L'année 1998 reste gravée dans la mémoire des supporters du FC Metz. Vice-champions de France, les Grenats abordent la saison 1998-1999 avec l'excitation de découvrir la prestigieuse Ligue des Champions. Cet article retrace le parcours européen du club lorrain, marqué par des moments de joie, de suspense et finalement, de déception.
L'Épopée de 1998 : Un Championnat Presque Parfait
Tout le monde connaît l’histoire. Mai 1998. Ce fameux but de Lachor à la 53e minute qui envoie les Lensois sur le toit de la Ligue 1 et qui condamne les Messins à une deuxième place difficile à accepter. Samedi 9 mai 1998. Le RC Lens se déplace à Auxerre pour l’ultime journée du championnat de France de Ligue 1. Un match nul propulserait les Sang et Or au sommet de l’échelon hexagonal. A la 14e minute de jeu, Sabri Lamouchi ouvre le score pour les Auxerrois. Au même moment, le FC Metz est virtuellement champion puisque menant au score face à l’Olympique Lyonnais grâce à un but de Bruno Rodriguez. 53e minute à Auxerre, le tournant du match. Sur une action manquée de Yoann Lachor, la contre-attaque éclair menée par Yann Lachuer aboutit à Bernard Diomède qui transperse la défense nordiste et crucifie d’une belle frappe du pied gauche Guillaume Warmuz. Metz consolide sa victoire aux dépens des Lyonnais. Le stade Saint-Symphorien est en fusion et fête leurs champions, avec en tête son capitaine Sylvain Kastendeuch.
Un Mercato Estival Ambitieux
La Coupe du Monde vient de prendre fin, la France est sacrée pour la première fois de l’Histoire et le FC Metz profite de cette compétition pour faire ses emplettes. Le troisième meilleur buteur du Mondial, le Mexicain Luis Hernandez rejoint les Grenats, accompagné par le Belge Emile Mpenza et le Croate Robert Prosinecki. Côté départs, le club se sépare de Geoffray Toyes (Sochaux), Jonathan Jager (Mouscron), Amara Traoré (Le Havre) et de Vladan Lukic (Valladolid). Très courtisé, notamment par Marseille et Paris, Robert Pirès décide de faire une dernière saison à Metz. « Je veux goûter à la Ligue des Champions à Metz.
Ligue des Champions : Une Phase de Groupes en Demi-Teinte
Metz débute parfaitement sa campagne en C1 avec une victoire 1-0 face aux Grecs du Pana sur un but de Louis Saha en fin de match. Le déplacement à Kiev tourne au vinaigre et les hommes de Jöel Muller concèdent un sévère 3-1 en Ukraine avec un but de Pirès en début de seconde période. La suite se passer mieux, un nul intéressant à Highbury face à Arsenal (0-0) puis une victoire 2-1 face aux Londoniens avec des buts de Boffin et Rodriguez contre un but de Ray Parlour. Deux nuls pour finir à Athènes (1-1, but de Song) et face à Kiev (2-2, doublé de Pirès).
Championnat : Une Saison en deçà des Attentes
Comme en C1, le FC Metz tient son rang et occupe à la trêve une belle 4e place derrière Bordeaux, Lyon et Monaco mais devant Marseille et le Paris SG. Au mercato hivernal, Metz ne pourra retenir Robert Pirès qui part pour 50 MF pour Arsenal et non Marseille comme pressenti, Cyril Serredszum part trouver plus de temps de jeu à Strasbourg et Danny Boffin retourne en Belgique au Standard de Liège. Finissant à une belle 5e place en fin de saison avec une demi-finale de coupe de France perdue à Saint-Etienne, le FC Metz conclut l’année en beauté avec le titre de meilleur buteur pour Louis Saha (21 buts). Joël Muller, plébiscité par la presse spécialisée, est en contact avec Schalke 04 et le Paris SG. Il résistera aux sirènes de l’étranger et prolongera son contrat à Metz.
