L'essor du football féminin suisse : un regard sur l'Euro et au-delà

Les grands tournois de football féminin, qu'il s'agisse de la Coupe du Monde, de l'Euro ou des Jeux Olympiques d'été, gagnent en popularité. L'Euro féminin en Suisse a connu une affluence croissante, au point que Laurent Bonadei a été interrogé sur la pression que ses jeunes joueuses pourraient ressentir face à une ambiance potentiellement hostile.

L'engouement du public

Avant un match contre les Pays-Bas, Bonadei avait déclaré : "On nous annonce beaucoup de fans adverses, mais on est à Bâle et c'est tout proche de la France, notre public sera présent. Plus de 2 000 personnes ont pris leurs billets, il y a un bel engouement de notre public." Il avait également souligné que la rencontre précédente contre le Pays de Galles avait constitué une bonne préparation en termes d'atmosphère. Il est clair que les tribunes vides ne sont plus une réalité pour le football féminin.

Les supporters français se sont mobilisés en masse, notamment pour le quart de finale contre l'Allemagne à Bâle. Cette tendance fait suite à l'Euro 2022 en Angleterre, dont la finale avait attiré plus de 87 000 spectateurs à Wembley. Bien que le fait que l'Angleterre ait joué à domicile et remporté le tournoi ait contribué à cette popularité, cela reste un phénomène comparable à ce que l'on observe dans les compétitions masculines.

La Suisse, un terrain fertile pour le football féminin

En Suisse, les stades ont une capacité différente de ceux de l'Angleterre. Cependant, l'Euro féminin a connu un succès similaire en termes d'ambiance chaleureuse, rappelant l'Euro 2008 masculin, également organisé en Suisse. La qualification inattendue du pays hôte pour les quarts de finale a également contribué à l'enthousiasme général, même si l'aventure s'est probablement arrêtée contre la redoutable Espagne.

Cinq matchs du premier tour ont figuré parmi les dix plus fortes affluences de l'histoire de l'Euro féminin, dont seulement deux rencontres impliquant la Suisse. Le match Allemagne - Danemark (2-1 à Bâle) a enregistré la quatrième plus forte affluence de tous les temps. Quelques jours auparavant, le match Espagne - Portugal (5-0 à Berne) avait établi un nouveau record d'affluence pour un match ne concernant pas le pays hôte. L'UEFA a annoncé qu'après la deuxième journée de la phase de groupes, l'affluence cumulée avait déjà dépassé les 300 000 spectateurs, "soit plus que le total final de tous les tournois autres que l'Angleterre 2022".

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Impact économique et développement futur

Selon le journal Le Temps, les revenus de sponsoring devraient augmenter de 150 % par rapport à l'édition précédente. Cela représente un jackpot potentiel pour l'UEFA, principalement grâce aux droits TV (plus de 50 %), suivis par les sponsors et partenaires (20 à 30 %), la billetterie et les hospitalités (15 à 20 %), et une part encore minime pour les licences, le merchandising et les opérations digitales. Bien que les recettes totales attendues de 120 millions d'euros ne représentent que 5 % des 2,5 milliards amassés lors de l'Euro 2024 masculin, l'UEFA a lancé un plan de développement d'un milliard d'euros sur six ans, visant à compenser les pertes des Euros précédents en capitalisant sur la popularité croissante du football féminin.

Une ambiance positive et familiale

Un éditorialiste suisse du Temps a souligné l'atmosphère positive et familiale qui règne lors des matchs de football féminin : "Un monde sans violence ni affrontements et autres batailles rangées sur fond de haine ordinaire. Dans les rues, il n'y a plus de flics casqués et de Robocop, il n'y a plus de casseurs et de hooligans : ils sont remplacés par des hordes amicales de fans heureux, partageant le simple bonheur de vivre des moments de communion. Dans les tribunes, pas de fumigènes et de 'spectacles' pyrotechniques dont on sait qu'ils peuvent tuer. Les parents ont tout loisir de pouvoir se rendre sans crainte au stade avec leurs enfants." Cette ambiance contraste avec les problèmes de violence et de hooliganisme qui affectent souvent le football masculin.

