Légendes du Football Portugais : Un Onze de Rêve à Travers l'Histoire

Le football, ou futebol en portugais, est plus qu'un simple sport au Portugal ; c'est une véritable religion, une passion qui unit les générations et transcende les clivages sociaux. Des figures emblématiques comme Eusébio et Cristiano Ronaldo ont marqué l'histoire du football mondial, hissant le Portugal parmi les nations les plus respectées. Cet article explore l'histoire riche du football portugais en présentant un onze idéal de légendes, un panthéon de joueurs qui ont incarné l'excellence, la passion et l'esprit de la Seleção das Quinas.

Gardien : Vitor Baia

Vitor Baia (80 sélections, entre 1990 et 2002) est une légende de la Seleção, et considéré comme l'un des plus grands gardiens de l’ère moderne. Premier joueur à atteindre les 75 sélections avec le Portugal (le 16 août 2000), il est parmi les joueurs les plus titrés du monde en club (35 trophées). Surdoué et bourreau de travail, il a débuté dans les buts du FC Porto à 18 ans et est devenu titulaire en sélection à 21 ans. Hormis un passage compliqué au Barça (1996-1998), il s’est imposé comme l’idole des gardiens portugais actuels. Il a échoué en demi-finale de l’Euro 2000 et a connu le flop du Mondial 2002. Après cela, il ne sera plus appelé en sélection, et ratera l’Euro 2004, alors qu’il venait de remporter la Ligue des champions avec Porto. Bien que Rui Patricio ait été un acteur majeur de la victoire à l’Euro 2016, Vitor Baia reste considéré comme le meilleur gardien portugais de tous les temps. Sa longévité, ses réflexes impressionnants et son leadership en ont fait un pilier de l’équipe nationale pendant plus d’une décennie. Il a particulièrement brillé lors de l’Euro 2000, contribuant grandement au parcours du Portugal jusqu’en demi-finale.

Latéral Droit : Joao Pinto

Joao Pinto (70 sélections, entre 1983 et 1996), capitaine du FC Porto champion d’Europe en 1987, est l’un des joueurs portugais les plus représentatifs des années 80 et 90. Il a débuté en sélection en 1983 contre la France, à 21 ans, et a longtemps détenu le record de sélections, avant d’être battu par Vitor Baia. Joueur clé de l’épopée à l’Euro 1984 (demi-finale), il sera diminué par une pleurésie au Mondial 1986. Surnommé Capitão, il avait ému le Portugal par ses larmes, à la suite de l’échec du Portugal en qualifications pour la Coupe du monde 1994. Bryan Robson, qui l’a dirigé à Porto, a déclaré : « Il a deux cœurs et quatre jambes, c’est extrêmement difficile de trouver un joueur comme lui ». À ne pas confondre avec son homonyme plus offensif, João Pinto est certainement le meilleur latéral droit de l’histoire de la sélection. Ce défenseur polyvalent s’est imposé comme un élément clé de la Seleção das Quinas pendant plus d’une décennie. Sa ténacité et sa lecture du jeu en ont fait un joueur très apprécié. Il est notamment titulaire durant l’Euro 1984 qui voit le Portugal atteindre les demi-finales.

Défenseur Central : Pepe

Retrouver Pepe à la place de l’illustre Fernando Couto dans le onze idéal de la sélection portugaise peut surprendre. Mais le défenseur d’origine brésilienne de 33 ans, naturalisé en août 2007 et sélectionné pour la première fois dans la foulée, a tant apporté à la Seleçao qu’il le mérite bien. Tenace, physique, souvent critiqué pour son agressivité et son vice, Pepe s’est imposé comme un pilier de la Seleçao, permettant la transition entre les générations. Indéboulonnable au Real Madrid également, Pepe est une valeur sûre, et son superbe Euro 2016, qui pourrait s’accompagner d’un titre, justifie cet honneur. Pepe réalise un Euro remarquable. Pepe est sans doute le meilleur défenseur central de l’histoire du Portugal, et l’un des meilleurs défenseurs de sa génération. Son impact dans les duels, son sens du placement et sa capacité à intimider les attaquants adverses en ont fait un élément indispensable de la sélection. On peut d’ailleurs le considérer comme le meilleur joueur du Portugal victorieux à l’Euro 2016.

