La Coupe du Monde Féminine approche à grands pas, et il est temps de se pencher sur les joueuses tricolores qui pourraient être déterminantes lors de cette compétition internationale. Parmi elles, il est impossible de ne pas mentionner le dernier rempart des Bleues : Pauline Peyraud-Magnin. Celle qui devrait être titulaire dans la cage a parcouru un long chemin pour disputer cette Coupe du Monde.
Pauline Peyraud-Magnin : Un Parcours Exceptionnel
Pauline Peyraud-Magnin aurait pu ne jamais jouer au poste de gardienne. Son parcours est marqué par la détermination et le travail acharné. Elle a notamment remporté la Ligue des Champions en 2018 avec l'OL, un moment fort de sa carrière.
En 2021, la Juventus a dû sortir le chéquier pour s'offrir Pauline Peyraud-Magnin, pour un montant de 50 000€. Elle est actuellement la gardienne la plus chère de l'histoire du football féminin. Un investissement qui en vaut clairement la chandelle, puisqu'elle ne déçoit pas dans le but du cador italien.
Joe Montemurro a entraîné Pauline Peyraud-Magnin à Arsenal et à la Juventus, contribuant à son développement en tant que gardienne de but de haut niveau.
Marie Petiteau : L'Ascension d'une Jeune Gardienne Prometteuse
Tout va très vite pour Marie Petiteau qui enchaîne les premières cette saison. De ses débuts au foot en 2008 à sa découverte de l’Équipe de France féminine à l’automne en passant par ses premiers matches en D1 Arkema cette saison, la jeune gardienne internationale du Montpellier HSC se raconte. Premier match en D1 Arkema avec Montpellier, où elle est revenue l’été dernier après son prêt à Saint-Malo, le 16 septembre contre Dijon. Première convocation en Équipe de France féminine dans la foulée pour participer aux trois premiers jours de stage à Clairefontaine avant d’être appelée en octobre puis en novembre afin de pallier les forfaits de Pauline Peyraud-Magnin et de Constance Picaud. Et voilà une première interview. Sa place de titulaire au MHSC, son statut de deuxième plus jeune joueuse des Bleues derrière Vicki Becho, ses études comme kinésithérapeute, la gardienne (21 ans), qui avait pour modèle Hugo Lloris et Manuel Neuer, retrace son parcours.
Lire aussi: Handball : analyse des gardiennes suédoises
L’histoire commence quand ses parents l’inscrivent avec son jumeau dans le même club que leur frère aîné. La petite Marie a alors 6 ans et quatre ans plus tard, elle enfilera des gants qu’elle n’a plus jamais quittés. « Comment en êtes-vous venue au football ? J’ai commencé le football à l’AS AML pour Avensan-Moulis-Listrac, un club fruit de l’entente de trois villages, à l’âge de six ans. J’ai deux frères dont un jumeau. Mon grand frère faisait déjà du foot et nos parents nous ont inscrit avec lui. J’ai joué en mixité avec les garçons jusqu’à mes 15 ans. Durant mes années lycée, j’ai rejoint le Pôle Espoirs de Blagnac et les Girondins de Bordeaux pendant trois ans (2017-2020) avant de signer mon premier contrat à Montpellier à 18 ans. J’ai fait une année au MHSC où j’étais troisième gardienne et n’ai pas pu vraiment jouer avec les jeunes car c’était l’année du COVID où le championnat a été arrêté. Je suis ensuite partie en prêt à Saint-Malo pendant deux ans (2021-2023) afin d’avoir du temps de jeu. Et depuis cet été, me voilà de retour à Montpellier.
Elle se souvient que lorsqu’on affrontait une autre équipe, les garçons d’en face disaient : ‘‘C’est une fille aux cages, ça va être facile’’ ! J’y puisais une motivation supplémentaire et je leur prouvais le contraire.
Ce poste constitue un rôle à part. L’entraînement est spécifique, la musculation est différente, les retours vidéos sont propres aux gardiennes comme les échauffements d’avant-match. On est un peu une secte au sein du groupe ! C’est un poste particulier, ingrat parfois, il faut aimer ça et avoir sa conscience tranquille. Cela peut être difficile de prendre du recul, on a souvent besoin d’un avis extérieur pour juger sa propre prestation. On a besoin de comprendre que ce n’est pas parce qu’on a encaissé un but qu’on est forcément fautive.
Elle est allée à Saint-Malo pour avoir du temps de jeu, progresser et aussi suivre ses études de kinésithérapeute. Elle a appris à gérer sa vie, ses études et le foot. Ce sont trois choses différentes mais complémentaires et essentielles à son bien-être.
Elle a senti le changement en revenant à Montpellier l’été dernier. Le staff avait changé, l’effectif aussi mais c’est surtout le rythme qui était différent avec les entraînements le matin, la vitesse de jeu, la prise d’informations qui doit être beaucoup plus rapide, le jeu au pied également. Tout va plus vite. Il faut être beaucoup plus précise, attentive et réactive. Heureusement qu’il y a eu la préparation cet été pour avoir le temps de s’habituer, se régler afin d’être prête pour le premier match de la saison.
