Maillot de Bain Beach Volley JO Paris: Évolution des Tenues et Performances Olympiques

Le beach-volley, discipline olympique depuis 1996, est en constante évolution, tant sur le plan sportif que culturel. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 sont l'occasion de constater une transformation notable dans les tenues des athlètes, avec une liberté accrue pour les joueuses de choisir leur habillement.

Un Tournant Vestimentaire aux JO de Paris 2024

Lundi 29 juillet, lors de leur entrée en lice dans le tournoi des Jeux olympiques 2024, la paire française Alexia Richard et Lézana Placette a marqué les esprits non seulement par sa victoire, mais aussi par son choix vestimentaire. Alexia Richard et Lézana Placette ont célébré leur victoire face à la paire allemande. Elles ont été les premières depuis le début du tournoi olympique de beach-volley féminin à faire ce choix. Contrairement à la majorité des équipes, elles ont opté pour un short et une brassière plutôt que le traditionnel bikini. Ce choix, permis depuis les JO de Londres en 2012, témoigne d'une évolution vers plus de liberté et de confort pour les athlètes.

L'Émancipation Vestimentaire : Un Long Chemin

La question du bikini obligatoire a longtemps été un sujet de débat dans le monde du beach-volley féminin. Si le bikini était auparavant obligatoire en compétition, il est resté dans la norme en beach-volley malgré la possibilité de choisir une autre tenue. En revanche pour le beach-handball, il avait fallu attendre 2021 pour un assouplissement de la règle, en raison notamment d'une protestation norvégienne. En 2021, l'équipe norvégienne de beach-handball avait été l'une des pionnières dans cette émancipation en choisissant de porter un short lors d'un match de l'Euro. Cet événement a mis en lumière les inégalités vestimentaires entre les sexes et a contribué à faire évoluer les mentalités.

Le Règlement : Un Cadre Évolutif

Aussi, pour respecter « les croyances culturelles et/ou religieuses » de certains pays souhaitant défendre leurs couleurs en compétitions internationales, notamment aux JO, la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) autorise un premier rallongement des tenues en 2012. Depuis les JO de Londres, les joueuses ont la possibilité de choisir. Maintenant, il y a trois choix supplémentaires », précise l’instance. En 2016, aux JO de Rio, les beach-volleyeuses égyptiennes Doaa el-Ghobashy et Nada Meawad ont été autorisées à se couvrir les bras et les jambes. Cependant, ces dispositions semblent principalement destinées aux joueuses invoquant des « motifs culturels et/ou religieux ».

Les motivations derrière le choix du short

Les Françaises veulent "éduquer le public". "On a envie que dans le beach volley, les femmes aient le choix. Lors de leur victoire face aux Allemandes ce lundi soir, les Françaises Lézana Placette et Alexia Richard portaient un short et une brassière, étant l'une des rares équipes à ne pas avoir de bikini pour le tournoi de beach-volley féminin aux Jeux olympiques de Paris. En effet, le règlement ne l'impose plus. Lézana Placette et Alexia Richard détonnent dans le tournoi de beach-volley féminin. Lors des Jeux olympiques de Paris, la paire française porte un short et une brassière plutôt que le bikini, qui garde les faveurs de la majeure partie des autres concurrentes.

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Beach-volley : Histoire et évolution d'une discipline olympique

C’est sur les plages de Santa Monica, en Californie, que la discipline fait son apparition dans les années 1920. À l’époque, il s’agit d’une simple distraction pour les familles américaines qui tentent d’échapper à la grande dépression en se rendant à la plage. La discipline se professionnalise bien des années plus tard, lors de son introduction au programme des Jeux olympiques, d’abord comme sport de démonstration à Barcelone en 1992, puis comme sport olympique à part entière en 1996 à Atlanta. Le beach-volley, officiellement volleyball de plage, est inscrit au programme des Jeux olympiques depuis l’édition de 1996. Il suscite en engouement. Qui aurait parié qu’il entrerait aux JO ? Maintenant, non seulement il y est mais en plus on peut parier en ligne sur 20Bet.