Le parcours de la Suisse à l'Euro féminin 2025

La Suisse a rebondi après une défaite contre la Norvège (1-2) en battant l'Islande (2-0). Les Suissesses ont vu leurs efforts récompensés par un but de Geraldine Reuteler à la 76e minute, suivi d'un but d'Alayah Pilgrim dans le temps additionnel.

L'équipe suisse, dirigée par Pia Sundhage, a pour ambition de franchir pour la première fois la phase de groupes de l'Euro. La structure de l'équipe repose sur deux générations distinctes, avec des stars vieillissantes comme Ana-Maria Crnogorcevic et de jeunes talents émergents comme Sydney Schertenleib et Smilla Vallotto.

Les retombées de l'Euro féminin 2025

L'Euro féminin 2025 en Suisse a été un succès retentissant, avec une couverture médiatique importante et un engagement élevé sur les réseaux sociaux. L'événement a permis de mettre en valeur le talent des joueuses suisses et de promouvoir le développement du football féminin dans le pays.

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Le tournoi a également eu un impact économique positif, avec une augmentation des revenus de sponsoring et de la vente de billets. L'UEFA a investi massivement dans le développement du football féminin, et l'Euro 2025 a contribué à renforcer la position de la Suisse en tant que pays hôte de grands événements sportifs.

Les performances des équipes

L’Euro féminin 2025 restera gravé dans les mémoires comme un tournoi incroyable et historique. Bien que les équipes favorites étaient attendues, l’Italie a créé la surprise en atteignant les demi-finales, grâce à une Cristiana Girelli brillante et à un jeu d’équipe audacieux. Par contre, la France a encore déçu, tombant en quart de finale face à une Allemagne solide et dominante physiquement, malgré une équipe tricolore pleine de talents. Mais c’est la finale entre l’Angleterre et l’Espagne qui a vraiment mis le feu à cette édition. Dans un match à couper le souffle, les Lionesses ont pris leur revanche après leur défaite contre les Espagnoles en finale de la Coupe du monde 2023. Devant un stade de Bâle plein à craquer et une audience record à travers l’Europe, l’Angleterre s’est imposée lors d’un match intense, avec des buts spectaculaires et des gestes techniques qui ont fait chavirer les supporters. Cette victoire offre à l’Angleterre son deuxième titre européen et récompense une génération talentueuse de joueuses comme Alessia Russo et Lauren James.

Impact médiatique et sponsoring

L’Euro féminin 2025 a cartonné et c’est le moins que l’on puisse dire. Avec plus de 460 000 mentions sur les réseaux sociaux et pas moins de 89 315 articles dans la presse, on peut dire que l’événement a fait le buzz à l’échelle européenne, voire mondiale. On parle de 72,2 milliards d’impressions, ce qui montre bien l’énorme vitrine que la compétition représente pour les marques. L’ambiance était super positive avec près de 86 % de commentaires favorables, et ça a donné l’occasion à plein de sponsors de lancer des campagnes originales, attirant un public de plus en plus nombreux et passionné par le foot féminin. D’ailleurs, un fait peut en surprendre plus d’un mais l’Euro féminin 2025 a tapé plus fort que la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA en termes de couverture médiatique. La preuve que le sport féminin prend de l’ampleur. Joueuses, sponsors, associations, tout le monde y a gagné. Cet Euro 2025 restera dans les annales du foot féminin.

Adidas se place numéro un en termes d’engagement sur les réseaux, avec 177 090 interactions grâce à sa campagne «You Got This», qui misait sur le récit d’histoires inspirantes. L’accent mis sur les nouveautés, comme les crampons F50 Sparkfusion adaptés aux femmes et le ballon Konektis avec des capteurs pour la VAR, confirme la position de leader de la marque. Swisscom, de son côté, a joué la carte locale et de proximité pour transformer son rôle de partenaire télécom en atout. Hublot a préféré miser sur le prestige, en s’affichant avec des stars comme Ada Hegerberg ou Aitana Bonmatí, preuve du lien qui se crée entre le luxe et le sport féminin. Niveau visibilité dans les médias traditionnels et sur les réseaux, Lidl a raflé 47 % des mentions, grâce à une stratégie qui a bien marché dans plusieurs pays d’Europe.