Lire aussi: Disparition de Jemima Kabeya : Le handball pleure
Après 10 matches joués en 11 journées de championnat, elle joue de manière relaxée sur le terrain, sans pression. Elle connaît toutes les joueuses désormais, leurs points forts et leurs points faibles, elle sait sur quel pied jouer. Cela pousse à vouloir continuer sur cette lancée. Elle a trouvé des repères.
Elle a commencé en sélection chez les jeunes, cela a été un long apprentissage car elle avait des difficultés au début. Elle a dû beaucoup travailler sur son aspect mental. Jusqu’aux U23, il lui manquait ce petit truc pour pouvoir atteindre les A. Elle pense qu’il y a eu un déclic à son arrivée à Montpellier vu qu’elle a réussi à enchaîner les matches. C’est comme si une barrière mentale avait sauté. Elle a d’abord été appelée pour prendre part à trois jours du rassemblement avant de figurer dans le groupe.
Lors de son premier entraînement avec les Bleues, elle n’était pas du tout stressée sur le terrain, ce qui est contraire à sa personnalité ! Elle est arrivée très à l’aise, relâchée. La secte des gardiennes l’a intégrée très rapidement, cela l’a aidée. Ça s’est très bien passé, les joueuses ont toutes eu un petit mot pour l’encourager. Elle est la deuxième plus jeune joueuse du groupe mais ne le ressent pas. Elle est dans l’observation, elle essaie de prendre du recul, d’analyser, de comprendre. Sa place n’est pas acquise, elle est là pour apprendre avec l’envie d’y rester.
Elle pense qu'elles ont réalisé un très beau parcours lors de la Coupe du monde l’été dernier.
Ses axes de progression sont son agressivité, dans le bon sens du terme, notamment dans les duels aériens et les uns contre uns. Ne pas hésiter à y aller encore plus ! »
Lire aussi: Talents et triomphes handball français
Les Défis et les Triomphes : La Vie d'une Gardienne de But
Les gardiennes de but de l'équipe de France sont confrontées à des défis uniques. Elles doivent non seulement empêcher de marquer, mais aussi diriger leur défense. Leur position stratégique leur permet de commander la défense et de motiver leurs coéquipières.
Pauline Peyraud-Magnin a connu des moments difficiles dans sa vie personnelle, notamment la perte de sa compagne. Le football a été une source de réconfort et l'a aidée à surmonter cette épreuve. Elle a également pris la décision de se faire suivre par un coach mental pour l'aider à gérer la pression et à améliorer ses performances.
L'Importance de la Préparation Mentale
La préparation mentale est un aspect essentiel de la performance des gardiennes de but. Pauline Peyraud-Magnin a déclaré que "notre cerveau, c’est 80% (de notre performance) et ça joue aussi sur notre physique". Elle travaille avec un préparateur mental pour développer des stratégies pour gérer le stress, la colère et les émotions négatives.
Les Gardiennes et l'Évolution du Football Féminin
Les gardiennes de but jouent un rôle crucial dans l'évolution du football féminin. Elles inspirent les nouvelles générations de joueuses à poursuivre leurs rêves sans compromis. À mesure que les niveaux de compétence et la popularité du jeu féminin ne cessent d'augmenter, ces gardiennes incarnent la passion, la détermination et l'excellence. Elles contribuent à un changement de paradigme où le féminisme s'exprime à travers le sport.
L'Héritage des Joueuses d'Exception
Eugénie Le Sommer est devenue la joueuse la plus capée de l'histoire de l'équipe de France. Elle mène désormais un top 10 composé de noms bien connus. Sandrine Soubeyrand occupait jusqu'alors la tête de ce classement, avec 198 capes cumulées entre 1997 et 2013. Élise Bussaglia a cumulé 192 apparitions avec les Bleues entre 2003 et 2019. Autre figure des Bleues au début du XXIe siècle, Camille Abily a cumulé 183 capes et 37 buts.
Longtemps gardienne titulaire de l'équipe de France, Sarah Bouhaddi a progressivement perdu sa place durant le mandat de Corinne Diacre, jusqu'à s'éloigner définitivement de la sélection en 2020. Louisa Necib-Cadamuro a été l'une des joueuses majeures de la décennie 2010.
Les Gardiennes de Demain
La Division 1 féminine en France regorge de gardiens de but talentueux qui continuent à impressionner. Les clubs mettent en place des programmes de formation spécifiques pour aider les jeunes gardiennes à développer leurs compétences et à se perfectionner. Cela leur permet de réduire les erreurs et d'améliorer leur réactivité.
Justine Lerond fait partie des 23 joueuses sélectionnées par M.Bonadei. Le football chez les Lerond, c'est une histoire de famille. "Faire partie des 23 joueuses sélectionnées par M.Bonadei, c'est une grande fierté avant tout", glisse avec pudeur Etienne Lerond.