Hockey Féminin: Un Panorama International et Historique

Le hockey sur glace féminin a connu une évolution significative au fil des décennies, passant d'une pratique confidentielle à un sport de compétition reconnu à l'échelle mondiale. Cet article explore l'histoire du hockey féminin, son développement dans différents pays, les compétitions internationales majeures, et les enjeux actuels de ce sport en pleine expansion.

Les Pionnières du Hockey Féminin

Bien que le hockey sur glace soit souvent perçu comme un sport masculin, les femmes ont commencé à y jouer dès les premières années de son existence. Au Canada, par exemple, des équipes féminines existaient déjà à la fin du 19e siècle. Cependant, le hockey féminin a longtemps été marginalisé et n'a pas bénéficié du même niveau de soutien et de reconnaissance que son homologue masculin.

Le Premier Championnat du Monde Féminin

Un tournant majeur dans l'histoire du hockey féminin a été l'organisation du premier Championnat du Monde de hockey sur glace féminin en 1990. Initialement organisé tous les deux ans, il a lieu depuis 1999 tous les ans, comme le Championnat masculin. Ce championnat a permis de donner une visibilité internationale au sport et de stimuler son développement dans de nombreux pays.

Les Nations Dominantes

À l'instar du hockey masculin, certaines nations dominent le hockey féminin. Le Canada est sans conteste la nation la plus titrée, avec de nombreux titres de champion du monde et plusieurs médailles d'or olympiques. Les États-Unis sont également une puissance majeure, avec de nombreuses médailles à leur actif. D'autres pays, comme la Suède, la Finlande et la Russie, sont également des compétiteurs sérieux.

En effet, la liste des champions du monde de hockey sur glace depuis 1920 le montre bien : une poignée de nations se disputent régulièrement la première place. Avec, à ce jour, un total de 27 médailles d'or, la Russie, anciennement Union soviétique (URSS), domine la première place dans le tableau des médailles. Tristement célèbre : l'entraîneur Viktor Tikhonov. Il a mené la sélection soviétique à huit victoires en Championnats du monde entre 1978 et 1990. Ses méthodes d'entraînement était dures et dictatoriales - allant même jusqu'à gifler ses joueurs en public. La troisième place parmi les nations de hockey sur glace les plus médaillées est occupée par la République tchèque, qui a remporté jusqu'à ce jour douze Championnats du monde. La République tchèque, anciennement Tchécoslovaquie, a remporté son premier succès à domicile avec une médaille d'or au Championnat du monde de 1947. Une seconde victoire suit en 1949. La quatrième place au tableau du classement revient cette fois à une nation scandinave : la Suède, qui a remporté depuis 1953 onze titres de Champions du monde. Avec seulement deux médailles d'or aux Championnats du monde de hockey sur glace, la Finlande est loin derrière les Champions du monde comme la Suède, la République tchèque, le Canada et la Russie. Néanmoins, l'équipe nationale finlandaise est l'une des équipes de hockey sur glace les plus performantes. À propos : Lors du Championnat du Monde de 2011, l'équipe finlandaise a battu les Suédois 6-1. Les États-Unis ont également été deux fois champions du monde de hockey sur glace, soit en 1933 et en 1960. En revanche, ils ont remporté un total de douze médailles d'argent et de bronze. Considérant que le hockey sur glace est l'un des sports les plus populaires aux États-Unis, le faible nombre de médailles d'or au Championnat du monde est un peu surprenant. Est-ce parce que les Américains se soucient beaucoup plus de leur Ligue nationale de hockey (LNH) que du Championnat du monde ? Peut-être. Lors du Championnat du monde de hockey sur glace 2002, un petit pays d'Europe centrale a fait beaucoup parler de lui : la Slovaquie, qui est en effet devenue championne du monde pour la première fois ! L'équipe composée des grands de la LNH Peter Bondra, Ziggy Pálffy et Miroslav Šatan a remporté la finale 4:3 contre la Russie. Les Britanniques ont eu l'honneur aussi de se déclarer champions du monde de hockey sur glace : après tout, l'équipe de Grande-Bretagne a remporté une fois le titre de champion du monde. C'était en 1936, lorsque le Championnat du monde de hockey sur glace s'est tenu en Allemagne, plus précisément à Garmisch-Partenkirchen.

