Joueurs Emblématiques des Cleveland Cavaliers en NBA : Une Décennie de Montagnes Russes

La franchise des Cleveland Cavaliers, depuis sa création, a connu des moments de gloire et des périodes de disette. Cependant, la décennie 2010-2020 restera gravée dans les mémoires comme une ère de contrastes saisissants, marquée par le va-et-vient de son joueur emblématique, LeBron James. Cet article explore les figures majeures qui ont façonné l'histoire récente des Cavaliers, en mettant en lumière les hauts et les bas de cette période tumultueuse.

L'Ère Pré- et Post-LeBron : Une Franchise à Deux Visages

Lorsqu'il a décidé de quitter les Cleveland Cavaliers en 2010, LeBron James devait se douter qu'il allait provoquer la chute de son équipe dans les profondeurs de la NBA. Un véritable trou noir a vu la franchise de l'Ohio aligner les défaites, jusqu'à signer un triste record de 26 revers consécutifs, le pire total du sport américain (à égalité avec les Buccaneers de Tampa Bay pour la saison 1976-1977 de NFL). Depuis le départ de James, Cleveland n'a jamais réussi à obtenir une place parmi les huit meilleures équipes de la conférence Est, synonyme de play-offs.

La décennie 2010 dans l’Ohio ressemble un peu à des montagnes russes. Cinq saisons sous les 35 victoires dont quatre sous les 25. Cinq autres avec minimum 50 succès, avec en point d’orgue la campagne 2009-10 et ses 61 matchs remportés. Aucune saison entre 35 et 50. Dans l’Ohio, c’est tout ou rien, et bien évidemment, la grosse différence se nomme LeBron James. Quand il était là, ça enchaînait les wins et les Cavaliers faisaient partie des favoris. Quand il était ailleurs, c’était pas du tout le même délire.

Seule compensation, aujourd'hui d'importance, les mauvaises places de Cleveland ont permis à la franchise de sélectionner en premiers choix de draft Kyrie Irving (2011), Anthony Bennett (2013) et Andrew Wiggins (2014).

Le Retour du Roi : Renaissance et Consécration

Le retour à Cleveland du double champion NBA va forcément changer la donne. La franchise est passée du jour au lendemain du statut d'équipe en construction à celui de prétendant au titre dès les play-offs 2015. Au point d'être désigné favori par les bookmakers, devant même les San Antonio Spurs, sacrés cette saison. En récupérant son protégé drafté en 2003, les Cavaliers présentent dans leur effectif quatre joueurs n°1 de leur draft, inédit en NBA. De quoi légitimement espérer le meilleur pour la saison à venir. D'autant plus que LeBron James ne va pas amener que son talent individuel à une équipe qui va surtout avoir besoin d'un collectif abouti. Le natif d'Akron a remporté deux titres NBA et connaît désormais la recette pour conduire une équipe au bout. A Miami, il a appris à partager la tête d'affiche avec Dwyane Wade et Chris Bosh. Avec les plus jeunes, il va endosser à nouveau le rôle de leader voire de mentor pour insuffler la culture de la gagne à un effectif qui ne demande que ça. David Blatt, entraîneur vainqueur de l'Euroligue avec le Maccabi Tel-Aviv, va lui avoir le privilège de découvrir la NBA aux côtés d'un de ses meilleurs joueurs. Pour la première fois de l'histoire de la NBA, une franchise compte dans ses rangs 4 joueurs n°1 de leur draft

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Dix saisons, cinq campagnes de Playoffs, toutes avec LeBron James bien évidemment. La première, c’était juste avant le premier départ du King en 2010, départ provoqué par cette défaite surprise en demi-finale de conf’ face aux Celtics du trident Paul Pierce - Kevin Garnett - Ray Allen. Et puis, il y a eu ce retour à la maison en 2014, synonyme de retour des Playoffs sur les berges du Lac Érié. Entre-temps, un jeune prodige a rejoint la franchise, à savoir Kyrie Irving, qui va former avec Kevin Love et LeBron le trio qui emmènera les Cavaliers au sommet. Des campagnes de Playoffs où ils marcheront sur l’Est, pour le plus grand malheur des Raptors, des Hawks ou encore des Celtics. Trois Finales NBA sous l’impulsion du Big Three, trois Finales NBA face aux Warriors.

