à leur victoire dans cette dernière confrontation (1-0), les Messins ont disputé et remporté les Barrages pour l’accession en Ligue 1 McDonald’s face au 16e de l'élite, le Stade de Reims (1-1, 1-3 a.p.).

Le règlement en cas d’égalité lors d’un match de Play-offs : Lors d’un match unique de Play-offs, si à l’issue du temps règlementaire les équipes n’ont pu se départager, des tirs au but du point de réparation déterminent quelle équipe l’emporte.

Concernant les Barrages d’accession à la Ligue 1 McDonald’s, ils se disputent selon un format de match aller-retour, opposant le 16e de la saison de Ligue 1 McDonald’s, le Stade de Reims, au vainqueur des Play-offs de Ligue 2 BKT, le FC Metz. Le match aller aura lieu sur le terrain des Messins et le retour sur celui des Rémois. Le vainqueur de cette confrontation évoluera en Ligue 1 McDonald’s la saison suivante tandis que le vaincu évoluera en Ligue 2 BKT.

Le règlement en cas d’égalité en Barrages :

  1. Si à l’issue du match retour les deux équipes ont marqué le même nombre de buts sur l’ensemble des deux matchs, le match retour est prolongé de deux périodes de 15 minutes chacune. L’équipe gagnante sera alors celle qui marquera le plus grand nombre de buts au cours de celles-ci.
  2. Si les deux équipes marquent le même nombre de buts pendant la prolongation ou si aucun but n’est marqué pendant la prolongation, des tirs au but du point de réparation déterminent quelle équipe l’emporte.

Concernant les Barrages d’accession à la Ligue 2 BKT, ils vont, eux, faire leur grand retour cette saison en suivant le même règlement que les Barrages d’accession à la Ligue 1 McDonald’s. À l’issue de la dernière journée de championnat, un match (sous format aller-retour) sera disputé entre le Clermont Foot et le 3e de National, l'US Boulogne CO.

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Le calendrier

Les calendriers 2021-2022 des championnats de Ligue 1 et Ligue 2 sont dévoilés, ce vendredi 25 juin. C’est la Ligue de football professionnel (LFP) qui est aux manettes. Les calendriers des championnats de football de Ligue 1 et Ligue 2 seront dévoilés ce vendredi 25 juin à 12 h par la Ligue de football professionnel (LFP). Entre les demandes des équipes, les matches de Coupes d’Europe ou encore les diffuseurs, les calendriers sont généralement un casse-tête administratif pour les dirigeants du foot français. C’est la première étape, dit-on à la Ligue de football professionnel. Ces vœux s’effectuent à l’intersaison, et sont donc envoyés à la LFP. Parfois, les clubs sont aussi engagés dans des réfections de leur pelouse, et souhaitent donc gagner du temps et démarrer leur championnat à l’extérieur. Des demandes rares, à l’image de l’année dernière où les travaux avaient été entrepris pendant la période de confinement. Pour la saison à venir, six clubs seront potentiellement qualifiés en Coupe d’Europe (Ligue des champions, Ligue Europa et Ligue Europa Conférence). Exemple, si un club de C3 évolue le jeudi soir, il ne pourra jouer que le dimanche en L1. La LFP essaie d’équilibrer les programmes des matchs en semaine, par exemple. Elle ne va pas en mettre cinq à l’extérieur à une équipe, mais tenter de répartir en trois réceptions, deux déplacements, ou l’inverse. Équilibrer un calendrier, c’est aussi faire attention à ne pas donner plus de deux matchs de suite à domicile ou à l’extérieur à un club. Car rappelons-le : depuis 2014-2015, le calendrier est asymétrique en Ligue 1 (pas en Ligue 2). Le premier adversaire d’une équipe n’est plus forcément le dernier. Cela permet davantage de « souplesse et moins de contraintes », fait-on savoir à la Ligue. C’est ce que l’on appelle le Top 10​, référence aux dix plus belles affiches que peuvent choisir les diffuseurs. La Ligue de football professionnel (LFP) établit les calendriers des championnats français. Une fois tous les paramètres évoqués ci-dessus positionnés, le calendrier est établi via un logiciel informatique. Plusieurs simulations sont faites, et la LFP retient le meilleur calendrier possible. Le calendrier officiel est ensuite adopté en conseil d’administration.

