L'affaire Kheira Hamraoui, marquée par une violente agression et des accusations de harcèlement moral, a secoué le Paris Saint-Germain (PSG) et le monde du football féminin. Cette affaire complexe, mêlant rivalités sportives, accusations croisées et gestion interne critiquée, a conduit à une bataille judiciaire acharnée entre l'ex-joueuse et son ancien club.
L'Agression et ses Suites Immédiates
Le 4 novembre 2021, Kheira Hamraoui, alors joueuse du PSG, est violemment agressée à coups de barre de fer à Chatou (Yvelines). L'agression se produit en présence de sa coéquipière Aminata Diallo, alors que les deux joueuses rentraient d'un dîner d'équipe. Cet événement traumatisant marque le début d'une période difficile pour Hamraoui, tant sur le plan physique que psychologique.
L'agression d'Hamraoui a immédiatement suscité une onde de choc au sein du PSG et dans le monde du football. Les premières pistes de l'enquête se sont orientées vers un différend amoureux impliquant l'ancienne compagne d'Éric Abidal. Cependant, l'enquête prend rapidement une nouvelle direction, avec la mise en cause d'Aminata Diallo.
Aminata Diallo Soupçonnée et Mise en Examen
Très vite, le nom d'Aminata Diallo est associé à l'agression de Kheira Hamraoui. Des rumeurs s'emballent, et l'enquête dérape, certains suggérant même que la victime aurait pu mettre en scène sa propre agression. Finalement, en janvier 2025, Aminata Diallo et six autres personnes sont mises en examen, l'enquête se clôturant. Diallo est soupçonnée d'avoir commandité l'agression pour pouvoir occuper le poste de Hamraoui sur le terrain. Après avoir été placée en détention provisoire, elle est remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire.
L'avocat d'Aminata Diallo a déclaré que l'information judiciaire s'est clôturée "sans élément permettant de démontrer l'implication ou plus largement la culpabilité d'Aminata Diallo dans ce dossier".
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La Plainte pour Harcèlement Moral
Après de longs mois de convalescence, Kheira Hamraoui revient sur la pelouse, mais se retrouve mise à l'écart par le PSG. Elle joue peu, voire pas du tout. Hamraoui estime que le club veut l'éloigner sans avoir à la licencier. Elle dénonce des pressions subtiles mais constantes, telles que moins de titularisations, une ambiance pesante et un évitement assumé. Selon elle, le club parisien la pousse à bout pour qu'elle parte d'elle-même.
Trois ans après l’agression, Kheira Hamraoui contre-attaque et porte plainte contre son ancien club pour harcèlement moral. Une enquête est ouverte à Paris, confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP). L'avocat de la joueuse, Me Pascal Garbarini, dénonce une mise à l’écart orchestrée, sans justification sportive, et demande réparation. Il affirme que Kheira Hamraoui veut envoyer un message fort : aucune femme ne devrait être traitée ainsi.
La Bataille Judiciaire aux Prud'hommes
Kheira Hamraoui réclame près de 3,5 millions d’euros au PSG devant le conseil des Prud’hommes de Paris. Elle demande «1 million d'euros à titre de dommages et intérêts pour harcèlement moral, 173.400 euros pour manquement aux obligations de sécurité, 300.000 euros de dommages et intérêts pour défaut de prévention au harcèlement moral, 1 million de dommages et intérêts pour préjudice moral et images et 1 million de dommages et intérêts pour perte de chance», a détaillé Me Pascal-Pierre Garbarini.
Lors de l'audience, Me Garbarini a plaidé que sa cliente avait été incitée « à quitter » Paris avant la fin de son contrat, en juin 2023. Il a notamment déclaré : « Elle ne sera pas conviée aux tests médicaux, on lui dit d’aller s’entraîner seule. On a osé dire que c’était pour mieux la protéger, comme l’enfant victime de harcèlement qui doit changer d’école. Elle s’est entraînée seule pendant cinq mois. Un jour, elle a vu que son numéro, le 14, avait été attribué à une autre joueuse. C’est une baffe dans la figure ».
De son côté, le PSG a nié les faits, via son avocat Me Louzier, qui a demandé à l’instance de débouter Hamraoui, rétorquant que le club avait saisi la médecine du travail et payé une sécurité rapprochée à son ancienne milieu après l’agression. « S’il y a bien un club qui a protégé madame Hamraoui, c’est le PSG », a-t-il lancé. Le club affirme avoir pris toutes les mesures nécessaires : sécurité renforcée, suivi médical, accompagnement psychologique. La formation parisienne souligne que la joueuse a continué à évoluer sur les terrains jusqu'à la fin de son contrat en 2023. Une enquête interne aurait par ailleurs conclu à l'absence de harcèlement.
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Le PSG a publié un communiqué affirmant qu'il rejetait formellement toutes les accusations. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 16 décembre 2025.
Le Volet Escroquerie
L'enquête sur l'agression de Kheira Hamraoui a également révélé un volet concernant des soupçons d'escroquerie. César Mavacala, conseiller sportif de plusieurs joueuses parisiennes et proche d'Aminata Diallo, est soupçonné d'avoir fait pression sur le PSG pour prolonger le contrat de Marie-Antoinette Katoto à condition que Kheira Hamraoui quitte le club à la fin de la saison 2021-2022. Mavacala espère vivement un non-lieu le concernant, faute d'éléments pouvant asseoir son implication dans les faits reprochés.
Hamraoui au Mexique et en Arabie Saoudite
Après son départ du PSG, Kheira Hamraoui a signé avec le club mexicain d'América. Elle a expliqué qu'elle avait besoin de connaître autre chose et de retrouver l’engouement du public pour le football féminin. Elle a également confié avoir vécu des moments traumatisants en France et que jouer au Mexique ne pouvait lui faire que du bien.
En 2024, Kheira Hamraoui a signé avec le club saoudien d'Al-Shabab, après une brève expérience au Mexique. Aminata Diallo a également rejoint le championnat saoudien en signant avec Al-Nassr.
Les Demandes de Kylian Mbappé et le PSG
Dans un autre cas, Kylian Mbappé, qui a joué au PSG de 2017 à 2024, réclame la somme de 260 millions d’euros de dommages et intérêts suite au préjudice subi après son départ du club de la capitale. Il reproche à ses anciens dirigeants l’absence de requalification de son CDD en CDI, mais aussi le non-paiement de 55 millions d’euros de salaires et de primes. En réponse, le club parisien réclame 240 millions à son ancien attaquant, dont 180 millions d’euros en compensation à la suite du transfert avorté après une offre du club saoudien d'Al-Hilal de 300 millions d'euros, déclinée par le joueur, en juillet 2023.
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