Défenseur Central : Ricardo Carvalho

Meilleur défenseur du monde en 2004, une année au cours de laquelle il a remporté la Ligue des champions avec Porto et a été immense avec la sélection à l’Euro (nommé dans l’équipe-type du tournoi), Ricardo Carvalho est encore là, 12 ans après. Le successeur de Fernando Couto a dépassé son aîné, grâce à une régularité superbe. A Porto, Chelsea ou au Real Madrid, il s’est imposé comme une référence pendant une décennie. Membre de l’équipe-type de la Coupe du monde 2006, il prit sa retraite internationale en 2011, en conflit avec Paulo Bento, mais revint sur sa décision en octobre 2014. S’il n’a plus la même vivacité, son expérience reste un énorme atout, et Monaco en profite depuis 2013. Moins charismatique que Fernando Couto, Ricardo Carvalho intègre néanmoins notre onze de légende Portugal. Il prend d’ailleurs la place de son illustre aîné après la défaite initiale contre la Grèce à l’Euro 2004 et permet de stabiliser la défense jusqu’en finale. Par la suite, il forme une bonne charnière avec plusieurs partenaires au fil des ans, contribuant grandement à la solidité défensive du Portugal lors des grandes compétitions.

Lire aussi: Nouvelles recrues et codes du volley-ball et basketball

Latéral Gauche : Augusto Inácio

Augusto Inácio (25 sélections, entre 1976 et 1986) a participé à toutes les campagnes du Portugal pendant dix ans, débutant sa carrière internationale pour les qualifications du Mondial 1978 et la terminant dix ans plus tard, au Mondial 1986. Il était également présent deux ans plus tôt, en France, lors de l’Euro 1984. Au cours de sa carrière de joueur, il n’a connu que deux clubs : le Sporting et Porto. Il a remporté tous les titres possibles au Portugal, le Championnat, la Coupe et la Supercoupe, mais aussi la Coupe des clubs champions en 1987.

Milieu de Terrain : Mário Coluna

Mário Coluna (57 sélections, entre 1955 et 1968) est parti deux mois après son ami et frère spirituel Eusébio, en février 2014. Comme son illustre compagnon, O Monstro Sagrado avait tout : une vision du jeu sensationnelle, une puissance incroyable et une endurance superbe. En plus de ce talent fou, Coluna était un leader naturel. « Sur le terrain, j’étais le seul à parler. Les autres devaient se taire, même Eusébio », avait-il expliqué. Nommé parmi les 100 meilleurs joueurs du XXe siècle, il était le capitaine des Magriços au Mondial 66. Surnommé O Monstro Sagrado (Le Monstre Sacré), Mário Coluna a été l’un des premiers grands joueurs de l’histoire du football portugais. Milieu de terrain très complet, il se distinguait par son abattage, sa vision du jeu et son sens du but. Son entente avec Eusébio au Benfica et en sélection a longtemps fait des merveilles. Nommé capitaine suite à la blessure de Germano dès le premier match, il éblouit la Coupe du Monde 1966 de tout son talent et aide en grande partie Eusébio à finir meilleur buteur de la compétition.

Milieu de Terrain : Fernando Chalana

Même si son passage à Bordeaux n’a pas laissé un souvenir impérissable (un transfert record de 18 millions en 1984, suivi de trois saisons perturbées par les blessures), Fernando Chalana (27 sélections, entre 1976 et 1988) mérite amplement sa place dans ce 11. Meneur de jeu de poche, dribbleur déroutant, doté d’une qualité de passes exceptionnelle, aussi habile des deux pieds même si la légende le qualifie de pur gaucher, « Chalanix » (surnom donné par la presse portugaise dès ses années girondines) est une institution à Benfica, avec qui il a été six fois champion et où il dirige désormais les U19. La popularité de celui qui fut élu joueur portugais de l’année en 1976 et 1984 dépasse même le cadre lisboète, notamment pour son statut de héros malheureux lors du mythique France-Portugal (3-2), en demi-finale de l’Euro 84, pendant lequel ses deux passes décisives pour Jordão n'ont pas suffi pour expédier la Seleçao en finale.

