Le club de football de Villefranche-sur-Mer, riche d'une histoire complexe et ancrée dans le tissu local, témoigne de la passion pour le sport et de l'évolution d'une communauté au fil des décennies. Cet article explore les moments clés de son développement, des premières initiatives à la fusion récente qui a redéfini son identité.
Les origines : une passion naissante
L'histoire du football à Villefranche-sur-Mer remonte au début du XXe siècle, avec la création de l'Union Sportive de Villefranche-sur-Mer (USV) en 1904. Le club, arborant fièrement les couleurs rouge et violet, s'est rapidement imposé comme un acteur majeur de la vie sportive locale. L'USV, basée sur un stade en plein centre-ville qui porte désormais le nom du génie Antoine Bonifaci, vivra plus de 100 ans, puis deviendra le FCV en 2005, après avoir fusionné avec les Croates.
À Cap-d'Ail, non loin de là, l'Union Sportive de Cap-d'Ail (USCA) voit le jour en 1916. « Déclaration d'association : 23 juillet 1916, Union Sportive de Cap-d'Ail ». C'est par ces mots parus dans le journal officiel du 19 août 1916 que débute l'histoire des « or et noir ». À l'été 1916, ils sont dix membres fondateurs à croire en l'aventure. Ils jouent au football sur le terrain du « Sanitas », sur lequel repose aujourd'hui la maison de retraite du Cap Fleuri. Quelques mois plus tard, la guerre les rattrape. Les jeunes hommes troquent short et crampons contre uniforme et baïonnette et sont envoyés au front. Sept d'entre eux y trouvent la mort. Le 4 février 1932, la commission football du club est créée. Une époque à laquelle le club, alors sans stade, utilise le terrain de Villefranche-sur-Mer. Cette année-là, l'USCA est sacrée champion de la Côte d'Azur. Paul Baronetto, président et fondateur du club, se voit décoré de la médaille de bronze de l'Éducation Physique et des Sports en 1934, puis de celle d'argent en 1939 pour son engagement auprès du club et des jeunes. La Seconde Guerre mondiale éclate, avec la suite qu'on connaît. Cap-d'Ail est libérée des Allemands le 3 septembre 1944 et le sport peut reprendre ses droits. En 1966, une chanson à la gloire de l'USCA, « Or et Noir » est composé par Monsieur Cornetto. La pelouse est alors livrée avec un gazon synthétique. Faute d'entretien, c'est sur un revêtement en sable qu'évoluent, dès l'année suivante, les « abeilles ». En un siècle d'histoire, c'est plus de cinq générations de joueurs et de passionnés qui se sont succédé.
En 1908, une autre institution voit le jour, cette fois sur le Cap-Ferrat : le Football Athlétic Club. A la baguette, M.Brussel, international anglais et chef jardinier paysagiste à la villa Maryland.Le point de départ d’une longue route. Au fil des années, le club évolue et porte différents noms : le Sporting Club de Saint-Jean-Cap-Ferrat, le Cercle des Sports, la Jeunesse Sportive de Saint-Jean, puis la Jeunesse Sportive Saint-Jean-Beaulieu, lorsque les Berlugans « s’unissent » aux Saint-Jeannois en 1946.
Ces premières années sont marquées par un fort ancrage local et une passion grandissante pour le football, qui se traduit par la création de plusieurs clubs et l'organisation de compétitions locales.
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Le stade Armand-Chouffet : un symbole de l'engagement municipal
Un moment clé dans l'histoire du club est la construction du Parc des Sports en 1938, sous l'impulsion d'Armand Chouffet, alors maire de Villefranche et député du Rhône. Ce membre de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), l’ancêtre du Parti socialiste, avait vu grand pour les sportifs de sa ville. Ce Parc des sports - appelé en Calade « le Municipal » - a accueilli les footballeurs mais aussi les rugbymen, les basketteurs, les athlètes ou encore les boulistes à partir de septembre 1938. Comme le rapporte le site du FC Villefranche Beaujolais, « la belle histoire avait commencé 2 ans plus tôt, le 21 septembre 1936, lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal à l’issue de laquelle se confirmait l’acquisition par la ville de Villefranche d’un terrain de 41 556 mètres carré appartenant à M. De Longevialle pour la construction ».
Le Parc des sports a été rebaptisé stade Armand Chouffet peu après sa disparition. Mais à Villefranche, sa mémoire perdure puisqu’il a contribué à la modernisation de la ville des bords de Saône avec la construction de l’Hôtel de ville, où trône son buste à l’entrée, ainsi que du célèbre marché couvert en 1928.
