France-Brésil 1998: Le Résumé d'un Match de Légende

Le 12 juillet 1998, l'équipe de France a gravé son nom dans l'histoire du football en remportant la Coupe du Monde face au Brésil. Revivez les moments clés de cette finale mémorable. L'affiche de cette finale de Coupe du monde est un rêve de supporter français.

Un Contexte Électrique

C’est l’affiche dont rêvaient les organisateurs de ce Mondial 1998 : le pays organisateur face au champion du monde en titre, le Brésil. Dans les gradins, rares sont ceux qui imaginaient voir les Bleus sur la pelouse du Stade de France ce soir. Au printemps, L’Équipe, le puissant quotidien sportif, avait même réclamé la tête du sélectionneur, Aimé Jacquet. En quelques semaines de compétition, lui et ses joueurs sont pourtant devenus des héros nationaux.

Ce dimanche 12 juillet 1998, la finale France-Brésil, c’est 90 minutes pour rentrer dans l’histoire. Malgré l’absence de Laurent Blanc, suspendu et pièce maîtresse de l’effectif, l’équipe de France semble sûre de sa force. Portée par les 80 000 spectateurs du Stade de France, elle dispute le match le plus abouti de sa compétition, se souvient Aimé Jacquet : "On est extrêmement conquérants. On avait décidé de jouer un peu loin de nos bases défensives pour ne pas se retrouver avec Ronaldo dans les 20 derniers mètres nous percuter. On les a obligés à jouer très défensivement." Les journalistes eux-mêmes se laissent gagner par l’euphorie ambiante.

La Domination Française en Première Période

Le match sera clairement dominé par la France. C’est un match de référence également pour le joueur français annoncé comme le leader de l’équipe : Zinedine Zidane. "Zizou" inscrit deux buts de la tête dès la première période et assure ainsi une suite de match plus sereine : "C’est Aimé qui nous explique le matin du match : je vous garantis qu’il y a des possibilités sur les coups de pied arrêtés de faire quelque chose. Il fallait y aller avec détermination car les Brésiliens n’étaient pas très hauts. C’est ce que j’ai fait. Et je marque", se réjouit rétrospectivement Zinedine Zidane. Après un premier but, c’est l’explosion dans le stade. Quelques minutes après, Zinedine Zidane marque le deuxième but. Un scénario de rêve qui surprend des Brésiliens moins tranchants que prévu, probablement sonnés par les péripéties vécues lors des heures précédentes. L’ancien joueur brésilien Sonny Anderson, lui, se souvient : "À la mi-temps, on voyait que la France gérait parfaitement la tactique, et le physique". La journaliste Nathalie Iannetta évoque encore aujourd’hui le souvenir d’un "Zidane dans une forme éblouissante" et le sentiment "qu’il ne pouvait rien arriver à cette équipe".

La Tension de la Seconde Période

En seconde période de match, une petite frayeur traverse certains dans le camp tricolore après le double carton jaune du joueur Marcel Desailly. Mais pas Fabien Barthez : "Je me suis dit : je vais me régaler. Il est à toi ce match, tu ne prends plus de but, c’est fini. Tu fermes".

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Le But Libérateur et l'Explosion de Joie

La certitude gagne alors le camp français se rappelle Maxime Dupuis, à l’époque stadier et chargé de l’accueil et de la sécurité des personnalités : "Je vois le tableau d’affichage et je vois 2-0. Je me dis qu’on n’a pas le droit de la perdre (cette finale). Ils sont à 45 minutes de rentrer dans l’histoire comme Beckenbauer, Pelé et compagnie !" Le troisième et dernier but d’Emmanuel Petit scelle la victoire française… et la défaite brésilienne que Sonny Anderson a vécue en famille à Rio : "Quand il y a le troisième but de Manu, tout le monde commence à partir, à pleurer parce que c’est vraiment fini. Je me souviens qu’une personne de ma famille m’a dit : tu t’en fiches, tu es content ! J’ai dit que je ne suis pas triste car j’ai des amis qui ont gagné la coupe du monde. On m’a dit : tu n’es pas Brésilien, tu peux rentrer !" Dans les tribunes du Stade de France, c’est l’ébullition. Pour Marie-George Buffet, alors ministre des Sports, c’est la joie mais aussi le soulagement : "Dès que ça siffle la fin du match je me suis retirée. Je suis allée à l’arrière de la tribune présidentielle parce tout était réussi. L’équipe de France était championne du monde mais l’événement était fini, il se terminait dans de bonnes conditions. Je suis revenue ensuite mais j’avais besoin de souffler. De me dire : c’est fait !"

