L'Équipe Nationale de Football du Portugal : Une Histoire de Fierté et d'Identité

Introduction

L'équipe nationale de football du Portugal, affectueusement surnommée "Selecção", occupe une place centrale dans le cœur des Portugais, tant au pays qu'à l'étranger. Son histoire, riche en moments de gloire et de défis, est intimement liée à l'évolution de l'identité nationale portugaise. Cet article explore en profondeur l'histoire de la Selecção, depuis ses modestes débuts jusqu'à son statut actuel de force respectée sur la scène internationale, en mettant en lumière son rôle dans la construction de l'identité nationale et son impact sur la société portugaise.

Les Premières Années : Naissance d'un Symbole (1920-1950)

"L'Équipe de Nous Tous" : Unir la Nation

Dès les années 1920, après les premières rencontres de l’équipe portugaise de football, Ricardo Ornelas, à la fois ancien joueur, dirigeant et journaliste sportif, baptise cette formation d’« équipe de nous tous » (equipa de todos nós), expression employée aujourd’hui encore. D’emblée, le discours médiatique confère à la Selecção la mission d’unir tous les Portugais. Si le Portugal, dont les frontières sont presque inchangées depuis le XIIIe siècle, ne comporte pas de minorités nationales et est considéré comme culturellement homogène, il n’en connaît pas moins d’importants clivages politiques, sociaux et géographiques (entre Porto et Lisbonne notamment). Ces clivages se reflètent imparfaitement dans les appartenances aux clubs de football. La majorité des Portugais, plus particulièrement les hommes, quelles que soient leurs propriétés sociales, soutient un club - ou des clubs : un « national » et un « local ». Ces appartenances, qui dépassent les logiques de classe ou politiques, sont fondamentales dans les processus d’identification et dans les interactions quotidiennes. La forte rivalité entre les grands clubs, renforcée par les médias qui couvrent abondamment ce sport, alimente les conversations - et parfois les tensions - au travail, dans l’espace public, au sein de la famille. Toutefois, ces rivalités liées au football cessent le plus souvent quand il s’agit de la Selecção. Selon les médias, la classe politique et les dirigeants de la Fédération portugaise de football (FPF), la Selecção doit l’emporter sur toutes les autres appartenances footballistiques et unir tous les membres de la « communauté imaginée » que constitue la nation portugaise, qu’ils se trouvent au Portugal ou à l’étranger.

L'Équipe Nationale : Miroir et Représentant du Pays

L’équipe nationale est également dépeinte comme le miroir et la représentante du pays : elle est censée incarner les supposés défauts et qualités des Portugais, exprimer, à travers son style de jeu, l’identité du pays, et révéler la position du pays dans le concert des nations. Les discours sur la Selecção accompagnent de près les représentations de la nation formulées par les élites politiques et culturelles, représentations qui évoluent en fonction des régimes politiques et de la politique étrangère déployée par les gouvernants. Or, au cours du XXe siècle, la conception de la nation se modifie substantiellement. Jusqu’en 1974, le Portugal nie être un petit pays, relégué à la périphérie du continent européen, et se présente comme une nation pluricontinentale et pluriraciale, une nation qui s’étend du Minho, la région la plus septentrionale de la métropole, à Timor, territoire situé entre l’Indonésie et l’Australie. Après la chute de la dictature le 25 avril 1974 et le processus de décolonisation, le discours sur la nation portugaise se centre désormais sur l’Europe. Le Portugal, tout en restant attaché à son passé impérial et à sa dimension universelle, affirme être un pays européen comme les autres. L’histoire de la Selecção s’articule étroitement avec les évolutions de l’imaginaire national. L’équipe nationale sert de support à un « nationalisme banal », déployé tant par les hommes politiques que par les médias en quête de lecteurs et de recettes publicitaires, qui inscrit dans le quotidien de la population - surtout sa frange masculine - des représentations de la nation et de l’identité nationale. Le Portugal n’est en aucun cas une exception au propos incisif d’Eric Hobsbawm rappelé en introduction de ce volume.