Ne compter que sur l'effet du retour de James à Cleveland ne permettra pas à l'équipe de jouer d'emblée les premiers rôles en 2014-2015. A Miami, la formation des "Tres Amigos" (James-Wade-Bosh) n'avait pas débouché sur un titre puisque les Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki s'étaient imposés en finale face aux Floridiens en 2011 (4-2). Pour espérer remporter une troisième bague, LeBron James doit réussir à convaincre un autre cador de la Ligue de le rejoindre. Dans la foulée de son annonce, il s'est dit que Kevin Love serait séduit par l'idée de jouer à ses côtés. Sa venue permettrait à Cleveland de proposer une raquette de poids avec le Brésilien Anderson Varejao. Il ne faudra pas oublier de construire un banc, une rotation, digne de ce nom. Celui de San Antonio a fait des miracles contre Miami cette année et James en a fait l'amère expérience. Ray Allen ou encore Mike Miller seraient sur les rangs pour le rejoindre et amener leur efficacité aux tirs de loin afin de permettre à Cleveland de passer dans une autre dimension. Le cinq de départ idéal pour Cleveland : K.Irving, A.Wiggins, L.James, K.Love, A.Varejao. Le banc : M.Dellavedova, A.Bennett, S.Hopson, D.Waiters, T.Thompson. Possible : M.Miller, R.Allen

Le Titre de 2016 : Un Moment Historique

Le premier acte de l’affrontement entre Dubs et Cavaliers en 2015 est synonyme de premier revers pour le Roi, privé d’Irving et Love blessés. 4-2 malgré un LeBron stratosphérique sur la série. Mais l’année suivante, on assiste à la consécration ultime pour James et ses Cavs avec cette remontée historique face aux Warriors version 73 wins. Victoire au Game 7 à Oakland après avoir été menés 3-1, le block de James, le shoot de Kyrie, le stop de Love, Gérard torse nu… juste mythique. Première bannière pour la ville de Cleveland, qui n’avait pas remporté un titre majeur dans les sports américains depuis 1964. Avec l’arrivée de Kevin Durant, les Warriors prendront leur revanche en 2017, année où le Big Three de Cleveland s’arrête suite au transfert de Kyrie Irving.

Game 7 des Finales NBA 2016. Les Cavaliers sont en route vers un comeback inédit. Il reste deux minutes, Andre Iguodala court en contre-attaque alors que le score est de 89-89. C’est alors que LeBron revient à grandes enjambées pour asséner un contre stratosphérique qui sera ensuite baptisé The Block. Quelques secondes plus tard, le score n’a toujours pas évolué. Il reste moins d’une minute, Kyrie en isolation sur Curry, un petit side step pour se défaire du chef et envoyer un trois qui offrira le titre aux Cavs. Légendaire. Un stop défensif plus tard réalisé par Kevin Love, et une tentative de poster monstrueuse de LeBron qui ira finalement aux lancers, et c’est terminé.

Les Joueurs Clés de Cette Décennie

Bien évidemment, le grand nom de la décennie chez les Cavs se nomme LeBron James. Superstar, patron, icône, maire de Cleveland, il a fait la pluie et le beau temps dans l’Ohio. Sans lui, la franchise a coulé, passant de 61 succès en 2010 à 19 la saison suivante. Dès son retour en 2014, on a 20 victoires de plus que l’année précédente. Un nouveau départ en 2018, et nouveau crève-cœur pour les Cavaliers, passant de 50 à 19 succès en quelques mois. Est-ce qu’un joueur a déjà eu un tel impact sur le visage d’une franchise ? Maybe not.

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S’il est donc le principal protagoniste de la réussite de la franchise, avec ces quatre Finales NBA entre 2015 et 2018 et ce fameux titre de 2016, LeBron n’aurait pas pu emmener Cleveland au top sans l’aide du génial Kyrie Irving et la contribution de Kevin Love. Hommage également aux différents soldats de cette grande période, avec en tête de liste Tristan Thompson, extrêmement précieux dans le succès de Cleveland, et bien évidemment notre idole J.R. Smith, qui a été important malgré quelques boulettes dont il a le secret.

Shaquille O’Neal, Dwyane Wade, Derrick Rose, Isaiah Thomas, sur le papier c’était beau, sur le terrain beaucoup moins. Et puis comment passer à côté de joueurs emblématiques de la franchise comme Zydrunas Ilgauskas, parti en 2010, et Anderson Varejao, qui a porté les couleurs de Cleveland jusqu’en 2016 après plus de 11 saisons dans l’Ohio. Enfin, pour terminer, on a Antawn Jamison et Mo Williams, deux joueurs qui ont apporté leur contribution.

Le cinq majeur de la décennie : Kyrie Irving - J.R. Smith - LeBron James - Kevin Love - Tristan Thompson.

