Genève-Servette HC : Un Champion Suisse Historique et Européen

Le Genève-Servette Hockey Club (GSHC) a marqué l'histoire du hockey suisse en remportant coup sur coup le titre de champion de Suisse et la Ligue des Champions (CHL). Ces victoires, acquises en moins d'un an, témoignent de la progression constante du club et de son ambition de s'imposer sur la scène européenne.

Un Premier Titre de Champion Suisse Après 118 Ans d'Attente

Après 118 ans d'existence, le Genève-Servette HC a enfin remporté le titre de champion de Suisse en dominant Bienne (4-1) lors du match 7 de la finale de National League. Ce sacre, le premier de l'histoire du club, a été vécu comme une véritable libération par les supporters et les joueurs.

"C'est l'un des plus beaux jours de ma vie", a déclaré Noah Rod, attaquant du GSHC. "Ça fait dix ans que je me lève tous les matins pour gagner cette coupe. Il y a surtout énormément de fierté d'avoir pu me battre avec des gars pareils. C'est rare d'avoir une équipe aussi forte. Chacun a tout donné, sacrifié énormément, et on a le résultat de nos efforts."

Le parcours vers le titre n'a pas été simple. En finale, si on fait exception du match V (remporté 7-1 par les Aigles), les autres rencontres ont toutes été serrées (quatre ont même été décidées par 1 but), symbole de proximité de niveau entre les deux prétendants au sacre. Comme il est de coutume dans les matchs couperets - a fortiori lors d’une Finalissima - le sort de la rencontre promet de se jouer sur des détails. Statistiquement parlant, la tenue d’un septième match en finale n’est pas favorable à l’équipe qui reçoit. En effet, sur 10 finales jouées sur un match décisif, 7 ont été remportées par le club visiteur. Genève-Servette a déjà été du « mauvais » côté de l’histoire en s’inclinant au match VII aux Vernets face à Berne en 2010.

L'équipe a su faire preuve de résilience et de solidarité pour surmonter les obstacles et atteindre son objectif. Plusieurs joueurs ont joué blessés, à l'image de Sami Vatanen, Valtteri Filppula, Noah Rod ou encore Vincent Praplan. "Le staff a fait un bon job, chacun a dû mettre son ego de côté pendant cette saison", a souligné Rod. "Chacun a dû faire des efforts sur son temps de jeu, sur le power-play, le box-play. Peu importe l'aspect, tout le monde a su faire l'effort et c'est pour ça qu'on est champion."

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La Ligue des Champions : Un Triomphe Européen Historique

Moins d'un an après avoir été sacré champion de Suisse, le Genève-Servette HC a remporté la Ligue des Champions (CHL) en battant en finale l'équipe suédoise de Skelleftea (3-2). C'est la première fois qu'une équipe helvète gagne la compétition depuis sa création en 2014. En tenant compte de toutes les compétitions européennes appelées Coupe des champions ou Ligue des champions depuis 1965, le Genève-Servette est le deuxième club suisse titré (avec Zurich qui avait gagné une autre version de la C1 en 2009).

La finale, disputée à domicile à la patinoire des Vernets, a été un moment de gloire pour toute la Romandie, et - un petit peu - pour la France voisine qui a apporté le premier buteur et infusé ses cadres dans le staff dont l’entraîneur-adjoint Yorick Treille. Les places non réservées aux abonnés pour cette finale aux Vernets sont parties en deux minutes à peine et ont fait beaucoup de malheureux !

Le match a été marqué par une première période spectaculaire des Genevois, qui ont inscrit trois buts. L'attaquant français Eliot Berthon a ouvert le score après six minutes de jeu, imité ensuite par le Finlandais Sakari Manninen et le Canadien Daniel Winnik. Le gardien finlandais Jussi Olkinuora s'est, lui, fendu de 23 arrêts.

Malgré la réduction du score par Skelleftea en deuxième et troisième périodes, le GSHC a su conserver son avantage et remporter la victoire. "C'était notre but au début de l'année de remporter cette Ligue des Champions", a déclaré Jan Cadieux, entraîneur de Genève-Servette. "Le mérite en revient aux gars qui ont été incroyables ce soir. Nous avons fait le job, oui. Pour le hockey suisse, pour Genève, pour ces 24 joueurs, cela signifie tout. Nous avions dit que nous prendrions cette Ligue des Champions sérieusement et que nous voulions la gagner."

Un Parcours Semé d'Embuches

En difficulté en championnat (huitième), le tenant du titre suisse Genève-Servette accueille le plus grand évènement de son histoire avec cette finale européenne. Le public pourrait aider à renverser les pronostics. Son soutien a aidé les Aigles à être invaincus à domicile pendant toute cette campagne de CHL. L’organisation obtenue de justesse à la différence de buts est donc une clé.

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Le quatrième de SHL, Skellefteå, semble avoir résolu ses problèmes d’efficacité offensive de début de saison. Il le doit notamment à un powerplay impressionnant, qui tourne à 35,5% de réussite en Suède… mais seulement 12,2% en CHL ! C’est pourtant mieux que les Genevois, qui plafonnent à 11,1% dans la compétition.

