L'histoire du Stade de Reims : De l'âge d'or aux défis contemporains

Le Stade de Reims, club emblématique du football français, possède une histoire riche en succès et en figures marquantes. Des exploits des années 1950 et 1960 aux défis rencontrés ces dernières décennies, le club a traversé des époques diverses, laissant une empreinte indélébile sur le paysage footballistique national. Cet article explore en détail l'histoire du Stade de Reims, en mettant en lumière ses moments de gloire, ses joueurs légendaires et les périodes de turbulence qui ont façonné son identité.

Les origines et l'ascension du club

Les origines du Stade de Reims remontent au début du 20e siècle, lorsque le comte Maxence Melchior de Polignac fonde en 1911 la "Société Sportive du Parc Pommery". L'objectif initial est de permettre à ses ouvriers de pratiquer divers sports, dont le football. Quelques années plus tard, avec l'avènement du football professionnel en France, le club décide de se séparer des autres sections pour représenter les Rémois au plus haut niveau et d'afficher ses ambitions.

Après avoir évolué tranquillement à un niveau régional, le club rémois passe à la vitesse supérieure en 1935, obtenant la validation de son dossier d'accès au professionnalisme. Le club s'installe dans un premier temps dans le ventre mou de la D2, car il dispose de ressources limitées pour aligner une équipe réellement compétitive. Un tournant décisif s'opère en 1938 avec une fusion avec le Sporting Club Rémois, champion amateur du Nord Est en 1937, qui postule également au statut professionnel. Cette fusion est rendue obligatoire par la fédération, qui refuse à l'époque qu'une ville de 100 000 habitants compte deux clubs à ce niveau.

L'âge d'or du Stade de Reims (1949-1962)

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Reims est promu en première division et connaît ses premières heures de gloire. Les hommes d’Henri Roessler inscrivent une première ligne au palmarès, leur premier titre de champion de France de D1. À partir de là, le Stade va entamer une incroyable moisson de titres nationaux. La coupe de France l'année suivante, des titres de champion puis un superbe succès en Coupe Latine en 1953, aux dépens des Italiens du Milan AC (3 buts 0) avec, notamment, un doublé d’un certain Raymond Kopa… lui ouvre de nouvelles perspectives. Le club devient également un style de jeu caractéristique basé sur du jeu court à terre. Qui plaît ou non.

Cette période est marquée par un style de jeu novateur prôné par Albert Batteux, basé sur le jeu combiné et la technique, qui devient la marque de fabrique du "football champagne". Le Stade de Reims devient une référence en France et en Europe, attirant des joueurs talentueux et remportant de nombreux titres.

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Les figures emblématiques de l'âge d'or

Plusieurs joueurs ont marqué de leur empreinte cette époque dorée du Stade de Reims :

  • Albert Batteux : Attaquant puis entraîneur légendaire, il est considéré comme l'architecte du "football champagne". Son approche tactique et sa capacité à développer le talent de ses joueurs ont permis au Stade de Reims de dominer le football français. Just Fontaine dira de lui : « C’était le meilleur entraîneur que j’ai jamais eu. »
  • Raymond Kopa : Considéré comme l'un des plus grands joueurs français de tous les temps, Kopa est un milieu offensif talentueux et créatif. Il remporte plusieurs titres avec le Stade de Reims avant de rejoindre le Real Madrid, où il continue à briller. Qualifié de « Napoléon du football », il achève sa carrière dans la cité des sacres en 1967.
  • Just Fontaine : Buteur prolifique, Fontaine est connu pour son record de 13 buts inscrits lors de la Coupe du Monde 1958. Il remporte plusieurs titres avec le Stade de Reims et est considéré comme l'un des meilleurs attaquants de sa génération. Transféré de Nice à Reims en 1956, Just Fontaine remporte le doublé Coupe-Championnat et est couronné roi des buteurs (34 buts pour 26 matchs) en 1958.
  • Robert Jonquet : Défenseur central élégant et charismatique, Jonquet est le capitaine emblématique du Stade de Reims pendant de nombreuses années. Il cumule près de 600 matchs en Rouge et Blanc, un record pour un joueur du Stade de Reims, et remporte cinq titres de champion de France. Adoubé parmi les meilleurs arrières de son époque, il contribue comme capitaine à l’épopée suédoise de l’équipe de France en 1958.
  • Roger Marche : Surnommé le « Sanglier des Ardennes », Roger Marche détient durant près de trente ans (1955-1983) le record de sélections en équipe de France (63), dont il est le capitaine à 42 reprises et l’inamovible arrière gauche de 1947 à 1959. Il remporte la plupart des trophées de son temps avec Reims. Il représente sans conteste l’une des figures marquantes de l’histoire du Stade de Reims et du football français.
  • Armand Penverne : Dans le « football Champagne » prôné par Albert Batteux, tant au Stade de Reims qu'en équipe de France, Armand Penverne, par son infatigable activité, sait se rendre indispensable dans un registre plus austère. Artisan de l’ombre, « Pampam » de son surnom, écrit ainsi aux côtés des Raymond Kopa, Roger Piantoni, Just Fontaine…, quelques-unes des plus belles pages du Stade de Reims et du football français.

