La confrontation entre l'Argentine et l'Afrique du Sud est un classique du rugby international, marquée par des moments de gloire, des revanches et une intensité palpable sur le terrain. Cet article explore l'histoire récente de cette rivalité, en mettant en lumière certains matchs clés et les dynamiques qui opposent ces deux nations.
Un duel récent sous tension
Il y a 364 jours, l’Argentine créait la sensation en battant l’Afrique du Sud 26-24 lors de la deuxième journée du Rugby Championship, à Salta. Ce samedi, même lieu, même heure, même stade de la compétition, les Springboks ont pris leur revanche en s’imposant 41-23. Les Bocks, vainqueurs 37-15 lors du match aller la semaine dernière, ont notamment profité de l’indiscipline des Pumas pour faire la différence. L’Argentine s’est en effet retrouvée deux fois à quatorze pendant la première mi-temps, après les cartons jaunes reçus par Lavanini (charge à l’épaule) et Leguizamon (accumulation de fautes). Les Springboks menaient donc 17-10 à la pause, grâce à des essais de Kolisi (20eme) et Jantjies (39eme), contre un essai de Moyano (28eme). La deuxième période voyait les Boks marquer trois essais par Kolisi (49eme), un essai de pénalité (57eme) et Du Preez (78eme), alors que Moroni (59eme) avait réduit l’écart à l’heure du jeu. Lavanini avait quant à lui été exclu à la 57eme pour un coup donné à un adversaire. Grâce à cette victoire, les Bocks reviennent à égalité avec les Blacks en tête du classement (9pts) tandis que les Pumas sont derniers avec 0 point. Le 9 septembre, l’Afrique du Sud ira en Australie et l’Argentine en Nouvelle-Zélande.
Rugby Championship 2023 : L'Afrique du Sud triomphe
Les Sud-Africains ont remporté le Rugby Championship grâce à leur victoire contre l’Argentine samedi (29-27), dans un match disputé à Londres, et ont soulevé le trophée pour la deuxième année consécutive, ce qu’ils n’avaient encore jamais fait.
Menés à la pause par des virevoltants Argentins (13-10), les doubles champions du monde en titre ont d'abord résisté grâce à leur écrasante domination en mêlée avant de prendre l'avantage avant l'heure de jeu. Ils terminent à égalité de points avec la Nouvelle-Zélande, qu’ils ont battue sur l’ensemble de leur double confrontation, avec notamment un 43-10, la pire défaite de l’histoire des All Blacks. C'est leur sixième titre depuis le début de la compétition phare de l'hémisphère sud, en 1995, ce qui est mieux que l'Australie (4), mais encore très loin de la Nouvelle-Zélande (20).
Les Sud-Africains connaissaient leur mission avant le coup d'envoi : une victoire était impérative pour ravir le trophée à la Nouvelle-Zélande, repassée devant au classement grâce à sa victoire avec bonus un peu plus tôt en Australie (28-14). Larges vainqueurs de l'Argentine lors du match aller il y a une semaine (67-30) après une première période équilibrée, les hommes de Rassie Erasmus ont encore une fois souffert avant d'imposer leur domination physique.
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Dans un Twickenham bien garni et plutôt acquis aux Springboks, les Argentins ont marqué le premier essai après un numéro de Bautista Delguy, en feu tout comme l'arrière de Toulouse Juan-Cruz Mallia. Grâce à plusieurs actions rapides, ils ont mené de dix points une bonne partie de la première période (13-3). Mais les Sud-Africains ont été bien trop puissants devant, mettant systématiquement au supplice le pack argentin. Ils sont revenus juste avant la pause (13-10) après une série de mêlées, puis sont passés devant de retour sur le terrain après un ballon porté (15-13).
Contrairement au match précédent, les Argentins sont parvenus à tenir les dernières minutes, et même à faire mieux que ça: Delguy a marqué un essai en interceptant une passe de Cheslin Kolbe (66e) et, après la sirène, Rodrigo Isgro a encore réduit l’écart. Les sélections de l'hémisphère sud ont désormais un mois de coupure avant leur tournée européenne en novembre.
Une victoire acquise dans la douleur
Les Sud-Africains ont remporté le Rugby Championship grâce à leur victoire contre l’Argentine samedi (29-27), dans un match disputé à Londres, et ont soulevé le trophée pour la deuxième année consécutive, ce qu’ils n’avaient encore jamais fait.
