L'Histoire du Handball et son Évolution : Focus sur les Ponts-de-Cé et l'Impact de Patricia Ségurel

Si l'on évoque le handball dans la France des années 20 et 30, l'image reste floue pour la majorité. Pourtant, les prémices de ce sport, tel que nous le connaissons aujourd'hui, se mettent en place progressivement, portées par des initiatives variées et des personnalités engagées. Cet article retrace l'histoire du handball en France, en mettant en lumière ses débuts, son développement et l'influence notable de figures comme Patricia Ségurel, dont l'action a marqué le club des Ponts-de-Cé.

Les Premiers Pas du Handball en France (1920-1930)

L'histoire du handball en France remonte aux années 1920. En avril 1922, Monaco organise ses deuxièmes rencontres sportives réservées aux femmes. La presse de l'époque décrit ce sport comme un croisement entre le football, le rugby et le basket-ball, soulignant sa délicatesse, sa finesse et son absence de brutalité. L'enthousiasme médiatique est palpable, louant la simplicité et la rapidité du jeu.

Dans la foulée de cette démonstration monégasque, la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (FSFSF) prend l'initiative d'organiser le sport à l'échelle nationale. L'année suivante, une sélection française se rend à Prague pour s'initier au házená, l'ancêtre du handball. En 1924, les Tchécoslovaques font le déplacement à Paris, au Stade Pershing, pour une démonstration.

Malgré ces efforts initiaux, l'élan semble s'essouffler après quelques années.

La Relance par le Mouvement Ouvrier (1929-1937)

Alors que la version tchécoslovaque du jeu disparaît, la Fédération Sportive du Travail (FST, aujourd'hui FSGT) ouvre en 1929 une commission de « Handball Association », probablement par analogie avec le Football Association. Le 21 avril 1929, un match de démonstration est organisé par la FST en ouverture d'une rencontre de football au Stade de Clichy. L'objectif est clair : пропагандировать le sport dans les milieux ouvriers.

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Dans le Haut-Rhin, des sociétés ouvrières pratiquant le handball à onze se regroupent autour de Mulhouse. Au printemps 1935, un premier championnat aller-retour est organisé entre des équipes de Mulhouse, de Colmar et de Guebwiller. Un autre foyer de développement se trouve en Moselle, autour de Metz. Là aussi, des clubs se fondent, mais civils cette fois, et non ouvriers comme en Alsace. Des équipes sont créées à Metz, Hagondange et Petite-Roselle. Bien qu'il n'y ait pas de championnat à proprement parler, des échanges sont organisés avec les équipes de la Sarre voisine.

De ces initiatives naît un embryon de fédération française de Hand Ball, qui regroupe rapidement des équipes venues de tout le Grand Est. Le 26 décembre 1935, cette fédération organise à Metz une première rencontre internationale contre le Luxembourg. 800 spectateurs assistent à la victoire des visiteurs 11 à 3.

L'Émergence du Handball Universitaire et Scolaire (1937-1939)

En 1937, Paris accueille les 7èmes Jeux Universitaires. De nombreux sports sont au programme, dont le handball à onze. Initialement, la France ne devait pas participer au tournoi. Cependant, les forfaits successifs du Luxembourg et de la Hongrie forcent les Français à improviser une équipe à la dernière minute et à fonder une fédération pour l'occasion.

Cette première sélection nationale est composée de joueurs de rugby et de basket-ball. Les résultats sont désastreux : la France encaisse 23 buts contre l'Autriche, 23 contre la Suisse et 34 face aux Allemands, sans jamais en marquer un seul. Ces matchs, disputés à Colombes, retiennent néanmoins l'attention de la presse parisienne.

À la suite de ces Jeux Universitaires, quelques Français sont invités en Allemagne, à Karlsruhe, pour se familiariser avec le sport. Jules Coulon, inspecteur général de l'Éducation Physique, décide d'encourager la pratique dans les établissements d'enseignement. Des professeurs sont conviés à une démonstration du nouveau jeu par les "nouveaux convertis" revenus d'Allemagne.

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Ces enseignants créent les premières équipes scolaires au sein de leurs lycées respectifs. En 1938, un premier championnat parisien est créé, mettant aux prises plusieurs lycées parisiens (Chaptal, Auteuil, Henri IV…). Grâce à l'action du journal et de sa « Coupe Figaro », on joue au handball dans les lycées d'Agen, du Mans, de Lyon, de Limoges et de Périgueux. En Alsace, où la pratique est plus ancienne, la plupart des lycées (Mulhouse, Strasbourg, Colmar…) se convertissent également à la nouvelle pratique.