Lire aussi: Le FC Metz en Ligue 2
Le Rêve Brisé : L'Élimination Préliminaire de 1999
Accrochés hier soir par les Finlandais, les Lorrains ne joueront pas la Ligue des champions. Maigre consolation pour les vice-champions de France : ils disputeront la coupe de l´UEFA. FC METZ - HJK HELSINKI : 1-1 (0-0). Spectateurs : 10 000. Arbitre : M. Young (Ecosse). Buts. Metz : Meyrieu (79e sur pen.). Helsinki : Vasara (69e). Avertissements. Metz : Meyrieu (79e). Helsinki : Lehkosuo (7e), Wiss (38e), Piracaia (64e), Riihilahti (77e). Expulsion. Metz : Asuar (77e). Helsinki : Turpeinen (80e). Metz : Letizi - Pierre, Strasser, Kastendeuch, Régis (Asuar, 69e) - Boffin, Proment, Meyrieu, Rizzetto - Saha, Lukic. Helsinki : Koivistoinen - Ilola, Saastamoinen, Nylund, Turpeinen - Kugi (Tihinen, 93e), Wiss, Riihilahti, Lehkosuo - Kottila (Kanerva, 75e), Piracaia (Vasara, 67e).
METZ ne goûtera sûrement jamais la Ligue des champions. Pour le vice-champion de France, l´aventure s´est en effet terminée avant même d´avoir commencé. Tenus en échec hier soir sur leur pelouse par les solides gaillards du HJK Helsinki, déjà vainqueurs 1-0 à l´aller, les Messins restent à la porte de la plus prestigieuse des compétitions. Le 15 septembre, ils auront quand même le droit de se présenter au départ des 32es de finale de la coupe de l´UEFA.
Pour n´avoir pas su, ou pas voulu, remplacer des éléments comme Pires, Blanchard et Song, partis à l´étranger, le FC Metz s´est mis à la faute. La belle histoire née d´une insolente réussite au printemps dernier ressemble aujourd´hui à un grand fiasco.
L´affaire se présente mal pour des Messins pas vraiment transcendés. Une frappe croisée de Rizzetto réveille Koiistoinen (27e). Le ballon est hors cadre mais, pour une fois, le gardien finlandais a senti la menace. Il était temps. Contrairement à Letizi, celui-ci n´a pas encore effectué le moindre arrêt. Consternant. Et ce n´est pas un cafouillage dans la surface (34e) ni un tir lobé manqué de Rizzetto (40e) qui lui permettent de se chauffer les mains. A la mi-temps, le vice-champion de France n´a toujours pas trouvé le début d´une solution et regagne les vestiaires sous les sifflets de son public.
Pour Müller et les siens, la seconde période doit être celle du renouveau. On y croit lorsque Lukic reprend de volée un centre de Pierre côté droit. Dans le petit filet (46e). Et encore un peu plus après un déboulé de Saha conclu par un tir du gauche que Lukic vient lécher du bout de la semelle (54e). Un zest de lucidité, un poil de réussite aussi suffiraient alors aux Messins pour trouver le chemin du bonheur.
Lire aussi: Plongez dans l'histoire de l'ES Metz
Début de bagarre générale Mais le doute n´a pas quitté les coéquipiers de Kastendeuch. Il est là qui les empêche de se libérer. Sur le banc de touche, Joël Müller n´en peut plus. Debout, il mouline des bras, intime l´ordre à ses joueurs d´aller de l´avant. Ils le font, avec les moyens du moment, c´est-à-dire sans imagination. Et Helsinki laisse passer l´orage, vaillant, rarement paniqué, réaliste aussi. Sur une longue remise en touche, et après deux rebonds pendant lesquels on se demande ce que fabrique la défense messine, Vasara trompe Létizi de la tête (69e). Coup de froid sur Saint-Symphorien.
Metz perd les pédales, à l´image d´Asuar, expulsé neuf minutes seulement après son entrée en jeu, ou de Meyrieu qui provoque un début de bagarre générale après avoir lui-même égalisé sur penalty (79e). Mais, pour la révolte, il est beaucoup trop tard. Le rêve de la Ligue des champions s´est envolé. STADE SAINT-SYMPHORIEN, METZ, HIER SOIR. A l´image de l´attaquant Louis Saha, pris en tenailles entre deux défenseurs finlandais, les Messins n´ont pas réussi à se qualifier pour la Ligue des Champions.
