JS Cherbourg Manche Handball: Histoire et Évolution d'un Club Passionné

La JS Cherbourg Manche Handball, un club emblématique de la région, possède une histoire riche et une identité forte, ancrée dans le paysage sportif local. Depuis sa fondation en 1969, le club a su évoluer et se développer, marquant de son empreinte le handball normand.

Genèse du Club: Une Fusion Historique

Le club est né le 18 septembre 1969, fruit de la fusion de deux entités sportives déjà bien établies: le Stade Léo-Lagrange, créé en 1959, et l'Union laïque Jean-Macé, fondée en 1963. Cette union a donné naissance à un club ambitieux, qui allait rapidement se faire un nom dans le monde du handball. Les pères fondateurs de cette fusion sont Victor Pierre et Claude Chadée.

Structure et Organisation: Une Machine Bien Huilée

Au fil des années, la JS Cherbourg a su se structurer et se professionnaliser. Lors de la saison 2016-2017, le club comptait une douzaine de salariés, épaulés par une équipe de 80 bénévoles passionnés, ainsi qu'une quinzaine de joueurs professionnels. Cette organisation témoigne de l'engagement et de la mobilisation autour du club.

Budget et Finances: Une Croissance Constante

Le budget du club a connu une évolution significative au fil des années, reflétant son développement et ses ambitions. Pour la saison 2016-2017, il s'élevait à 1,65 million d'euros, contre 1,2 million d'euros en 2015-2016 et 600 000 euros en 2012-2013. Cette augmentation constante témoigne de la confiance des partenaires et du soutien des supporters. En 2015-2016, le club emploie 20 salariés.

Le Complexe Sportif de Chantereyne: Un Lieu Emblématique

La JS Cherbourg évolue au complexe sportif de Chantereyne, un lieu chargé d'histoire et de passion. Inauguré le 23 mai 1975, ce complexe a accueilli les handballeurs cherbourgeois quelques semaines plus tard, au début de la saison 1975-1976. Marcel Clairet, ancien joueur du club, se souvient que la JS Cherbourg s’est installée à Chantereyne quelques semaines après l’inauguration, au début de la saison 1975-1976, alors que l’équipe venait de remonter en Promotion d’Excellence (niveau régional).

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Marcel Clairet et Stéphane Grout, figures historiques du club, reviennent sur près de 50 ans d’amour avec le chaudron cherbourgeois.

Cependant, le complexe sportif Chantereyne va se refaire une beauté et n’accueillera plus la JS Cherbourg (Manche) pendant au moins trois ans, pour cause de travaux. Chantereyne part en congés et laisse ainsi en suspens une grande part de l’histoire de la JS Cherbourg (Manche). En effet, le grand complexe sportif cherbourgeois sera en travaux pour au minimum trois ans, alors que ses locataires handballeurs de toujours, actuels 2es de Proligue, se préparent à une possible montée en Starligue, la première de leur histoire.

Le tout premier évènement sportif de l’histoire de Chantereyne était un match de… basket-ball, entre le CB Caen et l’ASPTT (Manche). Le soir de l’inauguration, le 23 mai 1975. La victoire était revenue au CB Caen (Calvados) face à l’ASPTT (Manche) pour l’inauguration de la salle Chantereyne à Cherbourg (Manche), le 23 mai 1975.

Stéphane Grout : En arrivant à Chantereyne, la première image qui l’a marqué, c’est ce grand rideau qui séparait de la patinoire. À l’époque, on pouvait l’écarter un peu, alors il est tout de suite allé voir à quoi ça ressemblait. Étant minot, il ne connaissait pas.

Stéphane Grout se souvient d’un gardien à l’ancienne, avec sa blouse. On avait l’impression qu’il vivait là-bas 24 h/24. Il nettoyait Chantereyne comme si c’était chez lui. Il nous engueulait souvent, pour les chewing-gums, etc. Quand on mettait les chaises sur les dossiers, il nous mettait des claques sur les genoux, il nous coursait parce qu’on ne nettoyait pas le vestiaire… J’ai encore l’image de ce gardien.