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Le Hockey Féminin en Europe

Le hockey féminin est en développement constant en Europe. Plusieurs pays, comme la Suède, la Finlande, la Suisse et l'Allemagne, ont des ligues nationales professionnelles ou semi-professionnelles. Ces ligues permettent aux joueuses de haut niveau de s'entraîner et de jouer régulièrement, contribuant ainsi à améliorer le niveau global du hockey féminin européen.

Le Cas de la Belgique et de l'Allemagne

Bien que la Belgique et l'Allemagne ne soient pas traditionnellement considérées comme des puissances du hockey sur glace, le hockey féminin y connaît un essor notable. En Allemagne, la Deutsche Fraueneishockey-Liga (DFEL) est la plus haute ligue féminine. Désormais c'est la DFEL, l'élite nationale, qui ouvre ses portes avec l'arrivée des Amsterdam Tijgers, championnes des Pays-Bas en titre.

De plus, l'Allemagne accueille depuis plusieurs saisons les équipes de Malines (Belgique) et Lustenau (Autriche) dans ses ligues régionales qui forment le second niveau.

Évolution du Hockey Féminin en Suisse

Du chamboulement, en Suisse il y en a eu cet été. En SWHL A, HC Davos a repris en main l'équipe de Thurgovie où Caroline Lambert évoluait la saison passée tandis que le SC Berne a absorbé l'EV Bomo Thoune d'Estelle Duvin et Marie-Pierre Pélissou. Sous la pression financière de ces nouveaux concurrents, le HC Lugano Ladies a annoncé dans un premier temps se retirer du championnat avant de finalement se raviser après avoir trouvé un nouveau sponsor. Champion de Suisse féminin en 2004 et 2005, l'EV Zoug a quant à lui relancé son équipe 16 ans après l'avoir suspendue, faute de relève à l'époque. Le club a tenté de convaincre la fédé de les laisser entrer directement en élite mais sans succès. Il s'est cependant armé pour monter dès sa première saison en recrutant plusieurs internationales dont Lara Stadler, meilleure marqueuse de la SDHL la saison passée et de retour au pays après 10 ans, la Finlandaise Eveliina Mäkinen et les Autrichiennes Annika Fazokas et Leonie Kutzer. De son côté, le HC Thurgovie fut déçu de voir le club féminin quitter la ville, malgré l'entente qu'il avait avec. Sûr d'avoir les moyens de mener une équipe élite, les Lions ont repris la section féminine de l'EC Wil. Finaliste cette année, le HC Tramelan a quant à lui décidé de se retirer, faute de pouvoir aligner une équipe compétitive. Mais les gros clubs ne sont pas les seuls à venir peupler les 2 premières divisions. Le DHC Lyss, club historique du hockey féminin helvète, fait son retour dans une division nationale, 17 ans après son retrait volontaire de l'élite.

EWHL (European Women's Hockey League)

En EWHL, la principale nouvelle de l'été à été la formation d'un syndicat. Les 10 clubs de la saison passée sont représenté parmi les 18 joueuses fondatrices, Jaquie Pierri de l'EV Bozen Eagles étant le principal contact pour les nouvelles adhérentes. La ligue transfrontalière va égaler son nombre record de participants pour la première fois depuis 2006-2007, avec 12 équipes engagées . Après une pause d'un an, l'EHV Sabres Vienne a indiqué au printemps son intention de revenir. 6 fois champion de la ligue et 3 fois de la SuperCoupe, l'équipe évoluera sous le nom de SKN Sabres Saint Pölten après avoir intégré le club omnisport basé à l'ouest de la capitale et comptera sur ses internationales de retour au pays, dont Antonia Matzka, passée en NCAA et en PHF ces cinq dernières années. Longtemps pensionnaire de la DEBL 2 puis de la DEBL, les échelons inférieures autrichiens, l'EC Graz Huskies fait le bon en élite féminine après avoir atteint la finale de la DBEL pour la première fois de son histoire. Le club a renforcé son effectif en faisant à quelques internationales autrichiennes, néerlandaises et slovènes. Coopération est souvent le maître mot pour les nations les moins équipées.