L'impact médiatique et la perception du public

Finalement, ce n’est pas tant la tenue qui dérange que l’image hyper-sexualisée de la femme qu’elle renvoie, véhiculée notamment par les médias. Une étude réalisée durant les JO d’Athènes, en 2004, a montré que respectivement 20 et 17% des images diffusées lors des épreuves de beach-volley féminin étaient des plans serrés sur la poitrine ou le fessier des joueuses. En 2012, le quotidien américain metro.us a d’ailleurs tourné en dérision ce ridicule traitement médiatique en photographiant les postérieurs de sportifs masculins. Le résultat est percutant : difficile de résumer la performance d’un lutteur ou d’un basketteur par une photo de son derrière. Alors pourquoi les beach-volleyeuses devraient-elles subir un tel traitement médiatique ? « On s’entraîne dur pour réaliser une performance sportive ; voir celle-ci réduite à des images de nos corps est extrêmement vexant », regrette Alexandra Jupiter.

Le choix du bikini : confort ou contrainte ?

Même si elles avouent elles-mêmes préférer le bikini pour son côté pratique (par rapport à un short, par exemple, où le sable viendrait plus facilement se loger), Aline et Alexandra, toutes deux issues du volley-ball en salle, déplorent une absence de choix pour les beach-volleyeuses. Finalement, les filles ne choisissent pas entre le volley-ball et le beach-volley, qui sont deux sports complètement différents, mais entre deux tenues vestimentaires. Mais ce n’est pas pour autant non plus qu’il perdra ses adeptes ! En effet, si la question du bikini est souvent soulevée dans les médias, elle ne l’est jamais dans le monde du beach-volley féminin. Celles qui sont contre, bien souvent, ne viennent pas au beach-volley. Alexandra Jupiter et Aline Chamereau, deux beach-volleyeuses françaises, nous ont donné leur point de vue sur le port du bikini.

Les enjeux de la parité et de l'égalité dans le sport

Pourtant, de fortes disparités perdurent entre hommes et femmes, en particulier au niveau des tenues. Loin d’être libres, les choix vestimentaires des sportives sont en effet limités par des contraintes de plusieurs ordres : les règlements des fédérations internationales, les propositions des équipementiers de chaque délégation nationale, l’influence des sponsors ou les normes sociales qui orientent les choix des athlètes. L’étude des règlements et usages dans une dizaine de sports emblématiques présents aux JO de Paris montre que certaines disciplines ont beaucoup évolué, alors que d’autres restent confrontées à des inégalités entre hommes et femmes.

Des sports où les règles diffèrent entre hommes et femmes

La gymnastique Le justaucorps règne sur la gymnastique féminine, malgré les réserves de plusieurs championnes de la discipline. Aux JO de Tokyo (2021), les gymnastes allemandes avaient opté pour l’unitard, une combinaison longue autorisée par le règlement mais peu répandue. « Nous voulions montrer que chaque femme, chaque personne, devrait pouvoir décider ce qu’elle veut porter », expliquait alors la gymnaste Elisabeth Seitz. Si la superstar américaine Simone Biles avait alors soutenu cette démarche, les tenues de gym ont peu évolué depuis. Elles sont encore considérées comme des pièces de « haute couture » : le New York Times s’est réjoui début juillet que les gymnastes américaines aient déjà « battu un record olympique », avec les 10 000 cristaux insérés sur chaque justaucorps de Paris 2024. « Les sports à dimension artistique, sur laquelle se fonde une partie de la notation, se distinguent par une volonté ancienne de différencier le corps des femmes et d’entretenir un idéal de féminité traditionnelle », explique l’historienne Sandrine Jamain-Samson, autrice d’une thèse sur l’histoire culturelle du vêtement sportif (2008). Ces contraintes peuvent pourtant perturber la performance des gymnastes. Beaucoup maintiennent leur justaucorps avec de la colle forte pour « essayer de porter moins d’attention à leur pubis pendant la compétition », relate Mme Jamain-Samson. Un souci accentué pendant la période menstruelle : « On a peur d’avoir une tache, ou pire que la ficelle du tampon dépasse du justaucorps », a ainsi détaillé la Française Coline Devillard au Huffington Post, racontant que les gymnastes s’arrangent collectivement pour éviter les tenues claires lorsque l’une d’entre elles a ses règles. Une pratique que l’on retrouve dans plusieurs sports d’équipe, comme le football ou le handball. Le beach handball Les disparités femmes-hommes restent criantes dans le handball de plage. En 2021, les Norvégiennes avaient reçu une amende pour avoir joué en short et non en bikini, alors que le règlement les obligeait à porter « ​​des bas de bikini (…) ajustés et échancrés », avec un haut de « style brassière courte ». « Les tenues (…) contribuent à aider les athlètes à améliorer leurs performances, ainsi qu’à rester cohérents par rapport à l’image sportive et attractive du sport », se justifie la fédération. Béatrice Barbusse, sociologue du sport à l’université Paris-Est-Créteil, dénonce cette corrélation douteuse entre l’attractivité d’un sport féminin et « l’image sexy » des joueuses. Un biais aussi ancien que leur arrivée dans les compétitions de haut niveau, dans les années 1920. « Les sportives sont prises dans une injonction à performer sans ne rien renier de leur féminité, car pèse sur elles la crainte de la masculinisation de leurs corps », analyse l’historienne Florys Castan-Vicente, maîtresse de conférences à l’université de Paris-Saclay.