Une Entame de Match Explosive

Les Suisses entrent bien dans leur finale en confisquant la possession du palet. Ils se découvrent un premier héros inattendu à la cinquième minute en la personne d’Eliot Berthon. Le petit Français de la quatrième ligne travaille dans la bande où il échappe aux griffes d’Oskar Nilsson et accélère soudain vers le but en recevant au bon moment une excellente passe d’Arnaud Jacquemet depuis la ligne bleue. Arrivant seul devant le gardien Linus Söderström, Berthon le dribble et conclut du revers cette action splendide… mais la cage a bougé avant son tir, déplacée par l’appui du patin de Söderström.

Battu dans le duel puis au marquage sur ce but, le défenseur Oskar Nilsson aggrave son cas en faisant trébucher en zone neutre Daniel Winnik - qui vient d’apprendre que ce contrat ne serait pas reconduit cet été. Cette première supériorité numérique confirme les faibles statistiques même si l’unité menée par Sami Vatanen a plutôt bien fait circuler le palet. Même sans but, cette séquence ne fait que renforcer la possession genevoise, mais au retour à cinq, Skellefteå se lance dans une attaque rapide. Pär Lindholm décale alors dans le cercle gauche l’international letton Martins Dzierkals dont le tir en angle assez fermé trouva la lucarne proche (1-1).

Le GSHC reprend la maîtrise du jeu comme si de rien n’était. Sami Vatanen centre pour Vincent Praplan entre les cercles mais le tir du Sierrois passe à droite de la cible. Peu après, un contact genou contre genou d’Oscar Lindberg sur Chanton dans le coin est sanctionné. Ce deuxième jeu de puissance est cette fois transformé, sur une action où les quatre vedettes finlandaises touchent le palet à la suite : Vatanen à la baguette à la bleue, Filppula pour la mention d’assistance, puis Teemu Hartikainen dont la belle passe transversale levée du revers devant le filet est reprise à l’opposé par Sakari Manninen qui savoure en se léchant les babines (2-1). Le coach suédois Robert Ohlsson demande à faire vérifier un possible hors-jeu lors de l’entrée de zone préalable. Le patin droit de Josh Jooris est certes déjà en zone offensive, mais la pointe de son patin gauche est posée sur la glace au-dessus de la peinture bleue quand le palet la franchit. Comme c’est l’usage en CHL, la supériorité numérique ne s’arrête pas parce qu’un but est marqué. À la dernière seconde avant la fin de pénalité, le vétéran moustachu Daniel Winnik rabat parfaitement le palet envoyé de la bleue par Tim Berni pour une déviation imparable (3-1). Les statistiques du GSHC en powerplay viennent de gonfler en l’espace de deux minutes.

Une Défense Solide en Deuxième Période

Les Genevois s’agrippent à cette avance en deuxième période en se montrant agressifs en zone neutre. Vincent Praplan intercepte ainsi le palet devant Pär Lindholm et qui vient tester Söderström en contre-attaque. Le système défensif de Jan Cadieux ne paraît jamais pris en défaut. Ni en zone neutre, où le 1-2-2 est bien huilé. Ni en zone défensive, où les Aigles bien compacts ne laissent que des tirs extérieurs sans vrai danger, sur lesquels Olkinuora ne fait plus d’erreur.

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Une Fin de Match Sous Tension

Le troisième tiers-temps reprend sur le même mode et les chants des supporters genevois ont toutes les raisons d’être confiants. Et puis, après huit minutes, voilà qu’un but arrive de nulle part sans s’être annoncé. Faut-il changer de tactique et un peu moins subir car on ne peut pas tout maîtriser ? Les Genevois essaient de repartir à l’attaque mais se font prendre en transition à deux contre deux. C’est encore le jeune aillier Heikkinen qui est proche du doublé, sur un très rare tir suédois dans la zone de vérité entre les cercles, après un centre d’Oscar Lindberg, mais Olkinuora réussit cette fois à parer de la paque à contresens de son déplacement. Parti presser en infériorité numérique, le défenseur Simon Lecoultre réussit à prendre le palet dans le coin au gardien Linus Söderström mais c’est Filip Sandberg qui sauve son camp en lui barrant l’accès à la cage vide. Le coach suédois Robert Ohlsson sort ensuite son gardien pour jouer à 6 contre 4. Sur le premier engagement en zone offensive, le tir du poignet fulgurant de Filip Sandberg est repoussé par l’épaule gauche d’Olkinuora qui sort là l’arrêt décisif au bon moment. Sur l’engagement suivant, le dégagement de Tanner Richard manque la cage vide pour une dizaine de centimètres.

Réactions d'Après-Match

Crosses et casques tombent, Genève-Servette est champion d’Europe. Noah Rod, avec le bras gauche en écharpe, est invité à soulever une des anses du trophée en même temps que celui qui l’a remplacé en tant que capitaine, Tanner Richard.