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Les Défis du Hockey Féminin

Malgré les progrès réalisés, le hockey féminin est toujours confronté à de nombreux défis. Le manque de financement et de soutien est un problème majeur dans de nombreux pays. Les joueuses de hockey féminin sont souvent obligées de travailler ou d'étudier en plus de leur carrière sportive, ce qui rend difficile de se consacrer pleinement au hockey.

Un autre défi est le manque de visibilité médiatique. Les matchs de hockey féminin sont rarement diffusés à la télévision ou en ligne, ce qui limite la capacité du sport à attirer de nouveaux fans et sponsors.

L'Avenir du Hockey Féminin

Malgré ces défis, l'avenir du hockey féminin est prometteur. De plus en plus de filles et de femmes pratiquent le hockey, et le niveau de jeu ne cesse de s'améliorer. L'inclusion du hockey féminin aux Jeux olympiques a contribué à accroître sa popularité et sa reconnaissance.

Avec un soutien accru, un financement adéquat et une plus grande visibilité médiatique, le hockey féminin a le potentiel de devenir un sport encore plus populaire et respecté à l'échelle mondiale.

Championnat du Monde: Format et Règles

Le Championnat du monde de hockey sur glace a lieu chaque année. C'est Anvers, en Belgique, qui a accueilli le premier Championnat du monde. L'IIHF décrit le format du tournoi actuel (2020) sur son site web. À propos : dix équipes nationales participent aux Championnats du monde de hockey sur glace féminin. Ces dernières sont réparties en deux groupes de cinq équipes, chacune d'elles étant classée en fonction de sa performance. Après le tour préliminaire, les cinq équipes du groupe A ainsi que les trois équipes du groupe B ayant obtenu le plus grand nombre de points sont qualifiées pour les quarts de finale. après un match nul à la fin du temps réglementaire, une prolongation de 5 minutes maximum est jouée : si un but est marqué, le jeu est terminé (d'après le principe de « mort subite »). Si les équipes sont à égalité à l'issue de la prolongation, il y aura une séance de tirs au but. Dans de cadre de la série éliminatoire, donc à partir des quarts de finale, et en cas de match nul à l'issue du temps réglementaire, la prolongation ne sera que de 10 minutes maximum, et de 20 minutes en finale.

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L'Événement Marquant de 1974

Durant ce Printemps du Hockey Féminin, la FFH vous propose un petit retour dans le temps en revenant sur la première Coupe du Monde Féminine de Hockey en 1974. Retour sur l'organisation et le déroulement de cette compétition marquante pour la pratique féminine du hockey, en France et plus précisément à Mandelieu - La Napoule. En 1974, la Fédération Internationale de Hockey (créée en 1924) confie à la France, l’organisation de la première Coupe du Monde Féminine des Nations. La F.F.H choisit un lieu emblématique du Hockey : la Côte d’Azur, plus précisément Mandelieu-la-Napoule. L’équipe de France se prépare au CREPS de Boulouris (83 - Var). C’est donc du 17 au 24 mars 1974 que cette belle région se voit remplie de fans et de curieux. Au milieu des mimosas en fleurs, plusieurs terrains de hockey en gazon naturel, des tribunes et un immense chapiteau bar-restaurant accueillant officiels, joueuses, spectateurs, organisateurs etc. Aujourd’hui un golf prestigieux bordé de villas tout aussi prestigieuses a remplacé ces installations. Radio Monte Carlo couvre quotidiennement l’événement ; une photographe et une journaliste de Paris Match suivent l’Equipe de France en permanence. Un sujet sur le hockey et ses stars devait paraître la semaine suivante.

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