Cette enceinte sportive, qui deviendra plus tard le stade Armand-Chouffet, offre au club un lieu digne de ce nom pour s'entraîner et disputer ses matchs. Elle témoigne de l'engagement de la municipalité envers le développement du sport et de la vie locale.
La plaque de Villefranche-sur-Mer : un hommage à l'histoire du football français
Villefranche-sur-Mer est également liée à un événement marquant de l'histoire du football français : le départ de l'équipe de France pour la première Coupe du monde de football en Uruguay en 1930. La cité de Villefranche-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, devenue, au XIXe siècle, une escale de grandes lignes maritimes transcontinentales, est, le 21 juin 1930, le port de départ de l’équipe de France se rendant en Uruguay pour disputer la première édition de la Coupe du monde de football.
En février 1983, une plaque commémorative est apposée sur le port de la ville pour immortaliser cet événement. En février 1983 une plaque est apposée sur le port de Villefranche-sur-Mer pour commémorer ce départ vers l’ailleurs. Cette plaque de marbre apposée sur le mur de la capitainerie du port de la Santé au pied de la citadelle du XVIe siècle à Villefranche-sur-Mer commémore l’embarquement de l’équipe de France de football à bord du Conte Verde, paquebot italien de la Lloyd Sabaudo Line, à destination de Montevideo en Uruguay. Dans le port azuréen, les seize joueurs français et leurs accompagnateurs retrouvent, ce 21 juin 1930, l’équipe de Roumanie, qui a embarqué à Gênes, puis sont rejoints par la sélection belge à Barcelone. L’équipe de Yougoslavie, quatrième formation européenne à se rendre en Uruguay, embarque de son côté à Marseille sur le Florida.
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L’inscription sur la plaque porte plus largement « témoignage de reconnaissance » aux hommes qui ont fait le football français. Ce sont les joueurs internationaux, dont l’un d’entre eux est cité, Just Fontaine, le recordman de buts en Coupe du monde avec 13 réalisations en Suède en 1958. Les journalistes, hérauts des victoires françaises, ne sont pas oubliés. Deux membres de leur corporation sont honorés : Guy Kédia, qui a fait carrière à Radio Luxembourg (RTL) de 1962 à 1997 et a créé l’émission Mégafoot en 1993, et le local de l’étape Roger Driès (1931-2002), journaliste au quotidien Nice-Matin à qui l’on doit la découverte de la tombe de William Webb Ellis au cimetière de Menton. Mais le véritable récipiendaire de l’hommage est un dirigeant, « Monsieur Jules Rimet ». En commémorant le départ de l’équipe de France pour la première Coupe du monde de football organisée en juillet 1930 à Montevideo, la mairie de Villefranche-sur-Mer célèbre aussi « le créateur de cette compétition laquelle porta ensuite son nom ». Au vrai, le titre de « créateur » est un peu usurpé. Rimet est certes le président de la Fédération internationale de football association (FIFA) au moment du congrès d’Amsterdam (1928) qui décide la création de la compétition. Toutefois, c’est Henri Delaunay, le secrétaire général à la Fédération française de football association (FFFA), qui conçoit le modèle universaliste de cette compétition ouverte à toutes les fédérations membres et à tous les joueurs quel que soit leur statut (amateur ou professionnel). Le rôle immédiat de Rimet dans l’affaire se résume à deux points néanmoins importants. Le premier est d’arracher au bureau de la Fédération française la décision d’emmener l’équipe de France sur les rives du Rio de la Plata. Pour l’ensemble de son œuvre, et notamment le fait d’avoir su garder la neutralité et l’unité de la FIFA pendant la Seconde Guerre mondiale avec le secrétaire général allemand Ivo Schricker, le Congrès de Luxembourg décide, en 1946, de donner son nom au trophée réalisé par l’artiste Abel Lafleur et remis à l’équipe vainqueure.
Cette plaque témoigne de l'importance de Villefranche-sur-Mer dans l'histoire du football français et de son rôle de point de départ pour une aventure qui allait marquer le sport mondial.
La fusion : un nouveau chapitre
Le 1er juillet 2017, un événement majeur marque un tournant dans l'histoire du football local : la fusion des clubs de Villefranche-sur-Mer, Beaulieu-sur-Mer et Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le 1er juillet 2017, les rivalités s’effacent au profit d’un seul et unique blason. Cette fusion donne naissance à un nouveau club, la VSJB (Villefranche Saint-Jean Beaulieu), qui ambitionne de rassembler les forces vives du football local et de créer une équipe compétitive capable de rivaliser au niveau régional et national.
Cette fusion représente un nouveau chapitre dans l'histoire du football à Villefranche-sur-Mer, avec l'espoir de construire un avenir prometteur en s'appuyant sur les valeurs de solidarité, de passion et d'engagement qui ont toujours animé les clubs locaux.
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