À Dammarie-les-Lys, le hockey sur glace transcende le simple sport d’hiver. C’est une aventure humaine et collective, animée depuis plus de quarante ans par des passionnés. Fondé en 1981 par Alain Fardel, un artisan de Melun, le Lys Hockey Club est né d’une simple volonté familiale de permettre à ses enfants de pratiquer leur sport favori. Ce geste, modeste à l’époque, a jeté les bases d’un club devenu une référence dans le hockey francilien.
Les Débuts et l'Essor du Lys Hockey Club
En 1981, Alain Fardel, un artisan de Melun, a fondé le Lys Hockey Club pour permettre à ses fils de pratiquer leur sport favori. Dès sa création, le club s'est concentré sur la formation des jeunes, une stratégie qui a perduré au fil des ans.
L'ancienne patinoire de Dammarie, située rue Lucien Boutet, était modeste, avec ses gradins de 400 places et son plafond en poutres de bois. Pourtant, c'est dans cet environnement simple que des joueurs comme Vincent Bachet et les frères Da Costa ont fait leurs premiers pas.
Formation de Qualité et Pépinière de Talents
Dès sa création, le club s’est tourné vers la jeunesse. La formation des jeunes joueurs est devenue une priorité. Une stratégie toujours d’actualité, qui porte aujourd’hui ses fruits. Les catégories U13, U15 et U18 enchaînent les bons résultats au niveau régional, mais aussi national. Le club a également marqué l'histoire en devenant une pépinière de talents. Les frères Da Costa, Gabriel, Teddy, et Stéphane, ont tous débuté à Dammarie avant de faire carrière en France et à l'international. Le parcours de Stéphane, notamment, est remarquable ; après des débuts à Dammarie, il a traversé l'Atlantique pour évoluer dans les meilleures ligues nord-américaines.
Sans jamais avoir évolué dans l’élite du hockey français, le club dammarien a su se faire une place solide, respectée et enviée, notamment grâce à la constance de son équipe senior, engagée en troisième division depuis plus de douze ans. » Le club de Dammarie a toujours eu une identité forte, à la fois sportive et humaine « , confie Gildas Lebrun, président des Caribous depuis 2014. Engagé, enthousiaste et passionné, il résume ainsi l’état d’esprit de cette structure atypique. » On n’a jamais cherché à brûler les étapes. Chaque progrès a été construit sur le long terme, avec beaucoup de travail et de cohésion. «
Lire aussi: Fonctionnement et perspectives de la L.U.H.
Les Caribous de Seine-et-Marne : Renaissance et Nouveau Départ
En 2004, après des difficultés financières qui avaient contraint les responsables du Lys Hockey Club à une fermeture momentanée, Michel Ballasse a relancé le club sous le nom des "Caribous de Seine-et-Marne", en se concentrant d'abord sur une équipe de loisirs avant de rétablir progressivement une structure compétitive.
L’un des tournants majeurs du club se joue en 2009, avec l’inauguration de la patinoire La Cartonnerie. Installée sur le site d’une ancienne usine, cette infrastructure moderne change la donne. » C’était un vrai bond en avant. Même si la capacité d’accueil reste modeste, les conditions d’entraînement et de jeu ont été grandement améliorées. Et les résultats ont suivi « , se souvient le président.
Cette dynamique positive s’intensifie avec le retour d’une équipe senior en 2011, en championnat de Division 3. Puis, année après année, les ambitions se précisent. Sous la houlette de Gildas Lebrun et de son équipe dirigeante, le club modernise son image, structure ses projets et se donne les moyens de ses objectifs. » Notre volonté, c’est de nous inscrire durablement dans le paysage du hockey français. Et ça passe autant par les performances sportives que par l’organisation du club dans son ensemble « , souligne-t-il.
La Saison 2022-2023 : Un Tournant Historique
La saison 2022-2023 marque un tournant sportif important. Les Caribous terminent à la troisième place du championnat de Division 3, remportant la médaille de bronze, seules les deux premières accédant à la D2. Ce week-end restera dans les annales. Les Caribous affrontent d’abord Viry-Evry, une rencontre serrée perdue 3-2, puis Mulhouse, favori de la compétition, qui s’impose logiquement 6-3. Mais la dernière marche est la bonne. Face à Avignon, les Dammariens arrachent la victoire après une prolongation haletante, 3-3 à l’issue du temps réglementaire, but en mort subite. Résultat, une médaille de bronze… et l’accession en Division 2, Viry-Evry ne pouvant pas monter, son équipe 1 étant déjà en D2 ! » Ce groupe a montré une force mentale exceptionnelle, le staff a surement plus souffert mentalement que l’équipe pendant notamment une prolongation au bout du suspense, rajoute Gildas Lebrun. En trois jours, nos joueurs, un mélange de jeunes talents et d’éléments plus expérimentés, ont tenu tête à des formations redoutables. C’est une récompense magnifique pour tout le club. «
Les Infrastructures : La Patinoire "La Cartonnerie"
L'inauguration en 2009 de la nouvelle patinoire "La Cartonnerie", sur le site d'une ancienne usine, a marqué un tournant pour le club, offrant de meilleures installations tout en maintenant une capacité d'accueil modeste.
