Le volley-ball, sport d'équipe dynamique et spectaculaire, a vu l'Italie et l'Espagne s'affronter à de nombreuses reprises, chacune avec ses propres moments de gloire. Cet article explore l'histoire de cette rivalité, en mettant en lumière les succès récents et les perspectives d'avenir pour les deux nations.
Les équipes de France aux Championnats d'Europe : un aperçu
Avant de plonger dans l'histoire d'Italie-Espagne, il est important de noter les performances récentes des équipes de France, tant masculine que féminine, dans les compétitions européennes.
L'équipe de France féminine, neuvième de la Volleyball Nations League 2025 et quart-de-finaliste du Championnat du monde en Thaïlande, a également atteint les quarts de finale des deux derniers Championnats d'Europe, en 2021 et 2023. Au Championnat d'Europe, l'équipe de France féminine évoluera dans la poule D à Göteborg, avec cinq matchs à jouer face à la Suède, le Monténégro, l'Italie, la Slovaquie et la Croatie. Selon Cesar Hernandez, le Championnat d'Europe est une compétition relevée, parce que le niveau en Europe est très haut, donc quels que soient les adversaires, on peut s'attendre à des matchs difficiles. Le tirage au sort nous a réservé l'Italie, la meilleure équipe du monde aujourd'hui, championne olympique et championne du monde, on savait de toute façon que nous affronterions un gros morceau, c'est le cas. Nous jouerons également contre la Suède qui, avec Isabelle Haak, possède assurément une des meilleures joueuses du monde quand elle dans un bon jour, elle sera sans doute difficile à stopper. Pour ce qui est des autres équipes, nous pouvons rivaliser avec elles, je pense que c'est une bonne poule, il faudra bien se préparer. L'objectif est d'abord sortir de la poule, et à la meilleure place possible, ce qui peut nous rendre le parcours moins difficile pour la suite, donc tout dépendra un peu des adversaires qu'on affrontera.
L'équipe de France masculine, après une saison 2025 en demi-teinte, fera de l'Euro 2026 le grand objectif de sa saison. Le tirage au sort a placé les hommes d'Andrea Giani dans la poule D, à Cluj-Napoca (Roumanie), avec deux adversaires principaux, l'Allemagne et la Turquie. Les Bleus joueront leurs trois autres matchs contre la Roumanie, la Suisse et la Lettonie. Selon Andrea Giani, nous avons une poule équilibrée, avec l'Allemagne et la Turquie qui seront des équipes de haut niveau, la Turquie sort notamment d'un très bon Championnat du monde (quarts de finale). La Roumanie a de bons joueurs, ce sera une équipe compliquée à jouer. La Lettonie et la Suisse sont deux formations de niveau différent.
Italie-Espagne : un quart de finale de l'Euro 2023 sous haute tension
L'Euro 2023 a été marqué par un quart de finale opposant l'Italie, tenante du titre, à l'Espagne. L'Italie, qui avait tranquillement écarté l'Espagne samedi (3-0), était l'adversaire de l'équipe de France en quarts de finale de l'Euro, chez elle à Florence. L'équipe de France, tombeuse de la Roumanie samedi en fin d'après-midi (3-1), s'est retrouvée au pied d'une montagne en quarts de finale de l'Euro, mardi à Florence : l'Italie, tenante du titre et grande favorite du tournoi, qui a tranquillement écarté l'Espagne dans la soirée (3-0 : 25-23, 25-22, 25-19). Pour leur retour en quarts, les Bleues étaient à nouveau opposées au pays hôte, deux ans après être tombées face aux Serbes à Belgrade (3-1). L'adversité semblait cette fois encore plus gigantesque, tant la Nazionale avait plané sur le début de la compétition : six matches, six victoires et zéro set perdu.
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Les Transalpines ont jusqu'à présent peu utilisé leur superstar Paola Egonu, MVP de l'Euro 2021. C'est un autre phénomène qui les a portées, la réceptionneuse-attaquante d'origine russe Ekaterina Antropova (2,02 m, 20 ans). Samedi, la géante fraîchement naturalisée (elle vit en Italie depuis cinq ans) a assommé les Espagnoles avec 17 points à 11/17 attaques, 2 contres et 4 aces.
