Le Meilleur Joueur Croate de Handball de l'Histoire : Un Débat Passionnant

Le handball, sport de passion et de ferveur, a vu émerger des figures emblématiques qui ont marqué son histoire. Parmi ces légendes, la Croatie a produit des joueurs d'exception, suscitant un débat passionné quant à l'identité du meilleur d'entre eux. Cet article explore les arguments en faveur de différents prétendants, en se penchant sur leurs réalisations, leur impact et leur héritage.

Ivano Balic : L'Artiste Inégalable

Au milieu des années 2000, le génial Croate Ivano Balic a fait admirer son talent sur tous les parquets. Ivano Balic a mis un terme à sa carrière en 2015 à 36 ans sous les couleurs du club allemand de Wetzlar. Le demi-centre de l’équipe de Croatie a été champion olympique (2004) à Athènes et champion du monde (2003) au Portugal. Par deux fois, en 2003 et 2006, il a été élu meilleur joueur du monde. Balic a également été désigné MVP de cinq grandes compétitions internationales : Euro 2004, Jeux Olympiques 2004, Mondial 2005, Euro 2006 et Mondial 2007. Ce joueur d’exception a brillé partout où il est passé : Split, Metkovic, Pampelune, Zagreb, Atlético Madrid, Wetlzar.

François-Xavier Houlet se souvient d’un joueur à part : « A ses débuts, on ne l’avait pas vu venir. En 2003, il évoluait avec le club de Metkovic. On l’a pris en pleine figure. Sa sélection nous avait battus en poule sans nous laisser trop de chances. Ils avaient pourtant perdu un match contre l’Argentine, ce qui n’était pas une performance. Finalement, lors du Mondial 2003, la Croatie était allée chercher le titre (contre l’Allemagne) avec un Balic jeune, fin et les cheveux très courts (sourire). C’était déjà un meneur alors qu’il avait seulement 23 ans. Il puait le talent (sic). Un an plus tard, j’ai eu la chance de jouer en sélection mondiale avec lui. C’était au sein de la dernière équipe entraînée par Daniel Costantini. C’était à Sarrebruck contre l’Allemagne. Rien que de le voir de près à l’entraînement, c’était impressionnant ! Il allait dans tous les sens, vite et fort. Avec lui, c’était souvent génial. Il était à cette époque probablement à son pic. Il a été un joueur essentiel pour sa sélection pendant dix ans (de 2002 à 2012). En 2008, c’est peut-être passé inaperçu, mais il a réalisé un Euro extraordinaire (en Norvège). Pourtant la Croatie avait perdu contre le Danemark. Il a fait la carrière qui est la sienne, en faisant évoluer son jeu. Il a joué avec Jackson en club, il a joué en Allemagne en montrant aussi de grosses qualités défensives. C’était un soliste génial avec le sens du collectif. »

Une fois sa révérence tirée, Balic est devenu un étendard de la fédération croate. Une distinction amplement méritée au regard de sa contribution exceptionnelle pour son pays en tant que joueur.

La Finale du Mondial 2009 : Un Tournant Historique

Si on vous demandait, là comme ça, de nous raconter vos meilleurs souvenirs de la génération Experts, qu’est ce qui vient au cerveau ? Les titres olympiques, le fracassage du plateau de l’équipe TV, le clapping de la victoire à la fin du Mondial en France ? Ce serait bien vite oublier la victoire aux championnats du monde en Croatie. Mais si, vous savez, celle dont on ne retient qu’une image : le tête à tête mythique entre Nikola Karabatic et Ivano Balic, deux des meilleurs joueurs de l’histoire.

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Perdue au milieu d’une palanquée de titres, cette finale remportée face au pays hôte a une signification particulière. L’increvable Michael Guigou revenait dès 2013 sur ce match de dingue face à la Croatie : « C’est peut-être le plus grand match jamais réalisé par cette équipe de France. C’était France-Croatie, les deux meilleures équipes de la décennie qui se retrouvaient en finale, en Croatie, dans une ambiance énorme… C’était l’apothéose, la première fois qu’on enchaînait deux victoires consécutives dans une grande compétition après les JO. » Capitaine de l’époque, Jérôme Fernandez confirme qu’il s’agit pour lui de « la plus belle victoire de notre épopée ».