Une Nation en liesse

La France est championne du monde pour la première fois de son histoire. Ce soir d’été, l’équipe de France remporte le célèbre trophée. Très vite, une marée humaine envahit les Champs-Élysées. Toute la nation se rassemble autour d’une équipe black-blanc-beur, quitte à oublier les fractures du pays. Dans quelques heures, un pays entier chantera, dansera, klaxonnera, grimpera sur les toits des voitures et les Abribus en agitant des drapeaux. « Zizou président ». L’histoire en retiendra une image : une marée humaine sur les Champs-Élysées, avec en fond l’Arc de triomphe illuminé par la projection d’un portrait de Zinédine Zidane. Le fils d’immigrés algériens deviendra l’incarnation d’une France unie, heureuse, optimiste. « Zizou président », lira-t-on même sur le monument napoléonien. À la Préfecture de police, la vidéosurveillance et les rapports des équipes sur le terrain conduiront à évaluer les fêtards à un million. Peut-être un peu moins, peut-être un peu plus, qu’importe : la presse soulignera qu’on n’a pas vu une telle foule depuis la Libération, et la descente des Champs par le général de Gaulle le 26 août 1944.

France-Brésil: Au-delà de 1998

Europe1.fr a listé pour vous les 5 plus beaux matches entre les deux équipes.

  1. La consécration (1998): Tous les superlatifs ont déjà été utilisé pour qualifier la performance des Bleus. Après un parcours parfait et une demi-finale stressante contre la Croatie, les Bleus retrouvent la Seleçao au Stade de France. Zinédine Zidane n'a pas encore marqué du Mondial mais il va se racheter. Deux fois. Deux coups de tête sur corner qui donnent une avance considérable aux Bleus à la mi-temps. Juste une petite frayeur pour les Bleus avec l'expulsion de Marcel Desailly à 25 minutes de la fin. Mais les joueurs d'Aimé Jacquet vérouillent le match et inscrivent même un troisième but en toute fin de match grâce à Emmanuel Petit.

  2. La loterie mexicaine (1986): La France de Michel Platini est sur un petit nuage. L’Euro 84 en poche, les Bleus arrivent au Mexique dans les meilleures conditions. En huitièmes, la France bat le tenant du titre, l'Italie et retrouve le Brésil en quarts. Le 21 juin 1986, le stade Jalisco de Guadalajara est plein à craquer. Il fait 35 degrés mais les deux équipes assurent quand même le spectacle. A cette période, le Brésil pratique un jeu qu'on appelle aujourd'hui le "football-samba". Les coéquipiers de Socrates ouvrent le score sur un très beau mouvement collectif. Mais juste avant la mi-temps, "Platoche" égalise. Malgré de nombreuses occasions, les deux équipes se neutralisent et se dirigent vers la terrible épreuve des tirs au but. Les chaussettes baissées, Platini se présente face à Carlos. Tout le monde pouvait rater son tir au but sauf lui. Et pourtant, le numéro dix envoie la balle au-dessus. Heureusement pour les Bleus, Joël Bats arrête le missile de Julio Cesar et Luis Fernandez finit le travail. La France est en demies.

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  3. La leçon (2006): Le 1er juillet 2006, la France retrouve une sélection brésilienne revancharde. La Seleçao n'a toujours pas oublié la finale perdue de 1998. Les Brésiliens démarrent fort mais n'arrivent pas à se procurer de réelles occasions. Ensuite, Zidane entre en action. Le numéro dix des Bleus signe certainement son plus beau match en équipe de France. Il ridiculise tous les Brésiliens les uns après les autres. A l'heure de jeu, c'est aussi lui qui adresse un caviar à Thierry Henry qui inscrit le seul but de la partie. Avec cette nouvelle victoire (1-0), la France devient la bête noire du Brésil en Coupe du monde. Les Bleus battront dans la foulée le Portugal avant de chuter en finale contre l'Italie. Quant à Zidane…

  4. La première (1958): Le premier France-Brésil en Coupe du monde remonte à 1958, en Suède. Les Bleus alignent une attaque de rêve pour ce match : Just Fontaine, le meilleur buteur de tous les temps sur un seul Mondial (13 buts en 6 matches), joue aux côtés de Raymond Kopa, la star du Real Madrid. Mais en face, les Garrincha, Vava et autre Zagallo font tourner le ballon à merveille. La France s’incline (5-2) et découvre aussi un nouveau joueur : Pelé. A seulement 17 ans, le Brésilien passe un triplé aux Français. En finale, le "Roi" récidive et plante un doublé pour une victoire finale (5-2). La Seleçao remporte sa première Coupe du monde.

  5. L’effet imprévisible (1997): En 1997, l’Angleterre, le Brésil et l’Italie viennent défier les Bleus au Tournoi de France, sorte de préparation à la Coupe du monde. Plus personne ne se souvient que l’Angleterre a remporté ce mini-championnat mais tout le monde se rappelle du "missile" de Roberto Carlos. Après un round d'échauffement, les Brésiliens obtiennent un coup franc à plus de 35 mètres de la cage de Fabien Barthez. Aucun danger a priori… Roberto Carlos prend dix mètres d'élan et balance une "praline". Barthez reste scotché sur sa ligne. Et pour cause, la frappe semble bien à côté au départ du ballon. Mais avec un effet totalement imprévisible, le cuir revient dans le but.

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