Des Élites aux Classes Populaires : L'Ascension du Football

Comme dans de nombreux autres pays, le football arrive au Portugal par la main, ou les pieds plutôt, de Britanniques (marchands, ingénieurs ou ouvriers) et de Portugais ayant séjourné en Grande-Bretagne. Les deux pays entretiennent depuis de nombreux siècles d’intenses relations commerciales et politiques. Ces relations se renforcent au XIXe siècle, après l’intervention britannique lors des invasions françaises du Portugal. Ce dernier est parfois dépeint comme une colonie anglaise dans la mesure où une partie de son économie et de sa politique extérieure dépend de la Grande-Bretagne.

La première rencontre de football est disputée dans la banlieue huppée de Lisbonne en 1888 et les premiers pratiquants de ce sport sont, au-delà des Britanniques, des membres de la bonne société portugaise. Si une crise diplomatique entre les deux pays, provoquée par les concurrences impériales en Afrique, amène un boycottage temporaire du football en 1890, ce sport se structure les années suivantes autour de clubs dans lesquels jouent quelques sportsmen : des individus issus de l’aristocratie qui ont le temps et les moyens de pratiquer, en amateurs, plusieurs sports. Cependant, au début du XXe siècle, les élites sociales perdent progressivement leur monopole sur le football qui est accaparé par les populations urbaines. De nombreux clubs se fondent dans les grandes villes et leurs banlieues, Lisbonne et Porto principalement, et des journaux sportifs se multiplient. Un champ du football, avec ses acteurs, ses hiérarchies et ses logiques, prend forme : des compétitions régionales (à Lisbonne en 1910, à Portalegre en 1911, à Porto en 1913) se constituent, une União Portuguesa de Futebol est créée en 1914, un championnat du Portugal se forme en 1922 et débouche, en 1938, sur un championnat national.

Lire aussi: Exemples Préparation Physique Football

En dépit de l’engouement pour ce sport et de son institutionnalisation, l’équipe nationale n’apparaît qu’en 1921, bien plus tard que les sélections britanniques (Angleterre, Écosse, Galles, Irlande) ou d’Europe centrale. La première rencontre a lieu à Madrid et l’oppose à son homologue espagnole. Elle se solde par une défaite de l’équipe portugaise et suggère les deux traits caractéristiques de l’histoire de la Selecção durant les trois décennies suivantes : la prépondérance des défaites et les fréquents matchs contre le seul voisin (européen). En effet, sur les 67 matchs qu’elle joue jusqu’en 1950 (dont seulement 8 sont officiels), 23 sont des confrontations avec l’Espagne (34 %) et seulement 20 débouchent sur une victoire (30 %).

L'Espagne : L'Adversaire Préféré

Les quatre premiers matchs de la Selecção se jouent contre l’Espagne. Le premier déplacement au-delà des Pyrénées n’a lieu qu’en 1926 (rencontre contre la France à Toulouse) et jusqu’en 1945, hors la participation aux Jeux olympiques d’Amsterdam en 1928, l’équipe portugaise ne quitte la péninsule Ibérique que huit fois. La fréquence des confrontations avec l’Espagne s’explique, évidemment, par la proximité géographique. La faible mobilité de la Selecção résulte également de la lenteur et du coût des transports de l’époque. La Fédération portugaise de football n’est pas fortunée et peut difficilement financer de longs et lointains voyages. De même, les joueurs ne peuvent s’absenter longuement du pays car, jusqu’en 1960, ce sont des amateurs qui ont officiellement un emploi. Alors qu’il recherche un hôtel pour la délégation portugaise aux Jeux olympiques de 1928, le secrétaire général du Comité olympique portugais (COP) confie que « le milieu de notre football est d’un niveau social inférieur à celui des autres sports » et que la Selecção ne peut se permettre de descendre dans des palaces luxueux.

