L'équipe des États-Unis féminine de football (USWNT) est bien plus qu'une simple équipe sportive ; elle incarne une histoire riche en succès, en détermination et en combats pour l'égalité. De ses débuts modestes à sa domination sur la scène internationale, en passant par ses luttes pour la reconnaissance et l'équité salariale, l'USWNT est un symbole de l'excellence sportive et de l'engagement social.
Les Débuts et la Première Coupe du Monde (1991)
L'histoire de l'USWNT prend son essor avec l'organisation de la première Coupe du monde féminine de la FIFA en 1991, en Chine. Dès l'organisation de la première Coupe du monde en 1991, les États-Unis ont presque toujours fait figure de favoris lors d'un Mondial. Menée par des pionnières telles que Michelle Akers et Carin Jennings, l'équipe américaine a marqué son territoire en remportant le tournoi inaugural. Avec 10 buts, l'attaquante de 25 ans avait pourtant ébloui de son talent ce qui s'appelait encore le Championnat du monde de football féminin de la FIFA pour la Coupe M&M'S.
Michelle Akers, avant-centre, ouvre le score de la tête (20e) mais Linda Medalen lui répond rapidement de la même manière (29e). A deux minutes de la fin du temps réglementaire, Michelle Akers intercepte une passe en retrait trop faible de Tina Svensson pour éliminer Reidun Seth d'un crochet et ouvrir le palmarès mondial en gravant le nom des Etats-Unis.
L'Ère Mia Hamm et la Consécration Mondiale (1990s-2000s)
Les années 1990 et le début des années 2000 ont été marqués par l'ascension de Mia Hamm, une joueuse d'exception dont le talent et le charisme ont transcendé le monde du football. Mariel Margaret "Mia" Hamm de son vrai nom a dominé la scène footballistique mondiale dans les années 1990. La puissance de sa frappe, comme en attestent ses nombreux coups francs, mais aussi la finesse de sa technique ont séduit beaucoup de personnes et principalement des hommes. Outre son talent balle au pied, Hamm a été durant des années un véritable modèle pour toutes les jeunes footballeuses aux États-Unis.
Elle rejoint l'université de North Carolina, et y reçoit le surnom de "Jordan" en comparaison d'un autre célèbre membre de cette université. Elle aide le club universitaire à remporter quatre titres de champion de NCAA en cinq années passé au club. Entre-temps, elle intègre à l'âge de 15 ans l'équipe nationale des États-Unis et devient la plus jeune joueuse à débuter en sélection internationale.
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Avec Hamm à sa tête, l'USWNT a remporté la Coupe du monde en 1999, à domicile, devant 90 000 fans et 18 millions de téléspectateurs en finale, ainsi que les Jeux olympiques en 1996 et 2004. Lors de l'année 1999, elle remporte à domicile son 2ème titre de championne du Monde, victoire qu'elle remporte en finale aux tirs au but devant l'équipe de Chine au Rose Bowl de Pasadena dans ce qui constitue l'événement sportif féminin ayant admis le plus de spectateurs avec 90 000 personnes trois ans après le dernier record à Atlanta. Lors de sa carrière, elle aura joué 17 ans pour son équipe nationale, accumulant 276 sélections mais surtout 158 buts, ce qui fait d'elle la meilleure marqueuse de l'histoire du football en match officiel, hommes et femmes compris. Hamm est à créer la fondation "Mia Hamm Foundation" pour soutenir les patients et leurs familles qui bénéficient de greffes de moelle osseuse en l'honneur de son frère Garrett décédé le 16 avril 1997 des suites d'une anémie aplasique. Son influence a été telle qu'elle a inspiré des générations de jeunes filles à pratiquer le football, contribuant à l'essor du sport féminin aux États-Unis.
La Génération Rapinoe-Morgan et la Domination Continue (2010s)
Après une période de transition, l'USWNT a retrouvé son statut de puissance mondiale grâce à l'émergence de talents tels que Megan Rapinoe et Alex Morgan. Jusqu'à l'arrivée de deux jeunes talents, devenus pionniers de leur sport : Megan Rapinoe, 38 ans aujourd'hui, et Alex Morgan, 34 ans. Leur collaboration débute très fort. C'est grâce à elles que les États-Unis se sortent d'un barrage piégeux face à l'Italie, en 2010, pour participer au Mondial 2011.
