La France est en lice pour accueillir les Jeux Olympiques d'hiver de 2030, près de quarante ans après Albertville 1992 et seulement six ans après les Jeux de Paris 2024. La candidature des Alpes françaises, portée par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, a été officiellement attribuée le 24 juillet par le Comité International Olympique (CIO). Cependant, des questions subsistent quant à la répartition des épreuves et aux enjeux budgétaires, environnementaux et d'héritage pour les habitants.
Un projet né dans la complexité
Le dossier de candidature des JO 2030 a été créé à l’initiative de Renaud Muselier et des Alpes du Sud, il a rapidement été convenu d’y associer les Alpes du Nord, permettant ainsi au dossier des Alpes françaises de séduire immédiatement le CIO par sa force et de nombreux atouts. Un des piliers du projet est donc l’équilibre entre les deux régions, avec une répartition à 50/50 des épreuves et des cérémonies entre le nord et le sud.
La question du hockey sur glace : Nice ou Lyon ?
Un des points de discussion majeurs concerne l'organisation des épreuves de hockey sur glace. Initialement, il a été décidé d'organiser tout le pôle « glace » à Nice. La métropole niçoise devait initialement organiser des épreuves de ski à Isola 2000, elles ont déjà été supprimées il y a quelques mois. L'Allianz Riviera, stade de football de 36 000 places, devait être transformé en deux terrains de hockey sur glace, l'un pour les compétitions masculines, l'autre pour les féminines, séparés par une cloison. Pour assurer la qualité de la glace avec le climat doux de la Côte d'Azur en hiver, le stade devra être provisoirement couvert. Une immense bâche et une surpression à l’intérieur pour conserver un air plus frais à l’intérieur.
Toutefois, cette option soulève des questions budgétaires et logistiques. La construction d’une grande patinoire olympique de 10 000 places qui accueillera les épreuves de patinage artistique et short track. Une patinoire éphémère d’entrainement, et sans compétition, complétera le dispositif sur l’actuel terrain du Cavigal Baseball Club. Enfin, le patinage de vitesse sera lui organisé sur un anneau situé hors de France, possiblement en Italie. De plus, la transformation de l'Allianz Riviera impliquerait de déplacer le club local de l'OGC Nice pendant plusieurs mois.
Une alternative serait de délocaliser les épreuves de hockey sur glace à Lyon, qui dispose de la LDLC Arena, une salle couverte inaugurée en 2023 pouvant accueillir jusqu’à 16 000 spectateurs. Cette salle organisera même le championnat du monde de hockey sur glace en 2028 avec Paris. Cependant, cette option rajouterait un nouveau site très éloigné des autres dans cette carte des Jeux de 2030. En effet, la LDLC Arena dispose sur le papier d’atouts indéniables pour organiser cette compétition.
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Renaud Muselier, Président de la Région Sud a déclaré : « Cette affaire est réglée. La glace sera à Nice. C’est inacceptable et ça a été réglé par le COJO (Comité d’Organisation des Jeux Olympiques - ndlr-). Imaginez un peu la difficulté si ça va à Lyon. Ces équilibres sont validés, confortés par le CIO. C’est la base du dossier, on n’y touchera pas. Il y a toujours des difficultés dans un dossier. Ce n’était pas la peine d’en rajouter quand vous avez trouvé un équilibre. La glace sera à Nice. »
Enjeux et défis de la candidature française
La ministre des Sports a souligné l'importance de respecter les enjeux budgétaires, environnementaux et d'héritage pour les habitants. Elle a exprimé des doutes sur le volet budgétaire, soulignant que des aléas tels que le covid, la guerre en Ukraine, l’augmentation des prix des matières premières et l’inflation pourraient faire bouger la carte des sites.
Malgré ces défis, la candidature des Alpes françaises bénéficie de plusieurs atouts. Elle s'appuie sur un projet avec 95 % de sites déjà existants, tout comme les JO de Paris 2024. De plus, la France a déjà accueilli plusieurs Jeux Olympiques d'hiver, et dispose d'une expertise reconnue dans l'organisation de grands événements sportifs.
Les sites de compétition envisagés
Le projet des Alpes françaises se déploie autour de quatre pôles (Haute-Savoie, Savoie, Briançonnais, Nice Côte d’Azur). Parmi les sites de compétition envisagés, on retrouve :
- Courchevel et Méribel pour le ski alpin (slaloms)
- Le Grand Bornand pour le biathlon
- La Clusaz pour le ski de fond
- La Plagne pour le bobsleigh, skeleton, luge, saut et combiné
- Isola 2000 pour le snowboard cross et le ski freestyle
- Nice pour le patinage artistique, le hockey sur glace, le short track et le curling
La cérémonie de clôture se déroulera à Nice.
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Un projet contesté
Malgré le soutien du CIO et des régions concernées, la candidature des Alpes françaises suscite une contestation citoyenne. Le collectif NO JO réclame un référendum, à l’instar de la Suède et de la Suisse, et s'interroge sur le modèle économique fondé sur le loisir et le tourisme développé à partir des années 1960, qui a atteint ses limites environnementales et sociales.
Perspectives
La décision officielle concernant l'attribution des JO d'hiver 2030 devrait tomber avant la prochaine session du CIO. Si la candidature des Alpes françaises est retenue, les organisateurs devront relever de nombreux défis, notamment en matière de budget, d'environnement et de gouvernance. Il sera essentiel de prendre en compte les préoccupations des citoyens et de garantir un héritage positif pour les territoires concernés.
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