Au-delà de ces aspects pratiques, la multiplication des rencontres avec l’Espagne comporte des dimensions politiques évidentes. En effet, la construction de l’identité nationale portugaise s’est en partie fondée sur l’opposition à l’Espagne, perçue comme une menace constante pour l’indépendance du pays. Les victoires militaires - et leurs héros - anéantissant les appétits espagnols sur le Portugal (celle d’Aljubarrota, par exemple, en 1385) sont profondément enracinées dans la mémoire collective car diffusées par le système scolaire et amplement mobilisées par les élites politiques et culturelles du pays qui, à partir du XIXe siècle, cherchent à inculquer un sentiment national à toute la population. Cette rivalité avec l’Espagne suscite ainsi un enthousiasme populaire pour ces confrontations, enthousiasme qu’alimente amplement la presse. Les matchs contre l’Espagne offrent aux journalistes l’occasion de puiser amplement dans le répertoire des stéréotypes nationaux et dans l’histoire des deux pays. L’Espagne est le miroir qui permet de décrire l’identité portugaise, de définir « la race lusitanienne » comme il est fréquemment répété. Ainsi le style de jeu portugais, censé représenter l’ethos de son peuple, est opposé à celui des Espagnols. Si le style espagnol est fougueux et joyeux (la furia espagnole), celui de l’équipe portugaise est plus posé, sentimental, fataliste. De nombreux rapprochements entre le style de jeu portugais et le fado sont ainsi établis.

Les confrontations luso-espagnoles s’inscrivent également dans les relations diplomatiques tissées entre les deux pays, relations empreintes de nombreuses ambiguïtés. Au début du XXe siècle, la plus grande partie des élites portugaises redoute toujours les projets d’unification de la péninsule Ibérique caressés par certains dirigeants espagnols et des intellectuels des deux pays. Cependant, le football joue un rôle dans ce cadre diplomatique. Le cas le plus évident est constitué par les deux rencontres entre la sélection portugaise et une équipe espagnole constituée par des phalangistes, à Vigo, en 1937, et à Lisbonne en 1938. Non reconnues par la FIFA, ces rencontres illustrent l’appui militaire et diplomatique accordé dès juillet 1936 par le régime salazariste aux rebelles nationalistes. Salazar craint qu’une victoire des autorités républicaines ne constitue une menace pour son régime et reconnaît, dès 1937, le gouvernement de Franco comme légitime. Quatre rencontres entre les deux sélections ibériques ont lieu pendant la Seconde Guerre mondiale, à laquelle les deux pays ne participent pas. Lors du match Portugal-Espagne, le 11 mars 1945, joué dans le stade national inauguré l’année précédente, un tract lancé sur la foule depuis un avion décrit le Portugal comme un havre de paix dans un monde en guerre et proclame : « Ce que nous voulons c’est du football - c’est-à-dire de la paix, de la joie de vivre, de l’ordre dans les rues et dans les esprits et pouvoir assister, sans crainte d’alerte aérienne ou d’interruptions à cause d’attaques, à toute la rencontre ».

Dans l’immédiat après-guerre, alors que les deux pays sont les seules survivances, en Europe occidentale, de l’ère des fascismes et que l’Espagne de Franco est isolée diplomatiquement, les sélections se rencontrent quasiment chaque année. Ces confrontations symbolisent le Pacte ibérique paraphé par les deux pays en 1939 et la fraternité qui, comme ne cessent de le répéter les dirigeants des deux dictatures, unit les deux pays. Cependant, en dépit des discours exaltant la complicité ibérique, plusieurs matchs entre équipes portugaises et espagnoles (que ce soit les sélections ou les clubs) sont marqués par des chahuts. Alors que le football est très rarement évoqué dans les dépêches diplomatiques, en janvier 1947, l’ambassadeur français au Portugal considérer comme opportun de décrire la rencontre qui a opposé quelques jours plus tôt le Portugal et l’Espagne :