Critères de départage

Du changement pour la Ligue 1 et la Ligue 2 avant le début de la campagne 2025-26. Cela concerne les critères utilisés afin de départager deux équipes à égalité de points au classement. «À la suite de la suppression par l’UEFA et la LFP (en Barrages) de la règle de l’avantage donné aux buts marqués à l’extérieur en cas d’égalité dans une confrontation directe, une réflexion a été menée pour revoir les critères de départage au classement en cas d’égalité de points entre clubs», explique-t-on dans le communiqué de la LFP.

Implications et enjeux de la réforme

La réforme des championnats français, et plus particulièrement les conditions de passage de la Ligue 2 à la Ligue 1, soulève plusieurs enjeux importants.

Impact sur les clubs

Le resserrement de la Ligue 2 à 18 clubs aura un impact significatif sur les clubs concernés. D'une part, les clubs qui se maintiennent en Ligue 2 espèrent bénéficier d'une part plus importante des droits TV, ce qui pourrait renforcer leur situation financière et leur permettre d'investir davantage dans leur développement. D'autre part, les clubs relégués en National devront faire face à une baisse de leurs revenus et à une perte de visibilité, ce qui pourrait compromettre leur avenir. La Ligue a toutefois précisé que les anciens pensionnaires de L2 "pourraient conserver leur statut professionnel en National au-delà des deux saisons", sous certaines conditions.

Conséquences pour les joueurs et les entraîneurs

Le resserrement de l'élite inquiète en outre les joueurs et les entraîneurs qui craignent de trouver moins de débouchés. "C'est bête pour les clubs et bête pour les joueurs. Quatre équipes en moins entre L1 et L2, c'est moins de possibilités d'évoluer au niveau professionnel. Pour des joueurs comme moi passés par le National, ce sera encore plus dur", expliquait la semaine dernière Victor Lobry, milieu offensif de Pau.

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L'UNFP, principal syndicat des footballeurs professionnels en France, a en outre pointé le contraste entre un calendrier de L2 allégé, et celui des joueurs de l'élite surchargé.

Déséquilibre entre les championnats

La réforme pourrait également entraîner un déséquilibre entre la Ligue 1 et la Ligue 2, avec une concentration accrue des talents et des ressources dans l'élite, au détriment du deuxième échelon. Il sera donc essentiel de veiller à ce que la Ligue 2 conserve son attractivité et son rôle de tremplin pour les jeunes joueurs et les clubs ambitieux.

Situation de l'Olympique Lyonnais

La situation de l'Olympique Lyonnais (OL) mérite une attention particulière dans le contexte des conditions de passage entre la Ligue 1 et la Ligue 2. En effet, le club rhodanien est confronté à des difficultés financières qui pourraient potentiellement entraîner une relégation administrative.

Menace de relégation administrative

L'air de rien, le président de l'Olympique Lyonnais a donc révélé le montant qui serait demandé à son club pour échapper à la menace de la relégation administrative qui plane depuis novembre. À charge de le croire, tout de même. Et c'est là le principal problème : la situation du club rhodanien est particulièrement floue, son avenir encore plus. D'autant plus que l'OL a sérieusement hypothéqué ses chances d'obtenir la rentrée d'argent liée à une qualification en Ligue des Champions qui leur aurait rapporté… une cinquantaine de millions d'euros. Les Lyonnais sont à trois points de la quatrième place qui les qualifierait en barrage de C1, avec seulement un match à jouer.

