Le XV de France a clôturé l'année 2024 en beauté en dominant l'Argentine 37-23 au Stade de France, lors de leur dernier test-match d'automne. Cette victoire, acquise le vendredi 22 novembre, a été marquée par des performances individuelles notables et une domination collective par moments. Revenons sur les notes des joueurs et les moments clés de cette rencontre.
Une Entame de Match Explosive
Dès le coup d'envoi, les Bleus ont affiché une détermination supérieure à celle du match contre la Nouvelle-Zélande. Charles Ollivon a souligné l'importance de bien débuter face à une équipe argentine combative. Cette approche a porté ses fruits, permettant à la France de mener 30-9 à la mi-temps.
Les Performances Individuelles en Détail
Arrière:
- Léo Barré (7/10): Titularisé suite à une blessure de Romain Buros, Léo Barré a saisi sa chance. Il a montré de l'enthousiasme et de l'initiative, bien que parfois brouillon. Sa relance face à trois Argentins (28e) et sa passe décisive pour l'essai de Villière témoignent de son énergie. Il a effectué une belle percée en effaçant trois défenseurs avant de servir Villière avec une passe après contact. Il a été moins à l'aise sous les chandelles en début de match, mais s'est repris par la suite. On a par moments, retrouvé le Léo Barré du Tournoi 2024. D’entrée de jeu, le Parisien est apparu en jambes avec une bonne couverture. Tranchant sur ses premiers ballons. Remplacé par Nolann Le Garrec (62e) qui, en tant que demi de mêlée, a dynamisé le jeu autour des rucks après avoir fait glisser Dupont en 10 et Ramos en 15. Il a été régulièrement chahuté dans le jeu aérien et a connu un peu de déchet dans l’exécution. À l’image de ses partenaires des lignes arrières, il a moins eu l’opportunité de se mettre en valeur en seconde période.
Ailiers:
- Gabin Villière (7,5/10): Omniprésent et revanchard après un match difficile contre les Blacks, Villière a affiché une immense énergie. Il a marqué un essai, assuré une bonne réception sous une chandelle et s'est montré mordant ballon en main. L’ailier a immédiatement fait preuve de caractère et de précision sur des tâches essentiellement défensives (ballons aériens, couverture), ce qui l’a mis en confiance. Offensivement, il s’est lâché et est parvenu à créer quelques différences jusqu’à retrouver le chemin de l’en-but sur un beau service à hauteur de Léo Barré. Il a retrouvé du mordant, y compris gonfle sous le bras. L'ailier du RCT a laissé échapper un ballon de contre, qui aurait pu rendre sa performance encore plus impressionnante.
- Louis Bielle-Biarrey (7,5/10): Sa vitesse est indéniable. Il a marqué un essai spectaculaire après un coup de pied à suivre pour lui-même (60e). Il a mis constamment la pression sur l'arrière-garde argentine, provoquant la faute de Gonzalez qui a mené à un essai de pénalité. L'ailier de l'UBB tape un jeu au pied pour lui-même. Puis il passe en revue quatre défenseurs argentins avant de marquer l'essai sans être effleuré.
Centres:
- Gaël Fickou (6,5/10): Sûr et expérimenté, Fickou a bien conduit la défense française. Son 50-22 a offert une bonne opportunité offensive. Il a apporté de la sérénité à son équipe, mais a eu peu de munitions en attaque. Le centre a globalement répondu présent. Il a été plutôt juste dans ses interventions - comme sur ce coup de pied à suivre qui a offert le 50-22 à l’origine du premier essai - et il a été assez menaçant quand il naviguait balle en main. En défense, il a été efficace avant, chose peu habituelle pour lui, d’exploser à l’impact sur Mateo Carreras, sur l’action initiant le premier essai argentin. Remplacé par Émilien Gailleton (73e).
- Yoram Moefana (5/10): Virulent et agressif sur la ligne d'avantage, Moefana a apporté son impact physique. C'est l'une de ses percussions qui a permis à Flament de marquer un essai (9e). Cependant, son influence sur le jeu reste timide. Après un en-avant dès les premières secondes du match, le Bordelais a beaucoup pesé physiquement avec trois plaquages offensifs en première période (meilleur total). Il a aussi souvent avancé et fait mal aux Pumas en se plaçant près de ses avants. Sanctionné sur un contre-ruck à la 20e minute.
Demi d'ouverture:
- Thomas Ramos (8/10): Patron et homme de la tournée, Ramos a impressionné par sa justesse dans les choix et la réalisation. Son coup de pied à l'origine de l'essai de pénalité et sa précision au pied (100 %) ont été cruciaux. L’ouvreur a parachevé sa tournée avec une nouvelle prestation des plus convaincantes. Irréprochable face aux perches, le Toulousain a été inspiré dans sa conduite du jeu, son entente avec Dupont étant magnifié par leur numéro de duettiste au pied qui amènera l’essai de pénalité. Plutôt serein sous les ballons haut, il a manqué un renvoi de quelques centimètres, ce dont personne ne lui tiendra rigueur.