Les titres et les épopées européennes

Sous la direction d'Albert Batteux et grâce au talent de ses joueurs, le Stade de Reims remporte de nombreux titres pendant cette période faste :

  • Six titres de champion de France (1949, 1953, 1955, 1958, 1960 et 1962)
  • Deux Coupes de France (1950 et 1958)
  • Une Coupe Latine (1953)

Le club champenois se distingue également sur la scène européenne en atteignant à deux reprises la finale de la Coupe des Clubs Champions (future Ligue des Champions). En 1956, le Stade de Reims s'incline face au Real Madrid (4-3) dans un match considéré comme l'un des plus grands de l'histoire de la compétition. En 1959, les Rémois retrouvent le Real Madrid en finale, mais sont à nouveau battus (2-0). Le 13 juin, le club champenois disputait la première finale de l'histoire de la Coupe d'Europe des Club Champions, devenue depuis Ligue des Champions. Les Rémois s'inclinent 4 buts à 3 face au Real Madrid au terme d'une rencontre qui a laissé beaucoup de regrets.

Le déclin et les années de turbulence (1962-1991)

Après le dernier titre de champion de France en 1962, le Stade de Reims connaît une période de déclin progressif. Plusieurs facteurs expliquent cette perte de vitesse :

  • Le départ d'Albert Batteux en 1963, remplacé par Robert Jonquet, marque la fin d'une ère.
  • Le vieillissement de l'équipe et le manque de renouvellement des joueurs clés.
  • Des difficultés financières croissantes qui limitent les possibilités de recrutement.

Les conséquences sont immédiates: descente en Division 2 et ouverture d’une période d’instabilité sportive qui durera jusqu’en 1970, date de retour parmi l'élite.

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Malgré les exploits de la star argentine Carlos Bianchi, symbole de l’époque "Tango" des Rouge et Blanc, caractérisée par sa filière de joueurs sud-américains (Delio Onnis, César Laraignée, Santiago Santamaria) joue le haut du classement en D1, remplit Delaune plus souvent qu’à la grande époque… mais ne gagne rien. Carlos Bianchi, véritable renard des surfaces, mobilise sens du placement, coup d’œil, roublardise et une technique hors pair dans ses frappes de balle. Il est ainsi couronné cinq fois meilleur buteur en France (1974, 1976, 1977, 1978, 1979), un record, remportant également deux souliers d’argent et un de bronze. Surnommé « El Goleador », Carlos Bianchi rejoint le Stade de Reims en 1973 et marque cent sept buts en cent vingt-quatre matchs de championnat, un bilan exceptionnel écorné par une terrible fracture de la jambe qui survient en octobre 1974 ; blessure qui ôte toute chance au Stade, alors leader de première division, de renouer avec son glorieux passé.