On s'attendait à un départ canon des Boks. Ils ont finalement débuté la rencontre de la pire des manières. D'abord avec un carton jaune pour Canan Moodie dès la deuxième minute après un tête contre tête avec Juan Cruz Mallia. Puis un essai encaissé deux minutes plus tard signé Bautista Delguy (7-0). Les champions du monde, beaucoup trop pénalisés, étaient dans le dur face au jeu offensif proposé par les Pumas. Après 27 minutes, ils étaient menés de dix points (13-3) après les deux pénalités de Santiago Carreras.
Puis peu à peu, l'Afrique du Sud a sans surprise imposé sa puissance en mêlée. À partir de la 30e minute, les joueurs de Rassie Erasmus ont squatté les 22 mètres adverses. Ils ont été récompensés par un essai de l'ancien Montpelliérain Cobus Reinach, élu homme du match, en sortie de mêlée (38e). À la pause, les Boks ne comptaient plus que trois points de retard (13-10).
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La machine sud-africaine a alors mis la marche avant. Elle a bien été aidée aussi par l'indiscipline argentine et ce carton jaune infligé au pilier gauche Mayco Vivas après une épaule dans la tête d'Eben Etzebeth (43e). Dans la foulée, après un ballon porté, Malcolm Marx a permis aux siens de passer devant pour la première fois (13-15). Le match venait de basculer. Il a ensuite été largement dominé par les Boks beaucoup trop solides physiquement et trop armés sur le banc pour les Argentins. Reinach, encore lui, a aggravé le score (13-22, 52e) puis Marx est allé aussi de son doublé après une nouvelle démonstration de puissance (13-29). On pensait le match bouclé à l'heure de jeu.
Les Pumas ont pourtant su réagir, une fois encore par Delguy, après une nouvelle boulette de Cheslin Kolbe à un quart d'heure de la fin (20-29, 66e). Elle a coûté cher et relancé le suspense. L'Argentine y a cru mais échoue finalement à deux petits points (29-27) après un essai de Rodrigo Isgro à la dernière minute. L'essentiel est malgré tout assuré pour les Boks qui conservent leur trophée (à la différence de points) un mois avant d'affronter le quinze de France à Saint-Denis.
Domination physique et réalisme : les clés du succès sud-africain
Les Sud-Africains ont été bien trop puissants devant, mettant systématiquement au supplice le pack argentin. Ils sont revenus juste avant la pause (13-10) après une série de mêlées, puis sont passés devant dès la reprise après un ballon porté (15-13). Ils ont continué d'étouffer leurs adversaires ensuite, prenant provisoirement le bonus offensif à l'heure de jeu (29-13), avec des doublés de Cobus Reinach et Malcolm Marx.
Le Rugby Championship : Un titre rare pour l'Afrique du Sud
Une victoire contre l’Argentine et l’Afrique du Sud pourrait s’inscrire dans l’histoire et conserver son titre à l’issue d’un Rugby Championship qui aura tenu toutes ses promesses. Il s’agit d’un des rares accomplissements manquant au palmarès sud-africain. Et pour cause, il semblerait parfois que remporter ce tournoi coup sur coup relèverait de l’exploit. Encore aujourd’hui, les All Blacks restent les seuls à avoir enchaîné au moins deux titres à la suite, ou du moins depuis le format à quatre équipes et l’inclusion des Argentins, en 2012. Auparavant, dans les Tri-nations, l’Australie l’avait fait mais jamais les Springboks. Ils auront toutes les cartes en main pour aller chercher ce "back-to-back" tant attendu et malgré la pression, le sélectionneur des champions du monde, Rassie Erasmus, l’a affirmé : il n’y aura aucune suffisance qui pourrait les empêcher de remporter à nouveau le tournoi.