Durant la saison 1938-1939, un championnat de France s'ajoute à celui de Paris. La finale se déroule au Stade Léon Bollée du Mans. Les Parisiens du Lycée Chaptal s'imposent face aux locaux 3 buts à 1. Pour la première fois de l'histoire, des « Champions de France de Handball » sont sacrés.

La Création de la Fédération Française de Handball (1940-1944)

À l'automne 1940, quatre professeurs d'éducation physique proposent la création d'une fédération de handball à Robert Foulon, directeur des sports du commissariat général aux Sports de Jean Borotra. Les projets se multiplient : affiliations de clubs, licences, création de centres régionaux, diffusion des règles, intégration du sport à l'école via l'UFOLEP, etc.

Le développement est tel que la cohabitation entre basket-ball et handball devient rapidement intenable. En septembre 1941, la Fédération Française de Handball acquiert son indépendance.

En 1941, le handball est encore méconnu dans le Sud de la France. Christian Picard est chargé de sillonner tout le Midi pour promouvoir le handball dans les casernes, les clubs omnisports et les écoles. Sa mission est un succès, et dès 1942, la FFHB peut organiser un match entre des sélections Nord et Sud.

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Avec le soutien des autorités et de la presse, le handball français se structure rapidement. Des championnats régionaux se développent un peu partout en France, et quelques grands clubs comme le PUC, le FC Lyon ou l'AS Montferrand, le Racing, le Red Star et le Stade Français ouvrent des sections dédiées au sport.

Dans le même temps, la version à sept du handball - celle que nous connaissons aujourd'hui - sort de l'ombre. Début 1944, une première démonstration est organisée au Vel d'Hiv au profit des victimes des bombardements de Boulogne. La même année, l'Auto organise une coupe réservée au handball à sept.

La croissance des effectifs du handball français est saisissante. Le nombre d'équipes scolaires et universitaires passe de 20 en 1940 à 252 trois ans plus tard, représentant un quart du nombre d'équipes de football et dépassant le nombre d'équipes de rugby (176). À la fin de l'Occupation, les comités régionaux sont au nombre de 19, couvrant l'ensemble du pays.

Patricia Ségurel : Une Figure Emblématique des Ponts-de-Cé

Patricia Ségurel, ancienne vice-présidente de la Ligue des Pays de la Loire et entraîneure de l'équipe féminine des Ponts-de-Cé pendant près de 20 ans, est décédée d'une crise cardiaque à 72 ans. Son impact sur le handball, et plus particulièrement sur le club des Ponts-de-Cé, est indéniable.

Lorsqu'elle arrive des Ponts-de-Cé en 1988, personne ne se doute que Patricia Ségurel, l'ancienne ailière en N2 du SCO, va bouleverser le paysage du handball local. Dès son arrivée, elle devient entraîneure de l'équipe féminine ponts-de-céaise, qu'elle mènera jusqu'en N2.

Son caractère bien trempé, décrit par Serge Larcher comme quelqu'un qui "tancait régulièrement" les arbitres, est mis au service de la promotion du sport féminin. En tant que professeure de sport au collège François Villon des Ponts-de-Cé, elle œuvre auprès du Comité départemental et à la Ligue pour développer le "hand ensemble et adapté", selon les mots du président ponts-de-céais Alain Leclère.

En 2001, Patricia Ségurel se distingue en créant, avec Claudine Lignel, une section de hand fauteuil aux Ponts-de-Cé, une initiative pionnière en France. Alors que des associations proposaient déjà ce sport dans d'autres régions, aucun club n'avait encore franchi le pas. Pour Patricia Ségurel, cette initiative permettait d'intégrer pleinement les personnes en situation de handicap à la vie du club.

En tant que vice-présidente à la Ligue, à partir de 2004 et pendant plus de 10 ans, elle travaille sans relâche pour faire avancer ses idées. Son engagement, sa franchise et son tempérament ont marqué ceux qui l'ont côtoyée. Elle était "très avenante auprès des enfants, éducatrice, et très ferme avec les adultes", "elle avait le handball dans le sang, et était très engagée dans le monde du handicap".

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