Robert Ohlsson (entraîneur de Skellefteå) : « Nous avons fait une grande compétition. Nous perdons contre une bonne équipe aujourd’hui. La première période est la raison pour laquelle ils ont gagné. Ils étaient meilleurs que nous au départ, ils ont exécuté leur powerplay. Nous sommes mieux entrés dans le match en deuxième période et nous avons fait une bonne troisième période. Peut-être que nous aurions eu besoin de meilleures unités spéciales pour gagner.

Eliot Berthon (attaquant de Genève-Servette): « Je viens d’étreindre mon père, donc forcément je craque. Il m’a toujours soutenu, comme toute ma famille. Ce sont de beaux moments, ceux qu’on ne vit qu’une fois dans une carrière en général. Je pleure, car je suis passé par des moments vraiment durs. Je n’ai pas vécu le titre de champion suisse de la même manière, même si j’étais présent avec l’équipe, car je n’avais pas joué. Là, c’est différent. J’ai essayé de contribuer à ma manière. Je ne m’imaginais pas vraiment ouvrir le score, car mon rôle est plutôt d’amener de l’énergie. Mais je suis fier. C’est un but de roublards : ce n’est pas la première fois que Jacquemet me met dans une bonne situation. C’est génial que cela ait fonctionné ce soir. Vers la fin, c’était dur, mais on a été solide défensivement.

Arnaud Jacquemet (défenseur de Genève-Servette): « On gagne 2 titres en 10 mois, c’est magnifique. On démontre que le hockey suisse a un bon niveau. On n’a jamais douté. Si c’était le cas, on ne pourrait jamais gagner ce genre de match. Il faut donner du crédit à Skellefteå, car même menés 3-1 dans une telle ambiance, ils n’ont pas baissé les bras. Le championnat reprend sous peu, donc on ne pourra pas aller à Ibiza demain, comme après notre titre de champion suisse ! Mais on va quand même fêter ce sacre, c’est clair. Ma passe sur le 1-0 ? Ça m’a fait plaisir d’apporter ma pierre à l’édifice. Dans ce genre de partie, c’est souvent les joueurs les moins attendus qui marquent. Je suis content pour Eliot, car on a vécu beaucoup de choses ensemble.

Yorick Treille et Jordan Nardi : La Touche Grenobloise au Succès Genevois

Le succès du Genève-Servette HC est également dû à la présence de deux Grenoblois au sein de l'équipe : Yorick Treille, entraîneur adjoint, et Jordan Nardi, responsable matériel.

Yorick Treille, frère de Sacha Treille, capitaine de Grenoble et de l'équipe de France, a rejoint le GSHC il y a deux saisons et a remporté énormément de succès avec le club. Avant de devenir entraîneur, il a eu une carrière de joueur professionnel en Amérique du Nord et en Europe, et a notamment porté les couleurs des Brûleurs de loups de Grenoble pendant deux saisons.

Jordan Nardi, né à Saint-Martin-d'Hères, est le responsable matériel de l'équipe. Il a auparavant été le responsable matériel de l'équipe de France de 2009 à 2018 et a également occupé des responsabilités dans le staff de l'équipe de France U20.

Ce titre européen vient garnir une armoire de trophées déjà bien remplie pour le Grenoblois, qui a gagné un titre de champion de France et une Coupe de France avec Rouen (2016) et une Coupe de la Ligue avec les Brûleurs de loups (2015) et un titre de champion suisse en 2023.

Un Avenir Prometteur pour le Hockey Genevois

Le titre de champion de Suisse et la victoire en Ligue des Champions marquent une étape importante dans l'histoire du Genève-Servette HC. Ces succès témoignent de la qualité du travail accompli par les joueurs, les entraîneurs et l'ensemble du staff. Ils ouvrent également de nouvelles perspectives pour l'avenir du club, qui ambitionne de s'installer durablement parmi les meilleures équipes européennes.

Ces victoires sont également une source de fierté pour le hockey suisse dans son ensemble. Elles démontrent que les clubs helvétiques sont capables de rivaliser avec les meilleures équipes européennes et de remporter des titres prestigieux.

Frank Bruno : Un Mental d'Acier au Service du GSHC

De passage en Suisse le public Romand n’a toujours pas oublié l’épopée 2008 du Genéve Servette Hockey club qui fut sacré vice champion Suisse de Ligue A. Chris Mc Sorley m’avait engagé pour les play offs et 2 ans après les gens n’ont pas oublié, moi non plus.

L’aventurier français Frank Bruno, amputé d’une partie de sa jambe, a renforcé le mental des joueurs du Genève-Servette HC pour les play-off. Une personne amputée d’une partie de sa jambe qui vient renforcer le mental des joueurs du Genève-Servette HC pour les play-off, cela ne pouvait qu’interpeller. L’ayant croisé plusieurs fois lors de conférences de presse, je n’avais pas vu son handicap sous son survêtement aux couleurs du club. Alors, à la fin d’une rencontre remportée par l’équipe genevoise, Frank a accepté d’enlever sa prothèse, à ma demande.

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