Rugby 24 (25) : Entre attentes et déceptions, le rugby vidéoludique cherche encore son match parfait

À l’occasion des grandes compétitions sportives internationales, il est de coutume de voir débarquer des nouvelles versions des licences de jeu vidéo du sport en question. Le rugby, sport en popularité croissante, ne fait pas exception, mais son adaptation en jeu vidéo s'avère être un défi complexe. L'histoire des jeux de rugby est pavée d'embûches, entre espoirs déçus et nostalgie d'un passé idéalisé. Rugby 24, devenu Rugby 25 après de multiples reports, incarne cette quête persistante du jeu de rugby ultime.

Un lancement retardé et une transformation en Rugby 25

Initialement prévu pour accompagner la Coupe du Monde de Rugby 2023, Rugby 24 a subi de nombreux reports, repoussant sa sortie à février 2025. Cette attente prolongée a suscité une frustration palpable chez les fans, impatients de découvrir une simulation à la hauteur de leurs espérances. Finalement, le jeu est sorti sous le nom de Rugby 25, développé par Big Ant Studios et édité par Nacon. Ce changement de nom reflète un développement laborieux, marqué par la volonté de peaufiner et d'améliorer le jeu.

Un contenu riche et prometteur

Malgré les reports, Rugby 25 se présente avec un contenu colossal. Le jeu propose plus de 150 clubs et 140 équipes internationales classées par région, ainsi que 15 compétitions internationales sous licence, dont le Tournoi des 6 Nations Masculin. Les menus offrent des modes classiques tels que Partie Rapide, Carrière, multijoueur en local ou en ligne, et une Académie permettant de créer et personnaliser joueurs, stades, clubs et logos. Le jeu offre également une grande variété de terrains et promet un réalisme accru grâce à la photogrammétrie. Pour la version française, les commentaires sont assurés par le duo Matthieu Lartot et Dimitri Yachvili, apportant une touche d'authenticité.

Des ambitions contrariées par des défauts techniques

Malheureusement, Rugby 25 souffre de défauts techniques qui entachent l'expérience de jeu. Dès les premières minutes, la vue éloignée et l'absence de possibilité de choisir un autre angle nuisent à la lisibilité. La caméra, placée systématiquement derrière le porteur du ballon, provoque des maux de tête et une perte d'orientation lors des changements de camp successifs. L'intelligence artificielle (IA) est également problématique, oscillant entre un niveau relevé, capable de déjouer les offensives les plus élaborées, et des réactions absurdes, notamment lors des attaques. Des saccades pendant les cinématiques, des bugs, l'absence de sensations lors des collisions et une modélisation des joueurs inégale viennent alourdir le tableau.

Gameplay perfectible

Le gameplay est un autre point faible du jeu. Les passes sont lentes, imprécises et souvent ratées, les joueurs laissent échapper le ballon sans raison, et l’enchaînement des phases offensives est un véritable calvaire. Les rucks sont un cauchemar absolu, rendant incompréhensible la récupération du ballon ou le gain d'un turnover.

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Un héritage difficile à surpasser

La comparaison avec les jeux de rugby du passé est inévitable. Jonah Lomu Rugby (1997) reste une référence nostalgique pour de nombreux joueurs, tandis que Rugby 08 est considéré par beaucoup comme la dernière bonne simulation du genre. Rugby 25 peine à se hisser au niveau de ces prédécesseurs, malgré ses ambitions affichées. La complexité du rugby, avec ses règles et ses phases de jeu multiples, rend son adaptation en jeu vidéo particulièrement ardue.

L'avis des professionnels

Vivien Milande, administrateur du Discord Sports Gaming, souligne que les jeux de rugby ne sont pas assez bons. Clément Nicolin, chef de produit sur Rugby 24, reconnaît la difficulté technique liée au nombre de joueurs à animer et à la nécessité de retranscrire la complexité du jeu en équipe. Il insiste sur l'importance des ratés et des erreurs pour un rendu réaliste.

Désamour des amateurs de rugby pour les jeux vidéo

Le désamour des amateurs de rugby pour les jeux vidéo de leur sport de prédilection s'explique en grande partie par la qualité inégale des simulations proposées. Thierry Maurice, amateur de rugby et de jeux vidéo, préfère jouer à FIFA avec ses amis plutôt qu'à un jeu de rugby, qu'il juge trop nul. Kevin, vendeur chez Micromania à Toulouse, avoue ne jamais avoir vendu Rugby 22 et préfère botter en touche lorsqu'on l'interroge sur les attentes autour de Rugby 24.

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