Rétrospective : L'Âge d'Or et les Ambitions Futures
Pour conclure sur cette série d’épisodes estivaux, quelle eût-été meilleure fin que la plus belle saison qu’ait réalisé le FC Metz dans sa riche histoire ? Nous mettons donc le cap 25 ans en arrière, là où les stars du championnat s’appelaient Pires, Vairelles, Henry ou encore Ravanelli. Nous voici donc début août 1997 et Metz partait à l’assaut de la D1 après avoir conclu l’exercice précédant sur une belle et honorable 5ème place. Cap sur Lyon donc pour ce premier match, qui avait fini sa course au huitième rang quelques mois auparavant.
Sous les yeux des 15000 spectateurs ce soir là à Gerland, c’est un Olympique Lyonnais résolument offensif qui se dressait devant les Grenats, Bernard Lacombe alignant Caveglia, Coquard ou encore Giuly. Metz subissait d’entrée de jeu et c’est Bardon le numéro 9 lyonnais qui s’essayait sans trop inquiéter le portier mosellan. Letizi voyait par la suite le cuir se rapprocher avec la belle percée de Delmotte qui ne trouvait toujours pas l’ouverture pour les Gones. Metz avait la tête sous l’eau et Boffin était même tout heureux de pouvoir sauver sur sa ligne le cuir sur un corner de Caveglia. L’ultime danger de la première mi-temps était encore à mettre à l’actif de Caveglia et Carteron qui ne réussissent une nouvelle fois pas à donner un but d’avance à l’OL. L’orage était passé. Lyon pouvait regretter ses occasions ratées et Metz repartait aux vestiaires bien heureux de ce score nul et vierge. C’est sur un mouvement bien orchestré par Meyrieu à la 48ème minute que Boffin parvenait à centrer pour Rodriguez qui déviait le cuir sur Lukic qui crucifiait le portier des locaux avec une frappe limpide pleine de puissance sous la barre. Le Serbe délivrait alors tout un peuple sur l’une des rares incursions messines de la partie. C’est Lyon qui reprenait par la suite la mesure mais Letizi réalisait un grand match et grâce au fruit d’arrêts reflexes, il permettait à Metz de garder sa cage inviolée toute la partie durant. Metz repartait du Rhône avec les trois points et un premier »clean-sheet » de la saison. De quoi envisager le deuxième match sereinement. Le deuxième match voyait les Girondins de Bordeaux avec le duo Papin-Laslandes venir faire face aux Grenats à Saint-Symphorien le 8 août, soit 6 jours après le succès en terres lyonnaises. Et la machine était lancée. Malgré une chaude alerte bien maîtrisée par Pascal Pierre, Metz allait trouver la faille. Après un bon coup-franc botté par Meyrieu et envoyé de peu à coté par Rodriguez, c’est sur un corner parfaitement frappé que Toyes donnait rapidement l’avantage aux locaux à la douzième minute. L’ex-Bordelais venait de crucifier son ancien club. Vainqueur de Monaco le week-end passé, Bordeaux réagissait tout de même rapidement. Après une première frappe de Micoud qui manquera le cadre, c’est finalement juste après la mi-temps que Laslandes allait signer le but égalisateur sur un tacle rageur. Tout était à refaire pour Metz. Mais poussé par son public, le club de Molinari (qui était sur le banc) allait reprendre l’avantage après un superbe travail de Boffin à l’origine, qui passait le ballon à Blanchard qui, d’un subtil coup d’œil, lançait Rodriguez qui se chargeait du reste. La soirée tournait ensuite à la correction et Metz finissait par l’emporter largement quatre buts à un, Rodriguez y allant de son doublé. C’est le jeune Saha, tout juste entré en jeu 50 secondes avant, qui clôturait le spectacle. Coaching gagnant et coaching payant. Meyrieu restait toutefois mesuré au micro : « Je ne vais pas parler trop vite l’année dernière on avait pris rapidement une gifle à Monaco et on va bientôt y aller… alors on va rester humble et on va faire notre boulot. Après un après-midi détente au parc des Strumphs pour la présentation officielle de l’équipe au public, où l’on pouvait observer Pires, Boffin Rodriguez et Meyrieu dans les buches aquatiques, c’est le stade Gaston-Petit du promu castelroussin qui attendait les futurs vice-champions dans le match avancé de la troisième journée. Invaincu à domicile sur toute la saison de Division 2, Châteauroux recevait donc les Lorrains dans une forteresse imprenable depuis plus d’un an, eux qui s’étaient déplacés par deux fois dans ce début de saison. Pas impressionnés, ce sont bien les coéquipiers de Pires qui prenaient les devants dès la huitième minute. C’est même Pires lui-même qui claquait une superbe reprise à la suite d’un coup de pied de Meyrieu. Le deuxième but arrivera à l’heure de jeu par l’inévitable Rodriguez qui plein de sang-froid propulsait le cuir dans les filets.