Rugby Championship 2023 : L'Afrique du Sud atomise l'Argentine
L’Afrique du Sud a atomisé l’Argentine dans son Kings Park Stadium de Durban lors de l’avant-dernière journée du Rugby Championship (67-30). L’Argentine a été fidèle à elle-même et s’est montrée dominante dans l’occupation lors du premier acte, mais ne parvenait pas à casser la défense des Springboks. En face, les champions du monde parvenaient à scorer à l’expérience. Pendant une bonne demi-heure, les deux équipes se sont rendues les politesses au pied par le biais de Sacha Feinberg-Mngomezulu et Santiago Carreras. C’est cinq minutes plus tard que le match entre dans la folie. Alors qu’il avait aplati dans son en-but, Cheslin Kolbe tape un drop kick en direction de Damian Willemse afin qu’il puisse dégager son équipe sur le renvoi d’en-but. Sauf que le ballon de l’ancien Toulousain et Toulonnais a rebondi sur le sol avant le coup de pied ce qui veut dire que le renvoi d’en-but était effectif. Santiago Chocobares surgit et aplatit face aux poteaux.
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Deux minutes plus tard, Sacha Feinberg-Mngomezulu inscrit l’un des essais de l’année. Sur un long coup de pied tendu, l’ouvreur des Springboks continue son effort et se fait justice lui-même. Juste avant la sirène, l’Argentine répond avec un essai de pénalité à la suite d’un maul écroulé par Malcolm Marx. À nouveau, Sacha Feinberg-Mngomezulu fait parler sa magie sur le coup d’envoi en aplatissant après un nouvel exploit individuel. Le fabuleux Feinberg-Mngomezulu poursuit sa magie dès l’entame de la seconde période avec une passe de l’extérieur du pied qui offre à Cheslin Kolbe la possibilité de rattraper son erreur. L’ouvreur, phénoménal en cette fin d’après-midi, inscrit un troisième essai après avoir éliminé ses vis-à-vis d’une feinte de passe et d’une toupie.
L’Argentine sombre, mais les Pumas ont de l’orgueil. Juan Cruz Mallía perce et offre l’essai à Tomas Albornoz. Morné van den Berg répond à l’heure de jeu en concluant une succession d’offloads. Le festival sud-africain se poursuit à moins de quinze minutes du terme. Manie Libbok allonge une passe pour Ethan Hooker qui décale Pieter-Steph du Toit à l’extérieur et permet ainsi aux hommes de Rassie Erasmus de planter un septième essai. Le même Libbok a également le droit à sa part du gâteau. L’ouvreur entré en jeu se faufile dans un trou de souris et se défait de Juan Cruz Mallía après un par-dessus avant d’aller aplatir une huitième fois. Pieter-Steph du Toit clôturera le festival sud-africain avec un nouvel essai qui sera transformé par Sacha Feinberg-Mngomezulu. L’ouvreur, auteur de 37 points, améliore la marque de Percy Montgomery.
Rassie Erasmus : Pas de suffisance
"Heureusement, ce ne sont pas les joueurs qui se mettent en avant et qui font tout un foin autour d’eux, ce sont les autres, et c’est génial. Nous adorons ce soutien et nous apprécions les médias et ce qu’ils font. Mais je ne pense pas que nous allons tomber dans le piège de penser [que nous sommes parfaits] tout d’un coup. Le match de la semaine dernière (victoire 67-30) était loin de l’être. À la 60e minute, le match était encore indécis. Ils sont peut-être hors course pour le titre mais ils ont battu les All Blacks, les Wallabies et leur objectif sera sans doute de nous battre également. Ce sera donc un autre match difficile. Pour le moment en tête du classement, ils pourraient être champions en cas de défaite des hommes de Scott Robertson quelques heures plus tôt.
Coupe du Monde : Une revanche pour la troisième place
Deux mois après s'être séparés sur un succès historique de l'Argentine en Afrique du sud lors du dernier Four Nations, Boks et Pumas se retrouvaient pour se disputer la troisième place de la Coupe du Monde. Les pronostics penchaient en faveur des Africains, devant faire face à une équipe sud américaine auteur d'une compétition superbe, mais apparue émoussée en quarts, et depuis, privée de nombreux cadres. Pas de surprise ce soir, les Boks ont pris leur revanche et s'imposent avec la manière. Plus puissante, mieux en place, très sérieuse, l'Afrique du Sud a réalisé le match parfait pour s'emparer de la troisième place pour la deuxième fois de son histoire, après l'édition 1999. Les Argentins, encore une fois très généreux, n'ont pas trouvé les ressources pour venir à bout de leur adversaire, et manquent l'occasion de monter pour la deuxième fois sur le podium.
Pour la petite histoire, pas de record d'essai pour Habana qui malgré plusieurs occasions n'aura pas su inscrire sa 16ème réalisation, et reste à auteur du mythique Jonah Lomu…