Milieu de Terrain : Deco

« Magie + football = Deco », était-il tagué sur les murs menant au centre d'entraînement de Porto, en 2004. Une formule qui résume l’ancien meneur de Porto, vainqueur de la C3 en 2003 et de la C1 en 2004. Brésilien naturalisé portugais, il alliait une technique très fine à une résistance digne d’un marathonien et se distinguait par une vision du jeu exceptionnelle. Au Barça, il a reculé d’un cran pour devenir milieu relayeur, sans problème d'adaptation. Il a d'ailleurs remporté une deuxième Ligue des champions avec le club catalan, en 2006. Partout où il est passé, il a été sacré champion : à Porto (1999, 2003 et 2004) et au Barça (2005 et 2006), donc, mais aussi à Chelsea (2010) et à Fluminense (2010 et 2012), où il a terminé sa carrière en 2013. Deco (75 sélections, entre 2003 et 2010), milieu de terrain créatif et technique, a su apporter une touche de magie supplémentaire au jeu portugais. Ce Brésilien naturalisé en 2002 est vite devenu indispensable en sélection. Sa vision du jeu, ses passes millimétrées et sa capacité à marquer des buts importants en ont fait un joueur clé de la génération dorée portugaise des années 2000. Deco réalise notamment un Euro 2004 et une Coupe du Monde 2006 de haute volée, ce qui permet au Portugal de se hisser en finale et en demi-finale.

Attaquant : Luis Figo

Luis Figo (127 sélections, entre 1991 et 2006) était le leader de la « génération en or », celle des Rui Costa, Fernando Couto, Paulo Sousa et Joao Pinto, qui n'a pourtant rien gagné : demi-finaliste de l'Euro 2000 et du Mondial 2006, à chaque fois éliminée par les Bleus, et finaliste de son Euro en 2004. Ce joueur à la technique fine et à la frappe délicieuse, habile des deux pieds, régalait les supporters avec ses buts incroyables. Enfin, quand il évoluait dans leur club… Son départ du Sporting ou du Barça, pour le Real Madrid en 2000, a été très mal vécu. Cette année-là, il est devenu le premier « Galactique », le joueur le plus cher du monde (65 millions d’euros) et a remporté le Ballon d’Or, trente-cinq ans après Eusébio. S’il n’a pas gagné de titre avec la Seleçao, il s’est rattrapé en club, avec la Liga, la Serie A, des Coupes nationales, sans oublier la Ligue des champions en 2002. Luis Figo est l’un des joueurs les plus talentueux et influents de l’histoire du football portugais. Ailier rapide, technique et créatif, il a terrorisé les défenses adverses pendant plus de 15 ans. Son leadership en a fait le capitaine emblématique de la génération dorée portugaise des années 2000. D’ailleurs, le Portugal n’a jamais perdu un match avec un but de Luis Figo. A l’instar de Rui Costa, il remporte la Coupe du Monde des moins de 20 ans en 1991 mais n’aura jamais gagné de trophée avec la sélection A.

Lire aussi: Légendes du football italien

Attaquant : Eusébio

Eusébio da Silva Ferreira (64 sélections, entre 1961 et 1973), Ballon d’Or 1965, meilleur buteur de la Coupe du monde 1966 où le Portugal obtint son plus beau classement, une troisième place derrière l’Angleterre et l’Allemagne. Une icône : quelques heures après l’annonce de sa mort, en janvier 2014, le gouvernement portugais avait décrété trois jours de deuil national. Celui qui était surnommé la « Panthère noire » pour son style alliant puissance et finesse a été onze fois champion du Portugal et a soulevé la Coupe nationale cinq fois, toujours avec le Benfica. Il a également remporté la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1962. Ce joueur au dribble élégant était un buteur incroyable : 733 en 745 matches officiels, dont 319 en 313 rencontres de Championnat portugais. L'un des plus grands joueurs de l'histoire. Eusébio est le plus grand joueur portugais du 20ème siècle. Attaquant complet, doté d’une vitesse fulgurante et d’une frappe de balle exceptionnelle, il était considéré comme l’égal de Pelé par de nombreux observateurs. Son exploit le plus mémorable reste la Coupe du Monde 1966 où il termine meilleur buteur avec 9 buts. Dans une compétition marquée par les tacles violents, il parvient malgré tout à montrer toute l’étendue de son talent et à hisser le Portugal à la troisième place. A sa mort en 2014, 3 jours de deuil national sont décrétés au Portugal. Né en 1942 au Mozambique (ancienne colonie portugaise), c’était un buteur exceptionnel, capable de marquer dans n’importe quelle situation.