  • LeBron James: Difficile de ne pas commencer par "The Chosen One". Drafté en 2003 par les Cavaliers, il a incarné l'espoir et la promesse d'un avenir radieux pour la franchise. Son impact a été immédiat, transformant une équipe en difficulté en un prétendant au titre. Après un passage controversé à Miami, son retour en 2014 a été accueilli comme celui d'un sauveur, menant les Cavaliers à leur premier titre NBA en 2016. Son leadership, sa polyvalence et ses performances exceptionnelles ont marqué l'histoire de la franchise à jamais. Peu importe où certains voudraient le classer dans les meilleurs joueurs de l'histoire, LeBron James est sans aucun doute "Le" joueur majeur sur les 2 dernières décennies. Forcément immanquable, nous l'avons vu sur place pour 16 (!) matchs, rien que sur la saison 2024-25 . Et des dizaines de fois sur nos 5 saisons précédentes de voyages NBA, en attendant de le retrouver en 2025-26.
  • Kyrie Irving: Meneur talentueux et spectaculaire, Irving a été un atout majeur pour les Cavaliers aux côtés de LeBron James. Son dribble hypnotique, sa capacité à créer son propre tir et son sang-froid dans les moments cruciaux ont fait de lui un joueur clé de l'équipe championne de 2016. Son tir décisif lors du Game 7 des Finales restera à jamais gravé dans les mémoires des fans.
  • Kevin Love: Acquis pour renforcer le frontcourt des Cavaliers, Love a apporté son talent de rebondeur, de tireur et de passeur. Bien que son rôle ait évolué au fil des saisons, il est resté un contributeur important, notamment lors des campagnes de playoffs. Sa défense acharnée sur Stephen Curry lors du Game 7 des Finales 2016 a été un moment clé de la victoire.
  • Tristan Thompson: Joueur énergique et combattif, Thompson a été un pilier de la raquette des Cavaliers pendant plusieurs saisons. Son jeu de rebondeur, sa présence défensive et son altruisme ont fait de lui un élément essentiel de l'équipe.
  • Zydrunas Ilgauskas: Joueur emblématique de la franchise, Ilgauskas a passé plus de 10 saisons à Cleveland, devenant l'un des joueurs les plus appréciés des fans. Son jeu de pivot classique, son tir adroit et sa loyauté envers l'équipe ont marqué son passage.
  • Anderson Varejao: Joueur énergique et passionné, Varejao a été un favori des fans grâce à son style de jeu intense et son dévouement à l'équipe. Son énergie contagieuse et sa capacité à se sacrifier sur le terrain ont fait de lui un joueur précieux.

Après LeBron : Reconstruire l'Avenir

Bon, on ne va pas se mentir, les Cavs sont partis pour une nouvelle saison dans les bas-fonds de l’Est. Sous les ordres de leur nouveau coach John Beilein, les hommes de l’Ohio possèdent actuellement un bilan de 9 victoires pour 22 défaites, synonyme de 13è place à l’Est. Certains anciens sont toujours là comme Kevin Love et Tristan Thompson, mais on sait que le premier veut bouger tandis que le second est dans la dernière année de son contrat. Mis à part un retour improbable de LeBron James dès demain matin, il faudra attendre un bon bout de temps à Cleveland avant de revivre de grands moments en Playoffs, et même les Playoffs tout court. En effet, l’effectif est aujourd’hui bien faiblard et les fans devront s’armer de patience. La seule chose un peu intéressante que l’on peut suivre chez les Cavaliers, c’est l’évolution de certains jeunots. Les Collin Sexton, Darius Garland, Cedi Osman ou encore Kevin Porter Jr., autant de jeunes à développer pour essayer de faire grimper progressivement la franchise de l’Ohio dans les prochaines années.

S'il n'a pas promis de titre à "son" club, LeBron James n'est clairement pas revenu pour couler des jours heureux en famille du côté d'Akron. Son retour aux Cavaliers va changer la face de la franchise, bien plus que lorsque cette dernière avait drafté LBJ en 2003. A l'époque, Dan Gilbert, propriétaire des Cavs, avait surtout tenté de broder autour de sa star en signant entre autres Shaquille O'Neal (2009), déjà en fin de carrière. Il ne pouvait espérer beaucoup plus dans un marché limité. Le pari désormais est d'étoffer l'effectif avec des joueurs en devenir, capables de s'investir sur la durée et de porter le projet de son joueur emblématique. La prolongation de contrat de Kyrie Irving, un des meilleurs jeunes meneurs NBA, pour les cinq prochaines saisons va dans ce sens. Avant l'ouverture du marché des transferts, Cleveland présentait la deuxième masse salariale la plus faible de la Ligue (24,14 millions de dollars), laissant une belle marge de manoeuvre aux dirigeants de la franchise. LeBron James a lui signé pour le maximum (42,1 millions sur deux ans dont une année en option). Les Cavaliers parviendront-ils à recruter un troisième gros contrat, condition quasiment indispensable pour viser une consécration ? Faute de quoi, ce qui est déjà le plus gros transfert de la ligue nord-américaine depuis 2010 pourrait se transformer en écran de fumée.

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