Aucun titre, aucune qualification européenne ne viendront récompenser les investissements consentis entre 1972 et 1976. Après une nouvelle finale de Coupe de France perdue en 1977, le club redescend à l'étage en-dessous en 1979. Le 18 juin 1977, le Parc des Princes est le théâtre d'une finale qui oppose un Stade de Reims en perte de vitesse à l'ASSE, alors au sommet de son art en championnat comme en Coupe d'Europe. Plus de 45 000 spectateurs assistent à la rencontre, mais les Rémois doivent faire sans leur buteur vedette, l'Argentin Carlos Bianchi, blessé. Reims ouvre le score, mais cède en toute fin de match : Saint-Étienne s'impose 2-1 grâce à deux buts inscrits dans les cinq dernières minutes. Cette défaite marque la fin d'une époque dorée pour le club rémois, qui ne retrouvera plus la finale de la Coupe de France.

Dans les années 1980, le Stade de Reims alterne entre la deuxième et la troisième division, sans parvenir à retrouver sa gloire passée. En 1987 et 1988, le club atteint les demi-finales de la Coupe de France, mais échoue à se qualifier pour la finale. En 1987, les supporters rémois retrouvent un brin d'espoir. Leur équipe atteint les demi-finales et affronte l'Olympique de Marseille le 2 juin, lors du match retour au stade Auguste-Delaune. Ce soir-là, 27 774 spectateurs sont présents, établissant un record d'affluence qui tient toujours. Mais face à l'OM de Karl-Heinz Förster, Reims s'effondre 5-1.L'année suivante, les Champenois connaissent une nouvelle désillusion en demi-finale face au FC Metz, futur vainqueur de l'édition 1988.

Ces échecs successifs marquent le début d’une longue traversée du désert pour le club. Après des belles heures en D2 entre 1981 et 1988, avec deux demi-finales de Coupe de France atteintes en 1987 et 1988, le club dépose le bilan en 1991.

La renaissance du club (1992-2012)

Sans aucun projet de reprise en vue, le Stade de Reims cessera administrativement de vivre le 11 mai 1992. Mais pas son cœur de battre. Le club renaît de ses cendres sous l'appellation Stade de Reims Champagne. La nouvelle équipe présidée par Jean-Claude Hérault démarre en Division d'Honneur. Il faudra l’aide de quelques anciens pros revenus au Stade pour relancer la machine. Reims va finir par retrouver la lumière. Montée en National en 1999, retour en D2 et du statut professionnel en 2002.

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Après 33 années de purgatoire, le club rémois renaît de ses cendres et remonte parmi l'élite. Jonquet, Kopa, Muller, Onnis ou Bianchi, vont donc enfin avoir des successeurs. Pour revenir en Ligue 1, le Stade a livré une saison quasi-parfaite dans l’antichambre de l’élite.

Le retour en Ligue 1 et les défis contemporains (depuis 2012)

Depuis son retour en Ligue 1 en 2012, le Stade de Reims s'efforce de se maintenir au plus haut niveau du football français. Le club connaît des fortunes diverses, alternant entre des saisons réussies et des périodes plus difficiles. Depuis son retour en Ligue 1 en 2012, Reims peine à briller dans la compétition, où les clubs professionnels entrent en lice dès les 32es de finale.

En 2019, le club atteint la finale de la Coupe de la Ligue, mais s'incline face au Paris Saint-Germain. Cette finale constitue une rare occasion pour Reims de renouer avec son passé glorieux. Au Stade de Reims (SDR), les souvenirs du « football champagne » et de l’âge d’or du club, dans les années 1950, s’effacent à mesure que le temps passe. La finale de la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain, samedi 24 mai, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est une rare occasion pour Reims de reprendre langue avec ce passé trop glorieux pour être négligé, mais trop lointain pour séduire les jeunes générations.

A la veille de la finale de la Coupe de France de football entre le Stade de Reims et le Paris Saint-Germain, l'ancien joueur rémois Patrice Buisset, qui a disputé la dernière finale du club en 1977, conseille à l'équipe "de profiter" et leur "souhaite" de gagner.

Le football féminin à Reims

Reims voit naître le football féminin grâce à… une annonce parue dans l’Union. Un peu moins de deux mois plus tard, en août 1968, les Rémoises disputent leur premier match face au FC Schwindratzheim, en lever de rideau de Reims-Valenciennes et l’emportent facilement 3-1 au terme des soixante-dix minutes et devant 6000 spectateurs.

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