Attaquant : Cristiano Ronaldo

Triple Ballon d’Or, triple vainqueur de la Ligue des champions, triple Pichichi (meilleur buteur du Championnat espagnol), recordman des sélections et des buts (61), meilleur buteur de l'histoire de la Ligue des champions (94 buts)… Cristiano Ronaldo (132 sélections, de 2003 à aujourd'hui), c’est un palmarès monstrueux, à la mesure du joueur qu’il est. S’il a un talent inné, il a su le développer grâce aux milliers d'heure passées à sculpter son corps dans le gymnase, prendre soin de ses pieds, de son poids (85 kg), de son sommeil ou à faire des heures sup à l'entraînement. Il ne lui manque qu’un titre avec la Seleçao pour faire de lui le plus grand footballeur portugais de tous les temps. Finaliste malheureux il y a douze ans, il aura une deuxième chance ce dimanche contre la France. Avec ses 807 buts et 1110 matchs, le Madérois de 37 ans accède au titre de meilleur buteur de tous les temps en 2022. Cristiano Ronaldo est le meilleur buteur et le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection. Son leadership, sa mentalité de vainqueur et son sens du but inégalable ont permis au Portugal de nourrir de nouvelles ambitions. Peu en vue à l’Euro 2016 hormis son doublé contre la Hongrie, il sort sur blessure en finale mais galvanise ses coéquipiers depuis le banc. Il marque également un triplé légendaire contre l’Espagne au Mondial 2018. Il est impossible de parler des meilleurs joueurs portugais de l’histoire sans citer Cristiano Ronaldo. Véritable bourreau de travail, il est doté d’un physique solide grâce à sa volonté de s’entrainer sans cesse pour devenir encore meilleur. Agile des 2 pieds comme de la tête, CR7 est un buteur exceptionnel, capable de marquer dans toute situation. Avec 837 buts en 1166 matchs, il fait également partie des meilleurs buteurs de tous les temps. Cristiano Ronaldo est l’un des 2 seuls joueurs à avoir remportés le Ballon d’or à cinq reprises. Il est également le meilleur buteur de l’histoire du Real, du Portugal et de la LDC.

Remplaçants de Luxe

Manuel Bento (g.), Fernando Couto, Paulo Sousa, Rui Costa, Paulo Futre, Pedro Miguel Pauleta.

L'Héritage et l'Avenir du Football Portugais

Considéré comme l’un des plus grands pays de foot, le Portugal a vu passer de nombreux joueurs extrêmement talentueux. De l’avènement d’Eusébio aux exploits récents de Cristiano Ronaldo, en passant par la génération maudite emmenée par Luis Figo, la Seleção das Quinas a toujours su briller sur la scène internationale.

L'histoire du football au Portugal commence au 19e siècle. Les portugais nantis envoient leurs enfants étudier en Angleterre. Le tout premier match au Portugal a lieu en 1875, à Madère. La Fédération du Portugal de football est fondée en 1914 (União Portuguesa de Futebol). Elle a pour but d'organiser des compétitions nationales et de mettre en place une sélection nationale. En 1966, la sélection portugaise connaît son premier fait de gloire lors de la Coupe du monde, au cours de laquelle elle élimine le Brésil, double tenant du titre, et n'est éliminée qu'en demi-finale par le pays-hôte et futur vainqueur, l'Angleterre. Il n’en faut pas plus au régime de l'Estado Novo pour décider d'utiliser le football pour asseoir sa popularité.

Lire aussi: Onze de légende : Analyse

Presque tous ces joueurs ont joués pour l’un des 3 clubs emblématiques du pays, Benfica, Sporting ou FC Porto.

tags: #legende #portugaise #football