Mondial de Handball 2001 à Bercy : Un Moment Historique

Le Mondial de Handball 2001, organisé en France, a marqué un tournant décisif dans l'histoire du handball français. Après un échec aux Jeux olympiques de Sydney, l'équipe de France, sous la direction de Daniel Costantini, a relevé un défi de taille en sacralisant le Palais Omnisports de Paris-Bercy. Cet événement a non seulement galvanisé le public français, mais a également posé les jalons d'une ère de domination tricolore sur la scène internationale.

Un Début de Compétition Intense

Après un premier tour maîtrisé à Nantes, l’équipe de France a rallié Albertville. Si elle a facilement disposé du Portugal en huitièmes, elle a bien failli sombrer face à ses meilleurs voisins. L’Allemagne de Stefan Kretzschmar mène encore au score à une poignée de secondes du terme mais un sublime tir à la hanche de Jackson Richardson, l’icône mondiale, libère la France du handball qui triomphera le dimanche suivant dans un Bercy en fusion. C’est le début de la préparation du Mondial qui marquera à jamais Jack, le capitaine des Bleus.

La Cohésion d'Équipe : Un Facteur Clé

À Dunkerque, Daniel Costantini organise une réunion et sollicite ses joueurs sur une question cruciale. « Il m’invite à sortir afin que les joueurs se rassemblent entre eux pour décider si je reste capitaine, raconte pour la première fois Jackson. Pendant un quart d’heure je suis dehors et j’attends que le verdict tombe : je suis encore capitaine. Naturellement pour le Marseillais, il n’était pas question d’humilier la star mais bien de responsabiliser ses joueurs. Un coup de managérat brillant. Le Mondial s’achèvera sur une image émouvante : Jackson Richardson main dans la main avec Daniel Costantini en direction du podium doré. « C’était un geste spontané. Daniel était toujours resté à l’écart des podiums. Je savais que c’était sa dernière compétition et c’était normal qu’il soit enfin sur la photo. »

Une Finale Épique à Bercy

À Bercy, l’équipe de France peine à se défaire de l’Égypte qui a mis à terre la grande Russie en quarts de finale. Le match est âpre mais Jackson Richardson et ses coéquipiers ne ratent pas l’occasion de disputer une 3e finale mondiale, après celles de 1993 et 1995. Les conditions d’un dénouement sublime sont réunies face un adversaire de taille : la Suède championne du monde et d’Europe en titre. Stefan Lövgren (qui sera élu MVP) porte la marque à 22-21, à 18 secondes du terme de la finale. Bruno Martini relance sur Bertrand Gille : le meilleur pivot de la compétition transmet à Joël Abati qui lance Grégory Anquetil. L’ailier droit déborde Ljubomir Vranjes et bat de près Peter Gentzel. André Garcia qui commente avec Philippe Gardent pour France 2, en vient même à citer ses confrères de Pathé Sports : Stéphane Stoecklin est debout à l’instar des 13 500 spectateurs de Bercy-hand. Même au sommet de l’État, qui vit une période de cohabitation, Jacques Chirac et Lionel Jospin sont à l’unisson aux côtés d’André Amiel, bras levés et tout sourire. Les Bleus de Daniel Costantini, qui vit son ultime match à la tête de la sélection, remportent les prolongations, 6 à 3 (score final 28-25).