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Des sports où les stéréotypes persistent en pratique

L’athlétisme Si aucune règle n’est formellement imposée par la fédération, les sprinteuses sont abonnées à l’ensemble brassière-culotte. A l’impératif d’évacuer la transpiration en cas de chaleur se mêlent de puissantes normes de genre. « Embrasser cette tenue iconique permet de s’apparenter au groupe », analyse la designeuse Lucie Gigan, qui finalise un master de recherche en design sur le vêtement sportif à l’ENS Paris-Saclay. « Elles jouent le jeu, résume Sandy Montañola, spécialiste de la médiatisation des sportives à l’université de Rennes-I. La sanction médiatique ou le manque de sponsors arrivent vite si elles ne se négocient pas avec les normes de féminité. » Les réseaux sociaux ouvrent toutefois des espaces de contestation. L’ancienne sprinteuse américaine Lauren Fleshman a ainsi critiqué sur Instagram l’échancrure des slips dévoilés en avril par l’équipementier officiel des athlètes olympiques américains. Mais l’une des ruptures les plus emblématiques reste celle de l’athlète australienne aborigène Cathy Freeman, qui a remporté le 400 mètres à Sydney, en 2000, dans une combinaison intégrale, capuche comprise, qu’elle a décrit plus tard comme un cocon améliorant sa concentration. Le tennis La fédération internationale n’impose aucune tenue et ne fait pas de distinction entre femmes et hommes, mais la jupette reste la norme pour les joueuses. Au début des années 2000, la championne française Amélie Mauresmo a été vivement critiquée pour avoir osé fouler les courts de Roland-Garros en short. Près de vingt ans plus tard, en 2018, l’Américaine Serena Williams choquait en optant pour une combinaison intégrale noire, au point que la tenue a été interdite par le tournoi. « Je crois qu’on est parfois allé trop loin, déclarait alors Bernard Giudicelli, président de la Fédération française de tennis, à Tennis Magazine. La combinaison de Serena cette année, par exemple, ça ne sera plus accepté. Il faut respecter le jeu et l’endroit. » Une polémique qui rappelle celle des années 1920 autour des costumes jugés impudiques de Suzanne Lenglen, qui jouait en jupe courte et légère pour libérer son mouvement. « La transgression des normes de genre a un coût pour les championnes qui s’y risquent : rappels à la norme par des remarques ou des insultes, mise à l’écart, perte de sponsors, voire exclusion », rappelle l’historienne Florys Castan-Vicente, citant le cas de Violette Morris, pionnière du pantalon, empêchée de participer aux JO de 1928.

Des sports où les règles ont récemment évolué

Le beach-volley Né sur les plages californiennes dans les années 1920, le beach-volley a mis du temps à se débarrasser d’un certain nombre de stéréotypes de genre. Depuis 2012 seulement, le bikini n’est plus obligatoire et il est possible de porter un legging ou un bermuda assorti d’un tee-shirt à manches courtes ou longues. Le règlement détaille aussi, schémas à l’appui, tous les équipements additionnels pouvant être adoptés par les sportives en raison de « croyances culturelles ou religieuses ». Les épreuves de beach-volley de Paris 2024, entamées le 29 juillet, confirment l’appropriation progressive par les joueuses de ces nouvelles tenues. La natation La fédération internationale de natation liste chaque année les équipements autorisés en compétition. En 2010, elle a interdit les combinaisons intégrales en polyuréthane qui avaient permis de battre nombre de records. Plus récemment, en 2022, elle a aussi autorisé des équipements revendiqués par certaines athtèltes, comme le bonnet de natation adapté aux cheveux noirs naturels. Une « avancée sans précédent pour le sport, le choix, l’inclusion et l’acceptation », s’est réjouie la nageuse britannique Alice Dearing, qui n’avait pas pu porter un tel bonnet aux JO de Tokyo (2021). « Les costumes sportifs ont été pensés, dans un premier temps, par des hommes et pour des hommes, observe Sandrine Jamain-Samson. Puis les femmes ont montré qu’elles pouvaient gagner des médailles et elles ont obtenu un vestiaire, mais on n’a pensé qu’à une population blanche. » Jusque dans l’entre-deux-guerres, les femmes enfilaient la même combinaison que les hommes aux larges bretelles. Mais « l’indifférenciation vestimentaire a suscité une angoisse : était-ce un homme ou une femme qui nageait ? », retrace l’experte. Le port d’une jupette de 8 centimètres au minimum s’est donc imposé dans les années 1930. Une taille réglementaire abandonnée dans les années 1950, au profit d’une plus ambiguë « règle de décence » encore en cours. Les hommes n’ont, quant à eux, pas le droit de porter un bas qui les couvre au-dessus du nombril afin d’éviter le retour à des combinaisons.