Le sacre européen de l'Italie en 2021
Les volleyeurs italiens, emmenés par leur passeur de génie Simone Giannelli, ont mis fin à seize années de disette en remportant le titre européen dimanche soir à Katowice (Pologne), après leur victoire contre la Slovénie au bout du suspense. Le dernier titre de l'Italie remontait à 2005 et l'Euro remporté à domicile à Rome. Depuis, les Transalpins s'étaient hissés en finale des Championnats d'Europe en 2011 et 2013, et des Jeux olympiques en 2016 à Rio. A chaque fois ils s'étaient inclinés, mais dimanche ils ont placé pour la septième fois l'Italie au sommet de l'Europe au bout du suspense (22-25, 25-20, 20-25, 25-20, 15-11).
Les joueurs de Ferdinando de Giorgi étaient arrivés sur cet Euro frustrés par leur défaite en quarts de finale des Jeux olympiques de Tokyo contre l'Argentine, aussi surprenante qu'inattendue, et sans leurs deux vedettes vieillissantes Osmany Juantorena (36 ans, retraite) et Ivan Zaytsev (32 ans, opération). Le sélectionneur avait ainsi fait le choix de la jeunesse, autour de "l'expérimenté" capitaine Simone Giannelli, 25 ans, avec des pépites comme Alessandro Michieletto (19 ans) et Daniele Lavia (21 ans). Révélation italienne des Jeux et de l'Euro, Michieletto a été un peu plus en retrait dimanche dans la Spodek Arena de Katowice, acquise à la cause de la Slovénie. En revanche, Lavia a été en fusion durant toute la rencontre avec 21 points. C'est lui qui a relancé la rencontre sur une série de services en milieu de quatrième set. Menés 2 sets à 1, les Italiens ont tenté le tout pour le tout en faisant rentrer Yuri Romano (24 ans) dans la 4e manche, un choix qui s'est avéré payant dans le tie break décisif, moment choisi par Michieletto pour enfin lâcher son bras gauche de feu et trois aces pour mettre ses coéquipiers sur orbite (11-7). "Je suis comme un bébé parce que j'ai beaucoup pleuré. C'était mon rêve de gagner un titre avec ma sélection", a commenté Giannelli après la finale.
Pour les Slovènes, c'est la troisième finale d'un Championnat d'Europe perdue après les échecs en 2015 contre la France et en 2019 contre la Serbie, en progrès toutefois puisque sur leur première tentative ils n'avaient pas remporté le moindre set et qu'en 2019, ils en avaient pris un aux Serbes. Une mince consolation pour les Slovènes, dont l'exploit contre la Pologne, double championne du monde en titre (2014 et 2018), grandissime favorite pour le sacre européen à domicile et finalement troisième, est malheureusement restée sans suite. Les coéquipiers d'Alen Pajenk et Tine Urnaut avaient été privés des Jeux olympiques de Tokyo par la France en janvier 2020 à Berlin, après avoir mené deux manches à rien et pris le meilleur départ dans la troisième, et comptaient sur ce Championnat d'Europe pour embellir leur été.
L'essor de l'audience du volley-ball féminin
Le Championnat du monde de volley féminin 2025, le premier au format élargi à 32 équipes, a réalisé des audiences sans précédent dans différents pays. En Chine, le tournoi a généré plus de 1,1 milliard de vues. Alors que plus de 500 millions de fans ont regardé CCTV5, la majorité des vues provient d’un autre canal : Volleyball World s’est associé à 20 streamers sur le réseau Douyin afin de diffuser le tournoi directement, générant 638 millions de vues et suscitant près de 31 millions d’interactions.
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En Europe, la finale entre l’Italie et la Turquie a captivé près de 4 millions de téléspectateurs sur RAI 1, soit la quatrième audience sportive hors foot du pays en 2025, juste derrière la finale de Wimbledon. Les chiffres sont encore supérieurs en Turquie avec quelque 4,5 millions de téléspectateurs, plus que pour la finale de la Ligue des champions. « Le Championnat du monde féminin 2025 a véritablement démontré l’attrait universel du volleyball, insiste le président de la FIVB, Fabio Azevedo. Ces chiffres reflètent le lien toujours plus fort entre notre sport et son public mondial (..) et nous sommes convaincus qu’ils continueront à augmenter. Le PDG de Volleyball World, Ugo Valensi, partage cet enthousiasme : « Avec ce championnat du monde, nous avons montré que le volleyball peut montrer la voie en matière de diffusion sportive. En combinant une production audiovisuelle de classe mondiale avec une narration innovante via les streamers et les plateformes numériques, nous établissons une nouvelle norme en matière d’engagement des fans. Il ne s’agit pas seulement de créer un public, mais aussi des communautés qui vivent et respirent ce sport.