Lire aussi: Guide Complet Arbitre Football

Des cortèges enthousiastes parcouraient les rues de Lisbonne en poussant des cris d’allégresse et une foule joyeuse encombrait les rues et les terrasses des cafés. C’était une fête nationale : l’équipe de foot-ball du Portugal avait battu l’équipe espagnole. La presse ne fut pas inférieure à ce qu’on pouvait en attendre : les titres énormes, les interviews les plus sensationnels, les photographies sur quatre colonnes, rien ne fut épargné. On y parlait de triomphe, de déroute, de revanche, d’honneur national. Un rédacteur particulièrement enthousiaste mettait sur le même plan la victoire d’Aljubarrota […] et la victoire du Vale du Jamor (où se trouve le stade national dans lequel l’équipe portugaise battit l’équipe espagnole par quatre buts à un). Si je communique ces détails au département, c’est parce qu’ils dénotent, à mon sens, un peu plus que la satisfaction bruyante d’un naïf chauvinisme sportif. Il n’y a aucun doute que les Portugais n’aient accueilli cette victoire avec tant de joie que parce qu’elle s’était réalisée aux dépens de leurs voisins, contre lesquels ils conservent, quoi qu’on en dise, une rancune et une inimitié tenaces. J’ai été frappé, d’autre part, par l’attitude d’une partie de la foule des gradins populaires qui m’a été rapportée par un témoin visuel : au fur et à mesure que la supériorité des joueurs locaux s’affirmait, l’enthousiasme des spectateurs prenait un ton de plus en plus méprisant et les allusions politiques commencèrent à percer dans les quolibets du public. Il est assez amusant de constater que pour une partie de la population portugaise, la défaite des Espagnols sur le terrain prenait l’aspect d’une défaite du « fascisme » de Franco.

Si elle décrit l’expression populaire de sentiments anti-espagnols, cette note n’indique pas une autre signification possible de ces manifestations d’hostilité : dans l’impossibilité de critiquer les autorités portugaises, sans encourir le risque d’être emprisonné, siffler l’équipe espagnole, et à travers eux les dirigeants espagnols, constitue une manière indirecte de s’en prendre à la dictature dirigée par Salazar.

Après 1951, les rencontres entre les deux pays ibériques se font beaucoup plus rares. Jusqu’au 25 avril 1974, il n’y en a plus que trois (soit 2,6 % des matchs du Portugal). D’un côté, la diplomatie portugaise regrette la mauvaise propagande causée par les fréquentes défaites. En 1950, l’ambassadeur du Portugal à Madrid, après une lourde déroute de la Selecção (5 à 1) à Madrid, fait remarquer la différence de « préparation des athlètes », bien meilleure chez les Espagnols qui bénéficient d’un « véritable professionnalisme ». Selon le diplomate, en Espagne, le football, « qui rassemble les foules et les soumet à une discipline, est presque considéré de nos jours comme un service public ». D’un autre côté, les incidents notés lors des matchs entre clubs et sélections des deux pays à la fin des années 1940 conduisent les autorités portugaises à limiter les confrontations. Le consul du Portugal à Barcelone confie, en 1958, au chef de la diplomatie portugaise que « le préfet de Barcelone, qui assistait avec moi à un match international de hockey sur patins […] me disait que tous les efforts, réalisés pendant des années pour améliorer les relations amicales entre les deux pays, étaient vains à cause de l’antagonisme populaire lié aux luttes sportives ». Salazar lui-même intervient pour interdire ces rencontres afin de « ne pas mettre en danger » les relations entre les deux pays.

L'Ère d'Eusébio et la Gloire Mondiale (1960-1970)

Les années 1960 marquent un tournant décisif dans l'histoire de la Selecção avec l'émergence d'Eusébio, considéré comme l'un des plus grands joueurs de tous les temps. Surnommé la "Panthère Noire", Eusébio a mené le Portugal à la troisième place de la Coupe du Monde de 1966 en Angleterre, une performance historique qui a propulsé le football portugais sur la scène internationale. Cette période de succès a renforcé le sentiment de fierté nationale et a contribué à forger une identité portugaise positive à travers le sport.

Des Défis et des Reconstructions (1970-2000)

Après la période dorée des années 1960, la Selecção a connu des moments difficiles, avec des qualifications manquées pour les grandes compétitions internationales. Cependant, le football portugais a continué de se développer avec l'émergence de nouveaux talents et une professionnalisation accrue des clubs.

