Marco Prince: Biographie d'un artiste protéiforme

Marco Prince, de son nom complet Marc Prince, est un artiste français aux multiples talents, né le 10 octobre 1963 à Paris. Il est à la fois auteur-compositeur, musicien, chanteur et comédien. Sa famille est originaire du Togo et du Bénin.

Jeunesse et origines

Né à Paris dans le 14e arrondissement, Marco Prince passe une partie de son enfance en Afrique avant de revenir s'installer en banlieue parisienne avec sa famille. Ses parents avaient émigré à Paris, fuyant le harcèlement politique. Son père, marin, est souvent absent, ce qui ne l'empêche pas de se lancer très tôt dans la musique en autodidacte. Il apprend à jouer de la guitare, du piano et des percussions.

Débuts musicaux et le Palace

Après avoir été serveur, Marco Prince fait ses premières armes comme DJ au Palace, une boîte de nuit parisienne mythique des années 1980-1990. Parallèlement, il étudie le solfège et le trombone avec M. Bruley, et le chant lyrique avec la soprano Mady Mesplé.

FFF: La consécration

En 1990, Marco Prince fonde le groupe FFF (Fédération Française de Fonck) avec Nicolas Baby, Yarol Poupaud, Philippe Niel, Krichou Montieux et Philippe de Lacroix-Herpin. Le groupe est découvert aux Transmusicales de Rennes et signe avec Epic. En 1991, ils enregistrent leur premier album, Blast Culture, produit par Bill Laswell à New York. Spike Lee réalise le clip de l'album et George Clinton la vidéo d'une tournée au Japon, au Canada et en Afrique.

FFF impose son "Heavy Fonck" avec Free For Fever en 1993, suivi de l'album éponyme FFF en 1996. Le groupe est reconnu pour ses performances scéniques exceptionnelles, notamment lors du concert du 5 juillet 1997 aux Eurockéennes de Belfort. L'album live Vivants, sans re-recording ni overdub, est récompensé par une Victoire de la Musique du meilleur groupe en 1997. FFF sort l'album Vierge chez V2 en 2002.

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Le funk trouve ses origines dans un paradoxe : "Ce qu'on peut vraiment dire du funk, c'est que c'est nettement une musique de célébration", explique Marco Prince, tout en rappelant que le terme lui-même évoquait initialement quelque chose de négatif. Popularisé par James Brown, le mot "funk" désignait les "funky houses" d'Atlanta, ces maisons branlantes, mais toujours en première ligne. Cette musique, née du mélange entre blues et soul, portait en elle "quelque chose de passablement irritant pour les bien-pensants". Pourtant, elle allait devenir un vecteur de joie et de rassemblement, incarnant cette capacité de la joie à "survivre à sa propre mise à mort", comme le souligne une citation de Clément Rosset lue pendant l'émission.

L'arrivée du funk en France dans les années 1980-90 s'est faite dans un contexte particulier. "On était d'une génération Touche pas à mon pote", se souvient Marco Prince, évoquant une époque où les questions raciales semblaient moins prégnantes. Le mélange des cultures s'opérait naturellement dans les boîtes de nuit, où Marco Prince a d'ailleurs fait ses premières armes comme barman au Palace. C'est là qu'il a vécu un moment révélateur : "Il y a une jeune femme qui m'a demandé : 'Est-ce que tu peux mettre un James Brown ?' […] En fait, c'était Isabelle Adjani qui s'est mise à danser toute seule et donc j'ai compris que le funk et Isabelle Adjani ne résistaient à personne."

Au cœur du funk se trouve une philosophie musicale simple mais profonde : le retour au "un", ce premier temps qui permet à tous les musiciens de se retrouver ensemble. "C'est assumer le chaos tout en vivant ce moment ensemble", explique Marco Prince. Cette règle technique devient métaphore : chacun peut improviser, exprimer sa singularité, tant qu'il respecte ce rendez-vous commun. "Le funk, c'est se lever et dire merci d'avoir ces deux jambes, ces deux bras et d'avoir la patate pour aller se frotter au reste du monde", conclut l'artiste. Une philosophie de la gratitude qui transforme la musique en "oui à l'univers", où l'expression prime sur la conformité et où la joie persiste malgré les obstacles.

Le groupe se sépare en 2001 après une tournée de promotion de leur album Tout le monde sur le pont. En octobre 2013, FFF se reforme le temps d'un concert au profit du secours populaire, et les concerts qui suivent sont un succès poussant le groupe a travailler sur un nouvel album.

Carrière au cinéma

Marco Prince a également participé à plusieurs films comme acteur, notamment dans La Truite de Joseph Losey, L'Arbalète de Sergio Gobbi, Frantic de Roman Polanski, Le Défi de Blanca Lee, Le Boulet d'Alain Berberian et Frédéric Forestier, Jeux d’artifices (1987) de Virginie Thévenet, Total western (2000) d'Éric Rochant, Édouard est marrant (2002) de Riton Liebman, Paris de Cédric Klapisch et Victoire (2004) de Stéphanie Murat.

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Compositeur de musique de film et Lola sous la Lune

Fasciné par la création musicale pour l'image, Marco Prince signe sa première bande originale de film pour Vive la République d'Éric Rochant. Il crée ensuite la société Lola sous la Lune, un studio professionnel spécialisé dans la musique à l'image, et forme un orchestre de chambre. Il compose les BO de Total Western, Le Pharmacien de garde, Tais-toi!, et Jean-Philippe ainsi que de la série Mafiosa.

Autres projets

En 2006, Marco Prince compose la musique d'ouverture de la cérémonie des Jeux asiatiques de Doha. En 2007, il écrit la symphonie de l'ouverture solennelle de la coupe du monde de Rugby. En 2009, il est membre du jury de l'émission "La Nouvelle Star" sur M6. En 2011, Marco Prince annonce vouloir relancer FFF.

Style musical et influences

Marco Prince explore les liens profonds entre le funk et la célébration de la vie. Il retrace l'histoire de cette musique afro-américaine et son impact sur la culture française des années 1990. Ses influences musicales sont variées, allant du funk au rock en passant par le blues et la soul.

Anecdotes

Charles Pépin raconte l’histoire d’un homme, d’un chanteur qui prend des mots durs, le réel qui résiste - la pauvreté, la peine la maladie…- , le réel qui fait mal parfois, mais il en fait une musique joyeuse, une musique qui donne envie de vivre, de danser, de danser tous ensemble.

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