L'ascension fulgurante de l'équipe japonaise de volley-ball : composition, défis et ambitions

L'équipe de France a croisé le fer avec une équipe japonaise en pleine ascension lors d'un huitième de finale du championnat du monde de volley-ball. La sélection nippone, sous la houlette du Français Philippe Blain, affiche une ambition claire : se hisser dans le dernier carré des grandes compétitions. Cependant, l'ancien sélectionneur des Bleus doit jongler avec des traditions ancrées, difficiles à faire évoluer.

Une progression constante mais semée d'embûches

Benjamin Toniutti, le passeur des Bleus, a tempéré les ardeurs concernant un chemin tout tracé vers le dernier carré. Bien que le volley-ball ne jouisse pas de la même popularité en France que dans d'autres nations, le Japon occupe une place importante dans ce sport, fort d'un passé de médailles dans les années 70. Le pays investit massivement dans le volley-ball et commence à en récolter les fruits. Actuellement classée 7e au niveau mondial, la sélection masculine prend goût aux phases finales des grandes compétitions, atteignant les quarts de finale aux JO 2021 et à la VNL 2022, malgré des difficultés persistantes face au top 5.

Selon Toniutti, l'équipe japonaise se distingue par une technique quasi parfaite et une grande stabilité en réception. Elle compense un physique moins imposant par une précision remarquable dans tous les contacts, que ce soit en réception ou en passe. Laurent Tillie, ancien sélectionneur des Bleus, reconnaît la France comme favorite, mais souligne que les Japonais, n'ayant rien à perdre, se révèlent d'autant plus dangereux.

Améliorations techniques et tactiques : le contre au centre des préoccupations

Avec une équipe jeune, le Japon a réalisé des progrès significatifs dans divers domaines, notamment le contre, un secteur de jeu où il manque de centimètres par rapport à la majorité des équipes. Pour pallier ce déficit de gabarit, la sélection nippone a mis en place un travail spécifique axé sur la technique de contre et la lecture des trajectoires. Philippe Blain explique que l'un des enseignements des Jeux de Tokyo est la nécessité d'améliorer l'efficacité au contre, en passant d'une simple action de ralentissement des ballons à une capacité à marquer des points.

Le meilleur contreur de la compétition à l'issue de la phase de poules était d'ailleurs Japonais : Taishi Onodera, un central de 2,01m. Laurent Tillie constate que les Japonais ont progressé dans tous les aspects techniques, mais qu'ils s'appuient surtout sur une qualité de service intéressante face aux équipes qui ont une réception un peu moins stable.

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Le retour du capitaine Yuki Ishikawa : un atout majeur

La bonne tenue du contre japonais s'explique également par le retour de leur meilleur joueur, le réceptionneur-attaquant Yuki Ishikawa, qui évolue en Italie depuis plusieurs années. Sa présence sur le terrain permet de rehausser le niveau de performance au contre. Bien qu'il n'ait pas été prêt à débuter contre le Brésil, Blain lui a donné du temps de jeu pour accélérer son retour.

Laurent Tillie souligne qu'Ishikawa apporte plus de sécurité, d'assurance, de confiance et d'allant à l'équipe. C'est un joueur talentueux, avec un bon service et une bonne attaque. Si le passeur Sekita maintient son niveau de jeu, le Japon n'en sera que plus redoutable. La période entre le dernier match de poules et le huitième de finale a permis à Ishikawa de retrouver son niveau d'avant blessure, ce qui change la donne pour le match contre les Bleus.

L'influence des stars et du phénomène "boys band" : un atout marketing

Ne soyez pas surpris si des cris d'hystérie retentissent dans la salle lors d'un challenge vidéo ou d'un temps mort. Les caméras pourraient s'attarder sur les visages de Yuji Nishida ou Ran Takahashi. Avec Yuki Ishikawa, ces deux joueurs sont de véritables stars au Japon, adulés par leurs fans, en majorité de sexe féminin.

Philippe Blain plaisante en disant que l'équipe ressemble parfois à un "boys band". Il a mis du temps à comprendre pourquoi les gens criaient lors des challenges vidéo, réalisant finalement que c'était la vue des visages de Nishida ou Ishikawa qui provoquait ces réactions. Les joueurs reçoivent des cadeaux comme des offrandes à des divinités, une forme de vénération qui se vérifie sur les réseaux sociaux, où ils battent des records de popularité. Yuji Nishida (941.000) et Yuki Ishikawa (775.000) comptent deux fois plus d'abonnés sur Instagram que la star des Bleus, Earvin Ngapeth (419.000). Ran Takahashi dépasse même le million d'abonnés (1,1M) !

Yuji Nishida, un attaquant hors norme : la puissance au service du collectif

Les Bleus ont dû freiner l'attaque du petit pointu Yuji Nishida, qui semble jaillir d'un manga lorsqu'il explose à l'attaque. Philippe Blain estime que quiconque aurait douté de la capacité de Nishida à réussir aurait pris un gros risque. Il possède une puissance de frappe exceptionnelle et est un joueur spectaculaire. Façonné par la culture japonaise du travail, Nishida a développé d'autres qualités d'ouverture. Philippe Blain l'a encouragé à rejoindre Vibo Valentia, en Italie, pour se confronter à des équipes extrêmement bien organisées et apprendre à gérer le contre adverse.