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Marcel Clairet se souvient que leur premier réflexe, ça a été de se dire : « Ils ont foiré les tribunes. Son deuxième combat, ce fut ce rideau, installé dès le début et qu’il a rarement vu levé pour une manifestation. Il a réussi à faire construire une cloison, en 1984-1985. Quand tu jouais gardien de ce côté-là du terrain, tu étais saisi par le froid provenant de la patinoire. Alors, le but, c’était de gagner le toss, pour être de l’autre côté. Pour l’anecdote, il s’est aussi battu pour la faire démonter. En 2015, il leur a dit : « Maintenant qu’on n’a plus de patinoire, il faut péter ça !

La salle Chantereyne a également été inaugurée par un concours de patinage artistique.

Stéphane Grout : Une des forces de Chantereyne, c’est la proximité du public et sa résonnance.

Marcel Clairet : Le Championnat du monde B en 1989 l’a marqué. C’était une semaine de handball, avec quatre équipes nationales (Bulgarie, Islande, Koweït, Roumanie). C’est la première fois qu’on a installé des tribunes derrière les buts. La mairie ne pouvait pas nous le refuser. Il y a eu aussi le tournoi des Pays Latins, les championnats du monde universitaires, un France B-Japon… Le public a été habitué à des grandes rencontres de handball, et le club de Gonfreville-l’Orcher nous a bien aidés pour ça.

Stéphane Grout : Une date très importante est celle de la montée en N2, en juin 2008. On était passés par un barrage, contre Saint-Maur. Après la victoire chez eux 31-32 à l’aller, on les recevait au retour, le samedi (victoire 35-32). On avait calé le match à 18 h, non pas pour attirer le public, mais plutôt pour pouvoir faire une soirée derrière (Rires). Ce jour-là, on a eu 1 000 personnes à Chantereyne. À l’époque, les matches étaient gratuits. On a alors invité plein de monde, venant de tous les sports. Notamment des minots. On faisait les matches le dimanche après-midi, c’était le plus simple pour eux. Et tous ces minots qu’on a invités, qui ont adhéré au projet de la JSC, en grandissant, ils sont revenus avec leurs familles. Et je suis sûr qu’on en retrouve aujourd’hui dans le public. On a toujours invité, aussi, les clubs périphériques à Chantereyne. C’est comme ça qu’on a fédéré.

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Marcel Clairet : Chantereyne, c’était leur deuxième maison. On l’aimait tellement qu’on en avait les clefs. On y a fait nos jours de l’an, nos fêtes entre copains… On a toujours vécu dans Chantereyne. C’était leur vie. Durant toutes les années 1980, le budget de la JSC tenait sur un tournoi de foot en salle, qui était très suivi ici. On a fait des finales à 1 500 personnes. Nous, les handballeurs, on a été les premiers locataires avec l’ASPTT (basket), partis depuis à Nordez.

Stéphane Grout : En 2007. Il faut savoir d’ailleurs que ce kop s’est créé avec des personnes « lambda » n’ayant rien à voir avec le handball ! David Tessonneau, son responsable, n’est pas du tout un handballeur. On s’est très vite aperçu qu’il fallait créer du spectacle à Cherbourg. Il faut que ça tire 80, peut-être 100 fois dans le match. Il vaut mieux gagner 40-39 que 21-20. Chantereyne, je dis souvent que c’est un petit Marseille, un petit Vélodrome.

Parcours Sportif: Une Progression Remarquable

Le parcours sportif de la JS Cherbourg a été marqué par une progression constante, avec des moments forts et des étapes importantes.

  • 2008-2009: Accession en Nationale 1: Au terme de la saison 2008-2009, le club accède pour la première fois de son histoire en Nationale 1, après avoir remporté sa poule et été sacré Champion de France en Nationale 2. Cette accession est le fruit d'une équipe enthousiaste, solidaire et déterminée, ainsi que d'un public passionné de plus de 1500 personnes.

