Le volley-ball professionnel, comme tout sport de haut niveau, suscite l'intérêt quant aux revenus des athlètes qui le pratiquent. Les salaires dans ce domaine sont très variables et dépendent de nombreux facteurs, notamment le niveau de la ligue, la notoriété du joueur, et la situation financière du club. Cet article se penche sur la complexité des salaires des joueurs de volley-ball professionnels, en particulier en France, tout en comparant avec les ligues étrangères.
Statut du joueur professionnel
La Ligue Nationale de Volley (LNV) définit un joueur professionnel comme tout joueur lié par un contrat de travail avec un club membre de la LNV. Une exception est faite pour les joueurs en formation, qui sont sous convention de formation. Pour être considéré comme professionnel, la durée de travail mensuelle doit être d'au moins 130 heures pour un temps plein, ou d'au moins 76 heures pour un temps partiel. Les joueurs évoluant en Ligue A et Ligue B sont considérés comme professionnels.
Écarts de salaires en France
En France, les salaires des joueurs de volley-ball varient considérablement d'un club à l'autre. En 2006, un article du Télégramme intitulé "Volley. Saint-Brieuc et Rennes : ça démarre au Smic" illustrait déjà ces disparités. Seul le Tours Volley-Ball, avec un budget supérieur à 2 millions d'euros, pouvait rivaliser avec les clubs italiens et russes. À l'époque, le salaire mensuel estimé de Vladimir Nikolov, un joueur bulgare de Tours, était de 10 000 €. En comparaison, les salaires au Rennes Étudiant-Club (REC), avec un budget de 750 000 €, oscillaient entre le SMIC (environ 1 000 €) et 3 500 € net par mois. En moyenne, les joueurs du REC touchaient 1 900 € par mois, plus une prime de fin d'année de 1 000 €. Les loyers étaient également pris en charge par le club, représentant environ 600 € par mois par joueur. À Saint-Brieuc, les salaires des joueurs professionnels en Pro B variaient entre le SMIC et environ 2 000 € net par mois.
Ces chiffres montrent clairement que les salaires dans le volley-ball professionnel français peuvent varier considérablement en fonction du club et de sa capacité financière.
Le cas des stars du volley-ball français
Les stars du volley-ball français, bien que souvent basées à l'étranger, ne perçoivent pas toujours des salaires astronomiques. Les salaires annuels nets de joueurs comme Antonin Rouzier et Kévin Le Roux se situent généralement entre 100 000 et 200 000 euros, auxquels s'ajoutent des avantages en nature tels qu'une voiture ou un appartement de fonction. Earvin Ngapeth, figure emblématique de l'équipe de France, se distingue avec un salaire de 250 000 euros par saison dans son club de Modène, selon L'Équipe Magazine.
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Primes et récompenses
En plus de leurs salaires, les volleyeurs français peuvent bénéficier de primes importantes lorsqu'ils représentent leur pays. En 2015, chaque joueur a reçu environ 25 000 euros suite à la victoire en Ligue mondiale et près de 10 000 euros pour le succès au championnat d'Europe. Lors des Jeux Olympiques, ils perçoivent également une prime gouvernementale en cas de médaille, avec la possibilité d'un bonus supplémentaire de la part de la Fédération.
Inégalités salariales : focus sur le volley-ball féminin
Les inégalités salariales entre les sexes sont une réalité dans le sport professionnel, et le volley-ball ne fait pas exception. Julie Mollinger, capitaine du Vandoeuvre Nancy Volley-Ball et conseillère chez Pôle Emploi, souligne que les volleyeuses professionnelles en première division gagnent en moyenne 1 500 euros par mois, contre 2 500 euros pour les hommes. Elle déplore ces écarts de salaire et le manque de médiatisation du volley-ball féminin, tout en se battant contre les stéréotypes.
Kim Robitaille, vice-capitaine du Quimper Volley, a également constaté ces inégalités au cours de sa carrière internationale. Elle souligne que, bien que certaines femmes soient mieux payées que certains hommes, le salaire moyen reste plus élevé chez les hommes. En France, en 2019, le salaire moyen en Ligue A masculine était de 3 626 € par mois, contre 2 192 € chez les femmes. Elle explique que ces écarts sont souvent justifiés par le fait que le sport féminin rapporterait moins que le sport masculin, mais elle estime que cela est lié au développement des différents championnats et à la médiatisation.
Le rôle des agents sportifs
Les agents sportifs jouent un rôle de plus en plus important dans le monde du volley-ball professionnel. Ils interviennent dans la quasi-totalité des échanges de joueurs entre clubs et aident à négocier les contrats. Cependant, le milieu des agents sportifs n'est pas exempt de problèmes. Certains agents opèrent sans licence, et des pratiques peu scrupuleuses peuvent exister. En France, pour exercer le métier d'agent dans le volley-ball, il est nécessaire d'obtenir la licence de la Fédération Internationale de Volley-Ball (FIVB) et celle de la Fédération Française de Volley-Ball (FFVB).
Georges Matijasevic, de l'agence LZ Sport, est une figure importante dans le monde des agents de volley-ball. Son agence est l'une des plus importantes au monde et exerce une influence considérable sur le marché des transferts.
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Comparaison avec les ligues étrangères
Les salaires dans les ligues étrangères peuvent être significativement plus élevés qu'en France. En Russie, par exemple, les salaires sont généralement plus élevés, et des joueuses comme Yeon-Koung Kim et Tatyana Kosheleva ont touché des salaires annuels dépassant le million d'euros en Turquie.
Selon des informations publiées sur le site WOV, les salaires des stars mondiales du volley-ball peuvent atteindre des sommets. En 2016, les salaires annuels nets étaient estimés comme suit :
- Earvin Ngapeth (Modena, Italie) : 350 000 €
- Matthew Anderson (Zenit Kazan, Russie) : 500 000 €
- Wilfredo Leon (Zenit Kazan, Russie) : 500 000 €
- Yeon-Koung Kim (Fenerbahce, Turquie) : 1,2 million d'euros
- Tatyana Kosheleva (Eczacibasi, Turquie) : 1 million d'euros
- Zhu Ting (Vakifbank, Turquie) : 1,1 million d'euros
Une liste des 10 joueurs les mieux payés en Europe en 2017 incluait :
- Wilfredo Leon (Zenit Kazan) - 1 400 000 $ (environ 1 189 000 €) par saison
- Earvin Ngapeth (Modena) - 1 350 000 $ (environ 1 147 000 €)
- Bartosz Kurek (Ziraat Bankasi) - 1 100 000 $ (environ 934 300 €)
Ces chiffres démontrent que les salaires des joueurs de volley-ball professionnels peuvent varier considérablement en fonction de la ligue, du club et de la notoriété du joueur.
Reconversion après la carrière
La carrière d'un joueur de volley-ball professionnel est relativement courte, et la question de la reconversion se pose souvent autour de 30 ans. Les salaires, même pour les joueurs de haut niveau, ne sont pas toujours suffisants pour assurer un avenir financier confortable. C'est pourquoi de nombreux joueurs se préparent à une deuxième carrière pendant leur parcours sportif. Julie Mollinger, par exemple, travaille chez Pôle Emploi en parallèle de sa carrière de volleyeuse. Kim Robitaille souhaite terminer ses études de kiné après sa carrière sportive.
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Les opportunités de reconversion dans le monde du volley-ball sont plus nombreuses pour les hommes que pour les femmes. Il est plus facile pour un homme de trouver un poste d'entraîneur, alors qu'il est encore rare de voir des femmes à la tête d'équipes masculines.
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