Demi de mêlée:
- Antoine Dupont (6/10): Habituellement excellent, Dupont a été un ton en dessous de ses standards habituels. Il a perdu quelques ballons et s'est parfois compliqué la tâche. Cependant, son autorité défensive et son coup d'œil restent indéniables, comme sur le coup de pied à l'origine de l'essai de pénalité. Le capitaine avait envie de jouer et cela s’est vu dès son premier ballon qu’il a dangereusement tenté de relancer. Si toutes ses initiatives n’ont pas été couronnées de succès, avec quelques péchés de gourmandise, il a réussi à trouver des intervalles (trois défenseurs battus, deux passes après contact). Et quand ce n’était pas le cas, son animation autour des rucks a permis à ses avants de trouver de l’avancée.
Troisième ligne:
- Charles Ollivon (8/10): Patron et incisif, Ollivon a fait preuve d'autorité en troisième ligne. Il a été présent en défense, en touche (avec un ballon volé) et a apporté de la puissance ballon en main. Déjà, on rentre mieux dans la rencontre que contre les All Blacks. On avait mis un petit peu l’accent dessus cette semaine parce qu’on était déçu de notre entame contre les Néo-Zélandais. On savait, en plus, qu’avec la «grinta» argentine et leur volonté de faire un gros match en France, ça allait être capital de bien débuter. On a fait quelques erreurs mais dans l’ensemble, on a réussi à concrétiser nos temps forts. Et ensuite, sur la seconde période, on s’est pas mal appuyé sur notre défense. Ils ont imposé de longues séquences. Ils ont de bons joueurs. C’est une sacrée équipe. On a encore vu ce qu’ils ont fait sur cette tournée. Ils ont fait de gros matches. Ils sont bien rodés. Paradoxalement, c’est la première fois que vous débutiez au poste de numéro 8 en équipe de France…C’est vrai. J’avais fait une entrée à ce poste en 2014 mais je n’avais jamais démarré. C’était il y a longtemps. C’était bien. Là aussi je me suis régalé. Ça me rappelle mes années lorsque j’étais à Bayonne (sourire). J’ai joué récemment avec Toulon en fin de saison à ce poste. Je n’ai pas trop fait les couvertures (défensives) parce qu’on a un système qui veut ça. Mais franchement, c’est sympa. Un ballon volé en touche en début de second acte, pour le "Grand Charles", dont deux contres dans la même action ont conduit à l'essai de Bielle-Biarrey.
- Paul Boudehent (6/10): Tout en muscle, Boudehent a brassé du « Pumas » et s'est révélé important durant les périodes de domination argentine. Son impact s'est révélé important durant les périodes de domination argentine. Remplacé par Marko Gazzotti (40e) qui a honoré sa première sélection avec énergie (7/10).
- François Cros (6/10): Précieux en défense et dans les zones d'affrontement au sol, Cros a été un sécateur dans son élément. Un travail obscur toujours aussi essentiel au bon fonctionnement de cette équipe, mais aussi un peu de déchet sur les un-contre-un (3 plaquages ratés).
Deuxième ligne:
- Emmanuel Meafou (7/10): Puissant à l'impact, Meafou est un véritable point d'appui. Sa présence constante et sa capacité à aller chercher les espaces sont précieuses. C’est le cas sur le premier essai des Bleus. Il était attendu face à l’Argentine après avoir été remplacé par Romain Burros face aux All Blacks. Remplacé par Mickaël Guillard (52e).
- Thibaud Flament (7/10): Toujours disponible et combatif, Flament est précieux par son volume de course. Son essai (9e) récompense son engagement. D’abord une bonne prise de balle en milieu d’alignement puis un relais pour ouvrir le score. Remplacé par Alexandre Roumat (61e) qui est resté en deuxième ligne.
Première ligne:
- Uini Atonio (6/10): Malgré son âge, Atonio a toujours un impact physique important. Il a parfois semblé manquer de rythme après avoir soigné un mollet récalcitrant. Solide en défense distribuant de gros plaquages, il s’est néanmoins mis à la faute donnant les premiers des Argentins. En attaque, le Rochelais diminué n’a pas eu la domination habituelle face à une défense rugueuse des Pumas. Remplacé par Georges-Henri Colombe (52e).
- Peato Mauvaka (5/10): Moins rayonnant que d'habitude, Mauvaka s'est dédié au combat et a été aspiré par le jeu argentin. Ok, il avait placé ses standards très haut. Il n’empêche, le Toulousain n’a pas eu son rayonnement habituel. Aspiré par le combat dans une première période où les Argentins ont longtemps eu la possession, il s’est dédié au combat. C’est là aussi qu’on l’attend. Remplacé par Julien Marchand (52e).
- Jean-Baptiste Gros (non noté): Touché en début de match, Gros a cédé sa place à Reda Wardi (4e) qui a réussi son entrée et a dominé son vis-à-vis en mêlée.
Analyse des Argentins
Malgré la défaite, certains joueurs argentins se sont distingués. Thomas Gallo (7), le pilier gauche, a été tonique avec le ballon et solide en mêlée. Tomas Albornoz (7), le demi d'ouverture, a réalisé un sans-faute au pied et a dynamisé le jeu.
Points Clés du Match
- Les essais: Flament, Villière, Bielle-Biarrey et un essai de pénalité pour la France. Gallo et Kremer pour l'Argentine.
- La discipline: Deux cartons jaunes pour l'Argentine en première période (Montoya et Gonzalez Samso) ont facilité la tâche des Bleus.
- La défense: La défense française a été solide, notamment en seconde période, permettant de récupérer des ballons importants.
- Le jeu au pied: Ramos et Dupont ont été précis dans leurs coups de pied, créant des opportunités pour l'attaque française.
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