Bruno Martini : Un Héros Inattendu

Aujourd’hui manager général du Paris SG HB, Bruno Martini fut aussi le héros de la finale du Mondial 2001. Si le jeune Thierry Omeyer a gardé la cage tricolore pendant plus de 35 minutes (9 arrêts), c’est Bruno Martini (aussi 9 arrêts) qui bouclera la rencontre. « J’avais eu une discussion avec Daniel Costantini au début du Mondial car je ne comprenais pas sa façon de gérer les gardiens, raconte aujourd’hui le Provençal. Daniel m’explique alors qu’il ne fonctionne pas comme les Yougoslaves, qu’il préfère finir avec son meilleur gardien. Titi joue la 1ere mi- temps puis débute la 2e. Je rentre et Daniel me ressort rapidement. Puis se présente un penalty avec Lövgren. Je rentre et je l’arrête. C’est un moment important qui empêche les Suédois de prendre le large. Je savais où il allait tirer. Il tirait sans feinte, croisé en bas à droite du gardien. » À 18 secondes du terme, le gardien qui a déjà été sacré champion du monde en Islande, encaisse un but de ce diable de Lovgren. « Je savais qu’il restait peu de temps mais pas précisément. Je relance puis je vois Grégory, qui était très rapide sur quelques appuis. Il fixe Vranjes et part vers l’extérieur. Il faisait souvent cela. Je suis en suspens, pour moi il n’y a plus de bruit malgré les 15000 spectateurs. Ce but, il est allé se le chercher tout seul. Sur le moment, je ne l’apprécie pas à sa juste valeur. Je reste très concentré car ce n’est pas tout à fait fini. « Cette finale est unique parce que tous les ingrédients sont réunis et nous avons tous nos familles dans les tribunes de Bercy. Pendant les prolongations, le soutien du public et l’intensité dramatique ont décuplé les émotions. »

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Une Victoire Collective

Face à une équipe suédoise favorite, les Tricolores se détachent finalement pour remporter le 2e titre mondial. « Factuellement, nous étions moins forts mais nous avons toujours été solides dans les moments importants. Nous étions la meilleure équipe pendant cette quinzaine. » Et l’ancien gardien de se souvenir des paroles de Daniel Costantini à l’amorce du 1er tour à Nantes. « C’est ma dernière compétition. J’arrête après alors ne me considérez pas comme un obstacle mais comme un soutien. Il y avait eu des remous pendant les JO et il a mis tout le monde devant leurs responsabilités. Il a cadré l’histoire du capitanat et il a pacifié le groupe.

L'Héritage de 2001 : Une Nouvelle Ère pour le Handball Français

Le Mondial 2001 a été bien plus qu'une simple victoire sportive. Il a marqué le début d'une ère de domination pour le handball français, avec une équipe soudée, un public passionné et un héritage durable. Les "Costauds" de Costantini ont ouvert la voie à une nouvelle génération de joueurs talentueux, qui ont continué à porter haut les couleurs de la France sur la scène internationale.

Bercy : Un Lieu Emblématique du Handball Français

La finale à Bercy avait un délicieux parfum vintage, seize ans après un autre titre mondial remporté dans la même enceinte. Entre-temps, le naming est passé par là et les fameux sièges rouges du « POPB » sont devenus noirs. Cependant, niveau ambiance, c'est bien - à nos yeux - le quart de finale des tricolores le 24 janvier contre la Suède (33-30) dans l'enceinte du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d'Ascq qui restera dans les esprits. La course-poursuite permanente avec les jaunes Scandinaves, seul moment de grande incertitude du tournoi pour les Bleus finalement, y a fait beaucoup. Il fallait alors entendre ces 28 000 supporteurs retenir leur souffle puis exulter quand les Bleus ont fini par prendre une maigre mais définitive avance.

Bercy, rebaptisé AccorHotels Arena, reste un lieu emblématique du handball français. L'enceinte a subi des transformations, avec le remplacement des sièges rouges par des sièges gris et une capacité portée à 20 500 places en configuration spectacle. En configuration handball, elle attend 15 500 spectateurs ce mercredi 11 janvier au soir pour le match d’ouverture et accueillera une vingtaine de matchs sur les 84 de la compétition dont les demi-finales et la finale seront retransmises par TF1 si la France est qualifiée.