L'Italie championne du monde en 2025
En s'imposant contre la Bulgarie, l'Italie est sacrée championne du monde de volley-ball pour la cinquième fois de son histoire. La Pologne a pris la troisième place en battant la République tchèque en petite finale. Les volleyeurs italiens ont conservé leur couronne ce dimanche à Pasay City (Philippines) en battant la Bulgarie en finale du Mondial 3-1 (25-21, 25-17, 17-25, 25-10). Il s'agit du cinquième titre dans la compétition pour une sélection au parcours impeccable en phase finale, avec seulement un set encaissé en quatre rencontres.
Ce sont les jeunes Bulgares qui ont réussi à l'accrocher. Mais s'ils rêvaient de décrocher un premier grand succès dans leur histoire dans un Mondial, la marche a semblé encore un peu trop haute. Les joueurs de Ferdinando de Giorgi s'avançaient en grands favoris après un succès sans appel la veille contre la Pologne en demie, dans une affiche déjà aux airs de finale entre les deux premières nations mondiales. Les Polonais se sont d'ailleurs réconfortés en allant chercher le bronze après une victoire (3-1) devant la République Tchèque plus tôt dans la journée. Les Italiens, orchestrés par le passeur Simone Gianelli, ont encore prouvé leur supériorité face aux Bulgares, emmenés par un Aleksandar Nikolov toujours épatant mais qui devra se contenter de l'argent, le meilleur résultat de son pays après la deuxième place acquise à domicile en 1970. Le joueur de 21 ans, meilleur marqueur de la compétition, s'est encore illustré (23 points), et ses coéquipiers ont aussi montré de l'orgueil en parvenant à revenir au cours des deux premiers sets, et avant de sonner la révolte dans le troisième. Mais hormis cette troisième manche, les coéquipiers des attaquants Yuri Romano (22 pts) et Mattia Bottolo (19 pts) ont paru au-dessus.
Les progrès de l'équipe de France féminine
Pour la deuxième fois de rang, les volleyeuses tricolores ont atteint les quarts de finale de la compétition continentale. Cette performance confirme les progrès accomplis ces dernières années. L’équipe de France féminine sort de l’Euro de volley-ball avec les honneurs, malgré la défaite en quarts de finale de la compétition, mardi 29 août, face à l’Italie en trois sets (25-14, 29-27, 25-13). Invaincues, les Transalpines n’ont toujours pas perdu le moindre set depuis le début de la compétition. A Florence, les Bleues (qui jouaient en rouge ce soir) ne partaient pas favorites : les Italiennes, deuxièmes au classement mondial derrière la Turquie, font figure d’épouvantail dans le tournoi, elles qui ont remporté l’Euro 2021 et la Ligue des nations 2022. Dominées au bloc défense par des adversaires plus grandes qu’elles, les Françaises ont développé un jeu trop prévisible, privilégiant systématiquement les ailes, et ont été régulièrement contrées. Elles ont cependant eu le mérite de résister, au point de pousser l’Italie dans ses retranchements au deuxième set, obtenant plusieurs balles de set. Côté italien, la capitaine Miriam Sylla et la pointue Ekaterina Antropova, une joueuse de 2,02 m naturalisée cet été, ont martyrisé la défense tricolore.
Qu’importe. Avec cinq succès en sept matchs et un deuxième quart de finale de rang dans la compétition continentale, jamais la France n’avait obtenu de si bons résultats. Il y a cinq ans, elle était encore aux alentours de la 50e place au classement des nations. A moins d’un an des Jeux de Paris 2024, les Bleues ont montré qu’elles pourraient faire mieux que de la figuration lors du rendez-vous olympique, auquel elles participeront pour la première fois de leur histoire - qualifiées d’office en tant que représentantes du pays hôte. Il n’est pas encore question de médaille pour une équipe pointant désormais vers le 15e rang mondial, mais les Françaises ont confirmé les nets progrès observés depuis 2021. Après avoir remporté la Ligue européenne (deuxième division mondiale) en 2022, puis la Challenger Cup en juillet, elles ont développé un jeu ambitieux lors de cet Euro, notamment sur le plan offensif. « C’est frustrant car on perd en trois sets contre l’Italie, comme contre les Pays-Bas. On est capables de produire par moments un jeu presque égal à ces équipes, mais on gère mal les moments décisifs. Les joueuses doivent apprendre à mieux contrôler leurs émotions dans ces moments-là », s’est exprimé au micro de La chaîne L’Equipe Emile Rousseaux, ancien international belge (243 sélections), à la tête de la sélection tricolore depuis 2018.