Lire aussi: Règles du hockey sur gazon au Portugal
Défis Financiers et Solidité du Club
En 2004, à Dammarie-les-Lys, les responsables du Lys Hockey Club furent contraints de mettre momentanément leur association en sommeil à cause de difficultés financières. Toutefois, Michel Ballasse a relancé le club sous le nom des "Caribous de Seine-et-Marne", en se concentrant d'abord sur une équipe de loisirs avant de rétablir progressivement une structure compétitive.
Ne pas mettre le club en danger financièrementMais cette montée historique soulève aussi une question importante : le club est-il prêt, structurellement et financièrement, à évoluer à l’échelon supérieur ? Le président se veut à la fois ambitieux et prudent. » Bien sûr que nous avons envie de vivre cette aventure. Mais ce choix doit être collectif et réfléchi. Il ne faut pas compromettre la santé du club ».La décision, assure-t-il, sera prise très vite, en concertation avec toutes les parties prenantes. » Nous avons commencé à rechercher de nouveaux partenaires. L’accession ne sera validée par la commission fédérale que si nous apportons des garanties financières solides. Nous faisons tout pour que ce soit le cas. «
L'Engagement de Gildas Lebrun et l'Avenir du Club
En 2014, après plusieurs changements de présidence, Gildas Lebrun a repris les rênes du club, sous sa direction et celle de son équipe, le club a cherché à moderniser son image et à se faire une place durable dans le hockey français, avec des ambitions sportives plus élevées.
Les Caribous, forts de leurs valeurs de formation, de travail et de solidarité, sont à un tournant. À la croisée des chemins entre l’histoire qu’ils ont patiemment construite, et un avenir prometteur en Division 2.
L'Ascension de Stéphane Da Costa : Un Produit de Dammarie-les-Lys à la NHL
Il a grandi au pied de la résidence Alsace, dans le quartier de la Plaine-du-Lys, à Dammarie-les-Lys. Il a tapé ses premiers palets à l'âge de 5 ans à l'ancienne patinoire aujourd'hui fermée, qui était à deux pas de là. Cette nuit, contre Montréal, lors de l'avant-dernière journée de la saison régulière, il sera sur la glace du Scotiabank Place, l'enceinte de 20500 places des Senators d'Ottawa, le club qui a réalisé le gros coup en le faisant signer.
Lire aussi: Rink-hockey : focus sur La Vendéenne
A 21 ans, Stéphane Da Costa avait à ses pieds toute la NHL, le meilleur championnat de hockey de la planète. « Sur les 30 équipes, 22 ou 23 voulaient le prendre, sourit son père, admiratif. Stéphane a pris son temps. Avec ses agents, il a étudié chaque dossier, sans se précipiter. C'est en pleurant au téléphone qu'il m'a annoncé qu'il avait opté pour Ottawa. La NHL, c'était son rêve absolu depuis qu'il a commencé le hockey. C'est énorme ce qu'il lui arrive! »
Financièrement, Stéphane Da Costa a signé un contrat de 900000 $ (630000 â?¬), soit le montant maximal pour un joueur débutant en NHL. « La NHL a fait l'erreur de ne pas le drafter (NDLR : le draft est une sorte de bourse pour les joueurs débutants), raconte son père. Elle n'a pas misé sur lui car il était français, et possédait un petit gabarit (1,83 m, 82 kg). Mais ses exploits dans le Championnat universitaire avec Merrimack College, près de Boston (30 buts, 60 assistances en 67 matchs) ont fait de lui un joueur convoité par tous les clubs ou presque. »
Pour Stéphane Da Costa, le plus important était surtout de jouer, même si les Senators pointent à la dernière place de la Conférence Est. « C'est une équipe qui repart sur un nouveau cycle, explique son père. Ils ont recruté des jeunes et travaillent sur le long terme. Signer à Ottawa, c'était la garantie d'avoir du temps de jeu. La seule chose qui compte à ses yeux. »
Parti à l'âge de 17 ans pour les Etats-Unis, Stéphane Da Costa est en train de vivre un rêve éveillé. Son père se souvient : « Il avait été repéré lors des Championnats du monde des 18 ans par un recruteur kazakh qui en a parlé à un autre recruteur américain. Ce dernier l'a proposé à Dallas. Stéphane devait faire un essai d'une semaine dans le Texas. Les dirigeants de Dallas l'ont fait signer au bout du troisième jour et n'ont plus voulu le laisser repartir. »
La belle histoire continue pour le Frenchy, son surnom depuis qu'il est aux Etats-Unis. « Il ne connaissait pas un mot d'anglais ou presque, puisqu'il avait fait allemand en première langue, rappelle son père. Il a dû travailler dur pour se mettre à niveau. Car c'était important s'il voulait être pris dans une université américaine. » Avec son bac américain en poche, Stéphane Da Costa a réussi à convaincre les profs comme il avait séduit les entraîneurs.