Pire encore, la question pourrait ne même pas se poser. L'UEFA, l'instance organisatrice des coupes d'Europe, serait rentrée en contact avec le club pour négocier un "accord" sanctionnant sa mauvaise situation financière selon L'Equipe. Les Gones auraient alors le choix de signer ou non cette proposition qui devrait consister en une série de sanctions allant de l'amende à l'interdiction de recrutement. Si John Textor refuse de s'y plier, l'OL serait alors certainement exclu des compétitions européennes pour la saison prochaine. Ce qui pourrait, finalement, être un choix tentant économiquement pour le club tant on promet une lourde sévérité de l'UEFA.

Conséquences d'une exclusion européenne

Dans ce cas de figure, avec un Lyon entre la 4e et la 6e place et donc qualifié sportivement pour une compétition européenne, ce serait le club qui le suivrait au classement qui bénéficierait de son exclusion. C'est l'article 4 alinéa 10 des règlements des trois coupes d'Europe qui dispose ainsi : "Tout club qui n’est pas admis dans la compétition est remplacé par le club le mieux placé qui le suit dans le classement de la division supérieure du championnat national." Ce serait donc le 7e de Ligue 1 qui serait qualifié pour les barrages de Ligue Europa Conference, voire le 8e si le Paris Saint-Germain remporte la finale de la Coupe de France face à Reims. Brest (8e, 50 pts) et Lens (9e, 49 pts) joueront donc une potentielle qualification en Coupe d'Europe lors de la dernière journée de Ligue 1 ce week-end.

Repêchage en cas de relégation administrative

Et si l'avenir de l'Olympique Lyonnais s'assombrissait encore, et qu'à une exclusion des coupes d'Europe s'ajoutait une relégation administrative prononcée par la DNCG, son malheur ferait le bonheur des barragistes. En effet, comme l'indique l'article 520 du règlement des compétitions de la Ligue de Football Professionnel (LFP) concernant le repêchage, ce ne serait pas le 17e et premier relégué de Ligue 1 qui serait sauvé. La place laissée vacante par les Gones reviendrait au perdant du barrage d'accession à la Ligue 1, qui oppose le 16e de première division au vainqueur des barrages de Ligue 2 entre le 3e, 4e, et 5e.

Ce ne serait qu'à condition que ce club repêché lui-même se fasse retoquer à l'examen de ses comptes par la DNCG, que le 17e de Ligue 1 pourrait être sauvé administrativement. Heureusement pour l'intérêt du barrage, celui-ci se jouera les 22 et 25 mai prochains. Mais son résultat pourrait bien être finalement anecdotique.

Mouvements entre les divisions inférieures

Les mouvements entre la Ligue 2, le National et les divisions inférieures sont également impactés par la réforme des championnats.

Ligue 2/National

Troyes est de toute façon mathématiquement relégué, quel que soit le résultat de cette rencontre. Une catastrophe pour les Aubois, déjà descendus de Ligue 1 il y a un an à peine. Ils seront accompagnés par Quevilly-Rouen, Concarneau et Valenciennes.

En National, le Red Star d'un Habib Beye sur le départ retrouve la Ligue 2, tout comme Martigues. 22 ans après sa dernière apparition en Deuxième Division, en 2001-2002, le club provençal, qui avait fréquenté la D1 dans les années 1990, ne devance les Chamois niortais que d'un petit point, grâce à une victoire face à Nîmes en clôture (1-0).

National/National 2

Avec le passage de la Ligue 2 à 18 clubs, le National va recevoir 4 clubs relégués en provenance de l'échelon supérieur. Pour rester lui aussi à 18, il doit donc faire descendre 6 équipes en National 2. Il s'agit de Villefranche Beaujolais, GOAL FC, Avranches, Marignane, Épinal et Cholet.