Ensemble, elles ont mené l'équipe à la victoire lors des Coupes du monde de 2015 et 2019, ainsi qu'aux Jeux olympiques de 2012. Lors de cette première édition de l'histoire à 24 équipes engagées, les États-Unis réussissent leur entrée en lice, grâce notamment à un doublé de Rapinoe face à l'Australie (3-1), n'encaissent que trois buts pendant le tournoi, et l'emportent facilement face au Japon (5-2), en finale, avec une Alex Morgan, titulaire, qui revient progressivement de blessure.
Une fois la disette rompue, les États-Unis conservent leur titre quatre ans plus tard, en France, lors du Mondial 2019. Pour leur troisième Coupe du monde ensemble, Megan Rapinoe, capitaine de la sélection, et Alex Morgan sont alors au sommet de leur art. Elles inscrivent toutes les deux 6 buts et délivrent 3 passes décisives. Nommée meilleure joueuse du Mondial, Megan Rapinoe est récompensée, quelques mois plus tard, du deuxième Ballon d'or féminin de l'histoire.
Au-delà de leurs performances sportives, Rapinoe et Morgan se sont également distinguées par leur engagement en faveur de l'égalité des sexes et de la justice sociale, utilisant leur notoriété pour défendre des causes qui leur tiennent à cœur.
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L'Égalité Salariale : Une Bataille Historique
L'un des aspects les plus marquants de l'histoire de l'USWNT est sa lutte pour l'égalité salariale avec l'équipe masculine. Pendant des années, les joueuses ont dénoncé les disparités de primes et de salaires, arguant que leurs performances et leur succès étaient supérieurs à ceux de leurs homologues masculins. Cette inégalité de traitement a pris fin ce mercredi 18 mai, après la signature d’un accord entre les équipes nationales féminine, masculine et la fédération.
Après une longue bataille juridique et médiatique, la Fédération de football des États-Unis a finalement accepté de conclure un accord historique en 2022, garantissant l'égalité des primes entre les équipes nationales féminine et masculine. Le Washington Post dévoile les contours de ce deal historique : “La nouvelle convention collective va ‘égaliser’ les bonus de la Coupe du monde. La Fifa continuera de verser davantage aux fédérations pour leur participation au tournoi masculin qu’au tournoi féminin, mais les deux équipes américaines mettront en commun ces bonus et les partageront ensuite en parts égales.”
Cet accord a été salué comme une victoire majeure pour le sport féminin et un symbole de progrès vers l'égalité des sexes.
Défis Récents et Avenir
Malgré son palmarès impressionnant, l'USWNT a connu des difficultés lors de la Coupe du monde 2023, étant éliminée en huitièmes de finale. Tout un symbole de ce revers, c'est Megan Rapinoe, si étincelante quatre ans plus tôt, qui a manqué en premier son tir au but, un loupé suivi d'un rire tout aussi nerveux que déconcertant. Alex Morgan aura, elle, tout tenté pour son 4e Mondial consécutif, mais elle n'a pas marqué le moindre but dans un Mondial pour la première fois de sa carrière.
Cet échec a soulevé des questions sur l'avenir de l'équipe et la nécessité de renouveler les générations. Des signes annonciateurs d'une fin d'aventure pour Megan Rapinoe, qui a annoncé sa retraite sportive pour octobre prochain, à la fin de la saison. La question se pose désormais pour sa partenaire en attaque qui, à 34 ans, pourrait relever un ultime et dernier défi en France, aux prochains Jeux Olympiques 2024.
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Néanmoins, l'USWNT continue d'inspirer les jeunes joueuses et de promouvoir le football féminin à travers le monde. Pour l'heure, rien n'est sûr, si ce n'est que les Américaines, en pleine cure de jouvence, ont préparé la relève au travers de talents émergents comme Sophia Smith (22 ans).
L'Impact Culturel et Social
L'USWNT a eu un impact profond sur la culture et la société américaines. Les joueuses sont devenues des modèles pour les jeunes filles, les encourageant à poursuivre leurs rêves et à briser les barrières. Leur succès a contribué à accroître la popularité du football féminin et à sensibiliser le public aux questions d'égalité des sexes et de justice sociale.
De plus, l'USWNT a joué un rôle important dans la promotion de la diversité et de l'inclusion, en mettant en avant des joueuses de différentes origines ethniques, religieuses et sexuelles.