Les Anciens Présents pour Soutenir la Nouvelle Génération

Les anciens sont là, au premier rang, idéalement placés pour ne rien manquer. Denis Lathoud, Patrick Cazal, Thierry Perreux, Philippe Gardent ont écrit les premières pages du handball tricolore. Ce match d'ouverture, il n'était pas question de le manquer. « Lorsqu'une équipe de France se donne autant pour dominer son sport, tu te dois d'être là pour un premier match à la maison, estime Patrick Cazal, champion du monde en 1995 et 2001. C'est énorme de revenir ici, seize ans après. »

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« Nous aussi, on a joué ici à Bercy, à l'époque c'était le tournoi de Paris. En 1988, déjà, c'était plein, mais ça n'avait rien à voir, se marre Denis Lathoud. » « La salle, je l'ai à peine reconnue », poursuit Philippe Gardent. Boule, le facétieux capitaine des années Barjots, a le coeur qui chavire. « L'équipe de France qui rentre sur le terrain, la Marseillaise, ça fait forcément quelque chose. C'est tellement énorme un Mondial à la maison. Pour les joueurs, c'est à la fois magique et suffocant, la pression est importante car ils ont une lourde responsabilité. »

Le Mondial 2017 : Une Nouvelle Étoile pour le Handball Français

Implacables. Ils étaient favoris de ce Mondial à domicile. Mais une telle domination sur l'adversité a quelque chose de troublant. Les handballeurs français ont décroché dimanche devant 15 600 supporteurs à Bercy un sixième titre planétaire en se débarrassant de la Norvège sur le score sans appel de 33-26. Neuf succès en neuf matchs dans le tournoi. Sans jamais trembler, au bout d'un marathon de dix-huit jours de compétition. « On avait tellement de pression, on était tellement attendus, a confessé après coup Nikola Karabatic. Mais c'est pour ça qu'on fait du sport. » En finale, les Bleus ont « tué » leurs adversaires en cinq minutes. D'abord en prenant les commandes à quelques secondes de la mi-temps, après un but de Valentin Porte. C'était la première fois qu'ils menaient dans la partie (18-17) après une première période difficile, que l'entraîneur tricolore Didier Dinart a mise sur le compte d'une surcharge émotionnelle liée au contexte : « Ce niveau d'émotion explique qu'on a d'abord eu du mal. Un joueur comme [Ludovic] Fabregas s'est un peu laissé emporter. » C’est au retour des vestiaires que les Bleus ont tout arraché, dans le sillage d’un Michaël Guigou virtuose, efficace au shoot et seul dans son univers au moment de distribuer les caviars à ses partenaires. Vers la fin, alors que l’on ne jouait quasiment plus, l’ailier s’est laissé aller à haranguer le public en plein match depuis un coin du parquet.

Il y a seize ans, ce même Guigou était dans les tribunes de Bercy pour soutenir les Bleus de Daniel Costantini. Deux de ses partenaires (Thierry Omeyer et Daniel Narcisse) étaient sur le terrain, d'autres avaient tout juste cinq ans (Ludovic Fabregas, Nedim Remili, Dika Mem). Depuis 2001, l'armoire à trophées du handball français s'est largement garnie. Mais l'appétit est toujours là. « On dit qu'on a six titres mondiaux, souriait le gaucher Adrien Dipanda, 28 ans. Mais nous, avec Nedim [Remili], on en avait zéro. Et là, ça fait un ! » A quelques pas de là, Vincent Gérard saluait ses partenaires : « Il y a seize héros, pas un ou deux. On s'entraîne depuis le lendemain de Noël, on a énormément travaillé pour faire ce que vous avez vu. » Une antienne connue : le groupe vit bien, tout le monde est concerné. Dans leur cas, c'est aussi la réalité. L'arrivée d'un nouveau duo d'entraîneurs, Didier Dinart et Guillaume Gille, après la longue mandature de Claude Onesta (2001-2016) et la défaite en finale olympique, a redistribué les cartes. Le jeu s'est ouvert. Les temps passés sur le parquet sont beaucoup mieux répartis. Les jeunes en profitent. Cette équipe a de quoi déprimer la concurrence encore quelques années.

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