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Avec la capitaine Héléna Cazaute et la pointue Lucille Gicquel, les Bleues possèdent des fers de lance capables de leur faire franchir les paliers qui les séparent encore du plus haut niveau international. Agées de 25 ans, les deux joueuses se sont aguerries à l’étranger, en Serie A, le championnat italien réputé pour être le plus relevé avec la ligue turque. « C’est l’une des clefs des progrès de l’équipe de France, estime d’ailleurs Héléna Cazaute. Partir à l’étranger permet aux joueuses de franchir des caps, d’acquérir de l’expérience. » Après une saison réussie à Chieri, près de Turin, la réceptionneuse-attaquante portera la saison prochaine les couleurs de Milan, l’un des poids lourds de Serie A. Lucille Gicquel, elle, vient de signer au Nilüfer Belediyespor, en Turquie, après une année galère marquée par des blessures à Coni. La fille de l’ex-athlète Jean-Charles Gicquel, spécialiste du saut en hauteur, a fait ses classes en 2020-2021 à Conegliano (Italie) comme doublure de la star transalpine Paola Egonu, qui n’a joué que quelques minutes mardi soir.
Le rôle des joueuses évoluant à l'étranger
L’autre grande satisfaction de cet Euro a été la constance de Nina Stojiljkovic au poste de passeuse. « Nina a été très critiquée ces dernières années mais elle n’a pas lâché. Beaucoup disaient que nous n’avions pas de bonne passeuse en France, elle a prouvé le contraire. Mentalement, elle a passé un cap », félicite Héléna Cazaute. Faute d’obtenir la confiance d’un club français, la jeune femme a dû s’exiler dans des ligues mineures pour obtenir du temps de jeu, d’abord à Maribor, en Slovénie, puis au Partizan Belgrade, en Serbie. La saison prochaine, elle découvrira la Roumanie sous les couleurs du Dinamo Bucarest. Avec Amandha Sylves (Coni, Italie), elles sont désormais quatre tricolores à s’épanouir hors des frontières hexagonales. Solidement installée au poste de centrale malgré son jeune âge (22 ans), l’Antillaise incarne le futur de la sélection. Dans son sillage, les réceptionneuses-attaquantes Amélie Rotar (22 ans) et Halimatou Bah (19 ans), ou encore la passeuse Emilie Respaut (20 ans), apportent du sang neuf au groupe. Toutes ont pour point commun d’être sorties du moule France Avenir 2024, le projet mis en place en 2017 par la Fédération française de volley et la Ligue nationale de volley pour donner du temps de jeu, dans le championnat, à des jeunes de 16 à 21 ans issues de la formation locale et regroupées au sein d’un unique Pôle espoir. Entre les nouvelles et les anciennes, la mayonnaise a pris et le climat semble serein. « Nous formons un groupe de copines, témoigne Lucille Gicquel. On se connaît bien, on prend du plaisir à passer beaucoup de temps ensemble chaque été. Cette solidarité nous permet de tenir le coup dans les moments difficiles. »
Les défis à relever pour l'équipe de France
Contre l’Italie et les Pays-Bas, les Bleues ont cependant pu mesurer le chemin qu’il leur reste à parcourir pour rejoindre l’élite du volley mondial. L’équipe de France possède désormais un sept majeur compétitif au plus haut niveau mais elle reste pénalisée par la faiblesse de son banc. Sur la durée du tournoi, ce handicap a pesé lourd. Leur progression incite cependant à l’optimisme, d’autant que la moyenne d’âge du groupe ne dépasse pas 24 ans. Pour le sélectionneur, Emile Rousseaux, la priorité est de continuer à faire grandir le vivier de volleyeuses tricolores, point qui reste, à ses yeux, le principal frein. Grâce à leur succès en Challenger Cup, en juillet, les Bleues disputeront la saison prochaine, juste avant les Jeux de Paris, la Ligue des nations, compétition opposant chaque été les seize meilleures sélections mondiales. Lucille Gicquel s’en réjouit par avance : « Cela va nous permettre de nous confronter aux meilleures. C’est ce qui nous manque pour franchir un nouveau palier, pour accéder au très haut niveau. »