Introduction
Les confrontations entre l'équipe de France et le Portugal en handball masculin sont marquées par une rivalité croissante, témoignant de l'ascension du handball portugais sur la scène internationale. Cet article retrace l'historique de ces rencontres, en mettant en lumière les moments clés, les enjeux et l'évolution des forces en présence.
Une médaille de bronze pour atténuer la frustration (Mondial)
L’équipe de France de handball a terminé son Mondial sur une note positive en décrochant la médaille de bronze après une victoire étriquée mais précieuse contre le Portugal (35-34), à Oslo. Deux jours après leur désillusion en demi-finale contre la Croatie (31-28), les hommes de Guillaume Gille ont su trouver les ressources pour s’imposer au bout du suspense, grâce notamment à un arrêt décisif de Charles Bolzinger dans les dernières secondes.
Aymeric Minne, homme du match
Pour ce match pour la troisième place, Guillaume Gille a procédé à plusieurs changements dans son sept de départ. Aymeric Minne, propulsé titulaire à la place de Nedim Remili au poste de demi-centre, a brillé avec 10 buts inscrits. Dès les premières minutes, il s’est imposé comme l’homme fort de l’attaque française, marquant quatre fois en dix minutes dans un début de match où les attaques prenaient le dessus (8-8, 12e).
Grâce à cette efficacité offensive, la France a réussi à rejoindre la pause en tête (19-17, 30e), mais sans jamais réellement se détacher. En début de seconde période, les Bleus ont perdu leur rythme, notamment en l’absence de Minne. Les Portugais, emmenés par les frères Martim et Francisco Costa (13 buts à eux deux), ont alors pris l’avantage (20-21, 36e).
Nedim Remili, peu en réussite, a raté un duel important face au gardien portugais Gustavo Capdeville, avant de prendre une exclusion temporaire pour un geste litigieux sur Francisco Costa. Mais la France a réagi avec caractère, à l’image de Karl Kona, solide en défense, et des buteurs Dylan Nahi (6 buts) et Dika Mem (4 buts), qui ont permis aux Bleus de revenir à hauteur (26-26, 48e).
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Bolzinger en héros de la fin de match
Alors que le suspense était à son comble, le jeune gardien Charles Bolzinger a joué un rôle décisif. Entré à la place de Rémi Desbonnet, il a réalisé plusieurs arrêts cruciaux, permettant aux Bleus de reprendre une courte avance (31-29, 52e). Mais chaque tentative de creuser l’écart a été contrée par une équipe portugaise tenace, qui est revenue à égalité (33-33) à moins de deux minutes du terme.
C’est alors qu’Elohim Prandi, l’un des héros de l’Euro 2024, a fait parler son talent avec une passe magistrale dans le dos pour Ludovic Fabregas (34-33, 59e). Mais Leonel Fernandes a égalisé sur l’action suivante, plongeant les Bleus dans une dernière minute haletante.
Après un temps mort de Guillaume Gille, Fabregas a obtenu un jet de sept mètres, transformé avec sang-froid par Melvyn Richardson à 19 secondes du coup de sifflet final.
Sur l’ultime possession portugaise, Antonio Areia a tenté un tir de la dernière chance, mais Charles Bolzinger a repoussé le ballon avec la tête. Un arrêt héroïque qui scelle la victoire et la médaille de bronze pour la France.
Si l’objectif était l’or, ce podium reste une consolation qui confirme que la France reste une nation forte du handball mondial.
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Mondial 2025 : un avant-goût de la confrontation
L’équipe de France se prépare à affronter le Portugal avec pour enjeu une médaille de bronze mondiale. Cette affiche inédite de la « petite finale » précédera la finale entre le Danemark et la Croatie. Ce dimanche, les hommes de Guillaume Gille mettront tout en œuvre pour se récompenser dans ce Mondial 2025.
Guillaume Gille souligne que les Portugais réalisent un tournoi fantastique avec de grandes performances tout au long de leur parcours et n’ont pas atteint ce niveau de la compétition par hasard, ce qui démontre l’évolution du handball portugais avec la qualité de ses joueurs. Malgré tout, c’est aussi une déception pour eux à la sortie d’une demi-finale où ils ont été dominés par les Danois.
Analyse de l'équipe portugaise par Yohan Delattre
Yohan Delattre, entraineur-adjoint, présente l'équipe portugaise comme un candidat du futur, une nation de handball qui joue particulièrement bien, avec beaucoup de qualités que ce soit au près ou que ce soit dans la relation pivot et dans la continuité.
Tournoi de France : préparation et ajustements
Lors du Tournoi de France, l’équipe de France a battu le Portugal (44-38). De retour à la compétition moins de deux mois après son opération de l’épaule droite, Dika Mem a livré une prestation très convaincante face aux Portugais, montant en puissance (9/9). Élohim Prandi, victime d’une luxation de l’épaule gauche début novembre, a retrouvé le terrain, entré en jeu pour 11 minutes en seconde période, lors desquelles il s’est peu mis en évidence (1/2 et une perte de balle).
Guillaume Gille pourrait lancer Élohim Prandi pour lui offrir des repères avant le début du Mondial.
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Qualifications Olympiques : un duel mémorable (TQO)
Pour la première fois depuis 2008, l'équipe de France a du passer par la case Tournoi de qualification olympique. Mais grâce à ses deux victoires et une défaite lors du TQO organisée chez elle, elle verra bien les anneaux de Tokyo cet été (23 juillet-8 août).
Avant d'affronter le Portugal dimanche soir, les Français avaient fait le plus dur, en renversant la Croatie et en pulvérisant la Tunisie . Pour clore ce TQO, les joueurs de Guillaume Gille ont attaqué ce match par le bon bout, créant un gros écart avant le quart d'heure de jeu (9-3, 13e). Malgré leur défaite incroyable face à la Croatie la veille, les Portugais n'étaient pas là pour faire de la figuration.
La deuxième mi-temps s'est résumée à un mano à mano entre Portugal et France, avec jamais plus de deux buts d'écart pour les Bleus. Mais elle a manqué sa balle de match à quelques secondes de la fin, et laissé Silva marqué le but de la victoire pour les Portugais, à deux secondes de la fin.
Déclarations après le TQO
Guillaume Gille (sélectionneur de l'équipe de France) : "A chaud, le sentiment est forcément un peu mitigé. C'est toutefois une immense satisfaction. Nous avons validé ce que nous étions venus chercher, les Jeux Olympiques de Tokyo. Qui plus est dans une période compliquée. Les garçons se sont énormément investis. C'est de très bon augure pour la préparation de ces JO. On ira à Tokyo pour la plus belle des médailles.
Michaël Guigou (capitaine de l'équipe de France) : "Ce qu'on pourra faire aux Jeux, on verra. Là on savoure la montée en puissance des derniers mois, des dernières semaines. On a su faire de belles choses, on est fier de ce qu'on a fait.
Luc Abalo (ailier droit de l'équipe de France) : "C'était un combat difficile ce week-end. On s'est battus, le premier match était le plus important. Ce soir on est un peu déçus à cause de la défaite. Mais on est très heureux au fond pour la qualification.
Luka Karabatic (pivot de l'équipe de France): "C'est un peu particulier comme moment. On voulait finir sur une victoire. Surtout en ayant mené tout le match, c'est un peu frustrant. Mais le plus important c'est la qualification pour les Jeux.