Lire aussi: L'organisation du football régional

L'Ère Moderne : Cristiano Ronaldo et le Sacre Européen (2000 à aujourd'hui)

Le début du XXIe siècle marque une nouvelle ère de succès pour la Selecção, avec l'émergence de Cristiano Ronaldo, l'un des joueurs les plus emblématiques de l'histoire du football. Sous sa direction, le Portugal a atteint la finale de l'Euro 2004 à domicile, s'inclinant de manière déchirante face à la Grèce. Cependant, la consécration est arrivée en 2016, lorsque le Portugal a remporté l'Euro en France, battant l'équipe hôte en finale. Ce triomphe historique a suscité une immense joie dans tout le pays et a renforcé le statut de la Selecção en tant que symbole de fierté nationale.

Joueurs et moments emblématiques

Rogério Lantres de Carvalho, surnommé "Pipi", est le capitaine du premier trophée international du club remporté, la coupe Latine en 1950. À la même époque, il évoluait au côté de l'avant-centre Julinho. C'est d'ailleurs ce dernier qui marque le but vainqueur de cette finale européenne face à Bordeaux (à la 146ème minute, ils avaient créé une mort subite de 30 minutes supplémentaires après les 120 minutes jouées…). Le duo de choc formait avec Mário Rui, Espírito Santo et Arsénio Duarte une ligne d'attaque nommée "Diabos Vermelhos", les "Diables Rouges". Ils étaient en concurrence avec le Sporting Portugal et son quintet offensif appelée "Cinco Violinos", les "Cinq Violons", menée par la star Fernando Peyroteo. L'élégant ailier gauche est aussi le premier footballeur portugais à tenter le pari fou de jouer au Brésil. Entre l'exigence du foot professionnel carioca, son appartement situé en pleine avenue de Copacabana avec l'ambiance chaude qui va avec, sa femme qui ne s'adapte pas à la vie à Rio de Janeiro, qui tombe enceinte et de plus qui veut l'avoir au Portugal, c'est un fiasco total… Résultat: une douzaine de matchs, aucun but marqué. En Février 1947, en plein carnaval, lui et sa compagne prennent le premier bateau direction Lisbonne. Et en 1954, Rogerio Pipi doit encore changer de club car il ne voulait pas quitter son job, le mythique coach brésilien du Benfica Otto Gloria exigeant un professionnalisme et un dévouement total au football. Il raccroche les crampons en 1958 à l'Oriental Lisbonne, un petit club local fondé par son père. Son père, José Águas, est certainement l'un des plus grands joueurs portugais de l histoire. Vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions à deux reprises avec le Benfica Lisbonne. Il transmet son talent à son fiston qui suivra les pas de son bienfaiteur en disputant lui sept saisons avec les Águias entrecoupées d’un passage au FC Porto entre 1988 et 1990. Il remporte au total quatre titres de champion et trois coupes du Portugal. Rui brillera notamment lors de la saison 1987-1988 avec un titre de meilleur buteur de C1 (4 buts) malgré aucun pion inscrit lors de la finale perdue aux tirs au but face au PSV Eindhoven. À tout juste 18 ans, le petit milieu de terrain devoile son talent aux yeux de tous lors de la Coupe du monde des moins de 20 ans de laquelle il repart avec le trophée, gagné aux cotés de Joao Pinto et Rui Costa, ainsi que le Ballon d'Or du meilleur joueur du tournoi, remporté devant le brésilien Giovane Elber. Au SCP, on se dit qu'avec l'autre merveille locale nommé Luis Figo, lui aussi vainqueur du tournoi, l'avenir s'annonce radieux. Devenu très vite international lusitanien, Emilio ne confirme pourtant pas ses débuts prometteurs. Il stagne. Trop protégé, sans doute. On se dit qu'un départ vers l'étranger sera révélateur. À 24 ans, il débarque en Espagne à Séville où il ne confirmera jamais les attentes placées en lui. Le début de la fin. Peixe ne retrouvera jamais son niveau de 1991. Revenu dans son club formateur, l'ancien prodige balle au pied joue pour les deux autres grands clubs du Portugal: le FC Porto et Benfica. Sans succès non plus. Né en 1948 dans une famille très pauvre, le jeune taquine le cuir