Il faut comprendre la symbolique. Tout juste championne olympique, l’équipe de France vient défier la meilleure nation de l’histoire du handball, chez elle. Philippe Bana, DTN du hand français depuis 1999, plante le décor historique : « Nous avons deux dates avec les Croates, explique-t-il. La première passation de pouvoir, c’est quand on les bat pour la première fois en 1995. Jusqu’alors, notre relation avec les Croates, c’est le maître et l’élève. Les entraîneurs yougoslaves puis croates venaient en France pour nous enseigner la technique et la tactique. Là-dessus, tout au long des années 2000, on commence à asseoir une domination mais ils restent en termes d’expertise la nation référence. Et puis il y a 2009, ce moment très particulier, très intense, qui pèse lourd en terme historique, dans un pays où il y a une ferveur populaire autour du hand. C’était le jour des maîtres pour savoir qui était la meilleure nation du monde. Et on est devenu les maîtres du monde. »

L’ambiance dans la Zagreb Arena, chauffée par les 15.000 supporters croates, est surréaliste. « Tout le peuple croate était derrière cette équipe, se souvient Bana. Dans la salle, c’était un bazar innommable. Ça crie, on s’entend pas parler, Claude Onesta n’arrive pas à coacher… »

Battus en poules par les Croates quelques jours plus tôt dans un match sans importance, les Bleus d’Onesta ont dessiné une tactique précise. Fernandez raconte : « Le plan de jeu, c’était de ne pas emballer le match. On voulait rester au coude à coude le plus longtemps pour tuer le match dans le dernier d’heure sans qu’ils puissent réagir. Si on menait rapidement au score, on avait peur de se laisser griser et qu’avec le public ils remontent en deuxième mi-temps et soient inarrêtables. En revanche on savait que si on leur mettait un petit coup derrière la tête vers la 45-50e minute, le temps qu’ils réagissent ce serait terminé ».

Avec du recul, Philippe Bana se souvient de cette stratégie « intelligente ». « Claude Onesta a dit : "On sait qu’on a la force de les battre, mais il ne faut pas les battre trop vite", explique le DTN. Dans ce contexte, avec le public, la pression sur les arbitres, le but du jeu était de se planquer, d’avancer masqué quitte à être un peu derrière au début. Puis leur envoyer le rouleau compresseur à la fin, que le public ne le voit pas arriver. »

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Dire que ça a marché est un euphémisme. Dans le dur en première mi-temps, les Bleus s’accrochent grâce notamment à quelques lucarnes incroyables de Daniel Narcisse. A la 45e minute, le score est de 18-18. Un quart d’heure plus tard, les Bleus sont champions du monde 24-19. Et au milieu, l’image : le tête contre tête entre les deux meilleurs joueurs du moment, Ivano Balic et Nikola Karabatic. Le Croate est énervé, le Français sourit.

« C’est un moment très symbolique, recontextualise Bana. Au milieu de tout ça, il y a ce gamin, Nikola Karabatic, que la Croatie a offert à la France d’une certaine manière quand son père l’amène chez nous à 4 ans. Dans ce tête à tête, il n’y a pas de violence, d’agressivité, c’est juste la fierté des uns et des autres. D’un côté on a le meneur de jeu du siècle, Balic, de l’autre Niko qui arrive à maturité et qui s’oppose à cette domination en disant "l’avenir c’est nous". C’est le passage de deux générations, de deux pays. »

Nikola Karabatic : Un Talent Franco-Croate au Sommet du Monde

Le handballeur français d'origine serbo-croate, considéré comme l'un des meilleurs joueurs du monde, suscite l'engouement depuis le début du Mondial. Ses coéquipiers pourraient finir par devenir jaloux. Depuis que les handballeurs français sont arrivés à Osijek, dans l'est de la Croatie, où ils viennent d'achever le tour préliminaire du championnat du monde par une nouvelle victoire face à la Hongrie (27-22), jeudi 22 janvier, il n'y en a que pour Nikola Karabatic. "Je suis presque plus célèbre ici qu'en France", sourit l'intéressé. En Croatie, le demi-centre des Bleus est un peu chez lui. Nikola Karabatic est né il y a 24 ans à Ni , en Serbie. Sa mère est serbe ; son père, croate, ancien gardien de but de l'équipe nationale de Yougoslavie et de Strasbourg. C'est là que son fils, alors âgé de 4 ans, et sa femme le rejoignent en 1988. Et si, avant de partir en 2005 outre-Rhin faire le bonheur du club de Kiel, le meilleur joueur du monde 2007 a grandi en France - à Strasbourg, puis à Colmar et à Frontignan (Hérault) -, il est resté attaché à ses origines balkaniques. "La dernière fois que je suis venu en Croatie, c'était il y a quatre ans. Mais avant cela, j'y venais presque tous les étés en vacances", dans la maison familiale de la côte dalmate, non loin de Split où il compte encore un oncle et deux cousines. "J'ai aussi des amis croates, j'écoute de la musique traditionnelle croate, mes parents me font de la cuisine croate. Ça fait partie de moi", raconte-t-il. "Comme son père est d'ici, et qu'il parle notre langue, les gens le considèrent un peu comme un Croate. Ils aiment bien se dire que le meilleur joueur du monde est en partie de chez nous", explique Marina Be ic, journaliste à la chaîne RTL, qui possède en Croatie l'exclusivité des retransmissions télévisées du Mondial.

Internet est actuellement le théâtre de curieux débats, dont les participants croient savoir, pour certains, que Karabatic est serbe, pour les autres, qu'il est croate. "Mes origines sont serbes et croates, mais ma culture est française, rétorque le joueur. Les journalistes, ici, me demandent souvent pourquoi je n'ai pas choisi de jouer pour la Croatie. Mais pour moi, la question de la nationalité ne s'est jamais posée. C'est toujours l'équipe de France qui m'a fait rêver." Ses parents ont éduqué Nikola avec un double souci de faciliter l'intégration de leur fils en France, tout en ménageant une place pour l'héritage des ancêtres. "Quand il était petit, on voulait qu'il parle français, raconte son père. Il a appris très vite, et dès qu'il a maîtrisé, on a tout fait pour lui apporter une touche de la culture croate." Pas question en revanche de perturber les enfants avec les conflits qui ont embrasé les Balkans dans les années 1990 : "On a voulu préserver Nikola et Luka (son frère) un maximum." "Pour moi, cela reste assez flou, difficile à comprendre, concède Nikola. Je voyais mes parents discuter de ça…" On sait que sa famille en Serbie a dû vivre avec le quotidien des bombardements mais le joueur n'en dira mot. Expansif sur un terrain de handball, le jeune homme est plutôt réservé en dehors.

Avec Nikola Karabatic sur le sol croate, la presse a flairé le bon coup. De longs entretiens sont déjà parus deux mois avant l'ouverture du championnat du monde. Dès son arrivée, les médias locaux se sont rués sur lui. Pas un jour ne passe sans que les gazettes sportives ou généralistes ne lui consacrent des pages entières. La machine médiatique est allée jusqu'à inventer une rumeur prêtant à Nikola Karabatic ces propos belliqueux à l'égard d'Ivano Balic, superstar du handball croate : "A Zagreb, ça va être la même chose qu'à Pékin où Nikola Karabatic avait muselé Ivano Balic en demi-finale du tournoi olympique, je vais l'arrêter." Le Français a démenti, mais l'histoire a été montée en épingle, et Balic a répondu : "S'il m'arrête encore, j'arrête le handball." " Balic, meilleur joueur du monde 2006, contre Karabatic, son successeur, cela fait vendre", justifie la journaliste Marina Be i.

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Nikola Karabatic apprécie avec un certain recul la performance de 2009. « Depuis qu’on a gagné le Mondial à domicile, que j’ai ressenti cette énergie de jouer à domicile, je regarde en arrière et je me dis que tout ce qu’on a accompli, de battre des pays hôtes comme la Croatie, c’est vraiment fort.

Sacré pour une cinquième fois champion du monde avec les Bleus face au Qatar, Nikola Karabatic est entré encore un peu plus dans l'histoire. Si le Français ne possède pas l'aura de son aîné américain, il a, comme lui, marqué l'histoire de son sport. Et à 31 ans, le natif de Nis en Serbie n'a pas fini de dominer sa discipline. A l'instar de la légende des Bulls, Karabatic possède désormais un palmarès long comme son bras de feu : double champion olympique, triple champion d'Europe et du monde. Seuls les "anciens" Fernandez et Omeyer possèdent une médaille d'or de plus que lui. Les titres, comme le talent individuel, placent d'emblée "Kara" parmi les plus grands noms de son sport. Reste à savoir à quelle place.