L’étude Onclusive va plus loin dans son analyse et précise notamment qu’Amazon, Unilever ou EA Sports sont aussi dans le coup, avec pas mal de mentions grâce à des publications qui ont tourné en masse. Ça montre le potentiel de viralité de leurs campagnes, même s’ils étaient moins présents en tant que partenaires officiels. Sur le terrain, Cristiana Girelli (Italie), Alexia Putellas (Espagne) et Alessia Russo (Angleterre) ont fait craquer les fans, prouvant qu’elles sont de vraies ambassadrices du foot féminin en Europe. Mais derrière ces stars, il y a plein d’autres talents qui font vibrer les supporters, comme Lauren James ou Ada Hegerberg. Côté géographie, l’Angleterre (14,34 %), l’Espagne (14,05 %) et la France (10,23 %) sont les pays qui ont le plus réagi sur le web, ce qui montre l’importance de ces territoires dans l’influence du tournoi. Tout ça prouve que le foot féminin est de plus en plus international et que les marques savent comment toucher différents publics avec des messages ciblés, inspirants et pour tous.

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Le match Suisse - Finlande

La défenseuse suisse Viola Galligaris a concédé un pénalty, qui a été transformé par Natalia Kuikka (1-0, 79e)."Vraiment une délivrance"En première période, les Suissesses avaient eu plusieurs grosses occasions comme la reprise de volée manquée de Viola Calligaris (11e) ou les frappes de Sydney Schertenleib en première période, mais sans réussir à être décisives. "C'était incroyable quand Riola a égalisé, il y a eu des émotions de malade", a réagi Smilla Vallotto sur RS1. "Marquer ce but c'était vraiment une délivrance, on a joué toutes ensemble, on sait qu'il fallait qu'on se batte toute ensemble", a lancé aussi Leila Wandeler.

Vers un quart contre l'Espagne

La Suisse devrait rencontrer l'Espagne, championne du monde en titre, qui devrait terminer en tête de son groupe B. A l'inverse, il n'y avait aucun suspense dans l'autre match du groupe: la Norvège, déjà assurée de terminer en tête, s'est facilement imposée contre l'Islande (4-3) - éliminée avant le match - grâce à un doublé de Frida Maanum et un autre de Signe Gaupset.Les coéquipières de la capitaine Ada Hegerberg ont enchaîné trois victoires mais sans avoir vraiment impressionné jusque-là.

La sélection suisse

Pour ce tournoi disputé à domicile, Pia Sundhage aimerait proposer un style de jeu offensif, mais la technicienne suédoise doit s'adapter à un effectif limité. Facilement battue par la France en Ligue des nations (0-2, 0-4), la Nati a terminé dernière de son groupe. En déficit de talent au poste de gardienne, la Suisse évolue avec une défense à trois axiaux et une ou deux pointes. La structure de l'équipe repose sur deux générations bien distinctes. L'une est composée de stars vieillissantes, à l'image d'Ana-Maria Crnogorcevic (34 ans), double vainqueur de la Ligue des champions et meilleure buteuse de l'histoire de la sélection avec 74 réalisations. Ramona Bachmann (34 ans), ex-joueuse du PSG, sera, elle, finalement absente en raison d'une blessure au genou. Idem pour Naomi Luyet (19 ans et future joueuse d'Hoffenheim), touchée à la hanche. Championne nationale avec Berne, elle se posait avec Iman Beney (18 ans) en symbole d'une talentueuse nouvelle vague, où émergent aussi Sydney Schertenleib (18 ans), milieu du Barça, et Smilla Vallotto (21 ans), milieu de Hammarby.

La star de l'équipe est Lia Wälti, la meneuse de jeu d'Arsenal, comparée à Granit Xhaka, son pendant chez les hommes. Pia Sundhage, la sélectionneuse, a un palmarès impressionnant, avec deux titres de championne olympique avec les États-Unis et un titre de vice-championne olympique avec la Suède.

Les espoirs suisses

L'Euro féminin 2025 a été un moment important pour le football féminin suisse. Le tournoi a permis de mettre en valeur le talent des joueuses suisses, d'attirer de nouveaux fans et de stimuler l'investissement dans le sport féminin. Avec une génération de jeunes talents émergents et un soutien croissant du public, l'avenir du football féminin suisse s'annonce prometteur.

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