En remportant un second titre olympique consécutif, l'équipe de France masculine de volley-ball s'est inscrite un peu plus dans la légende de ce sport. Mais au-delà de cette performance collective, quels sont les joueurs qui peuvent prétendre au titre de meilleur joueur de volley-ball de tous les temps ? La réponse est complexe et subjective, mais certains noms se détachent, notamment au sein de cette équipe de France exceptionnelle.
Earvin Ngapeth : L'enfant terrible devenu légende
Comment parler du volley-ball français sans évoquer Earvin Ngapeth ? Son nom, même avant les Jeux Olympiques, résonnait déjà dans le monde du sport. Reconnu comme l'un des meilleurs joueurs du monde, Ngapeth est un talent brut, un attaquant exceptionnel capable de gestes incroyables. Son parcours est cependant marqué par des controverses. Condamné à de la prison avec sursis pour une bagarre, impliqué dans un accident de voiture sous l'emprise de l'alcool, et accusé d'agression sexuelle, Ngapeth a souvent fait la une des journaux pour des raisons extra-sportives. Il a confié au journal "Le Monde" qu'il « s’est trompé et penser avoir affaire à une amie ».
Passionné de musique, il s'est également essayé au rap au début des années 2010. Bien que le volley-ball, transmis par son père Eric, ancien volleyeur international, ait toujours été sa passion, Ngapeth a flirté avec le football, côtoyant notamment Layvin Kurzawa, ancien joueur du PSG. Il a finalement choisi le volley-ball, débutant sa carrière à Tours.
Malgré ses frasques, son talent sur le terrain est indéniable. Il incarne la créativité, la puissance et l'audace, des qualités qui font de lui un joueur unique et capable de retourner le cours d'un match.
Jean Patry : La révélation olympique
Jean Patry, âgé de 27 ans, est l'un des grands artisans du succès olympique français. Le Montpelliérain a marqué les esprits par sa puissance au service et son efficacité en attaque. Son nom a été scandé à de nombreuses reprises par Benoit Durand, le commentateur de France Télévisions, et repris par des millions de Français devant leur écran.
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En dehors du volley-ball, une passion transmise par son père, l'ancien international Christophe Patry, "Jeannot" aime se ressourcer en Lozère, entouré de ses amis et de sa famille.
Trévor Clévenot : L'élégance et le fair-play
Trévor Clévenot, numéro 17 de l'équipe de France en référence à son département de naissance, la Charente-Maritime, a impressionné lors des Jeux Olympiques. Décrit comme un homme souriant, élégant et discret, il a fait preuve d'un geste remarquable lors de la cérémonie de remise des médailles. Alors que Timothée Carle, 13ᵉ joueur du groupe français, n'avait pas reçu de médaille pour n'avoir joué aucune minute, Clévenot lui a offert la sienne.
Fils d'un ancien volleyeur international, Alain Clevenot, Trévor a d'abord pratiqué le football, passant par les centres de formation des Girondins de Bordeaux et du FC Nantes, avant de se tourner vers le beach-volley dans sa région natale de Royan. Il considère cette expérience comme « l’une des meilleures formations possibles ». Il est connu pour ses smashs qui font trembler les défenses adverses.
Barthélémy Chinenyeze : Le mur infranchissable et l'ambianceur
Barthélémy Chinenyeze, du haut de ses 2,02m, est le central de l'équipe de France. Surnommé "l'homme élastique", il est un spécialiste du contre et un attaquant redoutable. Superstitieux, il conserve la même coupe de cheveux lorsqu'il gagne. Il est également l'ambianceur musical du groupe avec Earvin Ngapeth. Fan de Thierry Henry, il a d'abord rêvé d'une carrière de footballeur avant de réaliser son potentiel dans le volley-ball.
Des tendinites récurrentes au genou ont failli le priver des Jeux olympiques de Paris 2024. Cette blessure lui a rappelé l'importance de prendre soin de son corps. Il a confié à La Voix du Nord avoir « mûri » de cette épreuve.
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Jenia Grebennikov : Le libéro infatigable
On peut remercier son père Boris, alors volleyeur du club d’Almaty au Kazakhstan, de s’être laissé attirer à Rennes, où il a posé ses valises en 1989. Un an après son arrivée, le Soviétique accueille son fils, Jenia, à qui il transmet sa passion pour le volley. Le libéro emblématique de l'équipe de France (263 sélections) a également pratiqué le hockey-sur-glace jusqu'à l'âge de 15 ans. Sa petite taille pour un volleyeur (1,88m) l'a incité à se spécialiser au poste de libéro, sur les conseils de son père.
Antoine Brizard : Le cerveau et la créativité
Passeur titulaire de l'équipe de France, Antoine Brizard a également pratiqué d'autres sports avant de choisir le volley-ball. Il apprécie particulièrement le caractère collectif de ce sport. À 30 ans, il joue en Italie, à Piacenza, où il a remporté le titre de champion la saison passée. Les fondus de la France qui gagne ont sans doute découvert la dinguerie du bonhomme un jour de cinquième set contre la Russie en finale olympique, l’été dernier. 13-12 pour les Bleus dans un final irrespirable, et Antoine Brizard qui décide de claquer une petite balle lobée impossible au-dessus du contre adverse pour offrir deux balles de matchs à l’équipe de France. Le nouveau passeur en chef de la team Yavbou, élu meilleur joueur du monde en 2021, entend bien récidiver lors des championnats du monde, où commencent les matchs couperets.
Il a été Élu meilleur joueur du monde en 2021, Brizard a exprimé sa surprise et son humilité face à cette distinction. Il a souligné l'importance du collectif dans le volley-ball et la relativité des récompenses individuelles. Il a également mentionné que ce titre lui rappelait la victoire aux JO 2021, ce qui le rendait d'autant plus spécial.
Nicolas Le Goff : Le bloqueur fou
Nicolas Le Goff, avec plus de 200 sélections, a débuté par la natation à haut niveau avant de se tourner vers le volley-ball, privilégiant l'aspect collectif.
Benjamin Toniutti : Le capitaine et le cerveau
Benjamin Toniutti, présent depuis 14 ans au sein de l'équipe de France, est considéré comme le cerveau de l'équipe. Il est tombé dans le volley-ball grâce à ses parents, dirigeants du club de Pfastatt, en Alsace.
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Kevin Tillie : Le serveur fou
Kevin Tillie, fils de l'illustre Laurent Tillie, sélectionneur de l'équipe de France lors du premier titre olympique, est surnommé le serveur fou.
Quentin Jouffroy : Le spécialiste du service
Quentin Jouffroy, Grenoblois de 31 ans, a été l'un des hommes de la finale contre la Pologne. Il est un spécialiste du service, une arme redoutable qu'il met au service de l'équipe.
Yacine Louati : Le musicien
Yacine Louati, formé au Tourcoing Lille Métropole, est également un musicien talentueux, pratiquant la trompette et le piano.
Théo Faure : La révélation
Théo Faure, 24 ans, est la révélation de ces Jeux olympiques. Formé à Montpellier, il poursuit des études d'ingénieur à l'INSA Toulouse.
Un collectif au service du talent
Au-delà des individualités, c'est la force du collectif qui a permis à l'équipe de France de volley-ball de se hisser au sommet. L'arrivée d'Andrea Giani comme entraîneur a permis de souder encore davantage le groupe. Les joueurs soulignent son approche humaine et sa capacité à comprendre rapidement les dynamiques de l'équipe.