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L'apport des entraîneurs français : un regard neuf sur le volley-ball japonais

Philippe Blain dirige la sélection du Japon depuis un an, après avoir été adjoint depuis 2017. Ancien sélectionneur de l'équipe de France, qu'il a menée sur les podiums internationaux, il est devenu un pionnier dans l'archipel, étant le premier entraîneur étranger à diriger l'équipe. Il a été rejoint par un autre Français, Bruno Chateau, qui l'assiste dans l'entraînement des joueurs.

Défis et traditions : un équilibre délicat à trouver

Les joueurs français savent que s'expatrier pour se frotter aux meilleurs et se confronter à de nouvelles méthodes d'entraînement leur a permis de progresser. Le volley japonais semble vouloir emprunter cette voie, même si le changement prend du temps. Ancré dans ses traditions, le Japon fut longtemps réticent à s'ouvrir aux autres. Philippe Blain et Laurent Tillie œuvrent pour abattre ces barrières culturelles.

En vue des Jeux de Paris 2024, Philippe Blain souhaite combler le manque de taille de son équipe et essaie d'encourager le développement d'athlètes plus grands. Cependant, la formation au Japon ne favorise pas toujours les plus grands. Les universités ont un énorme pouvoir sur la formation et le développement des joueurs, qui ne rejoignent souvent les rangs professionnels qu'à 22 ou 23 ans.

Laurent Tillie explique qu'il est difficile de faire bouger les lignes, car le système est très politique et hiérarchisé. Même pour recruter d'un club à un autre, il faut l'autorisation de l'entreprise.

L'impact de "Haikyu!!" et l'évolution du volley-ball japonais : une source d'inspiration

Le manga "Haikyu!!" a eu un impact significatif sur la popularité du volley-ball au Japon, inspirant de nombreux jeunes à pratiquer ce sport. Les effectifs des garçons dans les clubs de volley des lycées ont augmenté de manière significative depuis la création de la série. Même l'équipe nationale actuelle est influencée par "Haikyu!!", avec des joueurs vedettes comme Ran Takahashi réalisant des gestes spectaculaires inspirés du manga.

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Les jours de gloire du Japon dans le volley-ball remontent aux JO-1964, avec la victoire de l'équipe féminine, et à 1972, avec le titre des hommes. Après une période de stagnation, l'éclosion de joueurs comme Takahashi et Ishikawa, ainsi que l'arrivée de Philippe Blain en 2017, ont permis à l'équipe de progresser. L'année dernière, le Japon a terminé troisième de la Ligue des Nations.

Cependant, le volley-ball japonais est confronté à des défis, notamment le manque de professionnalisme de certaines équipes et la faible rentabilité du championnat. Certains clubs, comme les Tokyo Great Bears, cherchent à attirer un public plus large en adoptant une image moins agressive et en collaborant avec des influenceurs. Ran Takahashi se prête volontiers à cette volonté de sortir de l'image classique du sportif, affirmant vouloir faire du volley-ball un sport dont les enfants peuvent rêver.

Préparations pour les Jeux Olympiques de Paris 2024

La France, tenante du titre et récente vainqueure de la Ligue des nations, aborde le tournoi masculin de volley-ball des Jeux Olympiques de Paris 2024 avec l'étiquette de favorite. Cependant, la concurrence s'annonce rude. Le tournoi se déroulera du 27 juillet au 10 août à l'Arena Paris Sud 1, pouvant accueillir jusqu'à 12 000 spectateurs par match. La Pologne, championne d'Europe et vice-championne du monde en titre, et l'Italie, jamais couronnée d'or aux Jeux mais toujours bien placée, figurent parmi les principaux adversaires.

Le tournoi débutera par une phase de groupes, avec douze équipes réparties en trois poules de quatre. Les matchs se joueront du 27 juillet au 10 août, la finale étant programmée à 13h.

Les champions olympiques Jean Patry, Barthélémy Chinenyeze, Antoine Brizard et Yacine Louati ont rejoint l'équipe de France en préparation pour le deuxième tournoi de Ligue des nations, qui débutera en Bulgarie. Ces joueurs, qui ont connu le succès à Tokyo en 2021 et à Paris, ont bénéficié de quelques semaines de vacances avant de retrouver le groupe.

Breaking aux JO de Paris 2024 : composition des poules

La WDSF a dévoilé la composition des poules du premier tour des épreuves olympiques de breaking, qui promet une compétition très relevée. Pour rejoindre les quarts de finale, les Français devront assurer dès le premier tour.

16 b-boys et 17 b-girls vont s'affronter lors de ces JO de Paris 2024. La Fédération internationale, la WDSF, a annoncé la composition des poules, soit le premier tour de l'épreuve olympique, appelé « Round Robin ». Pour accéder au tableau de phases finales (quarts de finale, demi-finales puis petite et grande finale), il faut terminer à l'une des deux premières places de son groupe, composé de quatre danseurs.

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