Jean Lapeyre, figure clé de la Fédération Française de Football (FFF) depuis 1987, se retrouve au centre de controverses impliquant des accusations de parjure et des révélations sur la gestion des scandales au sein de l'organisation.
Signalement pour parjure
À l'approche de la publication du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les défaillances des fédérations sportives, Jean Lapeyre, directeur juridique et directeur général adjoint de la FFF, a été visé par un signalement à la justice pour "parjure". Ce signalement fait suite à son audition devant la commission, où il aurait, selon Le Monde, fait des déclarations jugées erronées.
Plus précisément, la commission aurait pointé du doigt le fait que Jean Lapeyre ait affirmé que l’enquête du parquet de Versailles pour "agression sexuelle par une personne ayant autorité sur la victime" visant l’ex-internationale française Angélique Roujas, avait été classée en 2015. Il aurait déclaré qu'il ne s'agissait "pas d’une histoire de délai ou de prescription". Or, les éléments du dossier pénal démontreraient que le motif de classement de cette enquête résultait d’une "prescription de l’action publique". Cette réponse incomplète et potentiellement trompeuse pourrait avoir de lourdes conséquences pour Jean Lapeyre, salarié de la FFF depuis 1987.
Audition à l'Assemblée Nationale et Questions sur la Gouvernance
L'audition de Jean Lapeyre à l'Assemblée Nationale a été marquée par des questions insistantes des députés concernant les scandales et la crise de gouvernance au sein de la FFF. Les membres de la commission ont rappelé à plusieurs reprises à M. Lapeyre qu'il était sous serment, soulignant l'importance de la véracité de ses déclarations.
Stéphane Buchou, vice-président de la commission, a exprimé son agacement face aux esquives de M. Lapeyre, lui demandant qui prend les décisions et qui dirige au sein de la FFF.
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Affaire Angélique Roujas : Contradictions et Imprécisions
L'affaire Angélique Roujas a été un point central de l'audition de Jean Lapeyre. Les députés ont cherché à éclaircir les circonstances du classement sans suite de l'enquête pour "agression sexuelle". Jean Lapeyre avait déclaré devant la commission que le dossier avait été classé sans suite car "aucune infraction pénale ne pouvait être retenue". Or, il s'avère que le dossier a été classé sans suite pour "prescription de l’action publique".
Selon Le Monde, Jean Lapeyre aurait affirmé en privé que son DRH ne lui avait communiqué que le document sommaire cité devant les députés concernant l'affaire Roujas.
Connaissance du Comportement de Noël Le Graët
Les députés ont également interrogé Jean Lapeyre sur sa connaissance du comportement de Noël Le Graët, ancien président de la FFF, vis-à-vis des femmes. Jean Lapeyre a d'abord affirmé ne pas avoir été "témoin" de comportements inappropriés ou problématiques de Noël Le Graët avec les femmes. Cependant, il a fini par reconnaître que des rumeurs circulaient au sein de la FFF concernant les textos que M. Le Graët envoyait à certaines femmes. Il a précisé que ces rumeurs avaient surtout circulé lors de l'inspection du ministère. "C'était dans le tempérament, enfin dans le caractère, de Noël Le Graët d'avoir des relations un petit peu hors codes avec des femmes", a concédé Jean Lapeyre, tout en ajoutant qu'il savait que cela n'avait "jamais dépassé certaines limites". Il a qualifié le comportement de M. Le Graët de "lourd" et "dépassé".
Gestion des Signalements et Conflits d'Intérêts
Jean Lapeyre a également été interrogé sur la gestion des signalements des affaires de violences ou de racisme au sein de la FFF. Il a affirmé que son rôle se limitait au "juridique sportif exclusivement" et que les signalements étaient gérés par les RH ou par quelqu'un à la Ligue amateur.
Par ailleurs, Jean Lapeyre a confirmé l'existence d'un conflit d'intérêts concernant la présence dans le staff de l'équipe de France de football de Bachir Nehar, intendant qui tient par ailleurs un poste dans une agence de joueurs. Il a expliqué que les RH avaient rompu son contrat de salarié et qu'il travaillait désormais comme prestataire.
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Réactions et Conséquences Possibles
Les évitements de Jean Lapeyre sur certaines questions ont agacé les députés, qui ont rappelé à M. Lapeyre qu'il parlait sous serment. Stéphane Buchou a souligné le sérieux du travail de la commission.
Si Jean Lapeyre était reconnu coupable de parjure, il encourrait une peine de cinq ans de prison et de 75 000 euros d'amende, en vertu de l'article 434-13 du code pénal.
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