Champion d’automne après une entame de championnat quasi parfaite, le FC Metz a longtemps cru s’offrir son premier titre de champion de France. « On démarre la saison par cinq victoires et on reste invaincu pendant onze matches toutes compétitions confondues. C’est un début assez incroyable », se souvient Philippe Gaillot. « Au sein de l’équipe, il y avait une telle osmose… » Un puzzle conçu par Carlo Molinari et construit, pièce par pièce, par Joël Muller. « Le président avait fait en sorte qu’on ait une très belle équipe et on était très bien coaché », confirme Robert Pires. « C’est vrai, on avait une grosse équipe », tranche Frédéric Meyrieu. « On fait la course en tête pour finalement laisser le titre aux Lensois au goal-average. C’est du…
Lire aussi: Metz Handball: Une histoire de victoire
BEA METZ. Mais où est passé le Metz conquérant, sacré vicechampion de France la saison dernière ? Avec un but de retard, les Messins n'ont donc plus trop le choix : il s'agit de s'imposer avec deux buts d'écart. Mais comment faire sauter le verrou d'un bloc défensif hyperregroupé devant la cage de Koïvistoinen ? Tout juste Meyrieu trouve la faille dans le bloc adverse en décalant Saha dans la surface, mais ce dernier tarde trop à armer son tir (23e). Metz pousse mais ne voit toujours rien venir. Il y a bien Rizzetto qui tente encore sa chance à l'entrée de la surface (40e) d'une magnifique frappe enroulée. Le portier d'Helsinki est battu sur le coup mais le ballon frôle simplement la lucarne. Côté finlandais, ce n'est guère mieux. Les Messins ont bien compris qu'il faut continuer à prendre des risques, peser, tenter, quitte à s'exposer aux contres adverses. Les minutes défilent, rien de concret ne se dessine pour les hommes de Joël Muller. Et ce que l'on pouvait redouter va finalement se produire à la 68e minute. Mauvais temps pour Metz d'autant plus qu'Asuar est expulsé pour s'être frotté les crampons sur le gardien d'Helsinki (77e). Réduits à dix, les Messins veulent toutefois tomber les armes à la main. Là encore les esprits s'échauffent, les Lorrains se précipitant pour récupérer le ballon que les Finlandais protègent au fond des filets. Des incidents qui ne changeront rien à la physionomie du match. A l'arrivée, ce sont les Finlandais qui obtiennent leur billet pour la Ligue des Champions, une première dans l'histoire du foot finnois. Joël Muller, entraîneur de Metz : «Je suis extrêmement déçu, d'autant que l'adversaire était abordable. Nous prenons deux buts stupides. Nous avons connu trop de disparités individuelles. Helsinki, malgré ses petits moyens, est passé. Maintenant, nous devons nous accrocher.» Le président Carlo Molinari : «Ce n'est pas la fin du monde. Je suis déçu pour le public et les joueurs. Il y a des joueurs qui pleurent. J'ai envie de leur dire que ce n'est qu'un match de foot.
Le FC Metz a visité une fois la mythique enceinte du Stade de France. C'était à l'occasion de la finale de la Coupe de la Ligue 1999, malheureusement perdue par les Grenats face à Lens (1-0). En 2003, ils ont également effectué un parcours honorable dans cette compétition en battant Bordeaux puis Nantes, deux formations de niveau supérieur (Metz était alors en Ligue 2), avant de chuter à Sochaux en demi-finale au terme d'un match héroique. Il s'agit là de l'un des premiers faits d'arme du FC Metz, quelques années après sa création. Disputée au Parc des Princes le 8 mai 1938, la finale contre l'Olympique de Marseille fit grand bruit à l'époque en Lorraine. En première division, le meilleur classement obtenu par le club est second en 1998. Le FC Metz a participé à plusieurs reprises à la Coupe d'Europe, à la faveur de ses victoires en Coupe et de ses bons classements en première division. Le club réalisa son meilleur parcours lors de la saison 1996/1997 puisqu'il accéda aux huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA.