La NBA, l'une des ligues sportives les plus riches au monde, fascine autant par le spectacle offert sur le terrain que par les mécanismes financiers complexes qui la régissent. Au cœur de ce système se trouve le "salary cap", ou plafond salarial, un outil essentiel pour maintenir l'équilibre entre les franchises et assurer la compétitivité de la ligue.
Définition et Fonctionnement du Salary Cap
Le salary cap est une limite, exprimée en somme d'argent, que les franchises NBA peuvent dépenser pour la masse salariale de leurs joueurs, sous certaines restrictions. Son montant est réévalué chaque saison, basé sur un pourcentage des revenus liés au basket-ball de la saison précédente. Ce système est encadré par la "Convention Collective Association", qui régit les négociations entre la NBA (les propriétaires) et l'association des joueurs (les employés).
L'objectif premier du salary cap est de contrôler les coûts des propriétaires et d'assurer que les joueurs reçoivent une part équitable des revenus de la ligue. Les franchises sont tenues de dépenser au moins 90 % du plafond salarial chaque saison.
Pour la saison 2025-2026, le salary cap est fixé à 154,647 millions de dollars.
Le "Soft Cap" et les Exceptions
Contrairement à un plafond salarial rigide, la NBA a adopté un système plus souple, appelé "soft cap". Cela permet aux équipes de dépasser le plafond salarial sous certaines conditions, grâce à diverses exceptions.
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L'exception Bird (Bird rights): Permet aux franchises de conserver les joueurs qu'elles ont formés, en leur offrant des contrats pouvant dépasser le salary cap. Un joueur est éligible à cette exception s'il a joué pendant trois saisons consécutives pour la même franchise. En vertu de l'exception Bird, une franchise NBA est en droit de dépasser le salary cap afin de resigner ses propres agents libres pour une somme qui peut monter jusqu’au salaire maximum. Pour cela, un joueur qualifié doit jouer 3 saisons sans interruption pour la même franchise afin d’obtenir les « Bird rights ».
La Mid-Level Exception (MLE): Chaque franchise peut l'utiliser une fois par saison pour signer un ou plusieurs joueurs, même si sa masse salariale dépasse le salary cap. Les sommes varient chaque saison en fonction de l'évolution du plafond salarial. Les franchises au-dessus du second apron ne peuvent pas utiliser la MLE pour signer des agents libres. Cela permet par exemple à Minnesota de conserver une “mid-level exception” de 5,7 millions de dollars pour signer un joueur, dont ne disposent pas les équipes au-dessus du “second apron”.
L'exception bi-annuelle (Bi-annual exception): Chaque franchise peut l'utiliser lors de saisons non consécutives pour signer un ou plusieurs joueurs, même si son plafond salarial dépasse le salary cap. Cependant, les franchises ayant déjà utilisé la MLE ne peuvent pas utiliser l'exception bi-annuelle.
La Luxury Tax et les Aprons
La "luxury tax" est une pénalité financière que les franchises NBA doivent payer si elles dépassent un certain seuil de dépenses. Ce seuil, appelé "tax level", est supérieur au salary cap. Au cours de la dernière décennie 2020, environ un quart des franchises NBA ont payé la tax level lors d’une saison. Par exemple, en 2023-2024, les Golden State Warriors de Stephen Curry ont payé la somme astronomique de 176,9 millions de dollars pour la tax level. Ils étaient suivis par les Los Angeles Clippers de James Harden qui ont payé la somme conséquente de 142,4 millions de dollars.
Les "aprons" sont des niveaux supplémentaires de plafond salarial, au-delà du seuil de la luxury tax. Le plus important est le second apron, introduit dans le CBA de 2023, qui s'élève à 17,50 millions de dollars au-dessus du seuil de la taxe de luxe. Le premier apron est similaire, mais moins contraignant.
Selon la CBA, les franchises NBA qui sont dans le second apron sont soumises à des restrictions lors des échanges : elles ne peuvent pas envoyer de l'argent, agréger des contrats ou obtenir plus d'argent entrant que sortant.
Pour les équipes qui ont dépassé le salary cap, il faudra faire attention à ne pas dépasser les 172 millions de dollars de masse salariale, au risque d’entrer dans la fameuse Luxury Tax. Viennent ensuite les dernières nouveautés de la NBA, les Aprons, visant à sanctionner les franchises qui se mettent dans le rouge financièrement. Le premier est à 179 millions de dollars et le second à 190 millions.
Le Plancher Salarial
Pour assurer un certain niveau de dépenses, les franchises NBA doivent respecter un plancher salarial, c'est-à-dire une masse salariale minimum. Pour la saison à venir, elle sera fixée à 127 millions de dollars.
Impact sur les Salaires des Joueurs
Le salary cap a une influence directe sur les salaires des joueurs NBA. Les salaires minimums sont déterminés en fonction de l'expérience du joueur. Les rookies sélectionnés au premier tour de la draft signent des contrats standardisés, appelés "rookie scale contracts", d'une durée de quatre ans. Les deux premières années sont garanties, et les deux suivantes sont des options d'équipe. Ces contrats sont généralement signés à 120 % de l'échelle salariale, le maximum autorisé.
Par exemple, Zaccharie Risacher, sélectionné en première position par les Atlanta Hawks, a signé un contrat de 4 ans pour environ 57 millions de dollars l’an passé. Cooper Flagg devrait lui signer un contrat de 62.73 millions de dollars sur 4 ans.
Les joueurs sélectionnés au second tour ne sont pas soumis à cette échelle salariale et peuvent négocier des contrats plus flexibles. Les joueurs non draftés peuvent signer des "two-way contracts", leur permettant de partager leur temps entre la NBA et la G-League.
Les Plus Gros Salaires de la NBA
En 2025-2026, Stephen Curry (Golden State Warriors) domine le classement des salaires avec 59 606 817 $. LeBron James vient de franchir la barre des 580 M $ avec ses 52,6 M $ garantis en 2025-26.
Voici quelques-uns des plus gros salaires de la NBA en 2023-2024 :
- Kevin Durant (Phoenix Suns) : 47,65 millions de dollars
- Nikola Jokic (Denver Nuggets) : 47,6 millions de dollars
- LeBron James (Los Angeles Lakers) : 47,6 millions de dollars
- Joel Embiid (Philadelphie 76ers) : 47,6 millions de dollars
Il est important de noter que ces salaires sont susceptibles d'évoluer au fil des saisons, en fonction des performances des joueurs, des négociations contractuelles et de l'évolution du salary cap.
Focus sur Victor Wembanyama
Pour sa troisième saison NBA (2025-2026), Victor Wembanyama percevra un salaire de 13 376 880 $ avec les San Antonio Spurs. Ce montant correspond à la grille salariale des rookies pour un premier choix de Draft. Son contrat de 4 ans est estimé à 55,1 millions de dollars, avec des augmentations progressives chaque saison. À noter que Wembanyama est actuellement le 133e joueur le mieux payé de la ligue, bien que son impact sur le jeu et sa popularité soient déjà immenses.
Les Salaires (Fous) des Mascottes NBA (2025-2026)
Les mascottes NBA ne se contentent pas d’amuser la galerie : certaines touchent des salaires à six chiffres, parfois supérieurs à ceux des joueuses WNBA ou des arbitres NBA.
Voici les chiffres les plus récents :
- Rocky the Mountain Lion (Denver Nuggets) : 625 000 $ par an
- Harry the Hawk (Atlanta Hawks) : 600 000 $
- Benny the Bull (Chicago Bulls) : 400 000 $
- Go the Gorilla (Phoenix Suns) : 200 000 $
- Hugo the Hornet (Charlotte Hornets) : 100 000 $
À titre de comparaison, le salaire moyen d’une mascotte NBA est estimé à environ 60 000 $ par an, ce qui rend ces cas exceptionnels d’autant plus remarquables.
Masses Salariales des Équipes NBA
Les équipes rivalisent non seulement sur le parquet, mais également en coulisses, avec des dépenses substantielles pour s’assurer d’avoir la meilleure formation possible.
Voici le classement des masses salariales des équipes NBA pour la saison 2023-2024 (en dollars) :
- Golden State Warriors : 210 230 989 $
- LA Clippers : 195 438 037 $
- Milwaukee Bucks : 192 893 381 $
- Phoenix Suns : 190 333 373 $
- Miami Heat : 189 014 161 $
Comparaison avec d'Autres Ligues Sportives
Les salaires des joueurs varient considérablement entre les principales ligues sportives nord-américaines. La NBA offre des contrats généralement garantis, ce qui signifie que les joueurs reçoivent l’intégralité de leur salaire, indépendamment des performances ou des blessures.
En termes de revenus totaux, la NFL domine avec environ 18 milliards de dollars, suivie de la NBA avec 8,76 milliards de dollars.
Objectifs et Enjeux du Salary Cap
La mise en place du salary cap en NBA vise à renforcer l'équilibre financier entre les différentes franchises. Ce système a pour objectif d'empêcher les grandes puissances financières de la ligue de monopoliser le marché en attirant les plus grandes stars, afin de préserver le spectacle et la compétitivité.
Sans surprise, les franchises vont pouvoir continuer de faire grossir leur masse salariale. Le « salary cap » pour la saison 2025.26 a été officialisé par la NBA pour l'ouverture officielle de la « free agency ». Comme attendu, il fait un bond de 10%, le maximum autorisé par les accords collectifs sur une saison. Les franchises avaient déjà anticipé cette hausse, et ont pu commencer leurs dépenses “supplémentaires” lors de la première soirée de la free agency.
Ces augmentations, permises grâce à la hausse des revenus de la ligue, en particulier sur les droits TV, auront notamment des conséquences sur les niveaux des “aprons”, au-delà desquels des sanctions sont prévues. Cela permet par exemple à Minnesota de conserver une “mid-level exception” de 5,7 millions de dollars pour signer un joueur, dont ne disposent pas les équipes au-dessus du “second apron”. Pour le moment, seuls les Suns et les Cavaliers dépassent ce nouveau second apron. Par ailleurs, ESPN précise que les projections d'évolution du salary cap pour 2026/27 sont un peu moins élevées. De 10%, l'augmentation serait de 7% dans un an.
Les Défis Futurs
Selon Jake Fischer de The Stein Line, plusieurs équipes NBA « commencent à ressentir un vrai choc » face à l’inflation salariale, notamment chez les joueurs dits « de complément ». Ce phénomène inquiète de plus en plus de franchises, notamment celles opérant sans marge sous les nouvelles contraintes du second apron.
Les dirigeants s’attendent à ce que la situation devienne plus complexe à gérer dès l’été prochain. À court terme, la NBA ne semble pas prête à revoir son modèle économique, porté par des revenus toujours en hausse. Mais plusieurs sources internes craignent qu’un nouveau palier soit franchi dès 2026, lorsque le nouveau deal télévisé commencera à redistribuer les cartes.