  • Accès au 3ème niveau: Pour ses 40 ans, la JSC a accédé au 3ème niveau de la hiérarchie du handball National avec l’espoir d’y figurer en bonne position grâce à un effectif jeune et encore très perfectible vu son potentiel.

  • Accession en ProD2: Après 5 saisons passées au troisième échelon français et avec des ambitions très vites annoncées, le club obtient une promotion historique au niveau supérieur, la ProD2. Soixante dix ans après l’ASC foot, la ville de Cherbourg possède de nouveau un club sportif professionnel.

  • Première saison en ProD2: La JS Cherbourg accède, pour la première fois de son histoire, au championnat pro D2. Son ambition est, d'abord, d'assurer son maintien. Elle compte pour cela sur une équipe surmotivée, qui a gardé son ossature de la saison passée et qui bénéficie du renfort de six joueurs expérimentés. La JSC entame le championnat par une défaite à Billère (Pyrénées-Atlantiques). Mais elle enchaîne par trois victoires, ce qui lui vaut une flatteuse deuxième place à l'issue de la quatrième journée. Cette brillante entrée en matière met la JSC sous les feux de la rampe. À la moitié du championnat, la JSC a retrouvé un rang (6e) plus conforme à son statut, mais elle continue d'impressionner ses adversaires et ne s'en laisse jamais compter. La fin du championnat est un peu plus difficile, avec notamment quatre défaites de suite le printemps venu, mais la JSC limite ensuite la casse et conserve une remarquable cinquième place. La qualification de la JSC pour les matchs d'accession en première division fait rêver ses supporteurs. Les équipes classées entre la 2e et la 5e places participent aux play-offs. Avec une moyenne de 2 300 spectateurs, Cherbourg se classe comme première affluence du championnat pro D2 et la septième du handball français. Du coup, les recettes du club à domicile ont fait un bond cette saison, jusqu'à 165 000 €.

  • Saison 2023-2024: Alors que le complexe sportif Chantereyne va se refaire une beauté et n’accueillera plus la JS Cherbourg (Manche) pendant au moins trois ans, pour cause de travaux, ses locataires handballeurs de toujours, actuels 2es de Proligue, se préparent à une possible montée en Starligue, la première de leur histoire.

Le Club Manche revient ce lundi sur la défaite rocambolesque des handballeurs cherbourgeois contre Créteil. Tout a basculé en dix secondes. "Incroyable", "du jamais vu", "un uppercut"… Les supporters de la salle Jaurès à Cherbourg étaient groggy vendredi soir au buzzer. Malgré une grosse prestation collective face à Créteil, l'un des cadors de Proligue, les Mauves se sont inclinés dans une fin de match qui restera dans les mémoires. Devant au score à une poignée de secondes de la fin de la partie, les cherbourgeois vont encaisser deux buts en seulement… dix secondes. Que retenir d'un tel scénario ?

Formation et Recrutement: Un Savoir-Faire Reconn

Plusieurs joueurs passés par la JS Cherbourg (Manche) évoluent désormais au plus haut niveau du handball français. Parti récemment à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) en cours de saison, Paul-Louis Guiraudou vient s’ajouter à la liste déjà bien fournie des joueurs passés par la JS Cherbourg (Manche) avant de rejoindre la Starligue. Un nouveau transfert qui témoigne d’un certain savoir-faire mauve en matière de recrutement et de formation.

Stéphane Grout, le directeur sportif du club, note que le club est inspiré dans son recrutement et fait souvent des choix judicieux. Pour rassurer les fans qui s’inquiètent du départ précipité de « Pilou » Guiraudou, élément moteur du groupe, la JSC sait faire preuve de flair quand il s’agit de remplacer des joueurs partis précipitamment. Ce fut le cas avec le chouchou de Chantereyne Lucas Vanègue, échangé contre Dmytro Gunko en février 2021 et sacré meilleur joueur de Proligue en juin 2022, ou encore le maître à jouer argentin Nicolas Bono, venu pallier l’an passé le lapin posé par Rodrigo Perez Arce.