En N2, le Paris 13 Atletico, qui devance La Roche-sur-Yon aux confrontations directes, a validé sa remontée directe, un an après sa descente, en s'imposant à Angoulême ce week-end (2-1). Il rejoint Aubagne, Boulogne-sur-Mer et Bourg-Péronnas, tous vainqueurs d'une des quatre poules du Championnat. Cependant, le dernier nommé, en grande difficulté financière, a de fortes chances de ne pas passer l'examen de la DNCG et de rester à quai. Selon Le Progrès, le club bressan se trouve aujourd'hui au bord du dépôt de bilan, et aurait « un pied dans la tombe » selon son président, Gilles Garnier. Si cette éventualité se vérifiait, le club repartirait au niveau actuel de sa réserve, en Régional 1, et Villefranche Beaujolais aurait des chances d'être repêché. De son côté, Aubagne va fusionner avec deux autres clubs de l'est des Bouches-du-Rhône, le SC Air Bel et l'ES Pennoise. Le nouveau club, qui portera le nom de Sporting Aubagne Air Bel Huveaune, aura pour objectif d'offrir un chemin vers le haut niveau à l'important vivier de jeunes existant dans les trois structures. La fusion devrait être effective d'ici un mois.

National 2/National 3

En National 2, chacune des 4 poules de 14 équipes connaît 5 descentes, dans le cadre d'une autre réforme qui fait passer la quatrième division de 4 à 3 poules. Le plus mauvais 9e est aussi relégué, pour un total de 21 descentes. 11 clubs montent depuis la N3, et en y ajoutant les 4 montées pour 6 descentes en National, il y aura au total 48 équipes en N2 l'année prochaine, contre 56 cette année. Elles seront réparties en 3 poules de 16 équipes.

Les équipes suivantes évolueront en N3 la saison prochaine : Alès (Gard), Thonon-Évian (Haute-Savoie), Chamalières (Puy-de-Dôme), Bourgoin-Jallieu (Isère), Toulouse FC B, Saumur (Maine-et-Loire), Romorantin (Loir-et-Cher), Avoine-Chinon (Indre-et-Loire), Trélissac (Dordogne), Angers SCO B, Racing CFF (Hauts-de-Seine), FC Lorient B, Borgo (Haute-Corse), Vire (Calvados), EA Guingamp B, Colmar (Haut-Rhin), AJ Auxerre B, Mâcon (Saône-et-Loire), Besançon (Doubs), Saint-Quentin (Aisne) et Haguenau (Bas-Rhin).

La Nationale 3 comportant 11 poules, seul le premier est promu en National 2. C'est le cas des équipes suivantes : Istres (Bouches-du-Rhône), Anglet (Pyrénées-Atlantiques), Poitiers (Vienne), Le Poiré-sur-Vie (Vendée), Locminé (Morbihan), Villers-Houlgate (Calvados) et ses six montées de rang, Chantilly (Oise), Balagne (Haute-Corse), Thionville (Moselle), Rumilly-Vallières (Haute-Savoie), Saint-Priest (Rhône).

Il est intéressant de noter qu'avec les descentes des réserves de Toulouse, Auxerre, Lorient, Guingamp et Angers, aucune équipe B d'un club professionnel n'évoluera en N2 la saison prochaine. Plusieurs équipes réserves évoluant en N3 ont également été reléguées en Régional 1, ce qui alimentera sûrement la réflexion sur la potentielle création d'un Championnat spécifiquement dédié aux réserves professionnelles.

Réforme complexe pour les Championnats amateurs

En plus de la réduction de quatre à trois poules en National 2 explicitée plus haut, le National 3 va aussi changer de visage d'ici à 2025-2026. Dans un mouvement global voulu par la FFF qui diminuera les effectifs des Championnats de niveau national de 76 clubs au total, le nombre de poules de N3 va diminuer. Il n'y aura plus que dix groupes la saison prochaine, contre onze cette année, et il n'en restera que huit en 2025-2026.

Tous ces mouvements seront effectifs après passage des clubs devant la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG).

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