Il est toujours aussi vain, et subjectif, de désigner le nom du meilleur joueur de l'histoire mais, comme l'a reconnu l'intéressé lui-même dans les colonnes de l'Equipe, il fait assurément partie des prétendants. "Je me mettrais dans le top 5" avouait celui qui ne semble pourtant faire une obsession des lauriers individuels. Hormis lui, qui pourrait prétendre au trône ? Trois noms, trois légendes, reviennent avec insistance dans le débat : Talent Dujshebaev, Magnus Wislander et Ivano Balic. Le Russe, naturalisé espagnol, était un joueur à la fois puissant et créatif, le Suédois a brillé par sa constance et son bras alors que le Croate fut sans doute le plus grand artiste de ce jeu. Mais aucun ne possède le palmarès en équipe nationale du Français. Ils en sont tous même très loin.

Certes, les esthètes pourront toujours préférer les arabesques géniales d'un Balic au jeu tout en puissance de Karabatic. Mais le chevelu croate, à la différence d'un rival avec qui il s'est souvent accroché sur le terrain, ne participait pas aux tâches défensives. Et comme l'a rappelé avec amusement Claude Onesta, "un joueur qui ne fait qu'attaquer n'est qu'un demi-joueur". Karabatic, lui, va au mastic. Au point de réussir l'exploit d'être considéré aujourd'hui à la fois comme le meilleur attaquant et le meilleur défenseur du monde. Rien que ça. Avec son frère Luka, il forme sans doute la muraille la plus infranchissable du hand mondial. Sa puissance physique, tout comme sa science du placement et de l'anticipation, peaufinée sous les conseils de Didier Dinart, lui permettent d'étouffer l'adversaire. Et dès que la star de Barcelone se retrouve en attaque, les défenseurs tremblent. Les filets aussi, souvent. Là encore, le n°13 ne possède pas le bras élastique d'un Mikkel Hansen ni la détente phénoménale de son coéquipier Daniel Narcisse. Pas plus qu'il ne peut tordre son corps en l'air comme Luc Abalo ni donner d'effets irréels au ballon comme Michael Guigou. Au final, Karabatic privilégiera souvent le tir en force à la "roucoulette". L'efficacité avant tout. Avec 33 buts sur l'ensemble de ces Mondiaux, et 1007 depuis ses débuts en bleu, la méthode a fait ses preuves. D'autant que "Kara" ce n'est pas qu'un bras. C'est aussi une vision du jeu et des mains de velours pourvoyeuses de caviars dont profitent allègrement ses coéquipiers qui ne manquent pas non plus de s'engouffrer dans les brèches énormes ouvertes par le demi-centre. Altruiste, il sait faire jouer les autres, il sait aussi parler aux autres. "C'est un meneur d'hommes, il joue toujours sans réserve", dit de lui Cédric Sorhaindo, son coéquipier au Barça. Surveillé de près, souvent malmené, Nikola Karabatic parvient pourtant à se montrer décisif dans les moments cruciaux comme lors de la finale face au Qatar.. La marque des plus grands.

Autres prétendants au titre

De sa création à nos jours, le handball a vu passer des joueurs qui ont marqué l’existence de la discipline. Ces joueurs de part leurs performances ont su graver leurs noms dans les annales du handball au niveau de leurs nations respectives en particulier et au plan mondial en général. Leur nombre, toutefois, n’est pas pléthorique.

A l’instar de Thierry Omeyer, l’arrière gauche français d’origine croate a aussi fait les beaux jours du handball français et mondial. Triple handballeur mondial de l’année, Nikola Karabatic est considéré comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire du handball.

Dans sa splendide carrière, il a tout gagné. Champion du monde 2003 avec la sélection croate, Ivano Balic en a séduit plus d’un des années durant dans la Liga ASOBAL. Le joueur évoluant au poste de demi-centre fait partie du cercle très fermé des joueurs élu à deux reprises au moins, meilleur handballeur de l’année. Désormais âgé de 40 ans, Ivano Balic n’est plus en activité.

Né le 02 Juin 1968, Talant Dujshebaev est un handballeur qui a joué à la fois pour l’équipe russe puis pour l’équipe espagnole de handball. Avec Karabatic et Balic, il est l’un des quatre joueurs ayant remporté tout au moins deux fois le titre de meilleur handballeur de l’année dans l’histoire du handball. Il a gagné son seul titre de champion du monde avec la Russie en 1993. En 2005, il a opté pour une reconversion et est devenu entraîneur.