Savoir dénicher des pépites, c’est bien. Encore faut-il savoir les polir. À Cherbourg, ils gagnent en visibilité et tapent dans l’œil des recruteurs de l’élite. Pour ce dirigeant historique, il n’y a « rien de frustrant » à voir des bons éléments céder aux sirènes de la Starligue et quitter le navire cherbourgeois. « Je dirais même que c’est plutôt valorisant. On est content de ça, c’est une belle vitrine pour la JSC. Pour les joueurs, pour les parents, c’est le signe que nous sommes un bon club formateur », dit-il.

Stéphane Grout : Chantereyne, c’est devenu un effet marketing. Au-delà de son jeu, de sa formation ou autre, la JS Cherbourg est aussi reconnue pour son public. On s’en est aperçus dans les phases de recrutement, des joueurs viennent pour ça. Ici, ils ont un côté un peu « starisé ».

L'Équipe et l'Entraîneur: Une Dynamique Familiale

Nicolas Tricon est le nouvel entraîneur des Mauves. Il a succédé à Chérif Hamani à la tête des Mauves la saison prochaine. Il s'agit de Nicolas Tricon, un entraîneur de 50 ans qui a fait l'essentiel de sa carrière à Montélimar.

Nicolas Tricon et Lukas Christin ne portent pas le même nom de famille. Les deux hommes ne souhaitaient pas non plus le crier sur tous les toits. Réunis pour la première fois de la saison en conférence de presse avant la réception de Limoges en Proligue, Nicolas Tricon et Lukas Christin ont évoqué ce lien père-fils qui doit cohabiter au quotidien avec une relation coach-joueur. "Je pense qu’on a trouvé un bon équilibre. C’est une question d’habitude. Tu as l’entraînement et quand tu rentres à la maison, tu fais la part des choses. Le pivot a donc l’habitude de cette situation, pas toujours facile à gérer : « Je pense être un joueur comme un autre dans l’effectif. C’est même parfois un peu plus difficile, parce qu’il faut répondre à plus d’attente. Il faut toujours donner plus pour prouver que tu as vraiment ta place dans le groupe. » (Lukas Christin) L’entraineur Nicolas Tricon ne fait aucun favoritisme. Lukas Christin n’est d’ailleurs pas titulaire et doit se contenter de quelques minutes de jeu par-ci par-là. Le pivot de 25 ans a marqué son premier but chez les pros contre Vernon le mois dernier. Pendant le match, le coach n’a montré aucune émotion particulière. Le papa a repris le dessus à la fin de la partie :« Je n’y ai même pas pensé. C'est en regardant les statistiques à la fin du match que je me suis dit ‘ah ça y est’, mais je n’ai pas fait attention sur le coup. Lukas a marqué ses premiers buts, mais c’est un joueur qui a marqué. »

Le Kop Mauve: Un Soutien Indéfectible

Le Kop Mauve, association des supporters de la JS Cherbourg, a été créé en 2007, par des personnes « n’ayant rien à voir avec le handball ». Stéphane Grout : En 2007. Il faut savoir d’ailleurs que ce kop s’est créé avec des personnes « lambda » n’ayant rien à voir avec le handball ! David Tessonneau, son responsable, n’est pas du tout un handballeur.

Partenariats et Engagement Communautaire: Un Club Ancré dans Son Territoire

La JS Cherbourg est un club engagé dans son territoire, qui développe de nombreux partenariats avec des entreprises locales et des acteurs de la vie sociale.

La JS Cherbourg Handball a lancé une grande collecte d’équipements sportifs au sein du club. Ce transfert a été rendu possible grâce au soutien de Nicolas S. Un immense merci à lui ! Les équipements arriveront début décembre et seront distribués à plusieurs clubs locaux de handball.

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