Des sports aux tenues égalitaires

Le handball Sans faire de distinction de genre, la fédération de handball impose à ses joueurs et joueuses de porter « une tenue uniforme ». Mais l’égalité s’obtient au prix d’une mobilisation intense, selon la sociologue du sport Béatrice Barbusse. Vice-présidente déléguée de la Fédération française de handball, elle raconte avoir déjà reçu d’un sponsor des vestes, chemises et pantalons qui étaient « des reliquats de petite taille d’une équipe masculine d’un autre sport collectif, qui ne correspondent pas à la singularité des morphologies féminines ». « Si on ne monte pas au créneau, on n’existe pas », regrette-t-elle. « Les équipements de sports collectifs ont tendance à être conçus au masculin par défaut, abonde la designeuse Lucie Gigan. Ce qui peut provoquer des sensations de gêne ayant un impact sur la qualité de jeu. » Le judo La seule spécificité dans le judo est l’obligation pour les femmes de porter un tee-shirt blanc sous le kimono. Mais elle ne fait pas débat. « C’est vu comme la marque d’une certaine pudeur, dans un sens positif, afin de protéger les femmes, analyse Sandrine Jamain-Samson. Le kimono neutralise toute forme de sexualisation des corps. Ce qui intéresse ici, c’est de voir l’autre chuter. » Cela n’empêche pas la discipline d’être traversée par les questions de genre, telle que la difficulté à assumer un kimono blanc pour des athlètes ayant leurs règles. Les kimonos bleus, qui ont fait leur entrée au Tournoi de Paris en 1997 afin de mieux distinguer les adversaires, en suscitant les réserves des traditionalistes, apparaissent ainsi comme une avancée pour les femmes.

Les attentes pour Paris 2024

Les épreuves de beach-volley de Paris 2024, entamées le 29 juillet, confirment l’appropriation progressive par les joueuses de ces nouvelles tenues. Les Américaines et les Scandinaves favoris pour l’or. Pour conserver le titre féminin remporté par Alexandra Klineman et April Ross à Tokyo, les Etats-Unis misent sur les paires Sara Hughes/Kelly Cheng et Kristen Nuss/Taryn Kloth. Soit les championnes du monde en titre et les vainqueures du circuit mondial en 2023. A noter que les numéros unes mondiales sont actuellement les Brésiliennes Ana Patricia Ramos/Duda Santos Lisboa. Chez les garçons, il faut aller dans le Nord de l’Europe pour retrouver les meilleurs joueurs. Très loin des eaux chaudes de Californie ! Le classement mondial est dominé par les Suédois David Åhman/Jonatan Hellvig - n°1 Mondiaux en 2023 -, devant les Norvégiens Anders Mol/Christian Sørum. - champion olympique en titre et n°1 Mondiaux en 2018, 2021 et 2022. Des Iséroises pour créer la surprise ? Pays organisateur, la France peut aligner deux paires féminines et masculines. Quatre duos qui ne partent pas du tout favoris pour faire une médaille, ce qui n’est jamais arrivé ni aux JO ni aux Mondiaux. Chez les garçons, les paires tricolores sont 34e (Bassereau/Lyneel) et 35e (Krou/Gauthier-Rat) au classement mondial. Les filles sont, elles, 27e (Placette/Richard) et 32e (Vieira/Chamereau). Autant que ce serait un authentique exploit de voir les Iséroises Lézana Placette et Clémence Vieira monter sur le podium.

Un écrin magnifique pour le beach-volley

Très loin de l’odeur iodée de l’océan ou de la mer, le tournoi olympique parisien de beach volley se déroulera en pleine ville. Mais dans un cadre exceptionnel : celui du Champ-de-Mars, au pied de la Tour-Eiffel.

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