Sociétaire du Paris Saint-Germain, Mikkel Hansen est un handballeur qui évolue en équipe nationale du Danemark depuis des années. Toujours en activité, le Danois âgé de 31 ans est déjà considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de ce sport. D’ailleurs, le champion du monde 2019 est le quatrième joueur en compagnie de Karabatic, Balic et Dujshebaev qui compte au minimum, deux distinctions en tant que meilleur joueur de l’année. Il en compte d’ailleurs 03 à égalité avec Nikola Karabatic.

France-Croatie : Une Rivalité Historique

Un match entre la Croatie, nation historique du handball, et la France, sélection la plus titrée, n’est jamais anodin. Surtout quand il se dispute à Zagreb, dans une Arena toujours bouillante, encore plus quand il s’agit d’un match décisif dans un championnat du monde. Et dans cet amas considérable d’enjeux, il y a encore une dernière pièce à ajouter quand on s’appelle Karabatic.

La relation entre les Karabatic, la France et la Croatie est bien documentée. Elle s’est longtemps construite autour de deux noms, Branko et Nikola. Le premier, joueur croate, s’installe en France eau milieu des années 80, amenant avec lui sa famille et son fils Nikola, qui va devenir sans doute la plus grande star de l’histoire du handball tricolore. A l’époque, la Croatie est encore la nation phare du hand. Les Bleus, tout récemment parés d’or à Pékin, sont la force montante.

Après avoir été bien accueilli au début du tournoi, Nikola Karabatic est de plus en plus ciblé par le public croate au fur et à mesure de la compétition. L'intéressé s'en amuse. " S'ils font ça, c'est parce qu'ils me craignent (…) Les émotions que je vis ici, je ne les revivrai plus jamais", lançait-t-il l’époque, dans des propos rapportés par Le Parisien. Et quelles émotions dans cette finale mythique remportée par les Bleus malgré une atmosphère incandescente ! Si on se souvient notamment de son tête-à-tête tendu avec la star croate Ivano Balic, Nikola Karabatic n'a que de bons souvenirs de l'instant.

"Ca avait été un petit peu la folie", racontait-il à l’AFP en 2018. "Les hymnes, ça avait été très particulier. Bien sûr, je chante l'hymne français mais le fait d'entendre l'hymne de la Croatie en finale des championnats du monde, ça avait été quelque chose de très fort pour moi (…) Voir l'Arena de Zagreb en rouge et blanc à damier, c'est quelque chose d'impressionnant, ça a été vraiment une grande finale et un souvenir qui restera gravé à jamais", avait-il ajouté.

16 ans plus tard, voilà donc les Bleus qui retrouvent la Croatie à Zagreb aux Mondiaux. Nikola n’est plus là, mais son frère Luka sera bien présent. Plus jeune, le pivot de l’équipe de France n’est pas né dans les Balkans comme son frère. Mais il garde ce lien particulier avec le pays de son père, décédé en 2011. "On a beaucoup d'attaches avec la Croatie. Nos parents avaient construit une maison, au bord de la mer, en Dalmatie. C'est une maison qu'on a gardé, où on retourne souvent l'été pour passer les vacances (…) On a toujours entretenu des liens très forts avec ce pays", déclarait-il à TF1 en 2018 à l’occasion de la finale de la Coupe du monde de football.

A voir comment le public croate lui rendra cette affection pour ce qui pourrait être la dernière apparition d’un Karabatic dans cette fameuse Arena de Zagreb. Avec son poste de remplaçant, Luka n’a pas exactement la même aura qu’avait Nikola à l’époque, même si c’est bien lui qui a été le héros de la qualification des Bleus en quarts. De quoi lui retirer la cible du dos ? L’intéressé, qui avait déjà joué sur place lors de l’Euro 2018, ne semble pas du tout s’en inquiéter, ou même éprouver une déception pour ce qui ressemble de loin à de l’amour à sens unique.

"Ce sont des Clasicos dans le handball mondial, des matches avec énormément d'intensité, contre une équipe qui est toujours dans les dernières en lice. On sera dans un pays de handball, qui vibre pour ça, pour son équipe qui joue avec énormément d'envie. En 2009, j'étais en France, j'ai vu la finale à la télévision, mais on m'avait beaucoup parlé de l'ambiance. Cette fois, j'ai la chance de le vivre en vrai", s’est réjoui Luka auprès de l’Equipe. Chez les Karabatic, on aime le soufre et les ambiances chaudes.

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