dans les rues de Setúbal. Après avoir commencé à travailler dans une épicerie à l'âge de 13 ans, il est repéré par le club local lors d'un tournoi futsal. Passé pro, il devient le talentueux buteur explosif du Vitória Setúbal. En 1971, il signe avec le grand Benfica et devient le plus gros transfert à l'époque. En effet, le club d'Eusébio débourse alors 3 000 contos (environ 15 000 euros) plus trois joueurs pour l'enrôler. Le début des strass et paillettes. L'homme s'offre une Jaguar avec chauffeur juste pour le conduire de Setubal à Lisbonne. Durant les entraînements, il emmène son chien avec lui et l'accroche au poteau du but pour le surveiller. Un mec un peu fou style dandy avec la panoplie complète: chemise à fleurs, jeans arrachés, claquette-chaussette et chaînes en or qui brillent. 12 février 1978, derby contre les rivaux du Sporting. En seconde période, il plante un but d'anthologie et le fête. Catastrophe. Durant la célébration avec ses coéquipiers, il perd sa boucle d'oreille fétiche. Il la cherchera durant toute la partie jusqu'au coup de sifflet final, même après la rencontre. Selon la légende, il aurait même obliger l'arbitre à interrompre le match pour que tout le monde se mettent à la recherche du bijou perdu. Sans la retrouver. Il recevra seulement ce jour-là un nouveau surnom: "O Rapaz do brinco", le garçon à la boucle d'oreille! Un évènement facilement pardonné puisque durant cette période, il plante but sur but avec le club de la capitale (63 réalisations en 150 rencontres). Un homme du peuple, généreux, qui ramenait des choux et des patates de sa propriété pour les distribuer à ses collègues. Des fans qui, au fil des années, ont raconté des histoires les plus folles les unes que les autres. Une rencontre où Vitor aurait inscrit un doublé au bout d'une demie heure de jeu et serait rentré direct au vestiaire juste après le second but. Un autre où il aurait refusé de jouer face à une équipe russe car il trouvait que les joueurs ressemblaient à des amateurs. La chute est toute aussi brutale. Extraverti et fantasque, il dilapide tout son argent dans la drogue et le monde de la nuit. En voulant toujours plus, il demande même une Porsche à ses dirigeants. Refus catégorique. Offensé, il se permet de signer au Vitoria Setúbal sans les prévenir et se fait donc virer par le club lisboète en 1978 après sept saisons. Viré également de l'équipe nationale par Juca, le sélectionneur de l'époque, qui préfère se passer de ce joueur trop insolent à son goût. C'est le début de la fin. Accro à l'héroïne, on lui diagnostique un trouble de la personnalité. En 1980, il débarque aux USA et côtoie George Best au San José Earthquakes. Rentré aussitôt, il termine sa carrière dans l'anonymat après six saisons dans des clubs amateurs portugais. Complètement ruiné, passé par la case prison après plusieurs petits vols, il retourne dans sa ville natale et devient l'homme à tout faire d'un cimetière. Il disparaît le 1er janvier 1999 à l'âge de 50 ans. Une fin tragique pour le plus grand rebelle du football portugais.

L'Impact Économique et Social du Football au Portugal

Au Portugal, le football, c’est bien plus qu’une activité sportive. Les premiers matchs de football ont été organisés par des marins et des commerçants britanniques à Porto et à Lisbonne, les deux des plus grandes villes portuaires du Portugal. Le football a gagné davantage en importance au début du XXe siècle grâce à la fondation, en 1914, de la Fédération Portugaise de Football. Et biensûr, on ne peut parler de l'importance du football au Portugal sans évoquer le joueur de foot, Cristiano Ronaldo. Par son talent exceptionnel et ses nombreux succès internationaux, Cristiano a renforcé la renommée du football portugais et a projeté le Portugal sur la scène sportive mondiale. Économiquement, le football génère des revenus importants grâce aux clubs de premier plan comme Benfica, FC Porto et Sporting Lisbonne.

tags: #football #portugal #equipe #nationale